Le mot canon, qui vient du grec κανών / kanôn signifiant « règle, modèle », lui même emprunté à l'hébreu qaneh (« roseau, mesure, canne »). Il désigne dans toutes les religions :
Toutes les religions envisagent très sérieusement la transmission de leur enseignement ; d'une façon générale, le système de « maître à disciple » a la préférence. Quand les maîtres deviennent nombreux, un système d'autorisation ou d'accréditation se met en place afin de garantir la qualité de l'enseignement et la fidélité à une tradition qui prend de l'importance avec le temps, mais qui chaque fois, est créditée de remonter aux origines.
Tout cela est consigné dans un registre et sera confirmé avant que l'impétrant puisse lui-même transmettre la moindre ordination. Cette description n'est pas anodine. Par exemple, les disciples de Taisen Deshimaru, qui introduisit en France le bouddhisme Zen, n'ont pas été ordonnés par lui… pour la raison qu'il n'en avait pas reçu le pouvoir. Cependant, quelques-uns d'entre eux ordonnent tandis que d'autres, ayant repris contact avec les autorités japonaises et ordonnés dans une autre filiation, mais s'estiment totalement libres vis-à-vis de celle-ci, se réclamant de Deshimaru.
Les courants les plus orthodoxes revendiquent l'impossibilité de traduire leurs textes fondamentaux, de prononcer les paroles liturgiques dans une autre langue que celle supposée en vigueur au temps des origines.
Voir Talmud
Les Hadiths font aussi l'objet d'une transmission contrôlée mais la liste des hadiths authentiques varie selon l'école interprétative. Par exemple, sur un site Internet de tradition hanbalite« Brèves biographies des éminents Imams de Hadith », sur le site de la Mosquée Assounnag Annabawiyah, mise à jour du 21 février 2003. , cette version est une version archivée. La page étant piratée depuis 2004, sa version actuelle est un leurre., c'est-à-dire ultra-orthodoxe, on privilégie la transmission salfatiste et l'on donne la liste des imams autorisés à valider les hadiths. On insiste sur la « persécution », en cela que sous le calife Haroun Al Rashid (fin du ), Ibn Hanbal n'eut pas le dessus sur les motazilites, des réformateurs exterminés sous un califat suivant à l'instigation des hanbalistes.
« L'une des spécificités de la communauté musulmane par laquelle elle se différencie des autres religions est la chaîne de transmission (isnad) des textes religieux venant de la tradition prophétique. »
Justement, cette chaîne dépend grandement de l'école de référenceVoir ce type de débat concernant la chaîne interprétative dans et : Loi d'Allah, loi des hommes. Lelia Babès enseigne à l'Université Catholique de Lille sur le thème « Modernité dans l'islam » ; Tareq Oubrou, membre du Conseil d'Administration de l'UOIF, est l'imam de la mosquée de Bordeaux.. Dans l'ensemble Al Boukhari et ses disciples sont les plus reconnus des imams pour la transmission des hadiths.
En ce qui concerne l'étude historico-critique du Coran, le meilleures recherches sont faites par des non-musulmans pour la bonne raison qu'ils n'encourent pas de sanction. Toutefois, si le Dr Gerd Puin parvient à étudier les microfilms du Manuscrit de Sanaa (une version du Coran plus ancienne que le texte actuel) à Sarrebruck, un autre chercheur allemand publie sous pseudonyme le résultat de ses recherches pour assurer sa sécurité physique : Christoph Luxenberg, a récemment (2003) publié Die Syro-Aramäische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache (« La lecture syro-araméenne du Coran. Une contribution au décodage de la langue du Coran »), disponible, actuellement, en allemand et en anglais (compte-rendu en anglais dans Hugoye: Journal of Syriac Studies). Enfin Youssef Seddik déclare que toutes les hadiths sont apocryphes.
L'affaire Salman Rushdie a démontré que les imams les plus fanatiques n'hésitaient pas à lancer, vis-à-vis d'un écrivain résident dans un pays occidental, une fatwa autorisant quiconque à l'éliminer physiquement pour le punir du scandale provoqué par son livre Les Versets sataniques. Luxenberg, sous le coup de deux fatwas, encourt également l'assassinat religieux. On reconnaît là la même inspiration que celle à l'origine de l'attentat contre un cinéma du Quartier Latin de Paris (France) où était projeté dans les années 1980 le film de Martin Scorsese, La Dernière Tentation du Christ, et qui fit un mort.
Le deuxième cas consiste à invalider le ministre des autres.
De ce fait, on constate dans toutes les religions l'invocation d'une spécificité due à la qualité et à la cohérence de la transmission au cours d'une chaîne interprétative, quoique cette chaîne puisse dans chaque cas, être remise en cause par la critique radicale. La spécificité autoproclamée ne peut fonctionner que dans un contexte d'analphabétisme religieux concernant les autres religions ; cet analphabétisme est une valeur en hausse dans l'ensemble des religions d'autorité.
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