Le whisky (ou whiskey) est une eau-de-vie d'orge malté, parfois additionnée de seigle, d'avoine, ou encore de maïs. L'origine du whisky est aujourd'hui toujours sujet à controverses entre les Irlandais et les Ecossais, chacun allant de sa preuve la plus antérieure. Certains affirment que c'est Saint Patrick qui en a apporté le procédé. Par la suite le whisky a été apporté sur le Nouveau Monde et notamment aux Etats-Unis et au Canada. Depuis le début du siècle, des distilleries se sont développées au Japon, puis dans le reste du monde plus récemment.
Avertissement légal : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
Le mot whisky est généralement employé pour désigner les productions écossaises et canadiennes, parfois nippones. En outre, pour pouvoir être qualifié de Scotch Whisky, le degré d'alcool doit être égal ou supérieur à 40° pour permettre d'obtenir l'appellation de "whisky" et un vieillissement en fût d'au moins trois années sur le territoire écossais est indispensable pour que celui-ci soit qualifié de "scotch".
En Irlande, on parle de 'whiskey' ou 'Irish whiskey', de même aux Etats-Unis on trouve l''American whiskey', famille comprenant notamment le bourbon (à base de maïs) et le rye (à base de seigle). Ces différentes appellations correpondent toutes à des compositions différentes :
Irlandais et Écossais se disputant la paternité du whisky, ils divergent également sur l'étymologie du mot. Les Irlandais avancent l'origine gaélique irlandais uisce beatha tandis que les Écossais évoquent gaélique écossais uisge baugh, signifiant tous deux eau de vie, en fin de compte calqué sur le latin 'Aqua Vitae'.
L'histoire du whisky reste voilée dans les brumes de l'aube celtique.
L'origine du whisky semble remonter à la nuit des temps, les Égyptiens pratiquant déjà la distillation des parfums 3 000 ans avant J.C., ils connaissent en outre la fermentation de l'orge puisqu'ils produisent de la bière. À partir du la distillation de l'eau de vie se répand progressivement en Europe, notamment en Écosse et en Irlande où l'alambic ferait son apparition avec les missionnaires chrétiens (la légende veut que Saint Patrick lui même, saint patron des Irlandais, l'ait introduit au ). La pratique et le savoir-faire se développent dans les monastères. Cependant, il faut attendre le pour que les progrès dans les techniques de condensation permettent de produire des boissons. Le whisky, alors appelé uisge beatha En gaélique « eau de feu » le mot sera ensuite déformé en usgebaugh abbrégé uisge avant de devenir ''uisky a à cette époque une fonction essentiellement thérapeutique et est utilisé autant en onguent qu'en médicament. Au les soldats anglais qui envahissent l'Irlande découvrent la boisson alcoolisée qui semble alors jouir d'une popularité notable auprès de la population locale. En 1608, la distillerie Bushmills obtient la première licence officielle de distillation.
La première trace de whisky en Écosse remonte à 1494. Il s'agit d'une note se référant à la production d'eau de vie dans un document officiel l'Exchequer's roll qui précise témoignage d'une pratique déjà bien installée. On considère généralement que les moines de Dal Riada firent profiter les Écossais de leurs connaissance dans le domaine de la distillation lorsqu'ils vinrent évangéliser les Pictes de Calédonie.
Au la mise au point de systèmes de refroidissement à eauElles seront perfectionnés au siècle suivant en donnant au conduit d'échappement une forme de serpentin. Par ailleurs, c'est à la même époque que la forme des alambics s'allonge au niveau du col pour se rapprocher du dessin actuel. Ces modifications favorisent l'élimination des impuretés. permettent une nette amélioration qualitative qui accélère le développement économique du whisky écossais. La dissolution des monastères anglais puis écossais amènent les moines à se fondre à la population séculière et à communiquer leur savoir-faire. Si la revente d'eau de vie en Écosse n'est licite que pour les barbiers et chirugiens depuis 1505, elle est parallèlement devenue une activité courante à la ferme où tout surplus de grain est distillé.
Dès le début du , le parlement écossais tente de contrôler la consommation d'alcool qui pose problème dans les Hébrides en interdisant l'importation de liqueurs du continent. Les lois passées en 1609les Chiefs of the Isles votent les Statutes of Icolmkill permettant la saisie de tout alcool en provenance du continent, 1616 puis 1622 ont pour effet d'encourager la production locale. En 1644, une mauvaise récolte met en évidence un risque de pénurie en orge lié à l'expansion de la production du whisky. Une taxe est instaurée sur l'eau de vie, et l'activité de distillation légalement limitée. La fin du siècle marque les débuts de l'industrialisation de la production avec l'accroissement de la taille des alambics d'une taille artisanale (de 100 à 250 L) à une production de masse.
Le Traité d'union qui rattache l'Écosse à l'Angleterre en 1707 impose l'homogénéisation des taxes entre les deux pays. C'est le coup d'envoi d'un essort de la contrebande et d'un affrontement entre les clandestins et les Excisemen chargés de collecter les taxes qui durera jusqu'au . En 1713, l'instauration d'une taxe sur le malt provoque une révolte, affaiblit la consommation de bière locale (produite à base d'orge malté) et favorise la production domestique (non soumise à la taxe) de whisky. En 1756, une récolte catastrophique amène les autorités à interdire toute distillation sur le territoire écossais, portant un coup de plus à l'industrie légale qui fait faillite en masse (baisse de 90 % à 200 000 litres par an, le whisky « privé » représente alors dix fois plus). En 1777 à Edimbourg, on compte huit distilleries licenciées contre plus de 400 alambics. En 1781, afin d'enrayer le phénomène, la distillation domestique est interdite (elle était jusque là tolérée sous réserve que le whisky produit soit réservé à l'usage personnel) et la délation est récompensée par une prime. Les distillateurs clandestins profitèrent souvent de cette prime en révélant l'emplacement de leur ancien équipement vétuste afin de pouvoir s'en offrir un neuf.
Parallèlement, de grandes distilleries légales s'installent dans les Lowlands, produisant des alcools de mauvaise qualité à partir de céréales non maltées. La production est en très nette augmentation et la distillation structure l'activité économique de la région, exploitant le charbon des mines proches, nourrissant le bétail à partir du moult de production et inondant le marché britannique.
En 1784, le Wash Act cherche à simplifier le système de taxation afin de le rendre plus efficace. Les contrôles sur les distilleries officielles sont renforcées, la production est encouragées dans les Highlands par des taxes allégées sous réserve que la production ne soit pas exportée. De plus, une taille minimum des alambics est imposée. À l'approche de la révolution industrielle, la production clandestine s'intensifie encore dans les Highlands tandis que la qualité de ces whiskies est réputée supérieure à celle des Lowlands.
La distillation ne devient légale qu'avec l'Excise Act de 1823.
L'élaboration d'un whisky doit durer au minimum trois ans ; si le vieillissement en fût de chêne est inférieur à trois ans, il est impossible de lui conférer l'appellation de whisky. On distingue cinq étapes dans sa fabrication.
Ce processus est celui de production des scotchs, il peut varier pour les autres whiskies. Par exemple, le Tenessee Whiskey est un alcool à base de maïs qui est filtré à travers du charbon. L'une des différences entre les scotchs et les bourbons est que ces derniers ne peuvent légalement utiliser que des fûts neufs. Le rye canadien est à base de seigle.
Le nom couramment utilisé pour qualifier le whisky en provenance d'Écosse est scotch whisky, cette appellation est protégée par une loi de 1988, le Scotch Whisky Act, qui stipule que le scotch doit être distillé et vieilli en Écosse. Le texte précise en outre Whisky siginifie un spiritueux
(a) élaboré par distillation d'un moult de céréales qui a été
On distingue en général cinq grandes régions qui produisent chacune des whiskies très reconnaissables :
La catégorie la plus courante est le blended whisky ou blend, qui est un assemblage de plusieurs « whiskies de malt » avec des « whiskies de grain ». L'essentiel de la consommation mondiale est de ce type.
Vient ensuite le pure malt ou vatted malt, qui est un assemblage de « whiskies de malt » provenant de plusieurs distilleries. De grandes marques ont réalisé leur notoriété par la production de whiskys pure malt assez typés, en réalisant leurs assemblages à partir d'un choix judicieux des productions de diverses distilleries, de façon à fournir un produit très régulier en goût, d'un lot à l'autre.
On réserve l'appellation single malt au whisky provenant d'une seule distillerie. Ce mode de présentation, initialisé par la distillerie Glenfiddich dans les années 1960, est assez récent (émergence grand public dans les années 1980). Actuellement, la plupart des distilleries offrent un single malt à la vente, alors qu'auparavant un grand nombre d'entre elles ne produisaient que pour le négoce.
Certaines distilleries mettent en vente des bouteilles provenant d'un seul fût. Dans ce cas la dénomination est single cask, et souvent le numéro du fût est mentionné. En général, ce type de whisky n'est pas allongé d'eau, et se trouve donc embouteillé au dégré d'alcool initial du fût (entre 55 et 65° environ), et l'on trouve la mention cask strength. Bien évidemment, il vaut mieux le boire allongé d'eau. On peut trouver aussi des single malt vendus au degré initial, mais provenant de l'assemblages de plusieurs fûts. Dans ce cas on trouve plutôt la mention traditional strength
Le whisky de grain est fabriqué à partir de diverses céréales (blé, maïs, avoine, seigle) et éventuellement d'orge maltée. Il ne subit qu'une seule distillation, opérée dans un appareil à flux continu. Ce type de whisky a très peu de goût, et est utilisé essentiellement pour l'assemblage des blends. Une seule distillerie a commercialisé à grande échelle ce type de produit.
Le whisky est généralement l'assemblage de plusieurs années, de manière à maintenir un goût homogène. Certaines distilleries cependant produisent des whiskies millésimés (à partir de la production d'une seule année).
Le whisky se consomme seul, pour les cocktails utilisez les blends. Pour apprécier pleinement le goût d'un bon whisky, on déconseille généralement d'y ajouter des glaçons. En effet, ceux-ci en fondant dénaturent les arômes. De plus, le froid anesthésie les papilles gustatives. Il est en revanche possible, voire recommandé dans certains cas, d'allonger son whisky avec un peu d'eau (juste quelques gouttes). L'idéal serait l'eau de la source de la distillerie, mais celle-ci étant rarement accessible au consommateur, l'eau du robinet (pourvu qu'elle n'ait pas de goût) convient tout à fait. Les connaisseurs affirment que cette adjonction permet de libérer les arômes. La quantité d'eau à ajouter dépend du whisky : certains doivent être dégustés au plus haut degré de confort (environ 43 % d'alcool), d'autres peuvent être allongés jusqu'à 30 degrés. Les premiers sont les whiskies gras et souples, bus généralement en digestifs, obtenus par des distillations lentes et vieillis dans des fûts ayant contenu un vin. Les autres sont les whiskies fumés vieillis dans du bois neuf. Tous les intermédiaires sont possibles avec les assemblages que l'on trouve sur le marché. Il faut donc déterminer soi-même la quantité d'eau optimale en en rajoutant progressivement. Le mélange optimal est obtenu lorsque l'expression aromatique spécifique du whisky dégusté est maximale lors d'une gorgée, sachant que la taille de la gorgée dépend du degré d'alcool (les gorgées d'un whisky moins alcoolisé peuvent être plus importantes sans entraîner de brûlure), et que l'eau modifie la hiérarchie aromatique et l'acidité. Bien que le verre à whisky traditionnel (le tumbler) soit de forme cylindrique, les connaisseurs recommandent plutôt des verres à whisky en forme de tulipe.
Les principales qualités d'un whisky (force alcoolique, caractère fruité, boisé ou tourbé et âge) peuvent être déterminées par son seul nez (la palette olfactive, la dégustation s'appelle d'ailleurs en anglais nosing).
Les arômes du whisky peuvent être classés en deux catégories :
La dégustation se décompose généralement en trois phases :
Les principaux cocktails à base de whisky sont :
Pour l'anecdote, on raconte que le rhume se guérit en Écosse de la manière suivante: il faut une bouteille de whisky, un verre et un chapeau melon. Il faut s'étendre sur un lit, mettre le chapeau melon sur ses pieds, se servir un verre et le boire, avant de s'en servir un autre. Quand on commence à voir deux chapeaux, la guérison est en bonne voie. Une méthode similaire existe également en France, mais nécessite une bouteille de rhum, et le rhume est guéri que lorsque l'on voit trois chapeaux : Elle est appelé la méthode des trois chapeaux.
Boutade écossaise
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