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Une entreprise est l’activité de l’entrepreneur. Par contraste avec le simple projet, dont l’organisation est destinée à se dissoudre à son terme, l’entreprise est (plutôt) conçue dans la durée et pour la répétition de plusieurs projets similaires, ce qui implique la pérennité des structures. On utilise aussi le terme pour des projets uniques mais apparemment risqués ou difficiles (par exemple de grands voyages).

On peut définir simplement une entreprise comme l’activité d’une personne ou d’un groupe de personnes travaillant pour fournir des biens ou des services à des clients. L’objectif d’une entreprise est alors de satisfaire ses clients afin de générer des revenus (salariaux, financiers, ...).

Historiquement, l’entrepreneur est un intermédiaire, un courtier en travail : on lui passe des commandes fermes de biens ou de services, il recherche les ouvriers qui vont produire chacun une partie de cette commande et il s’assure de la bonne livraison. Ceci dans un contexte où la division du travail est trop peu marquée, où les ouvriers travaillent à domicile, et disposent de leurs outils et même de leurs machines (métier à tisser par exemple). On retrouve encore aujourd’hui ce type d’organisation, par exemple, dans l’industrie du transport, où à côté de grands groupes, des indépendants sont propriétaires de leur outil de travail (camion, péniche ou barges) et trouvent leurs donneurs d’ordres par l’intermédiare de courtiers.

Avec la révolution industrielle, les entrepreneurs changent, ils s’équipent de machines et conservent les mêmes ouvriers longtemps, ce qui donne naissance aux entreprises au sens traditionnel. Dans l’économie moderne, où les services ont pris le pas sur l’industrie, la notion d’employé a pris elle aussi le pas sur celle d’ouvrier.

Une entreprise repose sur un certain nombre de fonctions vitales qui assurent son fonctionnement.

Généralement, les entreprises instaurent une hiérarchie parmi leurs employés : ceux qui sont situés à un échelon inférieur (ex: équipiers, collaborateurs, employés, ...) obéissent à ceux situés à un échelon supérieur (managers, cadres, chefs de projet, ...).

Les formes d’entreprises


Le fait d’entreprendre est - dans tous les pays - encadré par une réglementation. La plupart des entreprises fonctionnent donc dans un cadre prédéterminé par la loi. Dans le contexte d'une économie capitaliste, il est possible d'avoir une entreprise à titre personnel (en général une microentreprise). Par exemple, en France, 95% des 3 millons d'entreprises que comprend le pays sont des microentreprises de 0 à 3 collaborateurs.

Il est aussi possible de constituer une personne morale sous forme de société. Celle-ci peut grouper plusieurs participants à son capital et est apte à faire des actes de gestion. Les diverses formes de sociétés varient selon les pays.

Il convient alors de distinguer la propriété effective de l’entreprise et le pouvoir d’accomplir des actes de gestions au nom de la société. Selon la forme sociale le responsable de la marche courante de l’entreprise sera appelé un gérant, un président (assisté d’un directeur et d’un conseil d’administration le cas échéant). Le titulaire de cette fonction peut être détenteur de parts sociales ou d’actions ou être commandité.

Le fait qu’une entreprise utilise une forme de société par actions n’implique pas nécessairement que ces titres soient cotées en bourse (ou même qu’elle soit considérée comme faisant appel public à l'épargne). Si c'est le cas, des achats en bourse ou des offres publiques peuvent faire changer la majorité de contrôle de l'entreprise, et aboutir aussi au changement de sa direction.

Les objectifs économiques généraux


La fonction première d’une entreprise varie selon l’entreprise ou même selon les points de vue au sein d’une même entreprise (ex: point de vue de l'actionnaire, de l'employé, du syndicat, de la direction, ...). Parmi les différentes fonctions opérationnelles habituellement observées, on trouve :
  • servir le marché, en produisant et distribuant des biens et services correspondant à une demande solvable. C’est sa seule justification économique, aucune entreprise ne pouvant survivre sans en faire sa priorité, à moins d’être protégée et en dehors du champ de la concurrence (ex: cas de certains services publics), ce qui peut la conduire à consommer plus de ressources qu’elle ne présente d’utilité, souvent au détriment de la collectivité.
  • gagner de l’argent, c’est-à-dire extraire des bénéfices financiers en « récoltant plus d’argent que d’argent investi », notamment pour attirer les investisseurs institutionnels et les petits actionnaires,
  • produire un excédent de trésorerie, qui sera investi avec un plus grand profit dans le développement des activités ou une autre entreprise (dans le cadre d'un « groupe »).
  • maximiser, selon le statut, l'utilité sociale (améliorer la situation de la société) ou le profit (différence entre le prix de vente et le coût des ressources consommées).
  • atteindre un but technique : réalisation d’un ouvrage (tunnel, pont, route...), fabrication d’un produit manufacturé, la conception et réalisation d’un service donnant satisfaction à un client. Ce but technique peut lui-même être extrêmement varié, on citera notamment :
    • les activités qui ne sont pas, pour l’entrepreneur, l’enjeu principal, mais un moyen au service d’une autre activité : par exemple la possession de groupes de presse, de production de ressources stratégiques ou d’entreprises vectrices d’images (à l’exemple de la présence des cigarettiers dans l’industrie du prêt-à-porter),
    • les coopératives agricoles qui sont des entreprises qui visent à dégager un bénéfice non pour elles-mêmes, mais pour les coopérateurs adhérents,
    • les « entreprise d'insertion » visent à rendre aptes leurs employés à occuper un travail « normal », sans chercher dans certains cas (atelier chantier d'insertion) à générer du bénéfice.
Certaines sociétés peuvent détourner les fonctions premières de l'entreprise, notamment pour :
  • camoufler des activités légales ou illégales (ex: certaines activités comme le jeux, le change, le lavage de voitures, l'immobilier... sont connues pour permettre de « recycler » ou « blanchir » de l'argent issu d'activités illégales).
Divers points de vue politiques sur l'utilité fonctionnelle de l'entreprise privée ont été formalisés au cours de l'histoire et de l'élaboration de la pensée économique :

Le découpage des fonctions à l'intérieur de la structure


Les fonctions qui découlent des objectifs ci-dessus peuvent être

  • exercées par des groupes de personnes (services, départements...) dans le cas des grandes entreprises,
  • sous-traitées à des entreprises extérieures
  • ou, à l’extrême, exercées par une personne travaillant seule. '''
Il n’y a pas de relations directes et automatiques entre les fonctions et les structures d’une entreprises, de sorte que son organisation, peut différer grandement de l'une à l'autre. La structure est d'ailleurs souvent relativement souple et évolutive. Elle est très dépendante de la taille, de la localisation, du secteur d'activité, du modèle d'affaire (business model) et de la stratégie de l'entreprise.

Les acteurs de l'entreprise


L'entreprise est un milieu qui regroupent des positions sociologiques très diversifiées. Nous pouvons identifier plusieurs types d'acteurs :
  • Les détenteurs du capital de l'entreprise
  • La direction de l'entreprise
  • Les employés de l'entreprise
Selon la taille de l'entreprise, ces acteurs sont parfois confondus : A l'extrême, une cordonnerie peut par exemple fonctionner avec une unique personne, à la fois détentrice du capital, directeur, et salarié. Dans les entreprises plus grandes, ces acteurs sont différenciés.

Les détenteurs du capital

Voir aussi : SARL, Société Anonyme pour constater les différentes formes de détention du capital Leur rôle est la bonne administration de l'entreprise. Ils percoivent des revenus sur les bénéfices de l'entreprise.

La direction

Voir aussi: PDG Elle est composée de personnes en charge de toutes les affaires courantes de l'entreprise. Sa rémunération est en générale formée d'un salaire, ainsi que d'une forme d'intéressement, souvent sous la forme de stock-options.

Les employés

Ils percoivent un salaire en échange de leur travail fourni au sein de l'entreprise.

Recherche des bénéfices


Parmi les différents buts possible pour une entreprise, la recherche du bénéfice occupe une place importante. Le bénéfice de l’entreprise (à distinguer du profit) est avant tout la rémunération du capital investi.

Dans le cas des entreprise dite capitaliste, si un investisseur (une personne qui a de l’argent) décide de le placer dans une entreprise plutôt que de le conserver, c’est qu'il souhaite que l’argent placé dans l’entreprise lui rapporte plus. Si une entreprise ne génère pas un profit suffisant, sa réputation ternit et elle n’attire plus les investisseurs. Sa capacité de développement voire sa survie peuvent être remises en cause. Pour chaque secteur d’activité, il existe un niveau de profit « normal ». Ainsi, par exemple, dans le secteur pharmaceutique des années 2000, le niveau moyen de profit est de 15% du capital investi (c’est beaucoup). Si une entreprise génère moins de profit, les gens qui y ont placé leurs économies (directement ou plus souvent via une banque ou une caisse de retraites) perdent confiance et vendent leurs actions : le prix de l’entreprise (qu’elle soit en bourse ou non) diminue, les investisseurs restant y perdent .

Une entreprise dite capitaliste dont les profits sont trop faibles trop longtemps n’a pas de justification économique : elle doit soit être fermée soit être rachetée. Dans le cas d'entreprise de l'économie sociale, elle perdura si elle apporte une utilité sociale à la société.

Comment génère-t-on des bénéfices ?

De manière simplifiée, la rentabilité d’une activité s’obtient en vendant le plus possible et en dépensant le moins possible.

On distingue des revenus normaux et des revenus exceptionnels :

  • Les revenus normaux sont les produits des ventes et des opérations financières courantes (crédits clients et fournisseurs)
  • Les revenus exceptionnels ne font par définition pas partie des opérations courantes de l’entreprise. Il peut s’agir de vente d’actifs (bâtiments, machines, etc), de vente de filiales ou de manipulations comptables (réévaluation d’un stock).

La marge, calculée par différence entre le prix de vente et le coût des marchandises vendues représente donc la principale contribution au bénéfice de l’entreprise.

Pour augmenter cette marge, il existe uniquement deux leviers :

  • augmenter le prix des marchandises vendues,
  • diminuer le coût de production des marchandises vendues.

Les moyens d’action sur le coût sont extrêmement divers :

  • négociation avec les fournisseurs pour baisser les prix d’achat,
  • amélioration de la qualité pour produire moins de rebut,
  • amélioration de la productivité des machines (les faire tourner plus vite),
  • amélioration de la productivité des hommes (réduction du personnel, amélioration de la qualification),
  • réduire le stock pour réduire le capital immobilisé,
  • négocier des conditions de réglement plus avantageuses vis à vis des clients

Dans une partie de l’Europe, comme dans d’autres pays développés, il est aujourd’hui plus rentable pour les productions de base automatisable d’utiliser une machine qu’un salarié (le coût du travail peu qualifié est plus élevé que le coût du capital) et c’est pourquoi beaucoup d’entreprises délocalisent certaines productions vers des pays à bas coûts de main d'œuvre... (voir * Intérim, Licenciement). La solution passe par l’innovation, la création d’activités demandant une main d'œuvre créative et hautement technique et le développement de services de proximité. Les services représentent désormais 70% de l’activité économique (PIB) ce qui marque l’évolution des pays développés vers l’économie post-industrielle.

« Une firme multinationale est une entreprise qui produit là où le coût du travail est le moins cher ou les qualifications les meilleures (pôle de compétence|pôles de compétence), vend là où le marché est le plus large et rentable, et déclare ses bénéfices là ou le FISC est le moins gourmand » …

Classification des entreprises


Les entreprises peuvent être classées selon plusieurs critères :

  • En fonction de leur activité :
    • Entreprise artisanale : Elle n'emploie pas plus de dix salariés.
    • Entreprise commerciale : Elle achète des biens qu’elle revend sans transformation.
    • Entreprise industrielle : Elle transforme les matières premières et vend des produits finis (ou semi-finis)Elle apartient au sectuer secondaire celui de la transformation
    • Société de services : Elle revend un travail sans fabrication d’objets physiques.

  • En fonction de leur taille et de leur impact économique (selon la définition de la Commission européenne dans sa recommandation du 6 mai 2003 (3002/361/CE - Journal officiel L124 du 20 mai 2003) :
    • Micro-entreprise ou très petite entreprise (TPE) : moins de 10 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 2 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 2 millions d'euros.
    • Petite entreprise (PE) : entre 10 salariés et 49 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 10 millions d'euros.
    • Moyenne entreprise (ME) : entre 50 salariés et 249 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 43 millions d'euros.
    • Grande entreprise : 250 salariés et plus ou à la fois un chiffre d'affaires supérieur ou égal à 50 millions d'euros par an et un total bilan supérieur ou égal à 43 millions d'euros.
    • Groupe d’entreprises : comporte une société-mère et des filiales
    • Entreprise étendue (ou en réseau, ou matricielle, ou virtuelle) : comprend une entreprise pilote travaillant avec de nombreuses entreprises partenaires.

  • En fonction de la branche et du secteur d’activité (classification INSEE) :
    • Le secteur : Ensemble des entreprises ayant la même activité principale.
    • La branche : Ensemble d’unités de production fournissant un même produit ou service.

  • En fonction de leur statut juridique :
    • Les entreprises capitalistes,
    • Les entreprises publiques, gérées par l’État,
    • Les sociétés coopératives, dans lesquelles les associés dirigent (salariés, consommateurs, habitants, bénéficiaires du service...)
    • Les associations à but non lucratif, entreprises privées dont les bénéfices doivent être intégralement réinvestis,
    • Les mutuelles

Thèmes importants


Mesure des performances


Concurrence


Pour le droit de la concurrence, la forme juridique (personne morale de droit privé ou de droit public, société, association) et le but (lucratif ou pas) de l'entreprise sont indifférents. Ainsi pour le droit communautaire, «la notion d'entreprise comprend toute entité exerçant une activité économique, indépendamment du statut juridique de cette entité et de son mode de financement» (Cour de Justice des communautés européennes (CJCE), arrêt Höfner, 1991).

Néanmoins, n'exerce pas une activité économique, et n'est plus une entreprise soumise au droit de la concurrence, l'organisme qui remplit une fonction exclusivement sociale (CJCE, Poucet 1993) ou celui qui exerce des prérogatives de puisssance publique (CJCE, Eurocontrole, 1994).

Entreprises en difficulté


Entreprise et relations avec le monde


Voir aussi


Articles connexes

Liens externes

Entreprise

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