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Technologies
 

Le mot technologie possède deux acceptions de fait :

  1. Étymologiquement et historiquement : l'étude des techniques. On dit alors la technologie.
  2. De plus en plus fréquemment, un ensemble des méthodes et techniques autour de réalisations industrielles formant un tout cohérent. On parle alors dune technologie'. Elle ne se confond pas dans cette seconde acception avec la technique :
    1. Si sur une voiture, vous utilisez un procédé d'avance à l'allumage, de votre invention il s'agit d'une simple technique.
    2. Un moteur à explosion d'automobile est quant à lui issu d'une technologie qui évolue depuis un siècle et demi.
    3. En revanche, l'automobile dont l'existence s'accompagne de constructeurs, de routes, d'autoroutes, de stations-services, de garages, de parkings, etc. constitue un ensemble de technologies.

Les sciences de l'ingénieur ont à couvrir l'étude des technologies pertinentes à leur discipline. Dans une même branche, celles-ci changent avec le temps.

À cause de son aspect porteur, le mot est parfois galvaudé par les services de marketing des entreprises. Ainsi, ClearType est présentée comme une technologie alors que ce n'est qu'une technique, bien qu'elle soit fort ingénieuse, et on voit mal comment elle pourrait ne pas le rester. En revanche le Wi-Fi est bien aujourd'hui pour sa part une technologie comme peut l'être le HTML par exemple.

Origine et histoire


Le mot technologie renvoie à la notion d'artefact (techne en grec) et celle de sciences (logos). La notion semble avoir été pour la première fois utilisée en 1772 par un physicien Allemand : Johann Beckmann. D’autres étymologistes situent son apparition au début du siècle. Mais son usage populaire précède en fait de quelques années la révolution industrielle. C'est semble-t-il un professeur de Harvard, Jacob Bigelow, qui en a pour la première fois systématisé l'usage dans son ouvrage Elements of technology (1829). Botaniste et professeur à la chaire Rumford de Harvard consacrée à "l'application de la science aux arts utiles" (useful arts), Bigelow est reconnu par certains historiens américains comme un visionnaire mais aussi un fervent promoteur de la technocratie. Promoteur d’une véritable « fusion » entre les arts et la science, Bigelow va dévaloriser à la fois les savoirs fondamentaux qui ne s’articulent pas avec une pratique concrète et les techniques (les arts dans les mots de l'époque) qui s’inscrivent dans une tradition sans le recours systématique au savoir scientifique. En promouvant une sectorialisation accrue des savoirs scientifiques et une répartition scientifiques des tâches dans le domaine du travail il va fournir à la société capitaliste américaine naissante un véritable modèle d’éducation. C'est d'ailleurs sur les recommandations du professeur de Harvard que le MIT (Massachusetts Institute of Technology)empruntera son nom mais aussi de nombreuses orientations pédagogiques qui en feront un des centres de recherches technologiques les plus performants au monde (dans le domaine de la communication, de l'informatique et aujourd'hui de la robotique et de l'intelligence artificielle).

Le mot « technologie » ne désignait pas simplement pour Bigelow les « arts utiles ». Il voulait suggérer en fait la convergence qui s’opérait à l’aune de la révolution industrielle entre les arts (techne) et la science (logos). Une convergence jusqu’alors compromise par l’impossible articulation des savoirs scientifiques fragmentés et des arts nécessairement enfermés dans une tradition (ce que les membres du comité des arts et sciences américain nommaient « une routine empirique »).

Bigelow s'inscrit largement dans le sillon du "millénarisme technologique" qui anime avec ferveur l'enthousiasme scientifique et technique des nations occidentales (pour l'historien David Noble, il faut remonter au moine Bénédictin Erigène promoteur d'un salut grâce aux "arts mécaniques"). Millénarisme séculier qui renvoie plus ou moins à l'idée d'un paradis sur terre qui s'incarne désormais dans le progrès technologique (idée largement redevable aux philosophies progressistes de l'histoire européenne qui émergent au siècle des Lumières). L'une des influences majeures de cette téléologie du progrès technique fut sans aucun doute Francis Bacon : le chancelier d'Angleterre qui a initié la philosophie expérimentale, philosophie inductive qui marque une rupture fondamentale avec les approches scolastiques médiévales de la science (pour qui la nature s'appréhende par le prisme des dogmes de l'Église : la méthode "aprioriste"). Bacon était un fervent millénariste profondément imprégné de la rationalité puritaine (il restera anglican : fonctions obligent...).

Contrairement à une idée répandue, la notion de technologie et son institutionnalisation internationale entretiennent des liens forts avec les expectatives religieuses européennes et américaines des , et siècles (le puritanisme, la franc-maçonnerie, le déisme pour ne citer qu'eux). La Royal Society de Londres, l'une des premières académies des "arts et sciences" (inspirée par l'Evangile baconien de la science) en fournit un bon exemple. Parmi ses membres, on compte une quantité incroyable de déistes (comme Isaac Newton), des unitariens descendants des puritains (comme Joseph Priestley, l'homme qui a découvert l'oxygène et qui a créé la première église unitarienne), le huguenot français expatrié en Angleterre, Jean Desaguiller (qui fut le créateur de la première loge de franc-maçonnerie spéculative). On a trop vite fait d'oublier cette généalogie de la notion de technologie qui porte un éclairage fondamental sur les espoirs suscités en occident depuis la révolution industrielle par toutes ces découvertes. Technologie et progrès apparaissent donc dès le départ intrinsèquement liés.

Sources :

  • BIGELOW, Jacob, An address on the limits of education, Massachusetts Institute of Technology, Boston : E. P. Dutton & company, 1865.
  • BIGELOW, Jacob, « Elements of technology », The North American review, vol. 30, 67, 1830.
  • BIGELOW, Jacob, Elements of Technology, Boston : Hilliard, Gray & Co., 1829.
  • MILLER, Perry, The life of the mind in America. From the Revolution to the Civil War, New York : Harvest Book, 1965.
  • NOBLE, David F., The religion of technology. The divinity of man and the spirit of invention, New York : Penguin Book, 1999.
  • PUCHEU, David, Imaginaire techno communicationnel et religiosité séculière, thèse de doctorat, Uqàm/Bordeaux 3, 2006.

Haute technologie et compétitivité économique


Pour les technologies fondées sur des percées scientifiques récentes on parle habituellement de haute technologie ou nouvelles technologies. Ce domaine peut ou non apporter un avantage compétitif aux entreprises et zones géographiques (pôle de compétence) qui ont su y acquérir une avance : tout dépend du rapport performances/prix offert par l'avance en question, ainsi que de son triangle coûts/délais/qualité. Les exemples de sociétés ayant pris des faux-départs pour avoir eu trop d'avance sur le marché (Viatron, Exidy, Archimedes, AIXtron...) semblent tout aussi spectaculaires que celles de sociétés ayant acquis au cours du temps une position dominante sans être arrivées pour autant premières chronologiquement sur le marché (IBM face à UNIVAC, par exemple). Être le premier procure des :

Avantages

  • Absence de concurrence.
  • Reconnaissance envers le pionnier.
  • Développement de l'humanité (satisfactions de ses besoins fondamentaux).
  • Facilite la vie.

Inconvénients

  • Les techniques sont jeunes et mal connues : il faut "essuyer des plâtres", entreprendre un effort d'information des clients potentiels.
  • Les standards ne sont pas établis, ce qui peut obliger ensuite à de coûteuses reconversions pour mettre sa production en conformité.
  • La technologie nouvelle peut être à l'origine de pollutions.
  • Certaines technologies peuvent être dangereuses pour l'humanité.

Exemples

  • Pour s'être équipée avec retard en lignes téléphoniques, la France a pu se doter rapidement d'un réseau totalement temporel (multiplexé) sans être handicapée par le poids d'un trop important équipement spatial existant.
  • La forte implantation du Minitel en France a pendant plusieurs années retardé l'arrivée massive d'Internet dans les foyers français.
  • La nécessité d'amortir la très coûteuse technique à miroir tournant pour ses imprimantes à laser a fait perdre à IBM ce marché au profit de Canon et Xerox qui sont partis plus tard sur une idée de diodes laser fixes.
  • Cette même compagnie dut abandonner en cours d'études sa technologie FS qui n'eut que quelques retombées ultérieures sur certains produits dans le cadre des technologies existantes (imprimantes à laser, mémoires de masse à changement automatique, usage généralisé des bases de données relationnelles au système de fichiers, etc.).
  • L'avance de l'Angleterre et de la France dans le domaine du transport civil supersonique (Concorde) s'est révélée financièrement désastreuse.
  • Celle de l'Europe dans le domaine du transport aérien (Airbus) ou des lanceurs de satellites (Ariane) ont en revanche constitué de francs succès.

Conclusion

L'avance technologique ne peut donc en aucun cas être considérée comme la balle d'argent qui fait gagner à tous les coups. Elle ne constitue qu'un facteur d'appréciation parmi d'autres. L'important est moins de suivre une mode (coûteuse vu les investissements) que d'anticiper le moins mal possible les besoins actuels et à venir. Des technologies actuellement émergentes, mais dont on ne connaît pas bien, en 2004, l'avenir sont par exemple :

Automatique


Informatique industrielle ~ Informatique embarquée ~ Automate ~ Grafcet ~ GEMMA

Biologie


Médecine ~ Biotechnologie - Agronomie

Chimie


Pétrochimie ~ Pharmacie ~ Phytosanitaire
La pile à combustible

Communication


Télécommunication ~ Téléphone ~ Internet ~ Radiodiffusion ~ Télévision ~ Radioamateur ~ Imprimerie ~ livre ~ Journal ~ (voir aussi NTIC)

Informatique


Ingénierie informatique ~ Informatique industrielle ~ Génie logiciel ~ Informatique embarquée ~ Micro-informatique ~ Réseau informatique ~ Internet ~ Ordinateur ~ Électronique numérique ~ (voir aussi NTIC)

Technique d'affichage


Affichage mécanique ~ Projection lumineuse ~Tube cathodique ~ Affichage plasma ~ diode électroluminescente ~ Cristaux liquides~ Encre électronique

Ingénierie financière


Calcul stochastique ~ Capital risque ~ Marchés dérivés ~ Titrisation,

Matériaux


Matériaux métalliques

Fer et alliages de fer

Métaux et alliages non ferreux

Matériaux minéraux

  • Verre
    • fabrication ~ floats
    • traitements ~ « glass coating »

Matériaux organiques

Autres concepts concernant les matériaux

Mécanique industrielle, électrotechnique


Généralités

Ajustement ~ Amortissement ~ Isostatisme ~ Rhéologie ~ Tribologie, frottement, usure, lubrification ~

Techniques nucléaires

Centrale nucléaire ~ moteur atomique

Production, distribution et utilisation de la vapeur

Machine à vapeur

Énergie hydraulique

Énergie pneumatique ~ Turbine

Électrotechnique

Centrale électrique ~ Pile à combustible ~ Alimentation électrique ~ Éclairage ~ Électroménager ~ Moteur électrique ~ Générateur électrique ~ Protection électrique

Moteurs thermiques

Moteur à combustion interne ~ Moteur à combustion externe ~ Moteur à réaction

Technique des gaz et du vide, réfrigération

Réfrigérateur ~ Technique du vide

Technique des fluides

Pompes

Obtention des pièces brutes

Emboutissage ~ Extrusion ~ Fonderie ~ Forge ~ Frittage ~ Moulage ~ Soudure ~ Traitement thermique ~ Traitement de surface ~Filage

Composants mécaniques, transmissions, manutention, ...

Finition des pièces mécaniques par enlèvement de matière

Usinage ~

Mécatronique

(Lien: Mécanique & Électronique)

Capteur ~ Actionneur ~ Effecteur

Physique appliquée


Électronique ~ Électricité ~ Électrotechnique ~ Génération d'électricité

Son


  • Supports audio (CD, mini-disc, cassette, vinyle, SACD, DAT, la radio, les cylindres)
  • Normes audio (MP3, OGG, AAC, WMA, AIF, WAV, CDA, AIFF, MIDI, Hi-Fi, DDD-ADD-AAD, stéréo-mono, la FM...)
  • Connectique audio (cinch-RCA-ligne, XLR-canon, jack, DIN-midi...)

Transport


Automobile ~ Aviation ~ Aéronautique ~ Transport ferroviaire ~ Escalier mécanique ~Tapis roulant ~Ascenseur ~ Véhicule propre ~ Logistique ~ Marine marchande ~ Transport maritime
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