Un autodafé (du portugais, venu du latin actus fidei - acte de foi) consistait à l'origine à brûler des livres considérés comme païens, blasphématoires ou immoraux (mesure qu'aurait pratiquée Saint Paul). Puis au Moyen Âge, il devint la proclamation solennelle d'un jugement prononcé par la Sainte Inquisition et dont l'exécution conduisait le coupable à sa destruction, mort ou vif, par le feu.
En 1499, l'inquisiteur Diego Rodrigues Lucero condamna à être brûlés vifs cent sept juifs « convertis » au christianisme, un des plus meurtriers autodafés du pays. Au Portugal, il n'y eut pas d'autodafé avant 1540 (quatre ans après la création de l'Inquisition portugaise), mais dans les quarante ans qui suivirent, il y en eut environ 40, avec 170 condamnations au bucher parmi les 2 500 condamnations prononcées. Puis Philippe II d'Espagne envahit le Portugal en 1580 : bien qu'il garantisse aux juifs qu'ils pourront continuer à pratiquer leur religion, en vingt ans, 3 200 condamnations (dont cent soixante au bûcher) seront prononcées. Les autodafés continueront dans la péninsulte ibérique pendant tout le Moyen Âge et jusqu'au XVII siècle.
Le premier autodafé nazi eut lieu le 10 mai 1933 à Berlin et fut suivi d'autres à Brême, Dresde, Francfort-sur-le-Main, Hanovre, Munich, Nuremberg.
Furent ainsi condamnés au feu les ouvrages, entre autres, de Bertolt Brecht, Alfred Döblin, Lion Feuchtwanger, Sigmund Freud, Erich Kästner, Heinrich Mann, Karl Marx, Carl von Ossietzky, Erich Maria Remarque, Kurt Tucholsky, Franz Werfel, Arnold Zweig, Stefan Zweig.
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