Le bouddhisme theravâda, en pāli « doctrine des Anciens », sanskrit sthaviravāda désigne, par opposition au mahâyâna, la doctrine originelle du bouddhisme. Celle-ci ne s'appuie que sur les textes prononcés du vivant du Bouddha (mais compilés souvent bien plus tard), un canon rédigé en pāli nommé Triple corbeille, ou Tipiṭaka.
Pendant le règne d'Ashoka, le troisième concile a lieu et Moggaliputa Tissa rédige le Kathavatthu afin de réfuter les positions hérétiques. L'Abhidhamma est également compilé : ainsi naît le Tipitaka, le canon du theravada.
L'empereur Asoka contribua grandement à la diffusion du theravâda.
Elle est fortement anti-théiste et rejette l'idée d'un salut obtenu par la seule dévotion et le culte des reliques. En effet d'après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge, qui d'autre pourrait être le refuge » (Dhammapada, XII, 4). Cela signifie qu'on ne peut attendre de personne l'obtention de l'illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et pour atteindre ce but suivre le noble sentier octuple.
Il faut néanmoins noter que dans les formes populaires de theravâda, au Sri Lanka comme au Cambodge, le Bouddha est l'objet d'une vénération proche de celle d'un dieu, il y a donc une distinction entre le culte populaire et les spéculations monastiques.
La vie monastique induisant le détachement, des biens matériels comme des êtres, cela a conduit à ce que la doctrine theravâda soit qualifiée - à tort - d'égoïste par les tenants de mahâyâna. Cependant, cette doctrine prône l'amour universel envers toutes les créatures. De plus, seul celui qui s'est lui-même libéré est en mesure d'aider les autres à en faire autant.
L'obligation d'adopter le mode de vie monastique étant fort contraignante et non accessible à tous, le theravâda fut qualifié de « Petit Véhicule » par opposition au mahâyâna ou « Grand Véhicule ».
Samatha, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des Dhyanas, de profonds niveaux de concentration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion, du détachement. Ainsi, Metta est le développement d'un sentiment d'amour détaché envers chaque être. Anapanasati est la concentration basée sur la respiration. Anapasati est cependant parfois employée en vue de la pratique de vipassana.
Vipassana bhavana, la pratique formelle d'une introspection, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contemplations, comme la contemplation de l'impermanence. Elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.
C'est même une pratique socialement valorisée : les hommes accomplissent leur devoir en devenant moine pendant un temps, avant de revenir à la vie laïque, justement pour se marier.
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