Une ordonnance (du lat. ordinare : mettre en ordre ou donner un ordre) est un acte, de forme réglementaire, pris par le pouvoir exécutif.
Ce système est très utilisé pour diverses raisons comme l’encombrement de l’ordre du jour législatif, l’impopularité de la décision ou encore le désir d’efficacité et de vitesse. Elles sont notamment utilisées pour transposer en bloc en droit interne les directives européennes, mais aussi, ce qui est critiqué dans des domaines touchant à l’essence du domaine de la loi. Ainsi des ordonnances ont été prises pour rédiger la partie législative de Codes (de justice administrative, d’éducation…).
La loi d’habilitation doit fixer les domaines et la durée où le gouvernement pourra prendre des ordonnances, sous peine d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel français pour incompétence négative.
La valeur juridique de l’ordonnance varie. Ainsi, prise par le gouvernement, l’ordonnance est un acte administratif, contrôlée donc par le juge administratif.
Mais après le vote d’une loi de ratification votée a posteriori par le parlement, elle devient de nature législative. Le Conseil constitutionnel peut donc intervenir à ce moment pour vérifier la constitutionnalité.
Une critique vient du fait que la loi de ratification est très peu discutée ; souvent même celle-ci n’est pas votée et l’ordonnance n’est ratifiée qu’implicitement lors de la modification ultérieure de la norme par le parlement.
L’article 13 de la constitution disposant « Le Président de la République signe les ordonnances » la question s’est posée de savoir si c’était ou non une compétence liée. Ainsi le Président est-il tenu de les signer, ou peut il exercer un veto en le refusant ? En principe, en droit, le présent a valeur d'impératif, mais la constitution de 1958 fait du président un arbitre, gardien des institutions.
La question s’est posée notamment en 1986 quand le président Mitterrand refusa de signer trois ordonnances du gouvernement Chirac : relatives à la privatisation de 65 groupes industriels, à la délimitation des circonscriptions électorales et au temps de travail. Une controverse eut lieu et toucha le grand public puisqu’on assista à des débats entre juristes par journaux interposés.
Jacques Chirac, ayant une vision gaulliste de la fonction, reconnut le droit pour le Président de ne pas signer, mais mit en avant la légitimité plus récente dont bénéficiait son gouvernement par rapport à François Mitterrand, élu cinq ans auparavant.
La question a probablement perdu une partie de son intérêt, l'instauration du quinquennat en 2000 rendant la cohabitation moins probable.
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