La communication est le processus d'échange d'information, habituellement via un protocole commun.
Concernant la Communication en tant que science, certaines notions ont été dégagées par les différents modèles de communication explicités plus bas.
Il est intéressant de disposer de définitions communes:
Une communication qui peut durer dans le temps (le message n'est pas supprimé au moment où il est envoyé) est dite « intemporelle ». Par exemple, un message rédigé dans un livre est intemporel.Cette notion est liée au contact entre les entités qui communiquent. Un message éphémère, est lui dit « temporel ». Par exemple, une discussion orale est éphémère, temporelle. La communication est notamment enseignée dans les écoles d'ingénieurs.
Pareillement que concernant la temporalisation, une communication peut être:
Cette notion est liée à l'expression du contact entre les entités qui communiquent.
Pour communiquer, l'émetteur et le récepteur doivent disposer d'un code commun: En résumant, il s'agit d'une table de correspondances entre un symbole ou signe, et le sens qu'il porte.
La non correspondance des tables entre émetteur et récepteur est l'une de sources d'échecs de communication parmi les plus difficiles à résoudre, chacun pouvant supposer que l'autre comprend son code, sans que ce soit le cas :
Une communication est gravée dans un contexte. Elle peut avoir lieu à un instant donné, dans un lieu donné, et vis à vis d'une situation, d'un événement donné. Tout cet environnement, qui ne fait pas partie de la communication à proprement parler, mais qui accompagne cette communication, est appelé contexte. L'environnement peut être source d'interférences.
On désigne sous ce terme tout ce qui rend la communication possible ou plus aisée sans rapport avec le contenu de la communication elle-même. Attendre une tonalité pour numéroter, demander à l'interlocuteur de se répéter, épeler son nom, s'entendre tacitement sur le moment où une communication sera considérée comme terminée font partie des protocoles. Voir aussi diplomatie, Internet.
A travers le fait de faire passer un message, on chercherait à répondre à l'un des objectifs suivants:
On parle alors d'enjeux de la communication. C'est lié aux différentes fonctions du message, conceptualisées par Jakobson.
Une communication verbale est faite de signes linguistiques.
Cela implique une langue, ou plus généralement un langage, la dépassant.
Il existe, comme moyens de communication l'écriture, la langue des signes, la voix... L'art de conceptualiser ce message dans un langage afin de minimiser les interférences est appelé Rhétorique.
Est dite « non verbale » une communication basée sur la compréhension implicite de signes non exprimés par un langage, comme les signes, les couleurs, voire même les vêtements ou les odeurs. Ces signes et leur compréhension ou leur interprétation sont dans leur grande majorité dépendants de la culture.
Cette distinction verbale / non verbale a été faite par l'homme, pour distinguer le langage oral du langage corporel. Elle n'est pas toujours aisée à faire.
L'image que nous donnons doit être confirmée par autrui. Le fait que le rôle, le statut et la place des acteurs soit bien identifiés permet aux interlocuteurs de se reconnaître dans une position sociale, d'éviter les mal-entendus, les conflits, et d'assurer la crédibilité. L'identité situationnelle du locuteur est repérable dans l'énonciation.
La communication est le passage obligé pour entrer en relation avec autrui. Ce contact comporte certains risques, notamment lors de "l'ouverture" et "fermeture" de la communication. Les risques d'intrusion, de non réponse, de blocage et d'abandon existent réellement.
L'espace physique et psychique (intime) doit être protégé. Dans toute organisation, chacun défend son espace et évite les intrusions injustifiées.
Le message de Rétroaction, ou message de feedback (ou encore feed-back) en anglais, est le message, verbal ou non, renvoyé par réaction par le récepteur, à l'émetteur. Lorsqu'il existe, on parle de communication bidirectionnelle.
Ses enjeux sont différenciés de ceux du message dont il est issu. Le feed-back peut servir, suivant les cas, à:
La notion de feed-back est issue des travaux de Norbert Wiener sur la cybernétique (Cybernetics or Control and Communication in the Man and the Machine (1948) et Cybernétique et société (1950)). Cette notion a permis aux chercheurs en science humaine de passer d'une vision linéaire (unidirectionnelle) de la communication, à la conception d'un processus circulaire (bidirectionnelle).
On peut distinguer selon Wiener deux formes de Feed-Back :
On nomme réseau un ensemble de nœuds, d'acteurs ou lieux de communications grâce auxquels les messages circulent. L'information se concentre et se redistribue ainsi. On parle d'un réseau. Se sont développés des réseaux informatiques, mais aussi de routes, canaux, télégraphe, chemins de fer, téléphonie, anciens élèves de grandes écoles, etc.
On découvrit dans les années 60 que la généralisation des ascenseurs automatiques, qui supprimait les garçons d'ascenseur, supprimait un nœud important de communication informelle entre les étages d'une entreprise (car le garçon d'ascenseur connaissait tout le monde et tout le monde lui parlait). Ce rôle a été partiellement remplacé par les coins café considérés aujourd'hui comme indispensables dans les bureaux, et lieux d'échanges informels souvent importants.
Voir aussi sur ce sujet: télécommunications, sémaphore, télégraphie, téléphonie.
Ce type de communication a été conceptualisé avec l'apparition des notions d'organisation de masse dont quatre éléments sont la standardisation, le Fordisme, le taylorisme et la publicité...
On parle de médias de masse ou « MassMedia ». En font partie la radiocommunication, la radiodiffusion et la télévision. L'absence de réponse possible en fait un outil idéal de la Propagande, ce que souligna à plusieurs reprises Georges Bernanos.
En France, l'État lie significativement Culture et Communication en les confiant à un même ministère.
L'un des ouvrages considéré comme fondateur de la notion de « masse », bien que contestable sur son contenu et son objectivité, est Psychologie des foules (1895) du psychopathologue Gustave Le Bon. La persuasion clandestine, ouvrage de Vance Packard, montre à ce sujet que la science de la manipulation était déjà bien avancée en 1957. Retour au meilleur des mondes, d'Aldous Huxley, va dans le même sens.
La communication de groupe est aussi complexe et multiple car elle est liée à la taille du groupe, la fonction du groupe, et la personnalité des membres qui le compose.
On peut également intégrer cette notion dans la communication interne à une entité. Les groupes peuvent alors être des catégories de personnels, des individus au sein d'un même service, etc.
«Un émetteur, grâce à un codage, envoie un message à un récepteur qui effectue le décodage dans un contexte perturbé de bruit.»
Apparu dans Théorie mathématique de la communication (1949), ce schéma sert à deux mathématiciens Claude Shannon (père entre autres de nombreux concepts informatiques modernes) et Waren Weaver (scientifique versé tant dans la vulgarisation que la direction de grands instituts), à illustrer le travail de mesure de l'information entrepris pendant la Seconde guerre mondiale par Shannon (ce dernier a été embauché par Weaver à l'Office of Scientific Research and Development pour découvrir, dans le code ennemi, les parties cryptées du signal au milieu du brouillage). À l'origine, les recherches de Shannon ne concernent pas la communication, mais bien le renseignement militaire. C'est Weaver qui a "traduit" la notion de brouillage par celle de "bruit", la notion de signal par "message", la notion de codeur par "émetteur", la notion de décodeur par "récepteur"... Jusqu'à la fin de sa vie, Shannon se défendra contre la reprise du soi-disant modèle pour autre chose que des considérations mathématiques.
Le modèle dit de Shannon et Weaver n'a en effet de prétention qu'illustrative. Mais il a souvent été pris au pied de la lettre, révélant alors la forte influence béhavioriste du modèle de Pavlov (stimulus-réponse).
Ce modèle, malgré son immense popularité (on le trouve cité souvent comme "le modèle canonique de la communication"), ne s'applique pas à toutes les situations de communication et présente de très nombreux défauts : et s'il y a plusieurs récepteurs ? et si le message prend du temps pour parvenir? et si la réalité décrite n'existe pas ailleurs que chez le premier locuteur? et s'il y a plusieurs messages (au besoin contradictoires) qui sont prononcés en même temps? et s'il y a un lapsus? et si sont mis en jeu des moyens de séduction, de menace ou de coercition? et si le message comporte des symboles nouveaux ou des jeux de mots?
En sus de sa linéarité, le modèle de Shannon et Weaver considère que le récepteur est passif: toutes les recherches en Sciences de l'information et de la communication montrent que cela est simpliste, ou faux.
Ce modèle conçoit la communication comme étant un processus d'influence et de persuasion, très proche de la publicité. Ce modèle dépasse la simple transmission du message (même s'il y reste centré) et envisage notamment les notions d'étapes de communication, la capacité de pluralité des émetteurs et des récepteurs et de finalité d'une communication (ses enjeux).
Pourtant il est critiquable, sur la même base que les critiques émises contre le modèle de Shannon et Weaver. En effet il envisage la communication comme une relation d'autorité et de persuasion. Et il néglige le message de rétroaction, ainsi que les notions de psychologie et de sociologie de part et d'autre de la relation de communication. Le récepteur est toujours considéré comme passif, ce qui est encore inexact, car il existe en général inter-influence entre l'émetteur et le récepteur, qui n'est pas pris en compte dans ce modèle.
L'un de ses ouvrages majeurs -Propaganda Technique in the World War (1927)- fait partie des ouvrages de références dans l'usage de la propagande dans la Seconde guerre mondiale. Sa vision autoritaire, voire autoritariste de la communication, lui vaut de nombreux ennemis, encore aujourd'hui.
Ce modèle est à lier par antithèse aux travaux du célèbre Marshall McLuhan (La galaxie Gutenberg, 1967) et Régis Debray (Traité de médiologie, 1991)
Cet autre modèle, proposé par le linguiste russe Roman Jakobson, développe un point de vue centré non plus sur la transmission d'un message, mais sur le message lui même. Il est composé de 6 facteurs. À chacun de ces facteurs est lié une fonction du message, explicité par Jakobson.
On notera l'apparition ou la réapparition des trois dernières notions (contexte, code, contact) qui complètent énormément la vision d'ensemble sur ce qu'est une communication.
Ces travaux sont à lier à l'impulsion linguistique de Ferdinand de Saussure, conceptuelle de Shannon et Weaver, et philosophique de John L. Austin.
George Gerbner, sociologue des années 50, avait l'ambition de formuler un modèle général de la communication. Il présente en 1956 un modèle beaucoup plus complexe que les précédents. Son modèle s'articule autour de deux propositions essentielles :
Le trait particulier de ce modèle est que l'on peut l'appliquer aux différentes formes de communication en fonction du contexte. Il convient à un acte de communication interpersonnel entre deux individus mais aussi au processus plus compliqué de la communication de masse.
Theodore M. Newcomb, 1953, présente le modèle ABX triangulaire et devient le premier à introduire le rôle de communication dans la relation sociale.
B.H. Westley et M.S. Mac Lean reprennent en 1957 l'idée du besoin social de l'information que l'on retrouve chez Newcomb et l'adapte spécifiquement à la Communication de masse.
Ces groupes influeraient la façon de voir, de penser et de juger de leurs membres. Et ces groupes évoluent dans un contexte social dont ils dépendent.
Ce modèle de Matilda White Riley et de John White Riley introduit de nouvelles notions, notamment celle de contexte et d'appartenance à un groupe, liées à la sociologie. De plus ce modèle est le premier à prendre en compte la notion d'une boucle de rétroaction, entre l'émetteur et le récepteur. Cela montre qu'il y a réciprocité et inter-influence entre les individus.
Ce modèle est à l'origine des travaux sur la communication de groupe.
Ces modèles ont aussi mis beaucoup plus en valeur la notion de réseau de communication, et de nœud de communication. En effet, un message transmis peut être relayé d'un poste à l'autre. De plus, on peut l'envoyer à un groupe d'ordinateurs. Et donc il faut savoir qui prend la parole, et comment... (principe du « token »).
La notion de code (appelé protocole) est elle aussi très importante car une parfaite coordination entre les ordinateurs - à la logique binaire - est essentielle. Par contre, évidemment, la psychologie, la sociologie et leur implication dans le contexte de communication n'est pas explicité du tout dans ce modèle là. Et elle oublie totalement les notions de sens et de fonction du message.
La communication est liée à de nombreuses autres sciences, dont elle est une composante, s'est inspirée, ou auxquelles elle a participé à l'envol:
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