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La révolution industrielle est un processus qui bouleverse les techniques de production : on passe d'un système artisanal, manuel, de production, dans des lieux dispersés, à une production recourant de plus en plus à une énergie provenant de machines, production en grandes séries, centralisée, utilisant des normes ou standards afin d'obtenir des produits d'une qualité homogène. Le passage d'un travail domestique à un travail de plus en plus spécialisé change radicalement les modes de vies. Elle ne touche pourtant pas tous les pays européens et son propre développement diffère dans les régions touchées.

Voir l'article détaillé sur le début de la révolution industrielle

Révolution industrielle et industrialisation


Le terme de révolution industrielle ne peut être attribué qu'à la Grande-Bretagne (le Royaume-Uni à partir de 1801), chez qui le processus de transformation des sociétés a été brutal. Ne peuvent donc être intégrés dans cette "révolution" les autres pays en cours d'industrialisation, étant donnée que leurs premières phases furent longues et continues. Dans ce cas, on parle alors d'industrialisation.

Le terme "révolution" est mal employé, car il est contradictoire, mais c'est ainsi que fut traduite la croissance industrielle de l'époque.

Industrialisation et croissance


L'industrialisation, processus lent et continu

L'industrialisation commence en Grande-Bretagne dans les décennies 1770-1780, avec le recours aux machines à vapeur, alimentées par la houille qui remplace le charbon de bois, dont la production est insuffisante (ce qui représente peut-être historiquement la première crise de l'énergie). Elle se propage dans l'Europe de l'Ouest à partir de 1820. Ce processus ne fut possible que grâce à la Révolution agricole du XVIIIe siècle.

La France y rentre selon les mêmes modalités en 1820-1830 avec la généralisation des métiers à tisser et la construction des premières voies de chemin de fer sous Louis-Philippe. Le développement des manufactures au début du constitue la véritable première Révolution industrielle en France, avec toutes les caractéristiques du capitalisme français.

Puis vers 1870, arrivent l'Allemagne et les États-Unis, qui concurrencent la France et le Royaume-Uni. Dès 1890, on assiste à l'essor de la Russie et du Japon.

Un processus caractérisé par l'accélération de la croissance et par les lents progrès du niveau de vie

Cette situation est due à deux révolutions industrielles :

  1. Une première révolution est fondée sur une source d'énergie hégémonique : le charbon, un matériau de base : le fer, et un moteur universel : la machine à vapeur, ce triptyque étant mis au service essentiellement du domaine du textile, puis du chemin de fer (années 1830).
    Le chemin de fer constitue à lui seul une véritable révolution puisque ce secteur-clé va permettre une redéfinition de l'organisation du territoire : il va alimenter le processus d'industrialisation tout au long du siècle en permettant un élargissement des marchés, en exposant les industries régionales à une concurrence nationale incitative, et en stimulant la dynamique de l'innovation (dans la création de voies, de gares, de ponts, de la signalisation…).
  2. Une deuxième révolution se caractérise par l'apparition progressive d'une nouvelle source d'énergie (électricité), de nouveaux matériaux dérivés du fer (aciers spéciaux, aluminium) alors que de nouvelles industries émergent (industrie lourde, chimie) (années 1870), et que, plus tard, apparaîtra l'automobile (années 1890).
Ce n'est que progressivement que les avancées de l'industrie se font ressentir sur le niveau de vie de la majorité. Cependant, entre 1850 et 1914, le salaire annuel des ouvriers aura doublé.

Ces révolutions ont des conséquences sur la vie quotidienne (transports, électricité). Les innovations sont aux expositions universelles, comme la Tour Eiffel pour l'exposition de 1889.

La fabrication de produits nouveaux nécessite une réorganisation des entreprises.

Constitutions des entreprises et naissance de l'organisation du travail


L'entreprise accroît son capital et s'agrandit

Les entreprises cherchent des investisseurs, les sociétés par actions se développent progressivement à partir des années 1860 et sont vendues en bourse : c'est l'expansion du capitalisme.

C'est un système économique reposant sur la propriété privée des moyens de production (usines, machines) et dont la détention du capital est source de revenus. Il y a concentration :

  • horizontale : on se spécialise sur une activité principale (toutes les entreprises fabriquant le même produit se regroupent)
  • verticale : on regroupe des entreprises le long d'une chaîne de production (concentration en un seul groupe de l'entreprise d'extraction des matières premières aux distributeurs, en passant par les unités de transformation et les infrastructures de transport).

Selon le pays, ces concentrations prennent des formes différentes :

  • le cartel : ce sont des entreprises qui fabriquent le même produit, et qui s'entendent sur les prix et la quantité produite. Le cartel se développe particulièrement en Allemagne.
  • le trust : par la concentration, s'assure une position dominante sur un secteur de l'économie. C'est aux États-Unis que vont naître les plus grands trusts, comme en atteste l'illustre exemple de la Standard Oil fondée par Rockefeller dans les années 1870, et qui assurera un temps une mainmise sur le marché mondial du pétrole. Contrairement à l'État allemand, l'État américain, au nom de la libre-concurrence, cherchera à limiter l'émergence de ces grands groupes monopolistiques, avec des mesures Antitrust comme le Clayton Act (1914) ou la loi Sherman (1890), mais sans réel succès.

L'entreprise se réorganise

C'est l'organisation scientifique du travail. Tout d'abord le taylorisme : il vise à améliorer la productivité de la main-d'œuvre avec des méthodes de travail, en séparant les tâches de conception et de fabrication. Les tâches sont découpées, c'est le travail à la chaîne; plus de surveillance, moins de flâneries. C'est aussi le début du stress.

Le taylorisme est amélioré notamment par le fordisme : l'ouvrier ne se déplace plus, c'est l'essor de la mécanisation, de la standardisation et de la parcellisation du travail : économies d'échelle. Cela permet un emploi massif d'ouvriers. Henry Ford veut faire un modèle unique, la Ford T, de ce fait elle est moins coûteuse. C'est l'entrée dans la société de consommation et l'essor des usines, mais le travail à l'atelier et au domicile existe toujours.

La révolution commerciale

Il y a deux échelles :

  • l'internationale, avec l'essor des échanges maritimes, ferroviaires, la concurrence et le libre échange.
  • la nationale, se développent les magasins à succursales multiples : ils sont gigantesques, il y a beaucoup de personnel, des vitrines, les prix sont affichés, cela se fait dans un cadre luxueux. C'est le début de la publicité au cinéma, cela nécessite plus de trésorerie, plus de finances, il y a un développement des banques. Grâce à l'épargne des particuliers, les entreprises sont mieux financées, cela favorise l'industrialisation.

Crises et dépressions


Des crises et des dépressions jalonnent l'industrialisation du monde.

La crise est une rupture forte de la conjoncture économique, qui marque la fin d'une période d'expansion. La dépression est une baisse générale des prix et de la production.

La crise la plus relatée de la Révolution Industrielle est sans doute celle qui s'est étendue de 1873 à 1896 : on l'appelle la Grande dépression. Cette Grande dépression marquant le passage difficile vers une deuxième Révolution industrielle (fondée sur l'industrie lourde, la chimie, puis l'électricité et l'automobile) ne doit pas être confondue avec la Grande dépression des années 1930, qui n'est autre que la célèbre crise de 1929.

Crise de 1929

La crise de 1929 a constitué un véritable cataclysme pour l'économie libérale en raison de son ampleur et de sa durée exceptionnelle, méconnues au . Contrairement aux crises antérieures, considérées comme des "crises de croissance" alternant avec des phases de prospérité réelle, elle s'est greffée sur une stagnation qui durait depuis 1921. Elle a placé le régime capitaliste devant des difficultés telles qu'il n'a pu survivre qu'en se réformant profondément. On peut y voir une rupture essentielle avec un ordre économique et social séculaire dont les deux piliers se sont effondrés brutalement : liberté commerciale et domination de l'or dans le cadre du système monétaire international de l'étalon-or.

Pourtant, dix ans après une guerre qui semblait avoir condamné le monde à un appauvrissement général, l'optimisme l'emportait dans un monde qui se reprenait à rêver d'économie sans crise, comme l'atteste l'euphorie des années 20, "les Années folles".

Cependant, certains rouages du mécanisme économique se sont enroués pendant la période, ce qui a fini par mener le monde entier à la crise :

 

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