Le mot biodiversité est un néologisme et un mot-valise construit à partir des mots biologie et diversité. La biodiversité désigne la diversité du monde vivant au sein de la nature.
L'expression biological diversity a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980 tandis que le terme biodiversity lui-même a été inventé par W.G. Rosen en 1985 lors de la préparation du National Forum on Biological Diversity organisé par le National Research Council en 1986 et apparait pour la première fois dans une publication en 1988 lorsque l'entomologiste E.O. Wilson en fait le titre du compte renduEdward O.Wilson, (directeur de publication), Frances M.Peter, (directeur de publication associé), Biodiversity, National Academy Press, march 1988 ISBN 0-309037832 ; ISBN 0-309037395 (pbk.), édition électronique en ligne de ce forumGlobal Biodiversity Assessment. UNEP, 1995, Annex 6, Glossary. ISBN 0-521564816, utilisé comme source par "Biodiversity", Glossary of terms related to the CBD, Belgian Clearing-House Mechanism, site consulté le 26 avril 2006.. Le mot biodiversity avait été jugé plus efficace en terme de communication que biological diversity.
Depuis 1986, le terme et le concept sont très utilisés parmi les biologistes, les écologues, les écologistes, les dirigeants et les citoyens. L'utilisation du terme coïncide avec la prise de conscience de l'extinction d'espèces au cours des dernières décennies du .
Biodiversité, contraction de « diversité biologique », expression désignant la variété et la diversité du monde vivant. Dans son sens le plus large, ce mot est quasi synonyme de « vie sur terre ».
Le gène est l'unité fondamentale de la sélection naturelle, donc de l'évolution, et certains, comme E.O. Wilson, estiment que la seule biodiversité utile est la diversité génétique. Cependant, en pratique, quand on étudie la biodiversité sur le terrain, l'espèce est l'unité la plus accessible.
En fonction des définitions données ci-dessus, on constate que les approches sont différentes :
Voir aussi échelle des temps géologiques et origines de la vie.
Il existe de multiples hypothèses pour expliquer son apparition il y a environ 3,5 milliards d'années, mais la paléontologie, la stratigraphie et la biochimie convergent vers une origine terrestre de la vie.
Le premier être vivant (appelé éobionte, protobionte, ou biogénote) serait apparu à partir des nombreuses molécules organiques présentes dans le milieu, issues des réactions chimiques de l'océan primordial. Dès ce moment (et peut-être même avant), la sélection naturelle, moteur de l'évolution, va entraîner l'apparition de formes de vies multiples, certainement d'abord hétérotrophes, puis photosynthétiques. Les trois grands domaines du monde vivant (eubactéries, archéobactéries et eucaryotes) sont mis en place, structurant la diversité de la vie telle que nous la connaissons actuellement.
Ces procaryotes, communément appelés bactéries, bien que d'organisation très simple, représentent la base fondamentale de la biodiversité, tant au point de vue fonctionnel (diversité des métabolismes) que génétique (la séparation des lignées des archéobactéries et des eubactéries pourrait être la plus profonde de l'arbre du vivant).
C'est au silurien que des bactéries, des cyanobactéries, des algues, des lichens (association d'algues et de champignons) et des mousses, ont gagné le milieu terrestre et ont commencé à participer à la formation des premiers sols. Les sols, résultants de l'interaction entre êtres vivants, roches mères et climat, sont d'une très grande diversité; ils ne sont pas uniquement un support physico-chimique, mais un milieu de vie, où la biodiversité est très grande, et différente d'un endroit à un autre.
Par exemple, un sol de région tempérée contiendra en kilogrammes par hectare
En comparaison un sol tropical pourra contenir 10% de fourmis, 33% de vers de terre, 6% de myriapodes, 4% de coléoptères, 4% de termites.
Des évolutions majeures se sont produites lors du passage de la vie aquatique à la vie terrestre. Elles concernent en particulier les appareils respiratoire, circulatoire et squelettique.
En effet, il y a 400 millions d'années, les animaux aquatiques ont dû :
Les animaux ont donc dû s'habituer au cours des ères géologiques, aux modifications de leurs milieux de vie (que les contraintes soient d'ordre climatique (changement climatique) ou biologique (maladies, prédation). Ils ont donc lentement évolué jusqu'au monde vivant actuel.
La biodiversité a contribué de nombreuses façons au développement de la culture humaine, et, en retour, les communautés humaines ont joué un rôle majeur en terme d'évolution de la diversité aux niveaux génétiques, spécifiques et systémiques.
Pour les hommes, la biodiversité est avant tout une ressource naturelle pour la vie quotidienne, fournissant de la nourriture (cultures vivrières, bétail, poissons...), des fibres pour l'habillement, du bois pour le chauffage et la construction d'habitations, des médicaments et de l'énergie. Les usages de la biodiversité associés à l'agriculture et à la transformation en aliments sont aussi appelés agrobiodiversité.
Les écosystèmes fournissent également des supports de production (fertilité du sol, prédateurs, décomposition des déchets...) et des services tels que la purification de l'air et de l'eau, la stabilisation et la modération du climat, la diminution des conséquences des sécheresses, inondations et autres désastres environnementaux.
Si les ressources biologiques représentent un intérêt écologique pour la communauté, la valeur économique de la biodiversité est également de plus en plus mise en avant. De nouveaux produits sont développés grâce aux biotechnologies, et de nouveaux marchés créés. Pour la société, la biodiversité est aussi un secteur d'activité et de profit, et demande une gestion appropriée des ressources.
Finalement, le rôle de la biodiversité est d'être un miroir de nos relations avec les autres espèces vivantes, une vue éthique avec des droits, des devoirs, et une nécessité éducative. L'aspect éducatif est souvent assuré par l'école (lors de sorties dans la nature par exemple) ou par des organisations de protection de la nature, telles que le WWF *.
Voir également : Écotourisme
Selon le point de vue précédemment défini, il ne peut y avoir de mesure unique objective de la biodiversité, mais uniquement des mesures relatives à des objectifs précis d'utilisation ou d'application.
Pour les conservationistes, cette mesure doit quantifier une valeur, qui est à la fois largement reconnue par les personnes pour lesquelles ils font cette estimation, mais aussi être considérée comme ayant besoin de protection. Pour d'autres, une définition plus large et plus facilement défendable d'un point de vue économique est une mesure qui permet de garantir le maintien de son utilisation, de soutenir les possibilités d'évolution de cette biodiversité, de garantir son usage pour les générations futures, tout en assurant la protection de l'environnement dans un monde en constante évolution. En conséquence de quoi, les biologistes soutiennent que cette mesure doit être associée à la notion de variété des gènes. Cependant, comme il est difficile d'indiquer quels gènes sont les plus susceptibles d'être bénéfiques, le meilleur choix de conservation de la biodiversité consiste à assurer la sauvegarde du plus grand nombre de gènes possible.
Les écologistes considèrent cette approche comme étant souvent inadéquate et trop restrictive.
Une étude récente (2006) montre que le déclin des papillons dans une zone donnée est lié à celui de la biodiversité dans cette même zone. La présence ou l'absence de papillons serait donc un bon indice de mesure de la biodiversité.
La biodiversité peut d'une part être considérée selon sa dimension temporelle : elle n'est pas statique. La biodiversité est un système en évolution constante, du point de vue de l'espèce autant que celui de l'individu. La demi-vie moyenne d'une espèce est d'environ 1 million d'années et 99 % des espèces qui ont vécu sur terre sont aujourd'hui éteintes.
Elle peut aussi être considérée dans sa composante spatiale : la biodiversité n'est pas distribuée de façon régulière sur terre. La flore et la faune diffèrent selon de nombreux critères comme le climat, l'altitude, les sols ou les autres espèces.
La systématique est une manière d'analyser la biodiversité dans sa capacité à distinguer un organisme d'un autre. Cette méthode est confrontée aux problèmes de temps et de nombre : 1,75 millions d'espèces ont été décrites, cependant, les estimations du nombre véritable d'espèces vivantes vont de 3,6 à plus de 100 millions. À côté de cela, certains disent que la connaissance des espèces et des familles est devenue insuffisante et doit être complétée par une plus grande compréhension des fonctions, interactions et collectivités. De plus, les taxonomistes rencontrent des problèmes d'échanges de gènes entre les organismes et les espèces.
Voir aussi : forêt amazonienne -- inventaire des espèces -- biogéographie -- dimension spatiale de la biodiversité -- Histoire de la biodiversité
Les écologues et les environnementalistes ont été les premiers à insister sur l'aspect économique de la protection de la diversité biologique. Ainsi, Edward Wilson écrivait en 1992, que la biodiversité est l'une des plus grandes richesses de la planète, et pourtant la moins reconnue comme telle. Nombreux sont ceux qui aujourd'hui considèrent la biodiversité comme un réservoir de ressources utilisables pour fabriquer des produits agro-alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques... Cette notion de mise en valeur des ressources est à l'origine des craintes de disparition des ressources liée à l'érosion de la biodiversité, mais aussi des nouveaux conflits portant sur les règles de partage et d'appropriation de ladite richesse.
Un préalable à toute discussion sur la répartition des richesses est nécessaire : celui de l'évaluation économique du prix de la biodiversité. Cet objectif doit aussi permettre de déterminer les moyens financiers à consacrer à sa protection. Ce champ d'étude est appelé : Évaluation économique de la biodiversité.
Durant les dernières décennies, une érosion de la biodiversité a pu être observée. La majorité des biologistes estiment qu'une extinction de masse est en train de se produire. Bien qu'il y ait désaccord sur les nombres, la plupart des scientifiques pensent que le taux actuel de disparition d'espèces est plus élevé qu'il n'a jamais été dans les temps passés. Plusieurs études montrent qu'environ une espèce sur huit de plantes connues est menacée d'extinction. Chaque année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent de notre planète. Certains avancent également qu'un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître dans les 30 ans. La plupart disent que ces pertes sont dues aux activités humaines, en particulier causées par la destruction des écosystèmes abritant certaines plantes et animaux.
Certains expliquent cette situation non par la sur-exploitation des espèces ou une dégradation de leur écosystème, mais plutôt par la conversion des écosystèmes anciens en des écosystèmes standardisés (e.g. par exemple, déforestation suivi de monoculture). D'autres ont mis en avant l'absence de droits de propriété ou de règles d'accès aux ressources amenant les ressources naturelles a être utilisées de façon anarchique.
Parmi ces détracteurs, quelques-uns affirment que des extrapolations abusives sont faites, et que le rythme actuel de disparition des espèces ou de destruction des forêts tropicales, des récifs coralliens ou des mangroves (trois sortes d'habitat riches en biodiversité) n'est pas suffisant pour parler d'extinction de masse. Ainsi, la majorité des extinctions ont été observées sur des îles.
Néanmoins, la quasi-disparition de plus de 200 espèces de poissons dans le lac Victoria (seulement 129 espèces d'eau douce pour toute l'Europe), suite à l'introduction de la perche du Nil en 1954 démontre la possibilité, dans un temps très bref, d'une extinction de masse d'origine humaine. Le film documentaire Le Cauchemar de Darwin (2005) illustre également cet aspect.
La conservation de la biodiversité est devenue un motif de préoccupation mondiale. Bien que tout le monde ne soit pas forcément d'accord sur le fait qu'une extinction massive soit en cours, la plupart des observateurs admettent la disparition de nombreuses espèces, et considèrent essentiel que cette diversité soit préservée, selon le principe de précaution.
Il existe deux grands types d'options de conservation de la biodiversité : la conservation in-situ c'est-à-dire dans le milieu naturel et la conservation ex-situ. La conservation in-situ est souvent vue comme la stratégie idéale. Toutefois, sa mise en place n'est pas toujours possible. Par exemple, les cas de destruction d'habitats d'espèces rares ou d'espèces en voie de disparition requièrent la mise en place de stratégies de conservation ex-situ. Certains estiment que les deux types de conservation sont complémentaires.
Un exemple de conservation in-situ est la mise en place de zones de protection. La conservation de gènes dans des banques de semences est un exemple de conservation ex-situ, lequel permet la sauvegarde d'un grand nombre d'espèces avec un minimum d'érosion génétique.
L'érosion de la biodiversité était un des sujets les plus discutés lors du Sommet pour le développement durable, dans l'espoir de la mise en place d'un fond de conservation global pour le maintien des collections.
Lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, le 22 mai a été déclaré Journée internationale de la biodiversité. Cette convention engage ses Parties membres à prendre des mesures de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité ainsi qu'au partage équitable des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques.
La convention de 1972 de l'Unesca sera utilisée pour aboutir sur un accord juste sur le partage des bénéfices résultant. La bioprospection peut devenir ce qui a été appelé biopiraterie quand ces règles ne sont pas respectées.
Voir aussi : Convention on Biological Diversity -- ITPGRFA -- Fair trade -- Principe de précaution
Développement durable | Écologie
تنوع حيوي | Biološka raznovrsnost | Biologická diverzita | Bioamrwyiaeth | Biodiversitet | Artenvielfalt | Biodiversity | Biodiversidad | Biodiverseco | Biodiversità | מגוון ביולוגי | Biodiversiteit | 生物多様性 | Biologisk mangfold | Biologisk mangfald | Biodiversitat | Różnorodność biologiczna | Biodiversidade | Biodiversitate | Biodiverziteta | Биодиверзитет | Biologisk mångfald | உயிரியற் பல்வகைமை | Біорізноманіття | 生物多樣性
This article is licensed under the GNU Free Documentation License.
It uses material from the
"Biodiversité".
Home Page • arts • business • computers • games • health • hospitals • home • kids & teens • news • physicians • recreation• reference • regional • science • shopping • society • sports • world