Urbain Jean Joseph Le Verrier (Saint-Lô, 11 mars 1811 — Paris, 23 septembre 1877) était un mathématicien spécialisé en mécanique céleste et un astronome français.
Il demanda en 1837 la place de répétiteur de chimie à l'École polytechnique mais celle-ci lui sera prise par Henri Victor Regnault. On lui offrit en revanche une place de répétiteur de « géodésie, astronomie et machines » qu'il acceptera et où il se spécialisera en mécanique céleste. En 1839, il présenta à l'Académie des Sciences son premier mémoire sur les variations séculaires des orbites des planètes.
Une découverte qui sera le sujet de nombreuses polémiques à l'époque, puisque ces calculs ont été menés en même temps par John Adams mais sans qu'aucun d'eux ne connaisse les travaux de l'autre. Les caractéristiques de la planète avaient été déterminées par Adams un an plus tôt mais n'avait pas été publiées.
Plus tard il tenta de répéter le même exploit pour expliquer les perturbations de Mercure. Après plusieurs observations par d'autres astronomes de taches rondes passées devant le Soleil, Le Verrier en déduit la présence d'une autre planète, Vulcain, dont il prédit le passage devant le Soleil en 1877. Ces prédictions s'avèreront inexactes, et ces anomalies seront expliquées un demi-siècle plus tard par Albert Einstein avec la théorie de la relativité générale.
Cependant, il s'y montra si odieux qu'il fut relevé de ses fonctions en 1870 par décret impérial, suite à la démission de quatorze astronomes de l'Observatoire de Paris. Il démissionna en même temps du conseil général. Il reprendra son poste de directeur de l'Observatoire à la mort de son successeur, Charles-Eugène Delaunay, en 1873 jusqu'à sa mort.
En devenant directeur de l'Observatoire de Paris, il hérite également d'un petit service météorologique. La météorologie, encore peu développée, dépendait de l'Observatoire de Paris. Le 14 novembre 1854, un terrible ouragan traverse l'Europe d'ouest en est, causant la perte de 41 navires dans la Mer Noire. Celui-ci survint sans la moindre alerte. Le Verrier entreprend alors de mettre en place un réseau d'observatoires météorologiques sur le territoire français, destiné avant tout aux marins afin des les prévenir de l'arrivée des tempêtes. Ce réseau regroupe 24 stations dont 13 reliées par télégraphe, puis s'étendra à 59 observatoires répartis sur l'ensemble de l'Europe en 1865. C'est la naissance de la météorologie moderne.
Parallèlement, il mène aussi une vie politique. Élu député de la Manche en 1849, il deviendra sénateur et inspecteur général de l'enseignement supérieur à partir de janvier 1852 puis président du conseil général de la Manche.
Bien que souffrant d'une maladie pénible et douloureuse, il consacre la fin de sa vie à l'achèvement de son travail sur le mouvement des planètes. Il proposa de revoir à la baisse la distance Terre-Soleil et la vitesse de la lumière. La Royal Astronomical Society lui décerna la médaille d'honneur en 1876 pour ses mémoires sur les planètes gazeuses Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.
Urbain Le Verrier a eu deux fils, Jean Charles Léon et Louis Paul Urbain.
L'astéroïde (1997) Leverrier a été nommé en son honneur.
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