Le mot "philosophie" est à l´origine un mot grec signifiant amour de la sagesse ("philein" : aimer ; "sophia" : sagesse, ou connaissance). Il s´agit de sa définition la plus ancienne et la plus évidente dans la mesure où c'est la définition étymologique. Cette traduction du terme ne peut néanmoins cacher le fait que la définition de la philosophie est une des tâches les plus complexes qui soient.
Pour bien nous entendre, il faut distinguer les définitions de la philosophie donnée par un philosophe ou par un groupe philosophique des différentes significations que peut avoir le mot philosophie dans le langage courant. La tâche d'analyse sémantique des différentes significations du mot philosophie relève d´un dictionnaire, mais nous l'esquisserons néanmoins.
Le mot philosophie désigne d'une part une discipline théorique (exposée par exemple dans un ouvrage philosophique ou dans un cours de philosophie...) inspirée ou produite par des philosophes. On devrait utiliser l'article défini et parler de la philosophie. Le terme "philosophie" caractérise aussi un système de pensée ou de croyances (la philosophie confucianiste, la philosophie marxiste...). Il faudrait parler d'une philosophie dans ce sens.
De plus faire « preuve de philosophie » renvoie au fait qu´on fait preuve de sagesse, qu´on sait prendre les choses avec recul.
Enfin, le vocable philosophie désigne aussi un discours purement théorique ou sans fondement comme lorsqu'on dit : "C'est de la philosophie !".
Il est difficile de définir de façon rigoureuse les méthodes et les thèmes de la philosophie. Historiquement, elle a pu en effet s'inspirer de d´autres disciplines (des mathématiques par exemple voire sciences positives). Plus fondamentalement, la philosophie n´a jamais réussi à développer une méthode ou un ensemble de méthodes qui auraient réussi à s´imposer comme la méthode expérimentale s´est imposée en physique ou en chimie par exemple.
On peut néanmoins délimiter ex negativo un certain nombre de méthodes et de principe heuristique qui caractérisent au moins en partie la philosophie.
Malgré les difficultés que comporte cette entreprise, il est possible de distinguer certaines grandes caractéristiques de la méthode philosophique.
Les thèmes de la philosophie sont nombreux. En voici une liste non exhaustive.
La philosophie grecque se caractérise d´une part par le fait qu´elle est dominée par l´éthique et par la question du bien vivre et plus particulièrement par la question de la vertu et du bonheur. Ceci frappe n´importe quel lecteur des dialogues de Platon, des textes d´Aristote, des Stoïciens ou d´Epicure. La conséquence de cette tendance est que la philosophie était comprise comme une façon de vivre et non pas uniquement comme un discours théorique (même si ce dernier ne saurait être ignoré naturellement). Ceci est particulièrement frappant chez un Socrate, un Diogène ou chez les Stoïciens.
Les deux autres grands domaines de la recherche des penseurs antiques sont d´une part la cosmologie et la physique, d´autre part la théorie de la connaissance parfois liée une véritable logique. Aussi bien le "Timée" de Platon, dont l´influence fut si importante au cours de l´histoire de la philosophie, que "les Météorologiques" d´Aristote, que la lettre à Hérodote d´Epicure ou la physique stoïcienne montrent le vif intérêt des anciens pour la connaissance de la nature.
La théorie de la connaissance et la logique étaient eux-aussi essentielles pour les Philosophes de l´Antiquité. Dans le Théétète Platon tente de définir la nature du savoir et la théorie des Idées est elle-même un des fondements de la théorie de la connaissance de Platon. Epicure quant à lui développe toute une théorie empiriste de la connaissance afin de déterminer les critères que doit remplir une connaissance pour être vraie. Enfin, aussi bien Aristote que les Stoïciens ont fondé une logique formelle que ce soit sous la forme de la syllogistique aristotélicienne ou d´une logique des propositions pour les Stoïciens.
Si on entend par philosophie moderne la philosophie qui s´étend durant ce que les historiens appellent l´histoire moderne (1492-1789) on peut définir la philosophie moderne ainsi.
Elle est d´une part l´héritière de la pensée antique en bien des points. Spinoza, Descartes, Leibniz ou Hume (pour ne citer qu´eux) sont loins d´avoir rompu tout lien avec la philosophie des Anciens. Ils les connaissaient parfaitement ou leur ont emprunté leur vocabulaire par exemple. Mais parallèlement les Modernes ont souvent compris leur propre travail comme un amélioration de ce que les philosophes de l´Antiquté avaient déjà tenté ou sont même rentrés en conflit avec eux.
Cette tentative "d´améliorer" la philosophie antique est très clairement visible chez les philosophes politiques: une des grandes caractéristiques de la philosophie moderne est en effet qu´elle a renouvelé la philosophie politique. Machiavel ou Hobbes ont tous deux pensé avoir fondé la philosophie politique comme science en la séparant nettement de l´éthique (alors que l´éthique et la politique étaient inséparables chez les trois grands penseurs de l´Antiquité: Socrate, Platon et Aristote). En outre aussi bien Spinoza, Hobbes que Machiavel ont voulu basé la philosophie politique sur l´étude de l´homme tel qu´il est- et non de ce qu´il devrait être à la différence des Anciens. Mais la philosophie moderne au sens où nous l´avons délimitée, c´est aussi dès la fin due XVIIe siècle la philosophie des Lumières: (Locke, Rousseau et Voltaire entre autres). Dès le XVIIe siècle se dessine en effet une philosophie politique qui privilègie la démocratie, la tolérance et la souveraineté du peuple que ce soit dans le Traité Théologico-Politique de Spinoza, le Contrat Social de Rousseau ou dans les deux Traités du gouvernement civil de Locke.
L´autre grande caractéristique de la philosophie moderne est l´importance qu´y joue la science même s´il faut remarquer que la philosophie du privilègie plutôt les mathématiques et la physique (mécaniste) alors que les philosophes du XVIIIe se tournent d´avantage vers la biologie. Les penseurs menaient en effet souvent une carrière de savants ou en tout cas nurrisaient un vif intêtét pour la science. Aussi bien un Leibniz qu´un Descartes étaient de grands savants alors qu´un siècle plus tard un Diderot développera des reflexsions annoncant le transformisme. Et d´un point de vue de la méthode, la philosophie s´insipire soit des mathématiques (tels Descartes, Spinoza), de la physique (Hobbes) ou alors tente de fonder une méthode applicable à tous les domaines du savoir: philosophie, physique, mathématique etc... tel Leibniz. La méthode de la philosophie s´inspire donc souvent de celle des sciences ou des mathématiques.
Enfin, en ce qui concerne la théorie de la connaissance il est traditionnel de considérer qu´il existe deux grands courants: le Rationalisme (Descartes, Leibniz et Spinoza) et en outre l´empirisme (Hume et Locke). De facon très schématique les "rationalistes" affirment l´existence d´une connaissance indépendante de l´experience, purement intellectuelle, universillement valable et indibutable. Les empiristes eux affirment que toute connaissance vient de l´induction et de l´experience sensible. Ce sont souvent aussi des sceptiques qui affirment qu´il n´existe aucune connaissance universellement valable mais seulement des jugements nés de l´induction et que l´experience pourra réfuter.
Nous exposerons ici une histoire du concept de philosophie qu´il ne faut pas confondre avec une histoire de la philosophie. Cette histoire de concept de philosophie se concentre sur quelques philosophes qui ont défini de manière paradigmatique la philosophie et ne tente pas recenser toutes les définitions possibles.
Se reporter à la page histoire de la philosophie pour une histoire de la philosophie au sens propre.
Le mot philosophie, selon certaines sources, aurait été forgé par Pythagore, qui refusait de se considérer comme un sage (sophos) car la possession de la connaissance, i.e. la connaissance des principes et causes des choses humaines et divines, est le privilège des dieux. Il préférait être appelé « amoureux de la connaissance » (philosophos), c'est-à-dire amoureux des réalités divines. Avant Pythagore, on appelait sophoi ceux qui cherchaient à connaître les réalités divines et humaines, sans que ce mot soit péjoratif. École pythagoricienne École milésienne Xénophane de Colophon Parménide Empédocle d'Agrigente Héraclite d'Éphèse Zénon d'Élée Atomisme Anaxagore de Clazomènes Diogène d'Apollonie Socrate Les Sophistes Cyrénaïsme Cynisme École d'Élis Platon École Mégarique Épicurisme Stoïcisme Aristote Scepticisme
Mais en réalité on peut affirmer que la première occurrence du terme philosophie se trouve dans l´œuvre de Platon et plus exactement dans l´Apologie de Socrate et dans le Banquet. Ce n´est pas par hasard que ce soit dans un dialogue dont Socrate est le héros que le terme philosophie apparaisse. Pour Socrate, être philosophe, c´est être conscient de son ignorance et vouloir sortir de cet état. Et quand Socrate dit savoir une seule chose : qu´il ne sait rien, ce n´est pas de la modestie mais un véritable programme de vie qu´il établit.
La sophia vers laquelle il tend Socrate n´est pas un savoir purement théorique même si une des traductions du terme sophia est effectivement science. La sophia de Socrate est un savoir certes mais c´est un savoir qui doit permettre d´agir correctement pour vivre comme il faut, pour atteindre le bonheur (eudaimonia) et la vertu ou (arete).
Platon développera parallèlement à cette définition de la philosophie une autre définition dans la République qui fera du philosophe le politique et le roi de toute cité vertueuse et heureuse. La figure du philosophe nettement de la tradition socratique car il ne cherchera plus uniquement le savoir mais il le possèdera. C´est cette compétence qui justifiera qu´il soit à la tête de la cité et plus seulement un membre plus ou moins accepté par la communauté.
Enfin, Platon exposera une troisième définition de la philosophie dans le Phédon : la philosophie comme préparation à la mort ou plus exactement à la séparation du corps et de l âme. Le philosophe, par son commerce avec les Idées, s´habituera peu à peu à fixer son attention sur les réalités immatérielles que sont les Idées. Son esprit alors verra dans la séparation entre l´âme et le corps un phénomène déjà vécu en un certain sens. La fortune de cette interprétation de la philosophie sera grande de Cicéron à Montaigne.
Mais le but de la philosophie reste le même chez Socrate et chez Platon : c´est la vertu et le bonheur qui étaient identique ou en tout cas inséparables. Le philosophe dans la République (dans le 10ème livre) de Platon c´est aussi celui qui vit le mieux, qui vit de la façon la plus heureuse par opposition à ceux qui se consacrent aux activités guerrières ou artisanales.
La définition de la philosophie chez Aristote reste dans le fond identique avec celle de Platon dans la mesure où elle reste dominée par les concepts de vertu et bonheur. La philosophie dans ‘’l´Éthique à Nicomaque’’ se fait bios theoretikos c´est-à-dire vie contemplative. Etre philosophe c´est donc selon Aristote consacrer sa vie à l´activité intellectuelle. Cette activité intellectuelle est aussi bien recherche intellectuelle que contemplation de Dieu. Contemplation difficile, rare mais qui est la seule voie vers un bonheur heureux et stable.
Mais l´influence d´Aristote sur la définition de la philosophie est avant tout pour une autre raison importante: il fut le premier dans sa Métaphysique qui considéra les Présocratiques comme des philosophes. Il élargit ainsi l´horizon philosophique au plus exctement le champ de ceux qui peuvent être considérés comme des philosophes.
Descartes est un de ceux qui a profondément modifié le concept de Philosophie. Certes il reprend l´idée socratico-platonique qu´elle est amour de la sagesse mais il modifie complètement ce qu´il faut entendre par sagesse. La sagesse contient chez lui trois branches: la médecine, la morale et la mécanique. Elle n´est donc plus simplement un savoir éthique permettant d´accéder au bonheur (même si le bonheur est encore l´objectif ultime de Descartes) mais une connaissance basée sur un savoir indubitable (fondé sur la physique et en ultime instance sur la métaphysique) et de nature scientifique. L´amour de la sagesse se fait désir de posséder un savoir fondé scientifiquement.
Lorsqu’il est question du rapport de la philosophie avec les sciences, la philosophie est couramment qualifiée de « mère de toutes les sciences ». Cette optique relève d’une considération quant à l’histoire des idées, où la philosophie apparaît en quelque sorte comme un lieu d’émulation, propre à l’émergence de disciplines appelées à acquérir leur autonomie. Ainsi, par exemple, on remarque qu’alors qu'Isaac Newton désignait encore ses travaux sous l’appellation de philosophie (son maître ouvrage de 1687 portant le titre de Philosophiae Naturalis Principia Mathematica), les développements en ce domaine appartiennent maintenant au domaine de la physique. De même, pour n’évoquer que quelques exemples supplémentaires, c’est de travaux et recherches en philosophie que sont issues, à la fin du , des disciplines comme la sociologie et la psychologie ; tout comme la gérontologie s’est, quant à elle, forgée en tant que discipline (se rattachant maintenant en partie à la psychologie) seulement dans la seconde moitié du , sous l’impulsion de travaux et recherches en philosophie.
Cela signifie-t-il pour autant que la philosophie ne serait que le balbutiement des sciences ? Qu’elle ne serait en quelque sorte qu’une manière de désigner les disciplines n’ayant pas encore « abouti » ? Il existe bien sûr plusieurs positions théoriques à cet égard, mais avant même de s’y attarder, il faut noter qu’une attention aux milieux de la recherche fondamentale révèle que... (suite dans l'article détaillé Philosophie et science).
Le mythe et la philosophie ont un point commun : ce sont des explications, qui se veulent cohérentes, du monde et de la réalité. Le mythe est un récit fabuleux qui décrit l'origine du monde, de l'homme, de la société. Les philosophes s'interrogent également sur ces problèmes. Mais il y a des différences :
Voir article détaillé : Critiques de la philosophie
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