L’histoire du cinéma italien commença quelques mois après que les Frères Lumière eurent créé le cinématographe et plus précisément avec les quelques secondes de film dans lequel le Pape Léon XIII bénissait la caméra.
Un des premiers sous-genres apprécié fut les filoni (les films historiques) : le premier de ce type fut, en 1905, le film de Filoteo Alberini, La presa di Roma, 20 settembre 1870 (La prise de Rome, 20 septembre 1870). D’autres films décrivaient les actions de beaucoup de personnages historiques tels que Néron, Messaline, Spartacus, Jules César, Cléopâtre. Le film Ultimi giorni di Pompei (Les Derniers Jours de Pompéi) d’Ambrosio (1908) devint rapidement célèbre et immédiatement suivi par un remake de Casérini (1913). La même année, Guazzoni réalisa un Marc-Antoine et Cléopâtre très apprécié. Et l’année suivante, Giovanni Pastrone l’immense Cabiria.
Les actrices Lyda Borelli et Francesca Bertini furent les premières « divines » (stars) spécialisées dans les passions tragiques. Cette dernière fut en réalité la première « star » de cinéma et aussi la première actrice à être filmée partiellement nue.
D’autres genres abordaient des thèmes sociaux souvent basés sur des livres. En 1916, le film Cenere (Cendres) adapté du livre de Grazia Deledda était interprété par l’actrice de théâtre Eléonora Duse (célèbre aussi pour être l’amante de Gabriele d'Annunzio).
Blasetti commença sa longue carrière avec un projet d’avant-garde (Sole 1928) et dans les années suivantes réalisa avec le célèbre comédien italien Ettore Petrolini son Néron comique (une satire extrêmement sophistiquée de Mussolini que, dit la légende, le dictateur lui-même autorisa à passer à travers la censure), il tourna ensuite des films à caractère historique.
Au même moment, un autre genre obtint un certain succès : il comprenait des films qui décrivaient une société pesante avec une lourde dose de moralité formelle reflétant la culture de l’époque ; ce genre fut appelé les Telefoni Bianchi (Téléphones blancs), caractérisé par la présence constante (un véritable tic) de ces objets dans les scènes représentées. Ces films, généralement peu réputés, lancèrent beaucoup d’acteurs qui devinrent plus tard des stars, comme Vittorio De Sica et Alida Valli.
Le néoréalisme (neorealismo) explosa juste après la guerre, avec des films inoubliables commme la trilogie de Rossellini et des acteurs extraordinaires tels qu’Anna Magnani, qui tentaient de décrire les difficultés économiques, les conditions morales de l’Italie et les changements de mentalité dans la vie quotidienne. Comme Cinecittà était occupée par des réfugiés, les films furent tournés à l’extérieur sur les routes dévastées du pays vaincu. Ce genre fut bientôt instrumentalisé à des fins politiques, mais dans la majorité des cas les réalisateurs furent capables de garder la distance nécessaire, en distinguant l’art de la politique.
La poésie et la cruauté de la vie furent harmonieusement combinées dans les films que De Sica scénarisa et réalisa avec le scénariste Cesare Zavattini : parmi ceux-là, Sciuscià en 1946, Ladri di Biciclette (Le Voleur de bicyclette) en 1948 et Miracolo a Milano (Miracle à Milan) en 1950. Le malheureux et amer Umberto D. en 1952, l’histoire touchante d’un vieil homme pauvre avec son petit chien que la vie force à solliciter l’aumône, bafouant ainsi sa dignité, dans la solitude de la société nouvelle, est peut-être le chef-d'œuvre de De Sica et un des plus importants films de toute la production italienne. Lancé avec une lourde polémique de la part du gouvernement qui aurait voulu le censurer en alléguant de son caractère anti-national, le film n’eut pas un succès commercial énorme et depuis lors n'a été diffusé qu'une fois ou deux seulement par la télévision italienne. C’est peut-être encore la plus violente attaque, dans l’apparente quiétude de l’action, contre les règles de la nouvelle économie, la nouvelle mentalité, les nouvelles valeurs et ayant à la fois un point de vue conservateur et progressiste ainsi que de nombreux autres producteurs.
Pendant toutes ces années, dans la production plus commerciale, explosait le phénomène Totò, un acteur napolitain qui est reconnu comme étant le plus grand comique italien. Dans ses films (souvent avec Peppino de Filippo et presque toujours avec Mario Castellani), une sorte de satire néoréaliste s’exprimait aussi bien avec ses manières de guitto (cabotin) que dans l’art du grand acteur dramatique qu’il était également, comme (trop tard) Pier Paolo Pasolini le démontrera. C’était une « machine-à-films » (une douzaine de titres chaque année), son répertoire était fréquemment répétitif mais jamais ennuyeux (si ce n’est pour les austères critiques de cinéma). Son histoire personnelle (un « prince » né dans les plus pauvres riones (quartiers) de Naples), son visage mobile unique, ses expressions et mimiques personnelles, ses gestes, créaient un personnage inimitable et firent de cet homme un des Italiens les plus aimés dans son pays.
La « comédie à l’italienne » est généralement considérée pour avoir débuté avec I soliti ignoti (Le Pigeon) de Mario Monicelli. Cette expression provenait du titre du film de Pietro Germi, Divorzio all’Italiana (Divorce à l'italienne) de 1961. Ce titre devint lui aussi une expression, péjorative pendant une longue période.
Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Alberto Sordi, Claudia Cardinale, Monica Vitti et Nino Manfredi furent parmi les stars de ces films qui décrivent les années de la reprise économique et investiguaient les coutumes des Italiens, une sorte de recherche auto-ethnologique.
En 1961, Dino Risi réalisa Il sorpasso (Le Fanfaron), un film culte actuellement, puis Una vita difficile (Une vie difficile), I mostri (Les Monstres), In nome del Popolo Italiano (Au nom du peuple italien) et Profumo di donna (Parfum de femme).
Les films de Monicelli comprenent La grande guerra (La Grande Guerre), I compagni (les Camarades), L’armata Brancaleone, Vogliamo i colonnelli (Nous voulons les colonels), Romanzo popolare (Romance populaire) et Amici miei (Mes chers amis).
L'apport du cinéma de genre italien au cinéma mondial est considérable. Il a pronfondément influencé le cinéma américain ou celui de Hong-Kong.
Les principaux genres traités par le cinéma italien sont :
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Contrairement au cinéma français, le cinéma italien n'a pas réussi à surmonter la crise du cinéma des années 1980. Subissant la concurrence de la télévision et de l'industrie pornographique, la grande majorité des salles de cinéma ont été obligées de fermer. Sans débouchés, la production de films a chuté. Le cinéma italien pourtant si riche et diversifié autrefois est aujourd'hui quasiment mort, la production se limitant à quelques films dans le cadre de coproductions européennes.
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