Le risque est une exposition à un danger potentiel, inhérent à une situation ou une activité.
L'évaluation des risques est le facteur déterminant de toute prise de décision. Elle est bien souvent intuitive dans nos actions de tous les jours, mais gagne à être formalisée dans le cadre d'un projet financier ou industriel, par exemple.
La science qui étudie le risque est la cindynique.
L'une des difficultés de l'évaluation du risque est le fait que la conséquence néfaste est incertaine, le risque est une notion statistique ; le danger (par exemple, une falaise au-dessus de la mer) peut provoquer une situation dangereuse (par exemple le fait de se retrouver en hauteur au-dessus de la mer), la situation dangereuse débouche sur un risque (par exemple un risque important de tomber et de se tuer). La réalisation de ce risque est l'accident. D'une part cela peut donner l'impression que la situation ne va pas se dégrader (impression de sécurité), d'autre part cela rend difficile la prévision de l'accident : il faut imaginer un événement qui n'aura peut-être jamais lieu. De fait, une personne n'est pas nécessairement consciente qu'elle prend un risque. Pourtant, la précision du risque est fondamentale puisque c'est elle qui peut empêcher l'accident.
Pour ce genre de risque quasiment non mesurable, concernant un danger potentiel contre lequel il est difficile de se prémunir, on préférera l'appelation d'incertitude ou d'aléa.
Le risque ou situation à risques découle d'une part de la présence d'un danger et d'autre part de la présence de l'homme dans la zone de danger. Il est utile en la matière de se référer à la norme EN 1050.
Dans l'évaluation des risques il est intéressant d'avoir une idée sur deux paramètres :
La connaissance de ces différents paramètres n'est pas facile d'autant qu'il existe un troisième paramètre qui est la possibilité d'évitement de l'évènement dangereux. La plupart du temps le passé nous donne les informations sur la gravité et sur l'occurrence d'un fait; c'est pourquoi il est difficile d'opposer méthode a priori et a posteriori car la première se nourrit inévitablement de la seconde.
En droit français, le risque est l'éventualité d'un événement futur, incertain ou d'un terme indéterminé, ne dépendant pas exclusivement de la volonté des parties et pouvant causer la perte d'un objet ou tout autre dommage.
En économie et en finance (placements, investissement, crédit, assurances) le risque est
La théorie veut (cf ratio de Sortino), qu'il y aurait corrélation entre le risque pris et l'espérance de gain.
La finance est devenue largement de nos jours une industrie de transformation des anticipations de revenus et de risques en instruments dont le prix peut être négocié sur des marchés ou auprès d'institutions ad'hoc. Cela permet le transfert des risques à ceux disposés à les prendre (contre des revenus espérés), la compensation des risques inverses (exemple le risque de change d'un importateur est inverse de celui d'un exportateur, le risque de taux d'un prêteur est inverse de celui d'un emprunteur...), la diversification des risques, etc.
De même que les mathématiciens ont voulu quantifier le hasard en inventant les probabilités, les économistes ont voulu quantifier l'incertitude monétaire en modélisant les risques.
Cette quantification qui garde toujours un côté plus ou moins estimatif, est réalisée à partir de :
C'est ainsi que, la théorie financière dite moderne a fortement développé l'utilisation de mathématiques probabilistes pour estimer la valeur des actifs. En principe, plus le risque pesant sur un actif est fort, plus son prix sur le marché est bas et son rendement attendu élevé, si du moins le marché est efficient.
Le risque est aujourd’hui de moins en moins perçu comme relevant d’une fatalité, alors que les sociétés ont longtemps interprété les catastrophes (séismes, éruption volcanique…) comme une punition divine. La décennie 1990, que l’ONU a consacrée à la réduction des risques, a conduit à la multiplication des publications sur les risques et leur gestion (résolution 44/236), mais aussi à l’attention portée à la redéfinition des concepts et méthodes. Cette décennie a confirmé le passage du hazard paradigm, qui considère le risque comme une « altérité » extérieure à la société, et qui la menace ou la perturbe accidentellement, à la prise en compte du risque comme un produit social, en le distinguant clairement de l'accident ou de la catastrophe, puisqu’il garde un caractère potentiel.
Le risque est défini comme la conjonction d’un aléa, probabilité d’occurrence d’un phénomène dangereux, et d’une vulnérabilité, qui exprime le niveau de conséquence prévisible sur les enjeux exposés, qu’il s’agisse de personnes, de biens, d’équipement ou de l’environnement.
C'est la superposition spatiale entre l'extension d'un aléa et un territoire anthropisé qui crée le risque. Un séisme dans le désert ne présente presque pas de conséquence, alors qu'il peut être très grave dans un territoire densément peuplé. Comme les dynamiques de peuplement conduisent à occuper des espaces exposés aux aléas (naturels) ou a créer des aléas (technologiques, biologiques...) au sein des territoires urbains, on parle de « construction » sociale du risque.
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