Le Zydeco est un genre musical apparu dans les années 1930 en Louisiane,
proche parente de la musique cajun ou cadienne, incluant de nombreuses influences Blues et Rhythm 'n' Blues (joué par des noirs).
L'instrument de prédilection est l'accordéon.
Origine du Zydeco
La musique dite
Cajun (de la corruption du mot «
Acadien») connaît maintenant une réelle popularité en
France où on cosidère avec sympathie cette musique de lointains cousins francophones, entraînante et dynamique. cette musique
cajun est celle des francophones des
bayous de
Louisiane. Chassés par les
Anglais d'
Acadie en
1755, certains
Acadiens ont trouvé refuge dans la région marécageuse qui s'étend à l'ouest de la
Nouvelle-Orléans. Ils y ont fait souche, dévelloppant une culture spécifique à base de
patois, de gastronomie et de musique, faisant toujours attention à se démarquer des Américains anglophones. La musique cajun retient nombre d'éléments des régions françaises d'où proviennent les premiers immigrants (
Poitou,
Saintonge). Mais cette base a été considérablement enrichie au cours des XIXe et XXe siècles : blues de Noirs,
accordéon des colons germaniques nombreux au
Texas,
violon irlandais, musique mexicaine,
Dixieland... Ce mélange s'est réalisé progressivement lors des interminables bals du samedi soir (
fais do-do). Le premier enregistrement de musique cajun (
allons à Lafayette par
Joe Falcon) en
1928 révèle une musique mi-française mi-américaine très originale et très savoureuse. Les années 30 voient la musique cajun se rapprocher de le
country music et du
blues, reflet de l'ouverture des marécages à l'exploitation pétrolifère, aux aspirations unitaires de la nation américaine et aux désirs des musiciens cajun de vendre leur disque à un public plus large.
Le sort des Noirs de Louisiane française avait été différent de celui des autres Noirs du Deep South. Catholiques et pas esclaves, les Noirs se considèrent comme des «Français», bien que leur statut social ait toujours été très inférieur à celui des Blancs. Malgré tout, l'entente Blancs/Noirs ayant été plutôt bonne, il en a résulté très peu de différence entre les musiques pratiquées en pays cajun. Le premier disque enregistré par un Cajun noir est La valse de Gueydan en 1928 par Amade (Amédée) Ardoin dit «Tite Nègre». C'est une pièce d'accordéon rigoureusement similaire à ce que faisaient Falcon et les autres Blancs. Sur les trente titres gravés par Ardoin, un seul (Les blues de la prison) peut se rattacher (de loin) à la musique noire de l'époque. Mais dès 1937-40, la relative bonne entente raciale commence à se dégrader. Les premiers craquements se font entendre dans l'édifice ségrégationniste sudiste auquels vont répondre une crispation des Blancs et une ouverture des Cajuns à certains mouvements racistes des États voisins. C'est ainsi que le malheureux Amade Ardoin est battu à mort par le Ku Klux Klan à la sortie d'un bal qu'il animait. La guerre accélère le mouvement. Les affrontements entre Blancs et Noirs en Louisiane deviennent innombrables. J.D. Miller produit Dear Mr President de son ami, le chanteur cajun Happy Fats (Le Roy Le Blanc), un plaidoyer ségrégationiste et raciste qui obtient un succès considérable.
Structure musicale du Zydeco
La musique des Cajuns noirs se définissait comme «la la» et s'était écartée de plus en plus de la musique commerciale cajun au fur et à mesure que celle-ci, depuis les années 30, se rapprochait de la
country music. Lorsque la musique cajun devient raciste, les Noirs créent alors leur propre genre musical, le
Zydeco qui les rapproche des autres noirs américains. Le terme «
Zydeco» provient probablement de «zarico» (les haricots) qui désignait les Noirs les plus pauvres qui n'avaient pas de quoi acheter de la viande et qui se nourissaient donc essentiellement de cette légumineuse . On a aussi avancé d'autres explications : «Zydeco» viendrait de la célèbre chanson «Les haricots sont pas salés» ou bien du terme «zaré», désignant la danse en ancien
swahili. Le Zydeco noir conserve tout d'abord de très fortes racines de musique cajun : domination de l'
accordéon, présence fréquente du
violon, utilisation intensive des
valses,
two-steps et
ballades cajuns. Mais, peu à peu, ces éléments se combinent avec d'autres qui viennent des musiques noires de l'aprés-guerre. La guitare électrique décrit des arabesques pleines de «blue notes»; les
saxophones font leur apparition; l'anglais est utilisé de plus en plus souvent. C'est
Clarence Garlow,
disc-jokey et bluesman de
Beaumont, qui compose le premier morceau considéré comme «Zydeco» :
Bon ton roola en
1950. Mais il s'appuie sur une évolution perceptible depuis une décennie.
Clifton Chenier peut être légitimement considéré comme le principal créateur du style Zydeco.
Dans sa mouvance, et grâce aux nombreux succès de Chenier (à partir de Squeeze box boogie en 1954), un courant Zydeco, traditionnel, commercial et durable se crée avec de très nombreux artistes. Nombre de critiques pensaient à tort que le genre ne durerait pas après la mort de son fondateur. En effet, de très nombreux orchestres et interprètes de Zydeco jouent régulièrement, enregistrent, se produisent à la télévision. Et, désormais, le mouvement s'étend au-delà de la Louisiane, notamment sur la côte ouest où l'on trouve de fortes communautés d'immigrants noirs venus des bayous. Le zydeco conserve des caractéristiques indubitables auxquelles il agrège tous les nouveaux courants de la musique noire américaine, soul, disco, dance, rap....
En fait, aujourd'hui, le Zydeco est une des rares musiques noires rurales - peut-être la seule - qui a su se moderniser et rester authentiquement populaire et vivante. Il faut noter que, chez les artistes les plus récents, l'élément blues est en nette disparition.
Si Clifton Chenier était l'indubitable «roi du Zydeco», nombre de princes et de barons se disputent sa couronne.
- Extrait de : La Grande Encyclopédie du Blues; de et part Gérard Herzhaft.
Voir aussi
* Zydeco
genre musical
Zydeco | Zydeco | ザディコ | Zydeco | Зайдеко