Le Viêt Nam : textuellement, les Viêt (du Yueh chinois pour « cantonnais ») du Sud. Le pays Âu Lac aurait occupé la région cantonaise. Il aurait été amputé du nord de son territoire par les conquêtes chinoises. Ne restant que le sud, le royaume prend le nom de Nam Viêt (c'est-à-dire le pays des Viêt du Sud) pour signifier la perte de ses terres. Le Nam Viêt n'est alors que la partie nord du Viêt Nam actuel.
De 100 av. J.-C. à 1200, le Nam Viêt vit une domination chinoise entrecoupée de courtes périodes d'indépendance marquées par le chaos. Durant cette période, le Nam Viêt sera maintes fois renommé par son occupant chinois. C'est à ce moment-ci que le Nam Viêt adopte la culture chinoise sans jamais perdre son identité nationale.
Sous la paix chinoise, comme la pax romana en Europe, le Nam Viêt est devenu connu sous le nom de Annam ou la paix (An) du Sud (Nam), c'est-à-dire le Sud pacifié, dans la syntaxe cantonaise où l'adjectif qualificatif est placé avant le nom, comme dans les langues germano-scandinaves. La langue vietnamienne classique est une langue cantonaise, comme la langue française classique est une langue latine où "pax,pacis" latin est devenu "paix" français.
Vers 1200 commence une période brillante. Le Nam Viêt devient Dai Viêt. Il tient en échec les invasions chinoises et commence son expansion vers le sud, sur le Royaume Champa (de culture indienne). Vers 1420, on note une très courte occupation chinoise. Vers 1600, les Vietnamiens finissent la conquête du Champa mais le pays est coupé en deux. Les seigneurs Trinh gouvernent le Nord, les Nguyen le Sud. Vers 1800, le pays est réunifié sous l'autorité des Nguyen. Il porte le nom de Viêt Nam et il annexe les terres méridionales.
Cette fois-ci l’avance vietnamienne se fit au détriment de l’Empire Khmer en décomposition. Une telle situation était riche en incidents frontaliers, utilisés pour agrandir le domaine vietnamien. En 1658, tout le Viêt Nam, au Nord de Saigon – alors un village cambodgien de pêcheurs dénommé "Prey Kor" - était aux mains des Vietnamiens. C’était ainsi que s’est bâti le Viêt Nam, à partir de Huê, au Centre du Viêt Nam sur l’Empire Cham et l’Empire Khmer par l’avancée d’un front de villages. Tout le Sud du Viêt Nam était territoire cambodgien. L’arrivée des Français a mis fin à la colonisation vietnamienne du Cambodge qui était un royaume vassal du Viêt Nam au XIXème siècle.
En 1858, les Français prennent la baie de Da Nang (françisé en Tourane) à un Viêt Nam qui connaît sa forme actuelle. En 1883 la France annexe le Viêt Nam à son empire colonial. La Cochinchine au sud devient colonie française, ainsi que les villes de Hanoi, Haiphong et Tourane. Le reste du territoire, Tonkin au nord, Annam au centre, reste en principe sous l'autorité directe des empereurs Nguyen au sein d'un protectorat. Le Viêt Nam fait désormais partie de l'Union indochinoise qui comprend également les Royaumes du Laos et du Cambodge actuels.
Ce jeune prince Nguyên Anh va devenir l’empereur Gia Long, le fondateur de la dynastie des Nguyên, grâce à l’appui militaire des Français qui y voyaient une conquête coloniale possible plus tard sous le Second Empire.
Depuis l’arrivée des soldats de Napoléon III, les Vietnaniens n’ont cessé de se révolter contre l’emprise coloniale, de Phan Boi Chau à Hô Chi Minh en passant par Ngô Dinh Diêm et l’Empereur Bao Dai, chacun selon ses possibilités, à sa manière et sur sa voie. Menés par les "nationalistes" du VNQDD (Viêt Nam Quoc Dan Dang) proche du Guomindang des Chinois nationalistes de Sun Yatsen, le soulèvement de Vinh et la mutinerie de Yên Bay de 1927 ont échoué et ont rempli les bagnes français qui ont transformé en communistes les nationalistes vietnamiens. Dans les années 20, il faut noter aussi l'importance prise par le caodaïsme qui disposait d'une milice armée.Le film français Indochine (film) se rapporte à cette période des années 20-50 ainsi que le film américain "Un américain bien tranquille" d'après un roman de Graham Green ("A quiet American") qui se rapporte au régime de Ngo Dinh Diem de 1955-1963.
En 1930, le Parti Communiste Indochinois est fondé par Nguyên Sinh Cung, ce dernier se faisant appeler Nguyên Tat Thanh et Nguyên Ai Quôc (Nguyên le Patriote), puis Hồ chí Minh (lac de sagesse ou lac de lumière), dans les métamorphoses du personnage décrit par Jean Lacouture, du proscrit Nguyên Ai Quoc, considéré comme un des pères fondateurs du Parti Communiste Français, au Président de la République Démocratique du Viêt Nam.
En 1932, l'empereur Bao Dai, de retour d'exil en France où il faisait ses études, instaure une monarchie constitutionnelle sous protectorat français.
En 1940, un traité franco-japonais de cessez-le-feu est signé. En 1941, le Japon envahit l'Indochine suite à différents conflits remportés par les français sur les alliés des japonnais, notamment le Siam (la Thailande) à qui la France a cédé la moitié occidentale du Cambodge.La ville cambodgienne de "Siem Rap" signifie simplement "loi (Rap) siamoise" (Siem). Les forces françaises sont tolérées par l'occupant japonnais car elles ne diposent ni d'un armement moderne ni d'un soutien de la métropole, quand l'État français de Vichy collaborait officiellement avec l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et le Japon militariste. L'Indochine française, alors était .pétainiste" jusqu'au chant patriotique officiel de "Maréchal nous voilà... à la place de La Marseillaise. Le 9 mars 1945, l'occupant japonais fait un coup de force contre les Français, nettoyant toute l'Indochine française de toute présence administrative et militaire française. Les forces armées françaises sont attaquées par surprise. Les civils et militaires français sont emprisonnés (les femmes et les enfants)ou massacrés (les hommes et les métis eurasiens). La France perd son image de puissance aux yeux des Vietnamiens. Il s'ensuit un chaos politique, comme à la libération de la France par les Alliés à la même période : le 11 mars, l'empereur proclame l'indépendance et la réunification du pays, le 15 août les Japonais sont défaits. Le 17 août, la Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam "Viêt Nam Doc Lap Dong Minh Hôi" ou Viêt Minh dans son abréviation vietnamienne prend le pouvoir à Hanoi par ce qui est connu sous le nom de "Révolution d'Août". Le 2 septembre 1945, Hồ Chí Minh fonde la République Démocratique du Viêt Nam, par la déclaration d'indépendance lue sur la Place Ba Dinh à Hanoi, en un cérémonial confucéen de changement dynastique. L'empereur Bao Dai devint "conseiller spécial" du premier gouvernement de cette jeune République, pour la continuité et la légitimité, comme le sacre à la cathédrale de Paris en août 1944 pour Charles de Gaulle.
En octobre 1945, la France occupe de nouveau le sud du Viêt Nam. En décembre 1946, la France occupe Hanoi après les négociations d'un "modus vivendi", c'est le début de la guerre d'Indochine avec le bombardement de Haiphong par la marine française. En juin, c’est le traité de la baie d'Halong : l'empereur Bao Dai est reconnu chef du Viêt Nam unifié et indépendant au sein de l’Union Française (Commonwealth à la française). L'armée française est prêtée à l'empereur pour lutter contre l'expansion communiste.
En 1950, le Viêt Minh a le soutien de L'URSS et de la Chine. Octobre 1950, 1ère défaite française à Cao Bang. Les États-Unis soutiennent la France. Le 7 mai 1954, la France perd la bataille de Diên Biên Phu. Le 21 septembre, Pierre Mendès-France signe les accords de Genève avec Pham Van Dong : le pays est coupé en 2 au 17° parallèle de façon temporaire pour le regroupement militaire des forces française au Sud avant son évacuation complète du Viêt Nam, Cambodge et Laos. Au cours des deux années suivantes, un réferendum devra être organisé pour choisir un régime unique au Viêt Nam. La population a cent jours pour choisir entre le régime communiste du Nord et nationaliste du Sud : un million de "nordistes" pour la plupart catholiques émigrent au Sud en suivant leurs curés par paroisses entières pour éviter être liquider pour le nouveau pouvoir qui élimine toute opposition, alors que 100000 "sudistes" de l'Armée populaire vietnamienne rejoignent le Nord, selon les termes des "Accords de Genève" sur le regroupement militaire. La France se retire définitivement de l'Indochine, suivant ces mêmes termes des Accords d'armistice.
De 1953 à 1954, le Nord élimine les classes sociales non-favorables à l'édification du communisme.
En octobre 1955,l'Empereur Bao Dai a abdiqué à la suite du coup d'état effectué par son premier ministre Ngô Dinh Diêm qui a fondé la République du Viêt Nam à la place d'un "État indépenant du Viêt Nam", sous la direction de l'Empereur Bao Dai, créé par la France pour transformer sa guerre coloniale en guerre civile contre la République Démocratique du Viêt Nam fondée le 2 septembre 1945 à Hanoi. Un an plus tard, le Sud, poussé par John Foster Dulles et John Fitzgerald Kennedy a refusé d'organiser le référendum prévu par les Accords de Genève pour la réunification du Viêt Nam. La révolte contre la Dictature du régime de Diêm a commencé avec la fondation du Front National pour la Libération du Viêt Nam. Alors a commencé la "Deuxième Guerre d'Indochine" de réunification ou guerre du Viêt Nam en une suite d'escalades et d'erreurs d'appréciation. Bernard B. Fall y a consacré ses travaux. Pour continuer l'aide Militaire au régime de Saigon abandonné par le départ des français en 1955, Kennedy a organisé le MAAG (Military Aid Aviser Group) de conseillers militaires qui s'est développé en MACV (Military Aid Command Vietnam) des combattants étatsuniens sur le terrain, dans l'escalade avant le plein déploiement des forces terrestres étatsiennes autorisé par le Président Lyndon Johnson à la suite de la Résolution du golfe du Tonkin.
En novembre 1956, le Nord élimine la classe intellectuelle par le Trăm hoa đua nở (la floraison des cent fleurs). En 1960, les premiers conseillers militaires américains arrivent du Sud Viêt Nam. En décembre, la création du Front National de Libération du Viêt Nam discrédite la légitimité de la République du Sud Viêt Nam. De 1960 à 1963, Ngô Dinh Diem instaure un régime totalitaire au Sud, et il en résulte des troubles avec les manifestations bouddhistes et étudiantes. Avec l'assassinat de Ngô Dinh en 1963, le chaos politique s'installe jusqu'en 1965. En août 1964, les États-Unis bombardent le Nord. Le 1er février 1968 est marquée par l'Offensive du Têt : attaque surprise et généralisée perpétrée par le FNL et les troupes nord vietnamiennes. Ils occupent les villes du Sud, surtout Huê. A leur retraite, les troupes dites "viêt công" massacré les habitants de Huê. Le 31 mars 1968, les bombardements américains cessent au Nord. En juin 1969, les États-Unis se retirent partiellement du conflit. Le 3 septembre 1969, Hồ chí Minh décéde et le Parti se déchire entre pro-chinois et pro-soviétiques. Comme la Bataille de Dien Bien Phu a conduit aux Accords de Genève de 1954 pour le retrait des troupes françaises, l'Offensive du Têt de 1968 a conduit aux Accords de Paix de Paris de 1973 pour l'évacuation totale des troupes terrestres étatsuniennes peu après.
Le 30 avril 1975, Saigon tombe. Il y a alors un exode de Sud-Vietnamiens à l’étranger. Les nouvelles autorités communistes ouvrent massivement des camps de rééducation, et on commence une destruction minutieuse de toute la "culture sudiste" considérée comme anti-révolutionnaire et dégradante d'une "économie de poubelle et de bordel" des armées française et américaine depuis 1945 (la littérature française a été prolixe avec les maisons de jeu du "grand monde" de Cholon et du "parc aux buffles", un immense BMC ou Bordel Militaire de Campagne et le "Marché aux voleurs" a été bien connu). Fait marquant : les "émigrés nordistes" catholiques de 1954, poussés par une intense propagande franco-américaine pour "suivre la vierge au sud", par paroisses entières avec leurs curés en tête. Le 25 avril, le pays est réunifié en République socialiste du Viêt Nam avec la disparition conjointe et simultanée de la République Démocratique du Viêt Nam et la République du Viêt Nam pour faire place à un seul Viêt Nam indépendant et uni, les "deux Vietnam" dans les travaux de Bernard B. Fall. Lire les livres de Lucien Bodard dont voici le site pour mieux le connaître. http://www.sinoptic.ch/ceria/lecture/bodard.htm.
Les premiers "boat people" étaient les Catholiques qui suivaient la "Vierge partie pour le Sud", ceux de 1975 étaient les hauts dignitaires du régime de Saigon et ceux de 1980 étaient d'abord les Sino-Vietnamiens (Hoa) et le "petit peuple" peu habitué à l'austérité socialiste des "moines-soldats" et aux privations qu'ils ont connues pendant 30 ans de guerre d'indépendance et de réunification. Le Président-Général Nguyên Van Thieu fut le premier à partir pour Taiwan avant la chute de Saigon et le Général Nguyên Ngoc Loan (celui qui a exécuté à bout portant un prisonnier ligotée) s'est retrouvé en Virginie.
- Nguyên Van Thieu: http://en.wikipedia.org/wiki/Nguyen_Van_Thieu%2C
- Nguyên Ngoc Loan: http://en.wikipedia.org/wiki/Nguyen_Ngoc_Loan
En janvier 1979, le Viêt Nam envahit le Cambodge avec la Troisième Guerre d'Indochine sur deux fronts, au Sud contre le Cambodge pour libérer ce pays des Khmers Rouges pro-chinois et qui perpètrent les massacres dans les régions frontalières avec le Viêt Nam et au Nord contre la Chine à travers le contentieux sino-vietnamien millénaire. L'occupation vietnamienne au Cambodge durera dix ans pour stabiliser le pays jusqu'à la relève par l'ONU.
En 1986, le marché et la production sont libéralisés avec l'économie politique vietnamienne.
En 1992, les relations diplomatiques sont rétablies avec les États-Unis et normalisées avec la Chine.
En 1994, l'embargo américain est levé, les relations américano-vietnamiennes se normalisent, et l'économie de marché commence à s'appliquer.
Le Viêt Nam est officiellement une république socialiste. Le droit de vote est accordé à tous les citoyens de plus de 18 ans au sein d'un système monoparti. Le président est le chef de l'État, tandis que le premier-ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par le parlement. Tran Duc Luong est le président du Viêt Nam depuis le 24 septembre 1997. Le système judiciaire est fondé sur le droit français et sur les théories communistes. Les libertés individuelles ne sont pas respectées. Le pouvoir législatif est exercé par une seule chambre composée de 450 sièges renouvelés tous les 5 ans.
Le Viêt Nam est membre de l'ASEAN (Association des Nations d'Asie du sud-est)
La langue officielle, le vietnamien, est aujourd'hui écrite au moyen de caractères latins. Cette romanisation se nomme quốc ngữ ; elle découle de la nécessité pour les missionnaires catholiques du de retranscrire dans un système phonétique une langue qui n'utilise alors que le système idéogrammatique chinois. Le jésuite Alexandre de Rhodes établit ainsi le premier Dictionnaire de langue annamite, en transcrivant les phonèmes vietnamiens sur la base du portugais.
L'utilisation de cette transcription latine est en vigueur dans l'enseignement mis en place par les empereurs à partir de 1918 et ne devient la méthode officielle d'écriture du Viêt-Nam qu'à l'indépendance du 2 septembre 1945.
Par ailleurs, le Viêt-Nam connaît une grande diversité linguistique, puisqu'il compte 75 langues, réparties en 6 à 7 groupes ethnolinguistiques (il existe une querelle de « découpage » qui introduit cette incertitude entre le groupe austroasiatique et le groupe australasiatique).
Le Viêt Nam est divisée en 63 provinces et 3 municipalités.
Article détaillé : Géographie du Viêt Nam
Le Viêt Nam est un pays d'Asie du Sud-Est. Il est entouré par le golfe de Thaïlande, le golfe du Tonkin, la mer de Chine, la Chine, le Laos et le Cambodge. Il occupe une superficie de 329 560 km² dont 4 200 km² d'eaux territoriales.
Dans le sud, le climat est tropical tandis que dans le nord règne un climat de mousson ; la saison des pluies y débute à la mi-mai et se termine à la mi-septembre.
Phan Xi Păng, haut de 3 143 m, est le point culminant du pays.
Bien différent de la Corée divisée en une dictature ultra-marxiste au Nord menacée de famine et militaire menaçante et une dictature ultra-capitaliste au Sud prospère, le Viêt Nam est ce “petit dragon” arrivé à maturité après 30 ans des deux guerres d’indépendance et de réunification (1945-1975). L’historien américain Joseph Buttinger, non sans humour a intitulé son livre sur le Viêt nam de “Smaller dragon”, Praefer, New York, 1975.
Directement accolé à la Chine méridionnale, le Viêt Nam est le plus proche de la métropole civilisatrice chinoise de tous les pays sinisés que sont le Japon et la Corée, tandis que Taiwan, Hong Kong et Singapour sont des Chines périphériques par leur histoire.
Plus tard en 1946, le Président Hô Chi Minh de la jeune République Démocratique du Viêt Nam a envoyé au Président Harry S. Truman un télégramme du 28 janvier 1946 lui demandant son soutien.
Pendant toute sa vie, Hô Chi Minh dut montrer deux visages auprès de son peuple et du monde: l’un nationaliste, l’autre communiste. On sait à quel point afficher cette double personnalité allait énerver ses détracteurs anti-communistes. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’en montrant une double face, Hô Chi Minh allait susciter des doutes auprès des échelons supérieurs du mouvement communiste, même s’il fut l’un des communistes asiatiques les plus dévoués au communisme.
Au cœur du problème: l’"auto-dissolution" du PCI (Parti Communiste Indochinois créé par Hô Chi Minh lui-même en 1930 à Hong Kong) par Hô Chi Minh et ses partisans en novembre 1945. Dès le début de la prise du pouvoir du Viêt Minh en août-septembre 1945, le contenu communiste de la RDVN était évident et posait d’épineux problèmes aux nationalistes vietnamiens non-communistes, aux Chinois nationalistes occupant le Nord du pays et, à un degré moindre, aux Français. En effet, le Viêt Minh, ou front national créé en 1941, était aux mains du PCI ou plutôt de son "Comité Directeur" (Tong Bo).
Les nationalistes non-communistes du VNQDD (Viet Nam Quoc Dan Dang), proches du GMT des “nationalistes chinois, s’opposèrent à la prise du pouvoir du PCI en menant des actions directes et en s’appuyant sur le Guomindang (Parti nationaliste chinois ou GMD). Ils mirent en place très habilement une campagne de presse démystificatrice, visant à montrer aux populations que Hô Chi Minh était un communiste, que le Viet Minh, le Tong Bo et le PCI ne faisaient en réalité qu’un. Entre-temps, Hô Chi Minh faisait son possible pour minimiser ses attaches communistes au public et maximiser son attrait nationaliste auprès des populations vietnamiennes, des pays asiatiques non-communistes mais farouchement anti-colonialistes et les Américains opposés au retour du colonialisme français en Indochine.
La situation au Nord-Vietnam était rapidement devenue très tendue. Tous les partis vietnamiens jouaient gros dans leur course au pouvoir durant la seconde moitié de 1945. Si bien que les nationalistes anti-communistes comptaient agir le 8 novembre 1945, exactement trois jours avant la dissolution du PCI. Nguyen Hai Than, chef du parti Dong Minh Hoi, réclamait la démission immédiate du président, la dissolution de son gouvernement, la suppression "de la dictature d’un seul parti" et la création d’un nouveau gouvernement. Cet ultimatum devait avoir l’approbation du général Lou Han, chef chinois au Viêt Nam, avant son retour à Kunming. Nguyen Hai Than aurait déclaré aux Chinois qu’il déclinait toute responsabilité en cas d’incident entre le Viet Minh et les non-communistes si l’ultimatum était repoussé par Hô Chi Minh (‘Situation Politique à la fin du mois d’octobre pp. 20-21, d. Bilan Situation Politique, c. 157, Conseiller Politique, Centre des Archives d’Outre-Mer [CAOM. Voir aussi : Ton That Thien, “The foreign politics of the communist party of Vietnam”, Washington, Crane Russak, 1989, p. 118.).
Cette action de l’opposition, apparemment soutenue par des officiers chinois, mettait Hô Chi Minh dans une situation périlleuse. Depuis août, le PCI craignait que le GMD ne renversât tout bonnement la RDVN pour installer un gouvernement pro-chinois et anti-communiste. En dépit des efforts remarquables de Hô pour gagner Lou Han et Siao Wen à sa cause, il ne pouvait jamais écarter la possibilité que survînt un changement dans la ligne chinoise.
Dans les années 1920, le VNQDD a tenté, d'une façon prématurée, la révolte de Ngé Tinh, la marche sur Vinh et la mutinerie de Yen Bay férocement réprimées par l'Administration et l'Armée coloniales qui ont rempli les bagnes. Pham Van Dong et beaucoup d'autres ont déclaré, à plusieurs reprises, que ces bagnes eussent transformé des nationalistes en communistes. Indochine (film) a évoqué cette période où une princesse de haut rang dvint communiste au bagne et a négocié pour le compte de la République Démocratique du Viêt Nam les Accords de Genève en juin 1954. La propagande farouchement anti-communiste et ultra-nationaliste de l’opposition était efficace. À la mi-novembre, les communistes vietnamiens redoutaient même un véritable coup de force. La situation était tellement tendue que des communistes vietnamiens au Nord, dont Hô Chi Minh, prirent la décision extraordinaire de dissoudre le Parti communiste indochinois (PCI), le 11 novembre 1945, face aux menaces de Nguyen Hai Than et du VNQDD et à la suite de réunions secrètes tenues par le PCI. Il fallait à tout prix cacher la face communiste du Viet Minh afin de reprendre l’initiative nationaliste aux opposants VNQDD et DMH (Dong Minh Hoi), autrement dit garder ainsi le pouvoir. L’auto-dissolution du PCI devait montrer le sacrifice ultime pour la patrie. Il fallait aussi rassurer les Chinois, les Américains et d’autres pays asiatiques non-communistes sur le contenu proprement nationaliste de la RDVN et du Viet Minh (‘Mat tran Viet Minh voi viec dang cong san Dong Duong tu y giai tan’ front Viet Minh et la auto-dissolution du Parti communiste indochinois, Cuu Quoc, no. 90, (le 13 novembre 1945), p. 1 et ‘Chung quanh viec Dang Cong San Dong Duong tu y giai tan’ de l’auto-dissolution du Parti communiste indochinois, Cuu Quoc, no. 93, (le 16 novembre 1945), p. 2.).
Ceci rendant intelligible cela, le Viêt Nam indépendant et réunifié s’est débarassé de son communisme d'apparat instrumental pour se lancer dans un développement économique du type libéral dans une Économie politique asiatique en commençant par la " Bataille du riz " pour nourrir sa population et s’assurer l’autonomie alimentaire, mais aussi pour se retrouver dans sa propre culture profonde, son histoire et sa myrhologie, après 30 ans de destruction des guerres d’indépendance et de réunification (1945-1975).
Elle a commencé par une réforme agraire réussie qui a pu enrichir sa nombreuse population rurale et créer une demande intérieure solvable de petites machineries agricoles pour lancer la petite industrie légère locale.
Une fois la production agricole faite, le Viêt Nam exporte le surplus de riz suivant cette figure à la fin du siècle.
- 4 rang mondiale de production avec 34,61 Mégatonnes la Chine au 1 rang avec 167, 62 Mégatonnes);
- 3 rang mondial d’exportation avec 2 Mégatonnes (la Chine au 4 rang avec 1,4 Mégatonne). La différence entre production et exportation correspond à la consommation intérieure.
Mêmes très modestes, ces performances ont permis le développement de l’industrie agro-alimentaire qui nstalle les infrastructures our le tourisme de la seconde phase. Après le tourisme arrive l’industrie textile qui s’engouffre à travers les portes ouvertes par le "textile chinois".
Malgré sa particularité de zone frontalière, An Giang peut être le modèle de ce schéma de développement économique.
La houille et le pétrole soutiennent le développement industriel, à la manière de Taiwan qui en est dépourvu, comme Hong Kong et Singapour. Cette industrialisation commence par des produits simples et peu coûteux pour les marchés d’Afrique et d’Amérique latine en un premier temps. Faisant partie de la Francophonie, le premier marché d’exportation se situe dans ce secteur, sans exclusivité, dans la diversification.
Références bibliographiques:
Thanh H. Vuong, “Théorie des contextes et relations internationales: départ de la première Guerre d’Indochine", dans Études Internationales, Vol. XVII, No. 3, pp, 571-597, septembre 1986
Thanh H. Vuong, "colonisations du Vietnam et colonialisme vietnamien", dans Études Internationales, Vol. XVIII, No. 3 pp. 546-571, septembre 1987.
Thanh H. Vuong, "Stratégies technico-commerciales asiatiques", dans Études Internationales, Vol. XXII, No.3, pp. 551-575, septembre 1991.
Thanh H. Vuong & Jorge Virchez, "Communauté Économique de l’Asie Pacifique. Essai d’anthropolgie économique et de géographie politique", Presses Inter Universitaires, Cap Rouge, Québec, QC, 2004
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