Manjusri (ou Manjushri), généralement connu en Chine sous le nom Wenshu Pusa (文殊菩薩), au Japon sous le nom de Monju, appelé Jampelyang en tibétain, est un bodhisattva important dans les bouddhismes mahayana et vajrayana.
Il est parfois représenté comme un bodhisattva ordinaire, ancien brahmane compagnon du bouddha, mais d’autres soutras en font le maitre enseignant le dharma à tous les boddhisattvas, voire un bouddha qui en serait à son troisième avatar.
Ses différents aspects sont inspirés de son image dans les soutras, où les subtilités philosophiques et métaphysiques sont souvent présentées par le biais de débats entre boddhisattvas. Dans ces débats Wenshu est toujours gagnant : il représente l’un des éléments nécessaires pour atteindre l’illumination, l’intelligence, dazi (大智) ; les trois autres principaux bodhisattvas représentent la compassion dabei 大悲 (Avalokiteshvara), la pratique daxing 大行 (Samantabhadra), la volonté dayuan 大願 (Ksitigarbha). Son importance grandit parfois jusqu’à en faire le maitre des autres, il représente alors la réalisation spirituelle au plus haut niveau.
Dans les représentations tibétaines des écoles philosophiques du bouddhisme mahâyâna, Manjusri est le chef de lignée Madhyamika, Maitreya étant le patron de la lignée Vijranavadin.
Comme Ksitigarbha, on considère quelquefois que le bouddha l’a désigné comme secours des âmes pendant l’"âge sans bouddha", ère de désordre avant l’avènement de Maitreya. Comme Avalokiteshvara ou Amitabha, il peut être considéré comme un sauveur . Un texte bouddhiste en rapport avec le pèlerinage du mont Wutai où Manjusri apparaitrait affirme que le fidèle qui l’a vu ou entendu sera à l’abri des vicissitudes pendant 10 kalpas. Le Sutra du lotus et le Sutra Avatamsaka lui attribuent un paradis situé à l’Est, beaucoup moins connu il est vrai que celui d’Amitabha. Comme Avalokiteshvara, il est protéiforme ; il apparait souvent sous la forme d’un mendiant pour donner aux fidèles l’occasion de faire une bonne œuvre.
Il peut former une triade avec le Bouddha et Samantabhadra (il est à gauche et Samantabhadra à droite), ou Avalokiteshvara et Vajrapani dans le bouddhisme tibétain. Dans cette dernière école il a une parèdre, Sarasvati. Il se réincarne dans des lamas de la lignée gelugpa.
Une croyance populaire fait se réincarner Manjusri et Samantabhadra, un autre des quatre grands bodhisattvas, maitre du mont Emei, dans deux orphelins élevés dans un monastère, qui seraient devenus les célèbres moines et amis Hanshan et Shide.
Manjusri et le mont Wutai jouent un rôle dans la légende des débuts de la dynastie Qing, qui a souvent accordé sa faveur au bouddhisme tantrique. On prétend en effet que le fondateur, Nurhachi, un Jurchen, imposa le nom de Mandchous à son clan car il se considérait comme la réincarnation de Manjusri. Son petit-fils qui acheva la conquête de la Chine, Shunzhi, s’intéressait au bouddhisme depuis son adolescence et aurait feint sa mort pour devenir moine sur le mont Wutai. Ces croyances ont été infirmées par les historiens, mais de nombreux textes et anecdotes de la dynastie y font allusion.
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