Le symbole est originellement une représentation porteuse de sens. C'est un système signifiant relevant de la connotation, de l'analogie. Des opérations de distinction et de relation/unification produisent du sens pour un individu ou un groupe social. Le symbole apparaît ainsi comme la réalité visible qui invite à découvrir des réalités invisibles ; il ne fait qu'un avec les symbolisés. Cette unité ne se fait pas par un mode fusionnel mais par ajustement (sumbolh). L'ensemble des deux éléments (visible et invisible) forme un tout et l'un ne se comprend pas sans l'autre. Selon Creuzer, le symbole serait « situé entre la forme et l’être, entre l'expression et l'idée » (R. Alleau, De la nature des symboles, Paris, Pont-Royal, 1964, page 20).
Par extension, le symbole en est venu à désigner toute réalité qui en évoque d'autres, absentes ou abstraites, à l'aide d'une analogie implicite. Le symbole devient une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Ainsi, tous les systèmes symboliques tentent d'exprimer des idées, des concepts, etc. Au contraire du code, le symbole est polysémique et parfois personnel (tel objet symbolise mon ami disparu ou perdu de vue, telle image symbolise, pour moi, l'espérance, ...). Un symbole établit donc une relation d'analogie entre deux éléments. Il prend sa forme signifiante par une représentation mentale élargie, où le système symbolique et les symbolisés peuvent avoir des éléments d'analogie proches ou lointaines. Exemple : le couple soleil-lune représentant le couple homme-femme, lumière-ténèbres, et vérité-mensonge.
Correspondance entre deux éléments, le symbole est quelques fois utilisé tel un synonyme d'allégorie, métaphore, métonymie, synecdoque,emblème, signe, code, icône, fetiche. Exemples : un personage aux yeux bandés portant une balance et un glaive sert d'allégorie pour la justice ; les lauriers en couronne sont emblème de la gloire.
Le symbole est polysémique et ambivalent: Son interprétation découle de la culture de chacun.
Le « sumbolon » était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le terme « symbole » est apparu en 1380.
Par la suite, des formes d'abstraction, comme le langage ou la gestuelle ont pu remplacer les objets dans leur fonction de représenter un engagement, une promesse, une alliance, un contrat, un pacte scellé entre deux partenaires (par exemple, une poignée de main sera le symbole d'un accord). Dans ce sens, un symbole est donc un objet sensible qu'on « pose côte à côte avec » une réalité abstraite ou surnaturelle qu'il est destiné à représenter. Le symbole est le terme visible d'une comparaison dont l'autre terme est invisible.
Remarque: Proche du sumbolon grec, les actes symboliques propres à la vie chrétienne sont appelés sacramenta dès le . Chez les Romains, sacramentum désigne le gage de fidélité, le serment prêté à l’Empereur. Tertullien qui a introduit le premier ce terme dans le vocabulaire chrétien explique que si le sacramentum est le signe d’un engagement irrévocable au service du Christ, cet engagement n’est qu’une réponse aux sacramenta de Dieu lui-même qui s’est engagé le premier envers nous et qui nous a donnés des gages du salut en Jésus Christ. Il corrigeait immédiatement ce qu’il pouvait y avoir d’unilatéral dans le sacramentum militaire. (L'antonyme du symbole, c'est le diable : celui qui sépare. Ce qui divise est de l'ordre du diabolique ; ce qui rapproche du symbolique, du sacré, du divin.)
Mouvements périodiques :
Chaleur :
Électricité et magnétisme :
Rayonnement optique et électromagnétique connexe :
Généralement, les symboles physiques s'écrivent en minuscule sauf lorsque l'entité est dérivée directement ou indirectement d'un nom propre, dans ce cas, la première lettre s'écrit en capitale. Cette règle permet de connaître assez rapidement la façon d'écrire le symbole.
Exemples de symboles dérivés de noms communs :
Exemples de symboles dérivés de noms propres :À la préhistoire, l'Homo sapiens a hérité de la technique de l'art pariétal et des rites funéraires de l'Homme de Néanderthal qui disparut vers -30 000 au cours du paléolithique supérieur. Les animaux qu'ils chassaient (principalement des bisons) et ceux qu'ils observaient (félins, chevaux) étaient dessinés avec une grande précision sur les parois, les voûtes et le sol de grottes, à des profondeurs presque inaccessibles où l'homme préhistorique n'avait pas établi d'habitat. Ces dessins avaient sans doute une portée symbolique et magique. Le professeur Henri Breuil parle de « magie de la chasse », en revanche les hommes étaient dessinés volontairement flous, déformés, de même que des êtres mi-humains mi-animaux étaient représentés. Dans certaines grottes on trouve des marques de mains par centaines, peut-être avec un but thérapeutique, tout cela impliquant probablement que des rites de chamanisme avaient lieu.
Puis au début du néolithique les Homo sapiens ont quitté les grottes et leurs sanctuaires naturels pour construire dans l'espace extérieur des monuments en terre, pierres ou en ciment comme les dolmens et les mégalithes ainsi que des sépultures collectives avec une finalité institutionnelle visant la cohésion d'une collectivité stable et sédentaire que l'on peut considérer comme une société à part entière avec son symbolisme religieux, ses rites et cérémonies magiques et sa culture. Les monuments mégalithiques ainsi que la plupart des temples avaient un symbolisme astronomique qui permit aux chefs religieux de découvrir les principes fondamentaux de l'astronomie (année solaire, cycle lunaire, cartographie céleste, mesure du temps), des mathématiques, de l'astrologie et des divinations, puis vers -1800 avec l'invention de l'écriture à Sumer apparurent les premières traces des premiers mythes fondateurs et récits magiques, bien sûr d'une culture à l'autre (Mayas, Égyptiens, Grecs) les mythes, cérémonies, rites, et croyances populaires varient mais les découvertes astronomiques et mathématiques étaient compatibles. Un peu de tout cela est resté dans la culture des peuples, s'est maintenu jusqu'à nos jours sous forme de folklore ou alors a été marginalisé en tant que superstition ou hérésie.
L'anthropologue, contrairement à ce que la doxa propose, « doit d’abord tenter de dépasser la barrière d’incompréhension qui vient du jugement spontané, il doit adopter l’attitude de la science, chercher les causes du phénomène rencontré. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra (et devra) émettre un jugement sur ce phénomène. Ce jugement sera un jugement de rationalité et en même temps un jugement éthique : nous jugeons toujours le sens et la valeur, le bien-fondé en raison et le bien-fondé moral d’un comportement. La question qui se pose naturellement est sur quels critères de rationalité asseoir ce jugement de rationalité, car a-t-on les mêmes dans toutes les cultures existantes ? » (Monica Heintz)
Le problème de la magie, de l'ésotérisme, des mythes, des rites, des religions, des cérémonies, des croyances et des symbolismes, c'est que tout ces éléments font partie à part entière de la culture populaire. Par exemple le cœur symbolise l'amour et le rond la totalité, mais ils peuvent être déviés de leur fonction de cohésion sociale par les sectes. Ainsi, le svastika ou croix gammée qui est tournée vers la droite symbolise la vie, (en sanscrit, svastika signifie littéralement bon augure : le signe était un porte-bonheur en Chine, en Inde, en Grèce, et sur les côtes de la Méditerranée) a été déviée de son usage par Hitler, ainsi que par Claude Vorilhon dont le symbole lui a été selon lui, communiqué par télépathie par les extra-terrestres et qui a fondé la secte de Raël.
En ésotérisme, ces symboles, comme tant d'autres, sont utilisés pour fabriquer des amulettes et des talismans car ils sont motivés, à la base il y a un sens profond supposé universel qui les transcendent d'où l'emprunt de ces symboles vers d'autres domaines est très fréquent : logos d'une entreprise, matrice pour vêtements, art religieux et sacré car leur valeur est à portée de tous. L'argent est lui-même un symbole en tant que convention sociale, au niveau physique ce n'est rien d'autre qu'un papier imprimé, mais au niveau de l'inconscient collectif, l'argent a une valeur, il est crédible. Et c'est cette crédibilité que les entreprises, l'art sacré et les sectes cherchent en résumant leurs institutions dans un symbole unificateur. Le symbolisme est une tradition populaire. Mais tout est dans l'objectif visé.
Les symboles représentent, sous forme imagée et souvent fantaisiste, un objet ou un évènement dont on n’a pas, ou plus, la vision réelle et auquel on veut donner un sens particulier ou lui induire une croyance; exemple : La tour de Babel, peinte par les artistes selon leurs imaginations, et qui exprime, selon la Bible, l’incompréhension des langages lors de sa construction, ce qui aurait entraîné sa destruction.
Il est évident qu’il s’agissait d’une ziggourat d’une toute autre forme que nous pouvons restituer maintenant, et que sa destruction est due à l’effritement des briques crues qui la composaient, quoique ses bâtisseurs aient été probablement d’origines différentes et de langages variés.
Toutefois le symbole garde entièrement sa valeur et son sens moral.
Par ailleurs, on a également appelé "symbolisme" la fonction psycho-spirituelle qui permettrait, en présence d'une forme sensible (objet, animal, partie du corps, etc.) d'être par là-même en présence de la Réalité invisible symbolisée par cette forme (Cf. anagogie, exemplarisme, archétype).
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