Athènes antique Religion Culte et liturgie
Le mot liturgie vient du grec λειτουργία / leitourgía, de λεώς / leốs, « le peuple » et de la racine ἐργο / ergo, « faire, accomplir ». Il désigne donc, littéralement, le service du peuple.
La liturgie forme le cadre naturel du chant grégorien. Elle se compose de l'ensemble des lectures, prières et rites constitutifs du culte chrétien, organisé en un certain nombre de rituels quotidiens qui culminent dans la messe ou eucharistie. La célébration s'adresse à tous les croyants. Elle est pour essentiellement un repas symbolique où le sacrifice de Christ est renouvelé sous les espèces du pain et du vin. L'office, quant à lui, constitue la prière de chœur quotidienne que moines et prêtres adressent le jour et la nuit en louanges à Dieu. La messe et l'office sont imbriqués dans l'année liturgique articulée autour des trois grandes fêtes de Noël de Pâques et de la Pentecôte et du calendrier des saints.
Même si dans l'Église des tout premiers temps l'évêque local était très libre dans l'organisation de la liturgie, on distingue néanmoins déjà deux parties fixes: la prédication et la louange. C'est le pape Grégoire le Grand ( 540-604) qui le premier mit de l'ordre dans la diversité et c'est au cours des premiers siècles de l'ordo romain que le grégorien a connu son plus grand éclat. Ce n'est qu'au Moyen-Age plus tardif, lorsque s'est installée la décadence, qu'on s'est mis à ajouter des tas de fantaisies comme les tropes et les séquences. C'est aussi l'époque où on voit naître les drames liturgiques, ces sortes de pièces de théâtre primitives qui étaient représentées dans les églises ou sur leurs parvis autour de Noël et de Pâques. Le concile de Trente (1545-1553) élague ces excès et confirme les grandes lignes de l'ordo romain. Mais l'ordo trentin est lui aussi le fruit d'une époque et diffère en de nombreux points des usages de l'aube du Moyen-Age. En 1911, le pape Pie X entreprit une première tentative de restauration qui porta surtout sur une refonte profonde de l'office. En 1955 on s'attaqua à la liturgie de la Semaine sainte (la semaine avant Pâques commémorant la passion du Christ). Le concile Vatican II (1962-1965) instaura un ordo totalement renouvelé mais en 1984, la Congrégation du service divin autorisa de nouveau et sous certaines conditions la célébration de la liturgie eucharistique trentine. Selon une erreur très répandue, le concile Vatican II aurait supprimé le grégorien, alors que rien n'est moins vrai.
La liturgie est, dans l'Athènes antique, un service public que l'État contraint les plus riches (citoyens ou métèques) à accomplir sur leur fortune personnelle : ainsi de l'office de gymnasiarque (intendant du gymnase), de chorège (paiement des membres du chœur au théâtre) ou de triérarque (construction et entretien d'une trière). Il y a deux classes liturgiques officielles : les Douze Cents et le groupe restreint des Trois Cents. L'archonte éponyme désigne parmi eux le liturge, celui qui sera astreint à une liturgie.
Une liturgie représente une charge financière importante. Pour cette raison, il est fréquent que les riches tentent d'y échapper. L’antidosis (en grec ἁντιδοσις, « échange ») est l'un de ces moyens. Le liturge fraîchement désigné a la possibilité de dénoncer un autre citoyen qu'il juge plus riche que lui. Ce dernier a alors le choix d'accepter la liturgie, ou de se lancer dans un procès. Au terme de ce dernier, le perdant doit ou bien assumer la liturgie, ou bien accepter un échange de fortunes.
Démosthène décrit une antidosis dans le Contre Phénippos, et le célèbre discours Sur l'échange d'Isocrate fut composé à l'occasion de l'une de ces affaires.
Dans la Bible des Septante, et le Nouveau Testament, le mot grec désigne le service du Temple. Il est donc associé au culte du Dieu invisible et aux prières qui lui sont adressées.
(à développer)
À l'heure actuelle, le mot a trois sens chez les chrétiens :
1.- au sens premier, l'annonce de l'Évangile, la mise en pratique de l'enseignement du Christ. En ce sens, le Christ est le liturge suprême. Ce sens est pour ainsi dire inutilisé. 2.- d'une manière générale, le mot désigne l'ensemble des rites et du cérémonial liturgique mis en œuvre au cours d'une célébration religieuse officielle, c'est-à-dire organisée par l'Église, par opposition aux dévotions privées. Ainsi, le déroulement de sacrements comme la messe ou le baptême, ou une encore un office de complies par exemple sont des liturgies. En revanche, une récitation du rosaire entre personnes privées, y compris quand elles sont réunies dans un lieu de culte et accompagnée par un prêtre ou un diacre, n'est pas considérée comme une liturgie dans l'Église catholique.
3.- Dans un sens plus restreint ou plus ancien, l'expression de « Sainte Liturgie » désigne (tout particulièrement chez les orthodoxes et les catholiques orientaux), l'eucharistie. On parle alors de liturgie eucharistique.
Liturgique est donc un substantif relatif aux différentes sortes de liturgies. Il a donné les mots suivants :
La liturgie a subi d'importantes évolutions au cours de l'Histoire.
A l'époque carolingienne, a eu lieu une grande remise en ordre de la liturgie avec saint Benoît d'Aniane (750-821). Peu après la mort de Charlemagne, sous l'impulsion de l'empereur Louis le Pieux (encore appelé Louis le Débonnaire), Benoît d'Aniane unifie les règles et les liturgies des abbayes bénédictines au concile d'Aix la Chapelle (817), autour de la règle de saint Benoît et de la liturgie romaine.
En 1570, une réforme de la liturgie catholique a lieu après le Concile de Trente. L'Eglise catholique institue le rite tridentin.
Après la Révolution française, la liturgie en France a de nouveau perdu sa cohérence. Quatre liturgies différentes coexistent. L'abbé Dom Guéranger (1806-1875), qui vient de rouvrir l'abbaye bénédictine de Solesmes, unifie à nouveau la liturgie en France. Il est l'auteur de l'année liturgique, qui sera le livre de référence de sainte Thérèse de Lisieux et de ses sœurs.
Au concile Vatican II, la liturgie tridentine est remplacée par la liturgie paulinienne.
L'exercice du culte, dans le christianisme, est à l'origine d'un nombre important d'objets et de notions relatives à la liturgie :
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