Historiquement, la science (du latin scientia, connaissance) est une branche de la philosophie, connue sous le nom de "philosophie naturelle". La philosophie, dans son ancienne acception, regroupait toute la pensée humaine. Au cours du Moyen-Âge, la science s'en est progressivement détachée, mais cela n'a pas été sans heurts (Galilée, Giordano Bruno,...). Finalement, un modus vivendi s'est imposé :
Pour autant, l'avancée des travaux scientifiques aboutit à bousculer cette dichotomie, que ce soit à propos de l'origine de l'univers (big bang) ou de la vie.
Plus précisément, la science consiste en :
Selon le philosophe Karl Popper, une théorie n'est scientifiquement acceptable que si elle peut être réfutable, c’est-à-dire soumise à des tests expérimentaux. La connaissance scientifique est ainsi l'ensemble des théories qui ont jusqu'alors résisté à la réfutation. La science est donc par nature soumise en permanence à la remise en question.
Au cours de son développement, la science, face à la diversité des phénomènes à étudier, a vu se créer autant de disciplines, comme la chimie, la biologie, la thermodynamique, la mécanique, l'optique, l'électricité, l'automatique, la systémique, l'homme, etc. Ces disciplines a priori hétéroclites ont pour socle commun la physique, pour langage les mathématiques et comme principe élémentaire la méthode scientifique.
La science est donc un découpage métaphysique du réel en plusieurs domaines d'investigations, qui forment un ensemble plus ou moins organisé de connaissances idéalement universelles. Par leur structuration et leur tendance à l'universalité, ces connaissances se distinguent des connaissances vagues de l'expérience personnelle (terme à ne pas confondre avec expérimentation) qui sont des connaissances qui ne concernent que les individus ou les cas particuliers, et que l'on peut rencontrer au hasard, ce qui interdit toute généralisation. La démarche méthodique pour acquérir et organiser ces connaissances est la méthode scientifique.
Par ailleurs, les sciences expérimentales sont opposables aux sciences d'observation.
Enfin, en fonction de la place de l'Homme dans le système scientifique étudié, sciences dures et sciences douces se complètent.
Lorsqu'il n'est pas possible de contrôler un environnement expérimental, les scientifiques peuvent avoir recours à l'observation. Lorsqu'une discipline se forme autour de cette démarche, on parle alors de sciences d'observation. L'astronomie ou l'économie en sont des exemples classiques. Mais la frontière n'est jamais nette : il existe une économie expérimentale, et la physique des hautes énergies permet d'une certaine façon de tester expérimentalement certaines théories astronomiques. Des questions éthiques peuvent également être en jeu : Comment reproduire, par exemple, les conséquences des abus physiques chez des enfants sans contrevenir aux plus élémentaires règles de base de l'éthique ? Dans ces cas, l'étape de l'expérimentation est remplacée par une étape d'observation systématique.
À ce diptyque expérimentation/observation, s'ajoutent aujourd'hui les simulations numériques.
Naturellement, science appliquée et science fondamentale ne sont pas strictement cloisonnées. Les découvertes issues de la science fondamentale trouvent des fins utiles (ex : le laser et son application au son numérique sur CD). De même, certains problèmes techniques mènent parfois à de nouvelles découvertes en science fondamentale. La recherche en science fondamentale repose sur la technologie issue de la science appliquée. Les laboratoires de recherche et les chercheurs peuvent même faire parallèlement de la science appliquée et de la science fondamentale. Des pressions économiques et sociales s'exercent sur les sciences fondamentales, qui tentent de préserver leur autonomie.
Lorsque les scientifiques veulent se taquiner entre eux, voire se chamailler, les sciences exactes sont parfois qualifiées de sciences inhumaines, notamment du fait des formalismes mathématiques en général assez pointus qu'elles mobilisent dans leurs démarches de quantification des phénomènes observés ou expérimentés (ex: nombres complexes, équations différentielles, calcul matriciel, calcul probabiliste, séries de Fourier, transformée de Laplace, analyse convexe, analyse modale, ...). À l'inverse, les sciences humaines sont parfois qualifiées de sciences molles lorsque l'on souhaite s'en moquer.
Cette (ces) méthode(s) devrait (doivent) garantir la validité et l'objectivité de ses résultats. On associe généralement méthode scientifique et méthode hypothético-déductive :
Le mot science ne peut être rattaché à un domaine de connaissance que si la méthode scientifique propre à ce domaine est généralement acceptée et que les résultats répondent aux conditions de reproductibilité, indépendamment de l'équipe de chercheurs qui réalise l'expérimentation ou l'observation. Un exemple célèbre où les résultats d'une expérimentation n'ont pas pu être reproduits par d'autres équipes de chercheurs est celui de la mémoire de l'eau. Comme personne n'est à l'abri de l'erreur ou de la supercherie, cet exemple montre à quel point l'étape de la diffusion des résultats est cruciale et fait partie intégrante de la méthode scientifique.
La science, en tant qu'institution, ensemble de pratiques ou rapport au monde, est une invention de l'Homme dont on peut retracer la genése.
Voir l'article détaillé recherche scientifique.
C'est par exemple le cas de l'évolutionnisme et de la théorie de l'évolution. Il est évident que la stricte compatibilité avec les résultats scientifiques, donne à ces recherches un poids particulier. Elles mettent en cause des points trop importants pour les religions monothéistes toutes confondues (épisode de la Genèse).
Il en est ainsi de toutes les théories, comme celle du Big Bang ou de l'évolution des espèces. Même si aujourd'hui celles-ci ont le soutien de beaucoup de spécialistes, des théories concurrentes sont discutées. Pour autant, la création du monde en sept jours décrite par la Bible ne peut plus être perçue comme un possible, et bien des croyants reconnaissent qu'une lecture littérale est peu compatible avec l'état actuel de nos connaissances et qu'il est plus sage de l'interpréter comme une parabole. Si la science ne fournit jamais de réponse définitive, il n'est plus possible de ne pas en tenir compte.
La foi religieuse, les croyances superstitieuses et pseudosciences donnent au contraire des explications des phénomèmes d'une toute autre nature puisqu'elles relèvent en général d'une conviction personnelle ou sociale invérifiable. Les progrès de la connaissance entraînent donc parfois une remise en cause des dogmes religieux par la science. L'exécution de Giordano Bruno est un exemple des luttes d'influences que durent affronter les scientifiques.
A contrario, sauf à prétendre imposer sa foi (qui n'est autre qu'une conviction intimement personnelle et subjective) aux autres, il faut se défier de la tentation naturelle de qualifier de fait « scientifiquement prouvé » les extrapolations des modèles scientifiques au-delà de leur champ d'application.
La méthode scientifique hypothético-déductive n'a pas pour vocation de fournir des vérités absolues mais uniquement d'affiner si besoin est des modèles antérieurs.
En d'autres termes, pour parvenir à une théorisation fiable, il faut forcément au départ prendre appui sur quelque chose, qui pourra se révéler plus tard une erreur. Cela n'a rien qui doive alarmer, et rappelle simplement qu'en science on avance dans la compréhension sur le réel en éliminant les hypothèses erronées. Cela permet de démarrer un processus, et de le réorienter dans la bonne direction ensuite.
Un principe est réputé vrai (« jusqu'à plus ample informé ») quand un consensus se dégage dans la communauté scientifique pour estimer que suffisamment d'indices convergent en faveur de ce résultat et que aucun résultat expérimental ne le contredit. La démarche est ici intersubjective, ce qui a suscité des mises en garde importantes de Thomas Kuhn aussi bien que de Paul Feyerabend.
La démarche scientifique, de par la remise en cause permanente des connaissances, admet que ces connaissances puissent comporter des aspects incomplets, voire inexacts ; mais il faudra attendre de les avoir mis en évidence pour le savoir. Pour cette raison, on observe que lorsqu'une loi scientifique existante est violée, c'est le signe qu'une nouvelle découverte se profile. Il y a donc lieu de s'en réjouir et non de le déplorer.
Utiliser une théorie que l'on sait inexacte ne pose aucun problème dans certains cas :
L'essence de la science, à travers les générations, reste la remise en question permanente. Mais parfois aussi, des idées nouvelles n'arrivent à bien se répandre qu'après le décès d'autres scientifiques devenus inconsciemment dépendants d'un modèle donné, dans lequel ils ont beaucoup investi, et qu'il ne souhaitent pas voir brusquement se dévaluer. Les voilà devenus en conséquence moins aptes à discerner les intérêts (éventuels) de nouveaux paradigmes qui en diffèrent trop. Leur attachement aux théories existantes a pu prendre un caractère, dans certains cas, que l'on pourrait qualifier de quasi religieux.
Il se ne passe pas de génération sans qu'apparaissent quelques cas de ce genre.
Il arrive aussi, cela dit, que ce soit des théories nouvellement énoncées qui se révèlent être des impasses. Voir Trofim Lyssenko.
Voir aussi :
Sont désignées sous le nom de pseudo-sciences les pratiques qui se réclament de la science tout en s'écartant de la méthode scientifique mais en en mimant certains aspects. On peut citer par exemple l'astrologie, l'homéopathie, la morphopsychologie (voir culte du cargo).
Les sciences occultes et sciences traditionnelles existent depuis l'Antiquité, elles consistent en un ensemble de connaissances et de pratiques mystérieuses ayant pour but de pénétrer et dominer les secrets de la nature. Au cours des derniers siècles, elles ont été progressivement exclues du champ de la science. Le philosophe Karl Popper s'est longuement interrogé sur la nature de la démarcation entre science et pseudo-science. Dans son ouvrage Conjecture et réfutations, après avoir remarqué qu'il est possible de trouver des observations pour confirmer à peu près n'importe quelle théorie, il propose une méthodologie fondée sur la réfutabilité.
Sciences | Recherche scientifique | Épistémologie
Zenzia | علم | Ciencia | Навука | Наука | বিজ্ঞান | Siañs | Nauka | Ciència | Věda | Ùczba | Ăслăлăх | Videnskab | Wissenschaft | Επιστήμη | Science | Scienco | Ciencia | Teadus | Zientzia | Tiede | Saidheans | Ciencia | વિજ્ઞાન | מדע | Znanost | Syans | Tudomány | Scientia | Ilmu | Cienco | Vísindi | Scienza | 科学 | მეცნიერება | ವಿಜ್ಞಾನ | 과학 | Zanist | Godhonieth | Scientia | Weitesjap | Mokslas | Наука | Sains | Tlapōhuayōtl | Wetenschop | Wetenschap | Vitskap | Vitenskap | Nauka | Ciência | Ştiinţă | Наука | Nauka | Science | Veda | Znanost | Наука | Élmu | Vetenskap | Sayansi | அறிவியல் | วิทยาศาสตร์ | Agham | Bilim | Наука | Khoa học | Syince | 科学 | Kho-ha̍k