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Une forêt est une étendue plus ou moins vaste portant un peuplement d'arbres relativement dense. Le terme désigne aussi l'ensemble des arbres ainsi rassemblés. Une forêt de faible étendue est généralement appelée bois, bosqueteau ou bosquet selon son importance.

Définition


D'un point de vue botanique, une forêt est une formation végétale, caractérisée par l'importance de la strate arborée, mais qui comporte aussi des arbustes et des plantes basses.
D'un point de vue écologique, la forêt constitue un écosystème complexe et riche qui sert d'habitat à de nombreuses espèces animales.
Toutefois, donner une définition est délicat malgré l'apparente facilité : en effet, où doit on arrêter les limites de hauteur de végétation (une plantation de jeunes pousses est-elle une forêt ?), de superficie minimale (mon jardin boisé est-il une forêt ?), de degré de proximité ou sociabilité des arbres (un terrain portant des arbres distants de plusieurs dizaines de mètres est il une forêt ?) ?
Selon la définition prise, les estimations de la superficie de la forêt mondiale oscillent entre 2.393 et 6.050 ha !

La forêt est caractérisée par une grande diversité des habitats qu'elle fourni :

  • verticalement, elle possède quatre "étages" de végétation qui sont les strates muscinales, herbacées, arbustives et arborescentes.
  • horizontalement, elle comporte de nombreuses microstations (écosystèmes aux sein du milieu forestier) dépendant de facteur abiotiques différents.
  • Les ressources alimentaires sont également abondantes : feuilles, sève élaborée, bois vivant ou mort, fleurs, fruits et graines, déchets végétaux et animaux...

Il est courant de distinguer la forêt naturelle, ou forêt primaire, de la forêt artificielle ou seulement façonnée par l'homme. La première est considérée comme n'ayant pas fait l'objet d'intervention humaine, l'autre au contraire est le résultat du travail des forestiers ou sylviculteurs. Moins de 10% de la planète est encore couverte de forêts primaires. La forêt couvre environ 30 % des terres émergées. En France elle représente 27 % du territoire. En Europe occidentale, le pays le plus forestier est le Luxembourg, avec 34 % de taux de boisement. C'est l'ancien département des Forêts du temps de l'Empire napoléonien.

Étymologie


Le mot « forêt » que l'on connaît a une origine mal connue.
Il proviendrait soit du francique forh-ist, terme juridique à l'époque carolingienne (751987), soit du latin foris qui signifie « en dehors », signifiant alors tout milieu extérieur à la civilisation, lieu sauvage et peu accueillant
Sous Charlemagne (747814) l'expression silva forestis issue du latin classique forum (« forum » puis « tribunal ») signifiait « forêt royale », c'est-à-dire relevant de l'autorité et de la justice du roi. Au Moyen Âge, ce terme s'appliquait aux chasses seigneuriales ; son sens avait évolué il signifiait alors « forêt hors de l'enclos », issu du latin foris (« hors de »), zone dans laquelle il est défendu de défricher et la chasse est gardée. Le terme foresta, utilisé seul, désigne les forêts à partir de la seconde moitié du en France.

Les Romains appelaient les forêts par le terme silva. Mais Virgile et Cicéron employaient le terme nemus signifiant « bois » en latin qui proviendrait de nemo signifiant « personne ». Ce terme apparaît souvent dans les chartes de l'époque capétienne où il désigne des zones boisées de faible importance. Salluste utilisait le terme saltuosus pour désigner un espace boisé. À l'époque romaine les saltuarii ou les silvarum custodes administraient les forêts. Aux époques mérovingienne (481751) et carolingienne (751987), le mot saltus est fréquemment employé pour désigner les régions de bois et de landes. Il semblerait toutefois que ce terme sous-entendait qu'elles appartenaient au fisc royal. Les mots nemus et saltus n'ont pas survécu en français.

De même, le terme « bois » apparaît à l'époque capétienne. Il dérive de la racine germanique bosc (« buisson ») dont la souche est pré-latine. Contrairement au mot forêt, il est sans connotation juridique.

On peut aussi s'intéresser au terme gaulois broglios dérivé de broga signifiant « champ ». Il devint broglius et désignait au un bois humide ou clos ou un bois entouré d'une haie. On le trouve aujourd'hui sous la forme « breuil », dans le dictionnaire de l'Académie française ; il forme surtout des toponymes (cf. Breuil ou le Breuil par exemple).

Les grands types de forêts


Classement écologique

Les forêt naturelles sont comme toutes les formations végétales conditionnées par un certain nombre de facteurs : la latitude, l'altitude, la nature du sol, le climat, l'action des animaux etc.

La latitude influence fortement la biodiversité dans les forêts. Celle-ci augmente d'autant plus que l'on s'éloigne des pôles et que l'on se rapproche de l'équateur.

Selon les latitudes on distingue :

Dans beaucoup de pays, où l'homme est implanté depuis des siècles, voire des millénaires, la forêt a perdu son caractère « naturel » à proprement parler. Le visage actuel des forêts françaises s'explique en grande partie par l'influence de l'homme sur la composition de celles-ci en terme :

  • de superficie : depuis un siècle et demi, la superficie des forêts françaises a été multipliée par deux;
  • de structure : les forêts françaises ont dû, très longtemps, répondre aux besoins des communautés humaines qui les entouraient : aux XVIIe et XVIIIe siècles, les forêts étaient, en fait, des taillis qui alimentaient les forges et autres industries en charbon de bois; au XIXe siècle, l'institution d'un corps d'État forestier (1827) et l'utilisation de plus en plus massive de la houille, en remplacement du charbon de bois, vont permettre aux forêts françaises de glisser vers la futaie; au XXe siècle, les terres libérées par la déprise agricole vont être boisées ou colonisées par des accrus spontanés, offrant un visage très géométrique à la forêt ou au contraire très exubérant;
  • d'espèces : une part significative de la forêt française est encore composée d'espèces qui avaient été favorisées en réponse aux besoins des communautés humaines locales (les chênes pour leurs glandées) ou même d'impératifs économiques nationaux par exemple (des légions d'épicéas et de douglas ont été plantés par le Fonds Forestier National, au sortir de la seconde guerre mondiale, dans le contexte d'une balance commerciale déficitaire vis-à-vis des bois d'œuvre et d'industrie résineux).

Classement Juridique

En France il existe plusieurs sorte de forêts :

L'exploitation de la forêt


La sylviculture consiste à régénérer la forêt pour maintenir son potentiel de production. La régénération des arbres, c'est-à-dire leur reproduction, se fait de deux manières :
  • par rejets (ou drageons), cette méthode exploite la capacité des essences de feuillus de rejeter à partir d'une souche. Cette méthode est surtout utilisée pour les taillis.
  • par semences, ce qui nécessite, pour certaines essences de faire des éclaircies pour permettre un niveau d'éclairement suffisant du sol. Il peut s'agir soit de semis naturel, soit de semis (ou plantation) artificiel.

Les méthodes d'exploitation traditionnelles des forêts tempérées sont les suivantes :

  • taillis simple : on coupe les rejets régulièrement (l'ensemble des rejets issus d'une souche s'appelle une cépée), ce qui produit des arbres de petites dimensions, utilisable comme bois de feu (ou piquets pour le châtaignier et l'acacia), utilisé principalement aujourd'hui pour le chauffage, mais qui alimentait autrefois des industries comme la verrerie, la porcelaine et la sidérurgie.
  • taillis sous futaie : c'est une forêt exploitée principalement en taillis, mais pour fournir aussi du bois d'œuvre, on laisse venir des arbres de franc-pied, c'est-à-dire issus de semis, d'âges divers.
  • futaie régulière : dans ce type de forêt tous les arbres sont issus de semis et ont le même âge, ce qui donne à l'âge adulte des futaies « cathédrales ». Ce type de traitement est relativement moderne, et date en France de l'époque de Colbert qui voulut développer la production de bois pour la charpente de marine et notamment les mâts. Un exemple célèbre est la futaie de chênes de Tronçais dans l'Allier.
  • futaie jardinée : c'est une futaie dans laquelle on trouve des arbres à tous les stades de développement. On l'exploite en prélevant régulièrement une partie des arbres considérés comme mûrs, mais en conservant en permanence le couvert forestier. C'est la méthode d'exploitation traditionnelle en montagne.

Selon le traitement utilisé, et selon les essences, le temps de « révolution », c'est-à-dire le délai écoulé entre le semis et la coupe, est variable mais généralement long, de 60 à 100 ans pour les résineux (le grandis peut être coupé à partir de 40 ans), de 150 ans et plus pour les feuillus (80-100 ans pour le chêne rouge d'Amérique). La sylviculture est une affaire de plusieurs générations ; seule la populiculture (peupliers) avec une durée de révolution d'environ 20 ans se rapproche de l'agriculture.

Les usages de la forêt


La forêt remplit trois fonctions essentielles.

fonction écologique

  • protection contre les risques naturels (avalanches, inondations,...)
  • protection des sols et lutte contre l'érosion
cf. forêt des Landes en France ou la ceinture verte du sud algérien
  • fixation du CO2
cf. plantations en Amazonie qualifiées de « puits de carbone »
  • réserve biologique, maintien de la biodiversité

fonction économique

  • production de bois
    • bois de chauffage, la plus importante utilisation de par le monde
    • bois d'industrie : bois de trituration (pâte à papier), déroulage placage, panneaux de fibres, emballage...
    • bois d'œuvre : charpente, bois de mine, traverses de chemin de fer, ameublement...
  • dérivés du bois
  • produits non forestiers
    • champignons
    • plantes médicinales
    • ...

fonction sociale

  • espace de détente et de loisirs
  • terrain de chasse
  • fonction paysagère

Les ennemis de la forêt


Ennemis naturels

Ce sont surtout les insectes ravageurs, tels la chenille processionnaire du pin ou celle du chêne, mais aussi les insectes qui vivent dans le bois ou sous l'écorce, et certains champignons, parfois très dangereux comme ceux de la graphiose de l'orme ou de la maladie de l'encre du châtaignier. Souvent, ces attaques, véritables épidémies, sont favorisées par l'affaiblissement des arbres pour diverses causes, sècheresse, tempêtes...

Les mammifères aussi peuvent être nuisibles, les rongeurs (mulots), les lapins et surtout les animaux qui constituent le grand gibier : cerfs, daims, chevreuils, qui broutent les jeunes pousses et rongent les écorces. En forêt méditerranéenne, les chèvres sont un ennemi redoutable des arbres.

Accidents climatiques

Les périodes de sècheresse, comme 1976, ou de forte canicule (2003) peuvent provoquer le dessèchement des feuilles qui tombent alors prématurément. On peut constater aussi des brûlures de l'écorce exposée au soleil (hêtres).

Les effets peuvent se faire sentir des années après. La sècheresse aggrave le plus souvent les effets d'autres agents, tels les incendies ou les insectes ravageurs. Ainsi, en 1976, les incendies accentués par la sècheresse brulèrent plus de 800 km² en France.

En période hivernale, le gel n'est généralement pas à redouter, sauf les cas extrêmes, comme en 1956 en France ou en 1985, lorsque 30 000 pins maritimes landais gelèrent. Les gelées tardives, sont, elles, nuisibles pour les jeunes plants. La neige peut être dangereuse dans certaines conditions, lorsqu'elle forme des manchons autour des branches, qui finissent par casser sous le poids accumulé.

Les tempêtes, comme celle de décembre 1999 en Europe de l'Ouest, provoquent le déracinement et l'abattage des arbres, qui forment les « chablis » ou leur cassure par le milieu du tronc, laissant en place les « chandeliers » et au sol les « volis ». En France, la tempête de 1999 a ainsi abattu 146 millions de m³ de bois.

Action de l'homme

La pollution
Les polluants liés à l'activité humaine sont nombreux : anhydride sulfureux qui provoque les fameuses « pluies acides » auxquelles fut attribué le dépérissement des forêts constaté en Europe dans les années 1970-80, mais qui devait beaucoup aussi à la sècheresse, les oxydes d'azote, l'acide fluorhydrique, émis localement par certaines industries notamment dans certaines vallées alpines, les particules émises par la combustion du gazole, l'ozone... Il y a aussi en montagne le sel de déneigement.

Les feux de forêt Ils sont le plus souvent allumés par l'homme, volontairement (pyromanes, bergers...) ou involontairement (négligence). Prenant des proportions catastrophiques dans certaines régions (notamment autour de la Méditerranée), ils conduisent à la mise en place de moyens de lutte très importants, dont l'efficacité est variable. Toutes les essences forestières sont combustibles, mais certaines riches en produits volatils favorisent le combustion et l'extension de l'incendie, d'autres résistent mieux (grâce à des phénomènes de protection comme la création de liège), ou se régénèrent plus vite.

En France, les incendies ne sont pas une menace sérieuse pour les forêts, mais plutôt un problème économique. En moyenne 200 km² par an partent en fumée. Outre le manque à gagner en produits d'exploitation (bois d'œuvre et bois de chauffage), La prévention et la lutte contre les incendies coûtent en moyenne 125 millions d'euros par an.

La déforestation
Elle est ancienne en Europe, où les grands défrichements datent de l'Antiquité (dans les régions méditerranéennes) et du Moyen Âge, mais continuent pour faire place à certains équipements, autoroute, urbanisation, réservoirs hydro-électriques, aménagements pour les sports d'hiver, etc. À l'heure actuelle, ce sont surtout les forêts tropicales qui soufrent de ce phénomène de déforestation, soit pour des raisons de développement économique, comme en Amazonie, en Asie du sud-est ou en Sibérie, soit par surexploitation des ressources en bois tropicaux.

Toutefois l'action de l'homme sur les forêts ne se résume pas à des actions néfastes. Les forêts françaises sont dans une grande mesure le fruit de l'action de l'homme ; il est couramment admis qu'elles sont gérées de manière durable. Contrairement à une idée reçue très répandue, la surface de la forêt française augmente (+ 30 % depuis 1900 environ), mais souvent grâce à des plantations de résineux, plus rentables mais moins riches au niveau biodiversité.

Voir aussi


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