Le « développement durable » est, selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Commission Brundtland), « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de " besoins ", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » (Rapport Brundtland)
L'environnement est en effet apparu à partir des années 1970 comme un patrimoine essentiel à transmettre aux générations futures et le philosophe Hans Jonas a exprimé cette préoccupation dans son livre Le Principe responsabilité (1979). Au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992, la définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l'environnement.
On dit quelquefois aussi en français développement « soutenable ». La soutenabilité ou la durabilité est le caractère de ce qui respecte le mieux les principes de développement durable.
Le terme de « développement » complète la notion de progrès, qui au , s'est construite autour du progrès industriel, et qui pouvait avoir des connotations idéologiques (idéologie du progrès).
1968 : création du Club de Rome qui regroupe une poignée d'hommes, occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et qui souhaitent que la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance.
1972 : le Club de Rome publie le rapport Halte à la croissance ?, rédigé à sa demande par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Ce rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l'évolution de la population humaine en fonction de l'exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu'en 2100. Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l'appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des ressources énergétiques.
1972 (16 juin) : une conférence des Nations unies sur l'environnement humain à Stockholm expose notamment l'écodéveloppement, les interactions entre écologie et économie, le développement du Sud et du Nord.
1987 (avril) : Une définition du développement durable est proposée par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (Rapport Brundtland).
1992 (3 au 14 juin) : le Sommet de Rio consacre le terme et le concept passe dans le grand public. Adoption de la convention de Rio et naissance de l'Agenda 21.
Les catastrophes industrielles de ces trente dernières années (Tchernobyl, Seveso, Bhopal, Exxon Valdez, etc.) ont interpellé l'opinion publique et les associations telles que Greenpeace. (voir aussi Dates importantes de l'écologisme)
2002 (26 août au 4 septembre) : Sommet de Johannesburg: En septembre, plus de cent chefs d'États, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Quelques grandes entreprises françaises sont présentes.
2005 : Entrée en vigueur du protocole de Kyoto.
Historiquement, le mode de pensée qui est à l'origine de la Révolution industrielle du a introduit des critères de croissance essentiellement économiques. On retrouve ces critères dans le calcul du Produit national brut, dont l'origine remonte aux années 1930.
Des corrections ont été apportées à la fin du sur le plan social, avec l'apparition d'associations à vocation sociale et du syndicalisme. L'expression "économique et social" fait partie du vocabulaire courant.
Les pays développés (souvent appelés pays du Nord) ont pris conscience depuis les années 1970 que leur prospérité est basée sur l'utilisation intensive des ressources naturelles, et que par conséquent, outre l'économique et le social, un troisième aspect a été négligé : celui de l'environnement.
Pour certains analystesdes précuseurs du Club de Rome, René Dumont, sociologue Jacques Ellul, Ivan Illich à Nicholas Georgescu-Roegen en n'oubliant pas l'économiste Serge Latouche, la physicienne et philosophe Vandana Shiva... , le modèle de développement industriel n'est pas viable sur le plan environnemental, ce modèle ne permettant pas de durer et de se "développer". Les points cruciaux sont le changement climatique, l'épuisement des ressources naturelles (matières premières, énergies fossiles pour les humains), la destruction des écosystèmes, la diminution de la biodiversité.
Le changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre, qui provoque la fonte des glaciers, des glaces de pôles, la montée des eaux... Il en en résulte aussi une augmentation des inondations et des sécheresses.
Le développement industriel génère aussi de la pollution (exemple pluie acide) qui provoque aussi la destruction d'écosystèmes. Cette destruction provient aussi du changement climatique ou de l'exploitation des ressources naturelles (exemple la déforestation de la forêt équatoriale). Elle provoque une perte inestimable en terme de biodiversité par l'extinction (donc irréversible) d'espèces végétales ou animales. Enfin, Ce développement provoque la raréfaction des énergies fossiles et des matières premières (imminence du pic pétrolier) et des matières premières, donc finalement l'épuisement des ressources naturelles.
L'empreinte écologique dépasse la capacité "biologique" de la Terre à se reconstituer depuis le milieu des années 1970.
Au problème de viabilité s'ajoute un problème d'équité : il est à craindre que le souhait d'évolution des pays sous-développés (souvent appelés pays du Sud) vers un état de prospérité similaire, édifié sur des principes équivalents, n'implique une dégradation encore plus importante de la biosphère.
Comme il n'est évidemment pas question d'empêcher la population des pays pauvres d'atteindre le niveau de confort des pays développés, l'idée du développement durable est de définir des schémas qui concilient les trois aspects économique, social, et environnemental.
La définition classique du développement durable provient du rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Rapport Brundtland) : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».
Il rappelle le propos prêté à Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».
Le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.
On peut considérer que les objectifs se partagent entre trois grandes catégories :
Le développement durable est-il un concept clair pour être opérationnel ? Il est plutôt perçu par certains comme une panacée et un catalogue de bonnes intentions qui devraient permettre tout à la fois, sans trop préciser comment, combiner un ensemble d'exigences :
Pour le respect d'objectifs de développement durable sur les territoires des grandes zones économiques, les réseaux de villes et les communautés d'agglomération sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en œuvre des solutions dans le cadre de l'outil défini au sommet de la Terre de Rio de Janeiro : l'agenda 21. L'agenda type définit 40 chapitres répartis en quatre sections.
Par ailleurs, les collectivités territoriales sont en relation avec les entreprises, les universités et les laboratoires de recherche, pour imaginer les solutions innovantes de demain.
Le gouvernement français élabore un cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable dont les agendas 21 locaux réseaux territoriaux et agenda 21 : http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=4879, actuellement en cours de rédaction.
Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement on parle de responsabilité sociale des entreprises (corporate social responsability) ou parfois plus précisément responsabilité sociétale des entreprisesresponsabilité sociale des entreprises est la traduction "brute" de l'anglais, moins précise mais ce terme est plus connu puisque le volet de responsabilité ne correspond pas uniquement au "volet social". La responsabilité sociale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance ou gouvernement dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. Il n'y a en effet jusqu'à présent peu d'obligations législatives, de contraintes ou de pénalités : à citer cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques qui oblige les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d'informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités.
Elle vise à favoriser une gestion optimale des ressources humaines, naturelles et financières, afin de permettre la satisfaction des besoins des communautés humaines, et ce, notamment, par la responsabilisation des entreprises et des consommateurs au regard des biens et des services qu'ils produisent et utilisent ainsi que par l'adoption de politiques gouvernementales appropriées (principe du pollueur/payeur, internalisation des coûts environnementaux et sociaux, éco-fiscalité, etc.).
Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les inégalités d'accès aux ressources posent des questions philosophiques.
Le philosophe français Michel Foucault aborde ces questions sur le plan épistémologique. Il parle de changements de conception du monde, qui se produisent à différentes époques de l'Histoire. Il appelle ces conceptions du monde, avec les représentations qui les accompagnent, des épistémès. On pourrait sans doute affirmer que le développement durable, et son corollaire la mondialisation, correspondent au concept d'épistémè, qui, appliqué à notre époque, est appelé hypermodernité par Michel Foucault.
André Comte-Sponville aborde les questions d'éthique dans le capitalisme est-il moral ?'. Paul Ricoeur et Emmanuel Lévinas abordent aussi ces questions sous l'angle de l'altérité.
Patrick Viveret et Jean-Baptiste de Foucault (Les trois cultures du développement humain). abordent ces questions sur le plan de la justice sociale.
Dans le monde anglo-saxon, on note en philosophie analytique des développements importants en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit, en métaphysique descriptive, en philosophie de la logique, qui renouvellent la pensée philosophique.
Si le principe ainsi défini est assez clair, les objectifs posés, le développement durable semble plus difficile à mettre en œuvre.
Parmi les questions qui se posent :
Cependant, le concept de durabilité n'a pas à être dépendant d'un simple aspect de traduction d'une langue à l'autre. Les tenants du terme « durable » préfèrent insister sur la notion de durabilité (cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre sur le long terme) plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nous supporter sans dommage.
D'autres récusent le concept même de développement économique et préfèrent parler d'utilisation durable, voire, en s'inspirant des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, de décroissance durable.
Les tenants de la soutenabilité forte sont plutôt les ONG, surtout environnementales, les associations,...
Les tenants de la soutenabilité faible se situeraient plutôt dans les milieux dirigeants des entreprises et dans les milieux économiques et financiers, bien qu'il soit difficile de généraliser.
Voir dans le paragraphe limites et dérives du concept les dangers de la soutenabilité.
Comme tous les concepts, le développement durable trouve aussi ses limites. En effet, la société capitaliste, dans laquelle nous sommes, a su redistribuer les dividendes de la production à l'économie (sous la forme de ré-investissements) et au social (hausse du revenu des salariés) pendant toute son existence. La balance entre ses deux pôles s'est réalisée au gré des diverses luttes sociales et des convictions politiques des dirigeants. Mais comment prendre en compte l'environnement dans cette balance alors que l'équilibre entre le social et l'économique est déjà actuellement dans une impasse ?
Pour beaucoup, le concept de développement durable est réducteur et ce n'est pas parce qu'une démarche cherche à s'inscrire dans la durée qu'elle est nécessairement bonne pour l'humanité: "les blockhaus présents sur le littoral atlantique sont on ne peut plus durable et ils furent édifiés pour protéger un Reich qui entendait durer mille ans". Le développement ne doit pas seulement être durable d'un point de vue économique et écologique, il doit également être soutenable tant sur le plan social que moral. Il nécessite de ce fait que l'on mette un terme à l'effarante montée des inégalités qui caractérisent notre mode actuel de croissance.
Montesquieu : « Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières ».
Gandhi: « Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun mais pas assez pour la cupidité de tous »
Philippe Saint Marc: « Le coût de la protection du milieu naturel est beaucoup plus faible que le coût de sa reconstitution. La défense de la nature est rentable pour la nation. »
Victor Hugo : « C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l'écoute pas. »
Albert Einstein : « Une nouvelle manière de penser est nécessaire si l'humanité veut survivre »
« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» (inconnu)
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