L'Union nationale des étudiants de France (UNEF), fondée en 1907, est un syndicat étudiant, au sens où il permet à ceux-ci d'exercer leur avis et leur droit de vote sur la gestion des infrastructures universitaires, que ce soit la recherche, la restauration universitaire, les logements étudiants, ou encore les problèmes de discrimination. Il bénéficie d'une reconnaissance d'utilité publique.
Elle est présente sur la majeure partie des universités de France et est la première organisation étudiante, en nombre d'élus dans les universités. Hormis une éclipse durant les années 1970, elle est depuis près d'un siècle presque incontournable pour les questions étudiantes. Elle est reconnue comme représentative par le Ministère de l'Éducation nationale.
Son actuel président est Bruno Julliard, étudiant à Lyon, membre de la Tendance majorité nationale.
L'UNEF demande la mise en place d'un nouveau plan social étudiant, qui succèderait à celui qui s'est clos en 1997. C'est à dire une série de mesures sociales destinées aux étudiants, pour remédier à la situation difficile à laquelle beaucoup d'entre eux sont confrontés (problème de logement, obligation de se salarier pour financer ses études,…). Ce plan social comprendrait l'accélération de la construction et de la rénovation des cités U, l'accès des étudiants étrangers au système français d'aides sociales, l'augmentation immédiate du nombre et du montant des bourses, en attendant la refonte du système actuel et la mise en place de l'allocation d'autonomie.
Revendication de l'UNEF depuis la fin de la seconde guerre mondiale et maintenue depuis, l'allocation d'autonomie, telle qu'elle est conçue aujourd'hui par la majorité de l'UNEF, serait universelle (accordée à toute personne en contrepartie d'un projet de formation, éventuellement avec une limite d'âge à condition de prévoir les cas de reprise d'études) et individualisée (elle ne tiendrait compte que de la situation propre de l'étudiant, et plus celle de ses parents comme pour le système actuel) : ses revenus, s'il habite encore chez ses parents, etc. Chaque étudiant serait alors tenu de faire une déclaration individuelle de ses revenus.
Cette revendication part du fait qu'aujourd'hui l'enseignement supérieur s'est massifié (il y a plus de 2,2 millions d'étudiants) mais pas encore démocratisé : l'échec reste très fort en premier cycle, les classes prépas et les grandes écoles sont des voies de contournement de l'Université pour les plus aisés, les étudiants issus d'un milieu modeste ont beaucoup moins de chance que les autres d'obtenir un diplôme de l'enseignement supérieur. L'UNEF avance plusieurs propositions qui ont pour objectif de permettre la démocratisation de l'enseignement supérieur: la fin de la division entre grandes écoles et Universités, la multiplication des cours en petits groupes et des TD face aux cours magistraux, une plus grande interdisciplinarité des cursus permettant des changements de filière pour limiter les erreurs d'orientation,…
La notion d'égalité des droits se distingue de celle d'égalité des chances. L'égalité des chances suppose que chacun a les mêmes chances de réussir au départ alors que l'égalité des droits doit permettre de donner à tous la possibilité de le faire, et donc de corriger en permanence les inégalités. L'UNEF s'oppose aux frais d'inscriptions progressifs qui modulent les frais d’inscription en fonction du revenu des étudiants (un procès contre Sciences-Po, l'Institut d'Etudes Politiques, fut intenté sur ce point) car ils brisent cette égalité entre les étudiants.
L'UNEF a un rôle de représentation des étudiants dans les instances locales et nationales. Au niveau national, elle est en 2006 la première organisation étudiante au CNESER avec 5 élus sur 11, devant la FAGE, PDE, l'UNI et les autres organisations sans élu national (FSE, SUD Étudiant, EMF, Confédération étudiante…). Au CNOUS, elle est la seconde organisation étudiante au CNOUS derrière la FAGE, avec 2 élus sur 8, suite à l'appel au boycott des élections aux CROUS.
Dans les instances locales, l'UNEF a aussi un grand nombre d'élus (Conseils d'Université, Conseils d'UFR, et Conseils d'Administration des CROUS.
En 2006, on note une forte régression de l'UNEF dans les Conseils d'Administration des CROUS. En effet, en raison du blocage des universités consécutif à la mobilisation contre le CPE, l'UNEF a annoncé le boycott de ces élections (tout en maintenant ses listes de candidats, leur retrait n'étant pas possible) et n'a donc pas mobilisé son dispositif militant pour la campagne CROUS. On note par ailleurs que des dizaines d'incidents ont été répertoriée en cette journée d'élections dont certain auraient, selon la FAGE, été effectués ou aidés par des militants de l'UNEF"Démocratie étudiante en deuil" par la FAGE le 21 mars 2006: http://www.fage.asso.fr/news.php?piId=69. En attente des recours en annulation de ces élections, l'UNEF obtient 2 élus sur 8 au CNOUS, derrière la FAGE (4 élus) et devant PDE et l'UNI (1 élu chacun).
L'UNEF développe des guides à l'intention des étudiants en général, ou pour des catégories d'étudiants comme les salariés ou les étrangers dont les problèmatiques peuvent être particulières :
L'UNEF a participé au mouvement pour la recherche en France (Dossier sur le projet de loi).
Des états-généraux sont régulièrement organisés, le dernier traitait de l'organisation de l'enseignement supérieur en France. Ils ont débouché sur des propositions concrètes de modifications de l'organisation de l'enseignement supérieur : (Les 10 chantiers pour l'université de 3 millions d'étudiants)
Par ailleurs, on retrouve des membres de la ligue communiste révolutionnaire au sein de l'UNEF, ainsi que des militants du parti communiste français, voire mais plus rarement des Verts, lesquels se dirigent plus facilement vers Fac verte.
De manière plus général, les militants de l’UNEF ne se réclament pas de l’apolitisme, qui leur semble être la porte ouverte au corporatisme, mais de l’indépendance politique. Ce choix leur permet d’élargir leur horizon de réflexion, de s’ouvrir à l’ensemble de la société et par conséquent de ne pas s’enfermer dans le cadre étroit du monde universitaire. Les militants de l’UNEF se retrouvent dans les idées et thématiques de la gauche et peuvent, à titre individuel, être membres de tel ou tel parti. C'est ainsi que l’UNEF est officiellement et statutairement indépendante des partis politiques.
L'histoire de l'UNEF se confond avec celles des autres organisations étudiantes, qui en dehors de l'UNI et de SUD Étudiant, en sont toutes issues à l'époque de la grande UNEF (voir histoire du mouvement étudiant).
L'UNEF est constituée le 4 mai 1907 lors d'un rassemblement des AGE (associations générales étudiantes) à Lille, afin de constituer une structure nationale qui prend le nom d'Union nationale des associations générales étudiantes de France (UNAGEF) . Les premières associations locales recensées sont Lille (1878), Paris (1884) et Montpellier (1889). Sont présentes en 1907 les AGE de Lille, Dijon, Lyon et Bordeaux. Paris rejoindra l'UNEF en 1909. La structure est associative (loi de 1901), car les étudiants ne peuvent juridiquement utiliser le droit syndical (loi de 1884), réservé aux professions.
Cette structuration nationale découle d'une volonté des étudiants d'être représentés dans les organes de décision locaux et nationaux.
Dès ses débuts, elle veut exprimer la voix des étudiants, sans la médiation des recteurs, doyens et directeurs d'école. Mais il faut attendre le lendemain de la Première Guerre mondiale, et le retour sur les bancs de l'Université des anciens combattants pour qu'elle se lance dans la mise en place d'actions concrètes de solidarité. Elle défend les intérêts des étudiants, et incite la création des structures de médecine préventive au sein des universités, ou encore des restaurants universitaires (RU).
Son dynamisme lui vaut la reconnaissance de la part du président Gaston Doumergue, qui la déclare d'utilité publique par décret du 16 mai 1929.
En 1933, elle ouvre le Sanatorium des étudiants de France à Saint-Hilaire-du-Touvet.
En 1936, elle participe à la création du Comité supérieur des œuvres sociales, ancêtre du CNOUS et des CROUS. Désormais, elle représente officiellement les étudiants au sein d'une instance nationale.
À partir d'août 1940, l'UNEF est dirigée par François Lescure, également dirigeant clandestin de l'UEC. Il s'entoure alors d'étudiants d'opinions diverses mais opposés à l'occupant.
Après l'arrestation de Paul Langevin le 30 octobre 1940, l'UNEF tire des tracts demandant sa libération immédiate. Elle organise une manifestation le 8 novembre 1940 puis participe à la manifestation du 11 novembre 1940 pourtant interdite par l'occupant.
Le 10 décembre 1940, François Lescure, accusé d'être un dirigeant des étudiants communistes, est arrêté puis relaché.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'UNEF est affaiblie par la création de nouveaux groupes d'étudiants. Le congrès de Grenoble donne lieu a une réflexion sur l'avenir de la structure, et il en ressort la rédaction d'une charte - appelée Charte de Grenoble - signée le 24 avril 1946. Elle se base sur le contexte mondial de l'époque pour y faire figurer ses idées. La clé de voûte de la charte tient dans l'article 1 : L'étudiant est un jeune travailleur intellectuel. Cela lui apporte un certain nombre de droits, mais aussi de devoirs : le droit au travail, le devoir de s'intégrer à la société, celui d'acquérir les connaissances requises pour son avenir professionnel, la défense de la liberté, etc.
En juin 1947, le syndicat se fait entendre dans la rue suite à l'annonce par le gouvernement de la baisse des bourses et de la hausse des droits universitaires.
La MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France) est créée en 1948, et marque l'entrée des étudiants dans le système de la sécurité sociale. Cet organisme est géré par les étudiants, et notamment ceux appartenant à l'UNEF. En 2000, la MNEF est dissoute suite à des dérives de gestion. La Fédération Nationale de la Mutualité Française et la MGEN (Mutuelle Générale de l'Education Nationale) décident alors de recréer une mutuelle étudiante nationale : la LMDE.
Cette période d'après-guerre est celle de la reconnaissance pour l'UNEF : hébergée dans les locaux du Comité parisien des œuvres, elle entretient de bonnes relations avec les dirigeants de l'État et des universités.
Dans les années 1950, des luttes internes ont lieu entre les différents groupes d'idées émergents. La Guerre d'Algérie ne fait qu'envenimer ces luttes, même si l'UNEF ne souhaite pas prendre position en sa faveur ou en sa défaveur, car elle est présente - dans les milieux étudiants - à la fois en France métropolitaine et en Algérie. Les « majos », à tendance corporatiste (alors que les « minos » sont politiquement plus à gauche et font prendre à l'UNEF des positions anti-guerre dès 1956, avec entre autres la question du service militaire des étudiants), considèrent malgré tout que l'Algérie est et doit rester française. Certains dissidents crééent le Mouvement des étudiants de France, qui ne dure pas, mais cette évolution marque le début de la création de contre-pouvoirs.
Face à ces remous, le gouvernement menace de supprimer le Centre national des œuvres et oblige le syndicat à signer une charte d'apolitisme pour mettre fin aux luttes internes, qui ne font qu'affaiblir l'UNEF. Néanmoins, un groupe d'étudiants décide de créer, en 1962, la Fédération Nationale des Étudiants de France (FNEF), qui obtient sans attendre une place auprès du gouvernement.
En 1963, le journal Le Monde n'hésite pas à dénoncer le caractère politisant de l'UNEF, et le fait que ses membres souhaitent en faire un instrument de lutte idéologique en milieu universitaire contre la société bourgeoise.
À la veille des évènements de mai 1968, elle est décrédibilisée auprès des étudiants et du gouvernement (désormais, ce dernier subventionne presque exclusivement la FNEF). Trotskistes, membres du PSU et autres groupuscules s'affrontent pour son contrôle. Lorsqu'éclatent les grèves étudiantes de mai 68, elle n'a plus de président et est dirigée par son vice - président Jacques Sauvageot qui l'engage dans les grèves. Après les grèves de 1968, l'UNEF aurait besoin d'un renouveau.
Dans un milieu étudiant agité par de multiples débats politiques, le syndicalisme étudiant après mai 1968 est souvent négligé par les organisations et groupes militants de toutes natures au profit de l'intervention politique directe.Les étudiants proches du PSU deviennent minoritaires au sein de l'UNEF. Ils font alliance avec les maoïstes de l'Humanité Rouge pour constituer un bureau de gestion politique sous la présidence de Jean-Pierre Chassine. Les deux autres tendances sont, celle animée par le CLER (Comité de liaison des étudiants révolutionnaires, troskistes-lambertistes) et celle animée par l'UEC (Union des étudiants communistes) qui s'appelle UNEF-Renouveau et comprend des étudiants de la Convention des institutions républicaines (CIR, mitterrandiste), mais aussi socialistes et radicaux. Le 10 janvier, le bureau provisoire démissionne, et les ESU (Étudiants socialistes unifiés) quittent l'UNEF. Les deux autres tendances se déchirent alors. Une délégation permanente paritaire se met en place, et la Commission de Contrôle de l'UNEF présidée par Michel Sérac (US) se charge de préparer le Congrès. Au vu de l'état de division de l'UNEF, les étudiants socialistes (SFIO) fondent la tendance "Unité, Indépendance, Démocratie" et décident de se retirer du processus.
Les militants étudiants communistes de la tendance « Renouveau » décident de maintenir leur participation aux élections étudiantes. Ce clivage entre partisans et adversaires de la participation sera le principal motif officiel de la scission de L'UNEF, largement désertée par les étudiants. L'autre question qui ve déclencher les hostilités est l'envoi des cartes aux sections locales de l'UNEF, devenus des comités d'action syndicale. L'UNEF-Renouveau estime être spoliée et dénonce un congrès truqué. Elle réunit alors l'ensemble des membres de l'UNEF-Renouveau pour appeler au Congrès de Paris.
Deux congrès sont donc organisés simultanément en 1971. L'un se déroule à Dijon, et rassemble les partisans de l'UNEF-Unité syndicale (soutenus notamment par la CFDT et Force Ouvrière et l'Organisation Communiste Internationaliste). Pour ce groupe, Il s'agit de refuser toute forme de participation au système, tout en préservant l'autonomie de l'organisation vis-à-vis des partis politiques. Ce Congrès ne rassemble que des étudiants de l'AJS, branche jeunesse de l'OCI, Michel Sérac devient président de l'UNEF-US.
Le deuxième se déroule à Paris, autour de l'UNEF-Renouveau et soutenu par la CGT, le SNESup et le Parti Communiste, ce congrès rassemblent principalement des étudiants communistes, mitterrandistes et chevènementistes. Il veut limiter l'UNEF à une simple démarche syndicale orientée vers les étudiants, en laissant la perspective de la transformation sociale aux partis politiques, essentiellement communiste. Guy Konopnicki devient président de l'UNEF-Renouveau.
Désormais, les mobilisations sont très politisées, notamment avec la prise de position contre la guerre du Viêt Nam.
En 1980 est créée l'UNEF-ID (Indépendante et démocratique), à l'initiative de plusieurs groupements étudiants, dont principalement l'UNEF-Unité Syndicale (animée par des militants étudiants trotskistes de l'OCI), le MAS (Mouvement d'Action Syndical) lors du Congrès de Nanterre de l'UNEF-Unité Syndicale. Son premier Président est Jean-Christophe Cambadélis membre de l'OCI.
On parle d'un Yalta étudiant, en effet, les mitterrandistes avaient rallié en 1978 l'UNEF-US, dans laquelle ils militaient au sein de la Tendance "Reconstruction Syndicale". Ils y avaient dissout le Cosef (Comité pour l'organisation du syndicat des étudiants de France). Ils s'appuyent alors sur la nouvelle UNEF-ID créée pour s'emparer des commandes de la MNEF alors aux mains des étudiants du CERES, lesquels militaient au sein de l'UNEF dite "Renouveau", proche des communistes.
La Charte de Paris adoptée lors de la réunification, inspirée de la Charte de Grenoble de 1946, définit les axes de travail prioritaires : la lutte en faveur de l'aide sociale étudiante, et contre la sélection à l'université.
L'un des premiers grands combats de l'UNEF-ID est l'obtention de l'abrogation de la loi Faure par la nouvelle majorité parlementaire issue des élections de 1981, loi qui sera remplacée par la loi Savary en 1984.
L'abrogation de la Loi Faure sera invoquée pour justifier la participation de la nouvelle UNEF-ID aux élections étudiantes et aux différents conseils dans les établissements universitaires.
Le retour au pouvoir de la droite cause des remous parmi les trotskistes du PCI. Des dissidents décident de rejoindre le Parti Socialiste. C’est notamment le cas des membre du bureau national de l’UNEF-ID proche du PCI. La direction du syndicat est donc changée puisqu’elle comporte désormais une majorité d’étudiants proche du Parti Socialiste. Mais localement, certaines AGE, notamment Nantes, Tours, Metz, Besançon, etc. refusent le changement de cap. L'UNEF-ID devient très vite le principal syndicat étudiant. Il triomphe lors du mouvement de 1986 en obtenant le retrait du projet de loi de réformes des universités du ministre Alain Devaquet. Le projet prévoyait une plus grande liberté accordée aux universités de choisir leurs étudiants (sélection), un allégement du cadre national des diplômes et la possibilité de moduler le montant des droits d'inscription.
La contestation, que tente d'encadrer l'UNEF-ID, a démarré de l'université Paris XIII de Villetaneuse, sous l'impulsion de l'AGE présidée par Isabelle Thomas, proche de Julien Dray , et s'étend au reste de la France. Le mouvement entre en résonance avec les protestations de SOS Racisme contre le ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Le 27 novembre, on comptait 600 000 manifestants. Lors de la répression brutale des manifestations du 5 décembre, un manifestant, Malik Oussekine, est tué par la police ; Alain Devaquet démissionne le lendemain et son projet est abandonné le 8 décembre. Le discrédit qui frappe alors le gouvernement ne sera pas sans rapport avec l'échec de Jacques Chirac à la présidentielle de 1988.
Mais au début des années 1990, l'UNEF-ID est concurrencée par des regroupements des associations étudiantes , principalement la FAGE puis PDE à partir de 1994. L'UNEF redevient aussi le théâtre d'une guerre fratricide de tendances, liées principalement au Parti Socialiste. Après le 73 congrès tenu à Clermont-Ferrand en 1993, l'UNEF-ID ne compte pas moins de neuf tendances : la Tendance Mouvement de la Jeunesse Scolarisée (TMJS) du président Philippe Campinchi, la Tendance Indépendance et Action issus d'une scission de la MJS, la Tendance Avenir (rocardienne), la TSOD (Tendance Sursaut Ou le Déclin, proche de Julien Dray et SOS Racisme), la PSG (proche de la LCR), la TUPI (Tendance Unitaire Pour l'Indépendance, avec des chevènementistes, des fabiusiens et des trotskistes du PCI), Jeune (proche de Génération écologie).
Lors du Congrès de 1994, on assiste à un renversement de majorité (défaite de la tendance pour une « Confédération de la Jeunesse Scolarisée » proches de Jean-Christophe Cambadélis). Les amis de Jean-Christophe Cambadélis se sont scindés en deux groupes. Celui mené par David Rousset, trésorier de l'UNEF s'allie avec les amis de Julien Dray rassemblés dans la "Tendance Sursaut ou Déclin". Ils s'allient aussi avec le petit groupe des étudiants proches de Laurent Fabius rassemblés dans la sensibilité DEMOS, il forme alors la Tendance Indépendance et Action. Avec le soutien des « rocardiens » de la tendance Reconstruire et des trotskistes, les proches de la Gauche Socialiste prennent alors la direction de l'UNEF ; le représentant de l'aile gauche Pouria Amirshahi est élu président. Rapidement, l'UNEF-ID reprend sa progression face à la FAGE et à PDE, alors que l'UNEF-Solidarité étudiante se délite. Dans sa réorganisation, elle est aidée par le mouvement de grève réussi de 1995 pour des moyens supplémentaires à l'université, qui partit des campus de Rouen puis de Metz s'étend vite à l'ensemble du pays. Le mouvement étudiant sera rejoint peu après par le mouvement des salariés contre la réforme de la Sécurité Sociale d'Alain Juppé. En 1996, l'UNEF-ID retrouve son leadership dans le monde étudiant qu'elle ne lâchera plus.
Cependant, de fortes tensions ont éclaté pendant le mouvement étudiant de 1995 entre la direction de l'UNEF-ID et la coordination nationale étudiante. Prenant parti pour la seconde, la direction de l'UNEF-ID de Montpellier-III est exclue et crée le Syndicat étudiant unitaire et laïque.
Le 24 juin 2001, une assemblée générale de « réunification du syndicalisme étudiant » se tient, et aboutit à la fusion de l'UNEF-ID, d'une partie de l'UNEF-SE sous le nom UNEF, reprenant ainsi la dénomination antérieure aux anciennes divisions. Quelques syndicats locaux de Sud Étudiant avaient déjà rejoint l'UNEF-ID lors du congrès de Paris qui avait eu lieu début mai. Ces sections ont principalement renforcé la tendance trotskiste de l'UNEF-ID qui change alors son nom de Tendance Unité et Démocratie (TUD) en Tendance Tous Ensemble (TTE).
Cette réunification permet à l'UNEF de conforter sa place de première organisation étudiante au sein du CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) et du CNOUS.
Certaines AGE de l'UNEF-SE qui refusent de participer à ce processus, qu'elles jugent bureaucratique, fonderont la Fédération syndicale étudiante.
En mars 2003 une des tendances de l'UNEF, la Tendance Syndicale quitte l'UNEF pour créer la Confédération Étudiante (Cé). Ce divorce est mené par Julie Coudry, ancienne membre du bureau national de l'UNEF et Sébastien Couderc, ancien élu UNEF au CNESER. Ces derniers estimaient avoir constaté une "radicalisation" de l'UNEF depuis sa réunification. Ils contestent aussi les forts liens entre l'UNEF et les courants du Parti Socialiste qui affaibliraient son action auprès des étudiants. La Cé a signé un contrat avec son partenaire : la CFDT.
L'UNEF reste cependant en 2004 la première organisation étudiante avec 5 élus sur 8 au CNOUS et 5 sur 11 au CNESER, devant la FAGE, PDE, l'UNI et les autres organisations sans élu national (FSE, SUD Étudiant, EMF, Confédération Étudiante…).
| Votants/participation | UNEF | FAGE | UNI | PDE | Cé / FEDER | SUD Étudiant | FSE | - align="center" | 1923 | nb de voix | 717 | 351 | 308 | 268 | 105 | 88 | 50 | - align="center" | 70,5% | Nb d'élus | 5 | 2(-1) | 2 | 2(+1) | 0 | 0 | 0 |
|---|
Fin 2004, l'UNEF s'associe avec FO Jeunes, la CGT, la FSU, la CFTC et l'UNSA afin d'informer les étudiants salariés sur leurs droits. À l'image du partenariat réalisé entre la Confédération étudiante et la CFDT mi-2003, elle développe un guide à l'intention des étudiants effectuant des travaux saisonniers et développe plusieurs autres guides à cette occasion.
En 2005, l'UNEF a participé au mouvement pour sauver la recherche en France (Analyses du projet de loi). Des états-généraux de l'enseignement supérieur ont aussi été organisé, ils ont débouché sur des propositions concrêtes de modifications de l'organisation de l'enseignement supérieur (Les 10 chantiers pour l'université de 3 millions d'étudiants)
L'UNEF s'engage contre l'adoption du Traité constitutionnel européen et appelle les étudiants à voter non au referendum du 29 mai 2005. Le traité est finalement rejeté par 55 % des Français, mais néanmoins approuvé, selon un sondage, par la majorité des étudiants puisque 54 % d'entre eux auraient voté oui.
Le 79 Congrès de l'UNEF s'est tenu à Reims du 1 au 4 décembre 2005.
Résultats proclamés lors du congrès national de l'UNEF à Reims en décembre 2005 :
Dès l'annonce du premier ministre Dominique de Villepin le 16 janvier 2006, l'UNEF (tout comme d'autres organisations étudiantes) s'est mobilisée pour obtenir le retrait du projet de Contrat Première Embauche. Membre de l'intersyndicale regroupant syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens.
Le président de l'UNEF, Bruno Julliard, est devenu ainsi une des figures du mouvement dans les médias. Cependant, de nombreuses universités ayant été bloquées ou perturbées grâce à la mobilisation de l'UNEF, celle-ci a choisi de donner la priorité à la mobilisation sur le CPE et a appelé au boycott des élections aux Conseils d'Administration des CROUS, maintenues par le ministre de l'éducation, Gilles de Robien. Ce maintien a été critiqué par l'UNEF (ainsi que par la Conférence des Présidents d'Université) du fait de la difficulté à organiser des élections dans les universités bloquées, fermées ou pertubées par la mobilisation, tout en maintenant leurs liste pour ces élections. Des étudiants mobilisés contre le CPE ont également en de nombreuses universités tenté de fausser les élections en pratiquant des bourrages ou des vols d'urnes, comme à Montpellier, Nancy, Tours, Poitiers ou encore à Nanterre.
Au milieu des années 1990, un petit groupe d'une quinzaine d'étudiants en droit de l'UNEF-ID de l'Université de Lille II prit en otage les représentants parisiens venus à Lille pour les élections du congrès national. Ce groupe égalitariste fondé en 1992, n'hésitant pas à employer des moyens non-conventionnels, militait contre le centralisme parisien et ce qu'il considérait comme la dérive droitière de l'UNEF-ID ; il marqua par ses positions les prémisses d'un renouveau maoïste au sein du mouvement étudiant.
Les positions du groupe de l'UNEF-ID Lille II s'articulaient autour des axes centraux suivants :
Une partie d'entre eux ont rejoint ensuite les NAC (noyaux autonomes pour le communisme) et certains ont participé à la fondation du PC(mlm) Parti communiste (marxiste-léniniste-maoïste).
L'Unef Montpellier, dont le président au milieu des années 50, Bernard Pons, est devenu ministre, est une des AGE les plus vieilles de France. Aux mains successives de différentes tendances (majo apolitique pendant la guerre d'Algérie), elle subit aussi la scission de 1971.
L'UGEM-UNEF, affiliée à l' UNEF-SE, se reconstitue au début des années 90 notamment dans les mouvements contre la Réforme Jospin, contre la remise en cause des Allocations logement (ALS) en 1993 et contre le SMIC-jeune (1994). D'année en année, le nombre d'adhérents augmente. Les étudiant-e-s de l' Université Paul Valéry seront avec celles et ceux de Rouen dans les premier-e-s à se mobiliser, en novembre 1995, contre le remplacement des bourses d'enseignement supérieur par des prêts bancaires, contre les retards dans le versement des Bourses, puis contre la Réforme Juppé (décembre 1995). Le Congrès national de l'UNEF se déroule en décembre 1995, à Montpellier : c'est la traduction d'une volonté nationale de s'appuyer sur des pratiques militantes de terrain, sur une AGE en pleine expansion.
Durant la période des années 90, l'UGEM-UNEF s'affirme comme la première force syndicale de l'Académie de Montpellier. D'un élu au Conseil d'administration du CROUS de Montpellier en 1991, l'UGEM-UNEF obtient 3 élus en 1994 et 1996 (Unef-ID : 2 élus ; FAGE : 2 élus). Elle est particulièrement active dans les Cités universitaires, avec de nombreux élus UNEF ou non syndiqués dans les Conseils de résidence. Elu au CROUS de Montpellier, Cyrille Bernardin, également membre du Bureau national, est élu en 1996 au CNOUS. En 1998, Diane Ligot, élue au CA du CROUS, sera élue au CNOUS. Elle sera la dernière élue "UNEF" avant la réunification.
En 1998, pour la première fois depuis de nombreuses années, l'UGEM-UNEF Sciences arrive en tête aux élections des conseils centraux (CA, CEVU, CS) à l'USTL-Montpellier II, met en place des actions, comme le TP-Thon ou contre le racisme. L'UGEM-UNEF Lettres, jusqu'en 2000, est la deuxième association représentant les étudiant-e-s dans les Conseils centraux de l'Université Paul Valéry (derrière la FAGE et devant l'Unef-id).
Ses présidents respectifs sont Eric Coustellier de 1991 à novembre 1994, Cyrille Bernardin de 1994 à 1996, Rémi Lacapère de 1996 à 1999 (?), puis Cédric Sudres, dernier président de l'UGEM-UNEF, qui rejoindra SUD-Étudiant en 2003.
La direction de l'UNEF-ID Montpellier est en 1971 issue de l'OCI (trotskiste-lambertiste). Elle le reste jusqu'en 1987, où suite aux événements de décembre 1986 contre la loi Devaquet des militants issus de la LCR prennent le contrôle du syndicat. Après un bref retour des lambertistes (91-93), c'est depuis les militants proches du groupe "nouvelle gauche" (majoritaire au sein du Mouvement des Jeunes Socialiste et animant au sein du syndicat la sensibilité syndicalisme pour l'égalité) qui dirigent l'UNEF-ID Montpellier (aujourd'hui l'UNEF Montpellier). Ses présidents successifs, depuis 1993, ont été Jérôme Favre, Emmanuel Reynaud, Yvan Nosbe (1994-1995), Michaël Delafosse, actuel président de la LMDE, (1995-1998), Benjamin Cros (1998-2000), Laurent Pourot (2000-2002), Johanna Bismuth (2002-2004), Guilhem Ressouche (2004-2006) et Azwaw Djebara (depuis 2006).
Depuis 1993, l'Unef-ID Montpellier a connu des hauts et des bas : une scission intervient en 1995 avec la création du SEUL, puis le congrès de l'UNEF-ID s'y déroule en 1997 symbolisant la réussite de l'AGE, bientôt en proie à des débats internes vifs avec la TPAS et la TUD. Durant son histoire mouvementée "Unef-ID Montpellier" a connu des hauts et des bas. Tantôt repliée sur son bastion du campus de l'Université Paul Valéry, elle réétend ses activités, durant ses périodes de croissance, aux autres sites universitaires. Actuellement en forte expansion elle est présente au centre universitaire de Nîmes (depuis septembre 2003), à l'UFR de droit (depuis novembre 2003), l'UFR sciences et l'IUT (depuis avril 2005), le centre universitaire Du Guesclin à Béziers (depuis avril 2006).
Du point de vue de sa représentativité, l'UNEF réunifiée est la première force représentative au centre universitaire de Nîmes et au CROUS de Montpellier, dont le vice-président étudiant, Nicolas Anoto, est issu de l'UNEF. Mais elle n'a que peu d'élus à l'Université Montpellier 1 (droit, santé) et Montpellier II (sciences). Son organisation est basée depuis avril 2006 sur les bases suivantes: un président, un secrétaire général et un trésorier qui coordonne les activités du syndicat dans les départements de l'Herault et du Gard, des responsables de C.A.S. (Montpellier I, Montpellier II et III, Nîmes et Béziers), qui déclinent les orientations sur les sites universitaires), des commissions thématiques (universitaire, CROUS, FERUF), pour définir le projet de l'Unef, ses propositions dans les conseils et sur le terrain.
L'organe souverain de l'UNEF est le Congrès National qui se réunit tous les deux ans (le dernier a eu lieu à Reims en Décembre 2005). Les délégués qui composent le Congrès sont élus par les congrès locaux, qui ont lieu dans chaque AGE avant le Congrès National, à la proportionnelle des scores réalisés par les textes d'orientation proposés par les tendances. C'est par ailleurs le congrès local qui élit la direction de l'AGE. Le Congrès National élit ensuite une Commission Administrative à la proportionnelle des différentes tendances. C'est cette Commission Administrative qui élit le Bureau National, où siègent le Président, le Secrétaire Général et le Trésorier National de l'UNEF. Entre deux Congrès Nationaux, c'est le Collectif National (composé de la Commission Administrative et des Présidents d'AGE) qui fait office de "parlement" du syndicat en applicant l'orientation adoptée en Congrès.
Syndicat étudiant français | Union nationale des étudiants de France
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