Une levure est un champignon unicellulaire apte à provoquer la fermentation des matières organiques animales ou végétales. Les levures sont employées pour la fabrication du vin, de la bière, des spiritueux, des alcools industriels, du pain et d'antibiotiques.
Ces microorganismes sont généralement ovales, et se multiplient par bourgeonnement ou par fission (scissiparité). Elle sont souvent capables d'accomplir une sporulation soit dans un but de dormance en milieu défavorable, soit dans un but de dispersion.
Genre
Le terme courant de levure désigne généralement le genre
Saccharomyces (levure de
bière ou levure de
boulangerie). Il existe beaucoup d'autres genres de levures. En particulier
Candida possédant un pouvoir pathogène (responsable des
mycoses connues sous l'appellation de "
candidoses").
Modes de multiplication
Les levures sont capables de se multiplier selon deux modes différents : le mode sexué et le mode asexué.
Les
ascomycètes qui se reproduisent par un processus sexué dans un
asque résultant de la transformation d'une cellule après
méiose.
Les
basidiomycètes qui réalisent une reproduction sexuée avec formation de
basidiospores sur une
baside.
Les
deutéromycètes regroupent l'ensemble des levures ne présentant pas de mode connu de reproduction sexuée.
Pour la plupart des levures la reproduction asexuée (mitotique) est la forme majeure de multiplication. Il existe deux types de division mitotique chez les levures : par bourgeonnement (cas des Saccharomyces), ou par sission (cas des Schizosaccharomyces).
Caractéristiques génétiques et cycle de reproduction
Caractéristiques génétiques
- Chromosomes : les levures sont des organismes eucaryotes et possèdent un noyau avec des chromosomes linéaires. Chez les Saccharomyces, les chromosomes sont au nombre de 17 simples ou 17 paires selon la forme haploïde ou diploïde de la cellule. Il existe des gènes de structure à information continue comme chez les bactéries, et des gènes à information discontinue (introns et exons) comme chez les organismes supérieurs. Par ailleurs, les gènes de régulation sont spécifiques des levures.
- Plasmides : à côté des chromosomes, il existe dans le noyau des petites molécules d'ADN circulaire d'environ 6 000 paires de bases, les plasmides, présents entre 50 et 100 exemplaires par cellule. Ces plasmides sont autoréplicables et autotransférables sans affecter la viabilité de la cellule. Ils portent l'information génétique de quelques caractères non essentiels à la viabilité de la levure. Ils ont un rôle considérable dans toutes les opérations de génie génétique.
- ADN mitochondrial : chaque mitochondrie renferme plusieurs molécules circulaires d'ADN qui portent l'information de certaines enzymes de la chaîne respiratoire.
- Levures « killer » : certaines souches de Saccharomyces renferment dans leur cytoplasme deux virus à ARN. Le matériel génétique du « petit virus » code pour une toxine exocellulaire capable de tuer d'autres levures et pour une protéine de résistance à cette même toxine pour empêcher les levures « killer » de se tuer entre elles. Le « grand virus » est nécessaire à la multiplication et au maintien du « petit virus » dans le cytoplasme.
Cycle de reproduction
La levure de laboratoire
Saccharomyces cerevisiae a un cycle biologique particulier. Elle est capable de se multiplier sous deux formes : une forme
diploïde (2n = 34 chromosomes) et une forme
haploïde (1n = 17 chromosomes).
Les cellules haploïdes se multiplient en bourgeonnant : la cellule mère bourgeonne une cellule fille plus petite (mitose), mais possédant la même information génétique. Il existe des cellules haploïde "a" et des cellules haploïde "α" qui correspondent à des signes sexuels distincts ; c'est la fusion entre une cellule "a" et une "α" qui donne naissance à une cellule diploïde "a/α". Tant que l'environnement est favorable, le diploïde se multiplie par bourgeonnement. Si les nutriments viennent à manquer, la cellule repasse en phase haploïde par un processus de méiose. On obtient finalement quatre noyaux haploïdes qui sont inclus dans les spores (ascospores) contenues dans un sac appelé asque. L'enveloppe de l'asque se rompt à maturité et libère alors deux cellules "a" et deux cellules "α" qui peuvent recommencer le cycle.
Les souches industrielles sont souvent polyploïdes (3, 4, 5n Chromosomes) et donc possèdent plusieurs gènes pour un même caractère. Elles sont donc plus stables génétiquement car difficiles à faire muter. La plupart de ces souches sont incapables de sporuler dans les conditions de culture industrielle et se reproduisent par bourgeonnement.
Bilan energétique et conditions de croissance
Bilan énergétique
Les deux principaux processus énergétiques connus chez les
hétérotrophes sont la
respiration et les
fermentations. Les équations-bilans (non équilibrées) des réactions chimiques correspondantes sont indiquées ci-dessous :
Respiration : C6H12O6 (glucose) + 6O2 → 6CO2 + 6H2O + énergie utilisable
Fermentation alcoolique : C6H12O6 (glucose) → 2CO2 + 2CH3CH2OH (éthanol) + énergie utilisable
La levure Saccharomyces cerevisiae est capable de s'approvisionner en énergie tant par la fermentation alcoolique que par la respiration aérobie.
Conditions de croissance
- La température : La température optimale de culture des levures se situe en général entre 25 et 30°C, mais comme les autres micro-organismes, les levures peuvent être classées en levures psychrophiles, mésophiles et thermophiles. D'une façon générale, les levures ne sont pas thermorésistantes. La destruction cellulaire commence dès 52°C (contre 120°C pour les bactéries thermophiles hors archéobactéries). Les levures sont aussi sensibles à la congélation et à la lyophilisation avec une grande variabilité selon les genres et espèces, et selon la phase de croissance (les cellules en phase exponentielle résistent moins que les cellules en phase stationnaire).
- Activité de l'eau : La plupart des souches ne peuvent se développer pour une activité de l'eau inférieure à 0,90 ; mais certaines tolèrent des pressions osmotique plus élevées, correspondant à une activité de l'ordre de 0.60, en ralentissant leurs métabolismes ; ces levures sont dites xérotolérantes.
- L'oxygène : toutes les levures sont capables de se développer en présence d'oxygène : il n'y a pas de levure anaérobie stricte. Certaines levures sont aérobie strictes (comme les Rhodotorula). Les autres sont aéro-anaérobie facultatives avec parmi elles : des levures préférant un métabolisme soit fermentaire soit respiratoire même en présence d'oxygène.
- Le pH : Les enveloppes cellulaires sont imperméables aux ions H3O+ et OH-. Les levures tolèrent donc des gammes de pH très larges, théoriquement de 2,4 à 8,6.
- La sensibilité aux agents chimiques :
- Les acides organiques : ils ont un effet inhibiteur sous leur forme dissociée car ils peuvent pénétrer dans la cellule et la sensibilité de la levure dépend de sa capacité à les métaboliser. C'est pour cette raison que les acides sorbiques et propioniques sont plus inhibiteurs que les acides acétique, citrique et lactique.
- L'éthanol : Les plus résistantes sont les Saccharomyces que l'on utilise dans les procédés de fermentation alcoolique pour l'élaboration des boissons ou d'éthanol industriel.
- Le sulfite : Le SO2 a un effet inhibiteur plus prononcé sur les bactéries que sur les levures, même si parmi les levures des sensibilités existent.
- Les Antibiotiques : le sensibilité à la cycloheximide (actidione) est variable et on peut distinguer 3 groupes de levures :
Le
Chloramphénicol inhibe la synthèse de
protéines
mitochondriales mais pas celle des protéines
cytoplasmiques. Seules les levures capables de fermenter peuvent alors cultiver en présence de chloramphénicol.
Milieux de culture
N'importe quel milieu de culture glucosé convient. Cependant on utilise de façon préférentielle certains milieux et dans des conditions particulières (incubation à 28°C pendant 24 à 48 heures) :
- Milieux non-sélectifs :
- Milieux sélectifs :
Utilisations
L'utilisation de levures pour la
panification et la
vinification est connue depuis l'époque préhistorique. Toutefois, la compréhension des mécanismes microbiologiques mis en œuvre date des travaux de
Louis Pasteur au . Les connaissances scientifiques et techniques ainsi acquises ont permis de cultiver et d'utiliser de grandes quantités de levures dans les procédés de
fermentation industrielle, mais aussi pour la production de
vitamines B, de
thiamine, des
antibiotiques et des
hormones stéroïdes. En tant que sous-produit de procédés de fabrication, les levures sont utilisées comme nourriture animale.
Par extension, le terme de levure est le nom générique donné à tous les organismes vivants qui provoquent la fermentation.
La levure de bière (Saccharomyces cerevisiae) est un sous-produit lavé, tamisé, puis pressé et desséché de la fabrication de la bière.
La levure de boulanger (Saccharomyces cerevisiae) est utilisée pour faire lever le pain, grâce à la production de gaz carbonique par respiration.
Le terme de « levure chimique » est employé en cuisine pour désigner une poudre, composée principalement de bicarbonate de sodium, dont on se sert en pâtisserie et lors de la panification pour faire lever rapidement la pâte et la rendre très légère.
Rôle en biologie médicale
Voir l'article Candida.
Voir aussi
Site externe
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