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Scolastique vient du latin schola, école. Il s'agit d'une philosophie développée et enseignée dans les universités du Moyen Âge, et visant à réconcilier la philosophie antique, et en particulier l'enseignement d'Aristote, avec la théologie chrétienne. Cette réconciliation passe en particulier par la tentative de résoudre les tensions entre philosophie première et théologie (selon Aristote), autrement dit entre une métaphysique générale (philosophie première appelée plus tard ontologie, ou ontosophie) et une science de l'être par excellence (plus tard, métaphysica specialis, la théologie).

La réconciliation cependant est soumise à la hiérarchie augustinienne : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ». Il s'agit avant tout de mieux comprendre la foi chrétienne à la lumière de la philosophie antique. Cette approche sera de toute façon récusée par l'Église d'abord, puis par la réforme, pour incompatibilité irréductible entre foi et philosophie. Luther condamne au début du ce syncrétisme : « En bref, tout Aristote est à la théologie ce que les ténèbres sont à la lumière .»

La scolastique est aussi une méthode fondée sur l'étude et le commentaire des textes religieux et profanes fondamentaux et autorisés. Elle comporte trois types d'exercice : la lectio d’une part, la quaestio et la disputatio d'autre part. C'est sur cet aspect que se concentrera la critique rationaliste et moderne de la scolastique. Sa méthode est en effet une pure spéculation intellectuelle, fondée exclusivement sur le commentaire de textes ou le commentaire de commentaires, s'interdisant tout regard direct sur le réel.

Trois périodes


L'emprise de la scolastique se divise en trois grandes périodes, même si l'influence de celle-ci s'étend au-delà.

Du début du à la fin du

La première période est marquée par la querelle des universaux, opposant les réalistes, menés par Guillaume de Champeaux, aux nominalistes, représentés par Roscelin, et aux conceptualistes (Pierre Abélard).

Du à la fin du

La deuxième période voit l'entrée en force des œuvres d'Aristote, introduites par les philosophes juifs et arabes, notamment Averroès, mais ensuite traduites du grec en latin par Albert le Grand et par Guillaume de Moerbeke, secrétaire de Thomas d'Aquin.

Après le

La troisième période est une phase de repli. Guillaume d'Occam prend position pour les nominalistes, et fonde une via moderna qui s'oppose au Thomisme, distinguant la philosophie de la théologie.

Voir aussi


Sur la philosophie

Sur Thomas d'Aquin et la scolastique

Sur la philosophie chrétienne

Liens externes


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