Une météorite est un corps matériel extraterrestre de taille comparativement petite qui atteint la surface de la Terre. Lorsqu'ils sont encore dans l'espace, ces corps sont appelés météoroïdes. De façon arbitraire, les météoroïdes sont les bolides de moins de 50 mètres de diamètre, au delà de cette taille, on parle d'astéroïdes.
Ainsi, la Terre ne rencontre guère plus de 200 à 300 météorites de plus d'un kilogramme par jour.
Lorsqu'ils pénètrent dans l'atmosphère, le frottement sur les particules la constituant entraîne un violent échauffement et une émission de lumière, ce qui forme un météore ou étoile filante :
Des météorites plus massives, heureusement rares (l'histoire humaine écrite n'en relate aucun) peuvent créer d'importants cratères lors de leur impact sur le sol, ou des tsunamis en cas d'arrivée en mer.
L'énergie libérée lors de ces impacts peut entraîner, directement ou par des effets secondaires catastrophiques (ex : réactivation de volcans endormis, incendies généralisés etc. ...), la dispersion d'une quantité considérable de particules dans l'atmosphère, suffisante pour modifier brutalement et durablement le climat sur l'ensemble de la Terre. Suivant l'une des théories possibles, l'extinction des dinosaures, qui marque la fin du Crétacé, s'expliquerait (voir à cratère) par les conséquences de l'impact d'une météorite.
L'étude des météorites permet de mieux connaître les différents mécanismes de la formation de notre système solaire.
Il est notamment intéressant de constater que les différents minéraux présents dans une chondrite (issue d'un corps parent non différencié) sont identiques à ceux que l'on peut trouver sur une planète (corps différencié) comme la terre. En effet, si l'on écrase un fragment de chondrite jusqu'à le réduire en poudre, puis si on approche un aimant afin de séparer les particules magnétiques de celles qui ne le sont pas, on obtient d'une part les particules de fer/nickel constituant le noyau d'une planète comme la Terre et d'autre part principalement des silicates identiques à ceux présents dans le manteau et la croûte terrestres. Cette petite expérience a conduit les scientifiques à appronfondir le sujet et notamment à mieux expliquer le phénomène de différenciation dont il a été question plus haut.
Un autre exemple intéressant concerne une partie des chondrites dites carbonées, qui sont soupçonnées provenir non pas d'astéroïdes mais de noyaux de comètes. Ces météorites contiennent des acides aminés qui sont les "briques" élémentaires de la vie et semblent confirmer (si leur origine est bien prouvée) que la Terre a régulièrement rencontré des comètes sur son chemin, qui pourraient être à l'origine de la vie sur notre planète.
Un dernier exemple pour finir, avec les rarissimes météorites martiennes et lunaires. Les premières permettent aux scientifiques de commencer à mieux connaître la géologie martienne avant même que des échantillons n'aient été rapportés depuis cette planète. Les connaissances acquises grâces à ces très rares météorites pourront aider ces mêmes scientifiques dans leurs recherches lorsqu'ils disposeront enfin d'échantillons prélevés sur la planète rouge lors des missions prévues pour les années à venir. Quant aux météorites d'origines lunaires, elles donnent l'occasion aux scientifiques n'ayant pas à leur disposition des échantillons rapportés par les missions Apollo de travailler sur l'histoire de la formation de notre satellite. Une hypothèse retenue de plus en plus sérieusement serait que la Lune proviendrait de la collision entre la Terre et un astre de la taille de Mars, qui aurait arraché et projeté hors du sol terrestre les fuits de cette rencontre. L'énergie phénoménale libérée lors de l'impact aurait permis aux éjecta de quitter la Terre, restant cependant en orbite autour de celle-ci et se réacrétant pour former la Lune. Il s'agirait alors de la plus grosse météorite ayant jamais croisé la Terre, donnant naissance à notre satellite.
Il est important de noter que toutes les météorites connues aujourd'hui sur Terre proviennent du système solaire. La Meteoritical Society publie chaque année un catalogue des nouvelles météorites analysées : le Meteoritical Bulletin. Il y a environ 30 000 météorites classifiées par la Meteoritical Society (Juillet 2005). Ce nombre augmente d'environ 1500 chaque année.
On distingue enfin les météorites que l'on a vu tomber et que l'on a retrouvées peu après leur atterrissage : on les appelle des chutes observées ou plus simplement des Chutes, par opposition à celles que l'on a découvertes par hasard et que l'on appelle des Trouvailles. La Meteoritical Society attribue un nom ou un numéro à chaque météorite. Il s'agit en général d'un nom géographique d'un lieu proche de l'endroit de la découverte.
En France, le 7 novembre 1492 est tombée en Alsace une chondrite de plus de 100 kg : la météorite d'Ensisheim, une des plus fameuse chute du monde. Elle est aujourd'hui conservée au Palais de la Régence à Ensisheim et gardée par la confrérie St Georges des Gardiens de la Météorite d'Ensisheim, qui réunit chaque année, en Juin, les passionnés de ces pierres célestes lors d'une bourse d'échanges remarquable. Les collectionneurs et chasseurs de météorites du monde entier s'y retrouvent.
Parmi les météorites remarquable tombées en France, on doit citer Orgueil une météorite carbonée classée CI, Ornans une autre carbonée qui a donné son nom à une classe de météorites les C0, l'Aigle, tombée en 1806 en Normandie qui fit l'objet d'un rapport scientifique de JB Biot de l'académie des sciences. Plus de 2000 individus (petites météorites) furent retrouvées dans les environs du village de l'Aigle.
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