Le canton de Genève est un canton suisse de superficie modeste mais densément peuplé.
Vers 300 av. J.-C., la tribu celte des Allobroges occupe un vaste territoire qui s'étend de Vienne (Isère) à Genève (limité à la rive gauche du Rhône et en amont de Lyon). En 124 av. J.-C., les Allobroges se soumettent à Rome et intègre la Gaule narbonnaise. En 58 av. J.-C., Jules César défend Genova (Genève) contre une incursion des Helvètes en faisant détruire le pont sur le Rhône.
Vers 400, Genève est érigée en évêché. En 443, une tribu germanique, les Burgondes, se fixe dans la région. En 535, celle-ci est occupée par les Francs : Genève est incorporée à la monarchie mérovingienne, puis à l'Empire carolingien. La désagrégation de ce dernier, au , voit naître le second royaume de Bourgogne, auquel Genève appartient. En 1032, cet État passe aux empereurs germaniques.
En droit, Genève dépend désormais de l'Empire. En fait, depuis le et jusqu'à la Réforme de 1535, elle est gouvernée par ses évêques devenus seigneurs de la ville. Pendant le Moyen Âge, Genève reste une localité secondaire jusqu'à ce que ses foires, qui atteignent leur plus grand essor au , lui donnent, pour la première fois, une aura internationale.
Cependant, son indépendance est menacée par les États de Savoie, dont les princes s'efforceront, du au , avec l'appui des Mammelus de s'emparer de la ville, sans y parvenir. Au moment du plus grave danger, dans le premier tiers du , l'appui des Eidguenots, partisans des cantons suisses de Fribourg et de Berne préserve l'autonomie de la cité.
La Réforme triomphe en 1535. Politiquement, la cité est dès lors une république. Jean Calvin s'y installe en 1536 mais en est chassé en 1538 en raison de son intolérance, puis est rappelé en 1541. Il y restera jusqu'à sa mort en 1564. Dès 1550, une foule de protestants, en particulier français et italiens persécutés dans leur pays, y trouvent asile. Sous l'égide de Calvin et de Théodore de Bèze, ils procurent à leur nouveau foyer un grand rayonnement religieux et intellectuel.
Les réfugiés aident aussi à redresser l'économie qui se trouve en récession depuis le déclin des foires à la fin du . Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, le duc de Savoie tente une attaque nocturne contre Genève, mais cette tentative échoue. La défaite savoyarde est commémorée chaque année lors de la fête de l'Escalade.
Après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, les mesures prises par Louis XIV contre le protestantisme en France font affluer une deuxième grande vague de réfugiés. Le est une époque de grande prospérité. Les industries genevoises, le commerce et la banque sont florissants. Mais la cité est déchirée par des troubles civils.
La révolution genevoise de 1792 détruit le gouvernement aristocratique de l'Ancien Régime et proclame l'égalité politique. En 1798, Genève est annexée par la France et intégrée au département du Léman. La défaite des armées napoléoniennes lui rend sa liberté en 1813. Les magistrats de la République demandent son entrée dans la Confédération suisse, obtenue définitivement en 1815 au Congrès de Vienne avec dix kilomètres carrés gagnés sur la France entre Versoix et Bossey et vingt-quatre communes gagnées sur la Savoie. En 1846, une révolution dirigée par James Fazy renverse le gouvernement de la Restauration et établit la constitution qui régit encore le canton. Au cours du et au début du , Genève accueille de nombreux réfugiés politiques. Suivant les idées du Genevois Henri Dunant, le Comité international de la Croix-Rouge est créé en 1864, première des institutions internationales que la ville va abriter.
La mission internationale de Genève s'affirme après la Première Guerre mondiale, lorsqu'elle est choisie comme siège de la Société des Nations, ancêtre de l'Organisation des Nations unies.
Situé à l'extrémité occidentale de la Suisse, au bout du lac Léman, ce canton partage plus de 90% de ses frontières avec la France. Il est entouré du département de l'Ain à l'ouest, de la Haute-Savoie à l'est et du canton de Vaud au nord.
On donne le nom de cuvette genevoise à cette région ciselée en trois cadrans par le lac Léman dont les pierres du Niton servent à mesurer l’altitude (373,6 mètres), le Rhône, et l’Arve provenant du massif du Mont-Blanc via la vallée Blanche. Elle est ceinturée, sur territoire français, par le massif du Jura au nord-ouest dont le point culminant s'établit au Crêt de la Neige à 1720 mètres, là où le point le plus élevé du canton se situe aux environs de 513 mètres sur la commune de Jussy (à Monniaz), le Vuache à l'est, ainsi que le Mont-de-Sion au sud, décrit par César dans la guerre des Gaules comme le seul passage franchissable pour les convois de chars désirant quitter Genava en direction de la Narbonnaise. Le Salève, au sud-est, est situé en France mais on le surnomme la montagne des Genevois de par sa grande facilité d’accès (téléphérique) mais aussi grâce à sa situation privilégiée de surplomb au-dessus du canton et du lac, qui offre une vue pour le moins spectaculaire. Par temps clair, on bénéficie d'un panorama allant du Fort-de-l’Écluse, passage du Rhône creusé lors de la dernière glaciation par son glacier que l’on estimait s’étendre jusqu’aux alentours de Lyon et qui façonna les reliefs vallonnés et caillouteux de la plaine, jusqu’à Nyon dans le canton de Vaud.
La caractéristique principale du canton consiste en ce mélange très homogène entre d'un côté une ville moyenne par sa taille, mais grande par son rayonnement international aidé en cela par son aéroport créé en 1923 (8 millions de passagers en 2004) et de l'autre par une campagne encore bien conservée, située au maximum à environ 15 kilomètres du centre-ville : Le Mandement, au nord-ouest du canton, est une partie vallonnée qui a été notamment creusée par l’Allondon, un affluent du Rhône prenant sa source au pied du Jura et qui regroupe les communes viticoles de Dardagny, Russin, et Satigny. Le barrage de Verbois construit sur le Rhône fournit une bonne partie de l’énergie genevoise et relie le Mandement à la région de la Champagne, sur la rive gauche, entre les communes de Russin et Aire-la-Ville.
À noter que se trouve dans la Champagne la commune de Chancy qui détient la palme de la commune la plus occidentale de la Suisse. C’est à Bernex, la bourgade principale, que se trouve le lieu-dit du Signal, le deuxième point le plus haut du canton avec 509,9 mètres, sur lequel on allumait jadis un feu d’alarme destiné à être vu par le plus grand nombre et que l’on relayait de sommets en monticules bien avant l’avènement d’Internet ou du Natel. Bernex regroupe sous son administration les villages de Lully et Sézenove, et est en passe de devenir une ville avoisinant les 10 000 habitants. On trouve encore dans cette région de petits villages au cachet très typique comme ceux qui ont été cédés par le duché de Savoie en 1815 lors de l’entrée de Genève dans la Confédération tels Sézegnin, Athenaz, Avusy, Laconnex ou encore Soral, et ceux qui ont été cédés par la Sardaigne comme Cartigny ou Avully. La plus grande partie de la frontière entre la Champagne et la France est délimitée par l'Aire, petit affluent du Rhône qui passe à proximité de Soral et Sézegnin. La région comporte principalement des exploitations agricoles mais aussi viticoles et fournit, de par les couches de sédiments déposées par le glacier du Rhône, d’importantes ressources en gravier dont les installations et les excavations défigurent quelque peu le paysage.
Les cantons disposent de larges prérogatives en ce qui concerne l'éducation et la formation, la santé, l'aide sociale, l'organisation de la justice, la police ou les transports. Les cantons lèvent aussi des impôts et taxes.
En ce qui concerne Genève, la constitution actuellement en vigueur date dans ses grandes lignes de 1848. Elle présente la particularité d'être modifiable en partie alors que les constitutions des autres cantons doivent en général être entièrement révisées. Cette particularité a permis l'inscription de principes juridiques modernes (par ex. le droit au logement) dans une structure qui date de près d'un siècle et demi.
Le Grand Conseil est compétent pour voter des lois dans tous les domaines de compétence du canton et pour approuver le budget et les comptes de l'État. En outre, il exerce la haute surveillance sur l'administration de l'exécutif. Genève est l'un des seuls cantons dans lequel chaque député dispose d'un droit d'initiative législative. Ainsi, chaque député peut soumettre au législatif un projet de loi entièrement formulé.
Le Grand Conseil est assisté d'un sautier.
Notes :
Le Conseil d'État est assisté d'un chancelier. Le poste est occupé par Robert Hensler (RAD) depuis 1993.
Cette nouvelle entité sera élue par le corps électoral, pour un mandat de 6 ans, en un seul collège et au système majoritaire. Elle comptera 3 magistrats. Organe externe, indépendant et autonome, elle sera chargée de contrôler l'administration cantonale, les institutions cantonales de droit public et les divers organismes subventionnés. Les contrôles qu'elle opérera relèveront de son libre choix et feront l'objet de rapports publics, pouvant comporter des recommandations, qui seront communiqués au Conseil d'État, au Grand Conseil ainsi qu'à l'entité contrôlée. Il est à relever que cette institution est une première en Suisse.
Le Conseil d'État a arrêté au 24 septembre 2006 la date de l'élection des premiers magistrats de la Cour des comptes.
Les citoyens et citoyennes du canton de Genève disposent du droit de référendum et du droit d'initiative populaire. Ces droits existent aussi au niveau de la Confédération. Pour toutes les lois concernant un nouvel impôt ou la modification d'un impôt existant, le référendum est obligatoire. Il en va de même pour les lois modifiant la constitution. Le droit de référendum permet en outre de soumettre au corps électoral une loi votée par le Grand Conseil. Il faut pour ce faire réunir les signatures de 7000 électeurs au moins, dans les 40 jours qui suivent l'adoption d'une loi. Si les signatures sont réunies, le corps électoral est obligatoirement appelé aux urnes lors d'une votation. Le droit d'initiative permet à n'importe quel citoyen du canton de proposer une loi nouvelle ou la modification d'une loi existante. Il faut déposer les signatures de 10 000 électeurs au moins pour que la proposition soit soumise au vote populaire. Le parlement peut décider de soutenir l'initiative ou de lui opposer un contre-projet. Dans ce cas, la proposition initiale est soumise au vote avec le contre-projet. Le corps électoral se prononce alors sur l'un ou l'autre texte.
Genève est le siège international de compagnies comme Serono et STMicroelectronics. Beaucoup d'autres compagnies multinationales comme Procter & Gamble, DuPont, Hewlett-Packard, Reuters, Electronic Arts et Sun Microsystems y ont installé leurs sièges européens.
Il existe également une longue tradition d'horlogerie avec des marques telles que Rolex, Patek Philippe, Baume et Mercier ou Franck Muller. Deux producteurs majeurs d'arômes et de parfums, Firmenich et Givaudan, y ont leurs sièges et leurs centres de production.
Le 31 décembre est aussi un jour férié spécifique au canton de Genève. C'est l'anniversaire de la Restauration de la République. Décrêté en 1813 après l'épisode napoléonien.
voir aussi la liste des jours fériés en Suisse.
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