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On appelle III Reich l'État allemand dirigé par Adolf Hitler lorsqu'il fut parvenu au pouvoir et l'eut monopolisé. Hitler était chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, connu par ses initiales en allemand NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiter Partei). Le mot nazisme (en allemand Nazismus) est un acronyme représentant la doctrine définie par Hitler et le régime politique qu'il dirigea ; il est tiré de lettres du nom de cette doctrine, devenu nom du parti : nationalsozialismus.

Ce régime dura douze ans (élections de 1933 - 8 mai 1945). La propagande le destinait à durer « mille ans ». De fait, la République de Weimar ne fut jamais abrogée par les nazis.

Aspects juridiques


L'inspiration de la dénomination « III Reich » mérite des développements détaillés dans la mesure où elle a des implications, voulues par Hitler, jusque dans l'histoire de France.
Le mot allemand Reich signifie « domaine », « empire ». Il est utilisé dans des mots tels que Königreich : « royaume » ou « domaine d'un roi » (König), Frankreich : « la France » ou « domaine des Francs » ou Österreich : « l'Autriche » ou « empire de l'Est » (Ost).
La dénomination « III Reich » fait référence en premier lieu au Saint Empire romain germanique qui serait, par comput inverse, le « I Reich ». En allemand, Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation, « Saint-Empire romain de (en) nation allemande » : la traduction française « officielle » dès le départ historique était et reste connotée politiquement pour amputer la portée romaine antique-européenne de la titulature. Napoléon I, en 1806, n'avait pas pu abolir cet empire puisque l'empereur François II l'avait devancé en « déposant le titre impérial » ; pour dissoudre l'empire, Napoléon aurait dû d'abord « relever le titre », ce qui avait dû paraître politiquement inconcevable, et les choses en étaient restées là. Cet empire, en raison de l'acte conservatoire de François II, dès lors subsiste toujours de manière ininterrompue en droit international comme sujet de droit, certes actuellement dépourvu d'organes, selon la jurisprudence constante de la Cour constitutionnelle de l'Allemagne actuelle à Karlsruhe.
La dénomination « III Reich » fait référence en second lieu à l'Empire allemand proclamé en 1871 dans la Galerie des Glaces de Versailles (Guillaume I et Otto von Bismarck), qui serait le « II Reich » mais dont l'intitulé officiel était, cependant, Deutsches Reich, « Empire allemand », bien loin de la titulature du précité Saint-Empire romain, et de la portée de celle-ci, en tout cas dans sa version originale en langues allemande ou latine, lesquelles seules font foi à cet égard.
La dénomination « III Reich » était donc purement politique, de propagande, et totalement dénuée de fondement juridique — plus encore, en contradiction juridique formelle avec l'acte conservatoire de François II : la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de l'Allemagne actuelle, constatant la continuité ininterrompue de la personnalité juridique du Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation sans contestation de la part d'aucune chancellerie actuelle, a pour portée le néant de toute espèce de légitimité de la titulature même du régime ultérieur, ainsi ramené de fait et de droit purement et simplement à son caractère hitlérien.

Économie sous le Troisième Reich


Dès l'origine, l'économie du Troisième Reich s'est orientée vers la remilitarisation de l'Allemagne, puis la préparation de la guerre.

À partir de 1941, l'État-major SS a entériné le programme d'exploitation de travailleurs forcés et de prisonniers de guerre, dans des conditions extrêmes pour les dits « travailleurs ». Très fréquemment, ces travaux étaient d'ailleurs simplement une manière « économiquement efficace » de liquider les ennemis du régime en maximisant leur utilité économique. Littéralement, on les tuait à la tâche. Le camp Auschwitz-Birkenau n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Les entreprises IG Farben, Krupp, BMW, Mercedes-Benz, Volkswagen ont toutes participé à ce système, mais également des entreprises étrangères, telles Fordwerke, filiale allemande du groupe Ford, et Opel, filiale du groupe General Motors. Henry Ford notamment participa activement à la constitution de l'arsenal de la Wehrmacht avant l'entrée en guerre de l'Allemagne, et accepta en 1939, la même année que Mussolini, la plus grande décoration que Hitler pouvait décerner à un étranger, la Grande Croix de l'Ordre de l'Aigle Germanique.

Évolution du chômage lors du III Reich

Adolf Hitler avait résolu le problème du chômage par une économie de plein emploi mais pour une proportion importante dans l'armement et par la xénophobie. Il y avait 3 500 000 chômeurs en 1930, alors qu'il n'y en avait plus que 200 000 en 1938 (soit 17,5 fois moins).

En comparaison avec les États-Unis ou l'Angleterre, ces chiffres sont très flatteurs, sur le papier. Mais, outre le surendettement de l'État qu'impliquait la politique de militarisation et de plein emploi, il faut ajouter que :

« Cette performance apparente fut obtenue au moyen de mesures de plus en plus attentatoires aux libertés. Ainsi, le 22 juin 1938, une ordonnance ouvrit le droit pour les autorités de réquisitionner la main-d'œuvre pour une tâche précise. Le 1939, c'est la fin de toute liberté en matière de choix d'un emploi. La militarisation de la classe ouvrière s'était esquissée dès avant la guerre. La ligne Siegfried (Westwall ou « mur de l'ouest ») fut construite au moyen de la réquisition de 400 000 ouvriers (22 juin 1938). » (Source : Alfred Wahl, L'Allemagne de 1918 à 1945, Paris, Armand Colin, 1993, ISBN 2-200-21338-7 - page 136)

À cela, s'ajoute le fait que l'indice des salaires (100 en 1932) était retombé à 97 en 1938. En 1937, le niveau des salaires était à peu près celui de 1929. À partir de juin 1938, les salaires sont fixés d'autorité. De plus, en raison de la conception que les nazis avaient de la femme (les 3 K : Kirche, Kinder, Küche en français « église, enfants, cuisine »), celles-ci furent peu à peu cantonnées à leur rôle traditionnel. (Du moins si leurs caractéristiques raciales le leur permettaient : jusqu'en 1945 200 000 femmes furent stérilisées). Dès 1933, les femmes sont poussées hors de la fonction publique, ne peuvent plus être directrices dans l'enseignement, n'ont plus le droit d'être avocates, ni juges. Les ouvrières sont poussées vers l'agriculture. Les ouvrières célibataires de moins de 25 ans furent ainsi contraintes à faire une année dans les champs. 1,3 million femmes supplémentaires furent employées dans l'agriculture entre 1933 et 1939. La politique vis-à-vis des femmes s'est cependant un peu assouplie à l'appproche de la guerre. (Source : Alfred Wahl, L'Allemagne de 1918 à 1945, op. cit.)

Expansionnisme nazi


Les fondements idéologiques
La justification de l’expansionnisme nazi se trouve dans Mein Kampf et le pangermanisme. Les Allemands auraient besoin d’un espace vital (Lebensraum en allemand) pour survivre et celui-ci doit être annexé à l’est du pays. Selon Hitler, la réunification du « sang allemand » est un impératif moral, même si cette communauté se révélait nuisible sur le plan économique.

Considérant les Slaves comme une race inférieure (des « sous-hommes », Untermenschen), le projet nazi est de conquérir l’Europe orientale et de réduire ses populations en esclavage. La Pologne, qui abrite une large population juive, est particulièrement visée par le Troisième Reich. Hitler revendique des territoires qui étaient allemands avant la Première Guerre mondiale. Il invoque la communauté de sang et de culture pour annexer d'abord l’Autriche, puis les Sudètes en 1938. Le régime nazi se réclame du fascisme défini par Mussolini comme un régime militariste et anti-pacifiste. Enfin, Hitler dénonce constamment le traité de Versailles, imposée à l’Allemagne en 1919, et se met à le bafouer ouvertement.

Vers la guerre
Le Führer prépare la société allemande à la guerre : dans les Jeunesses hitlériennes, organisations obligatoires pour les adolescents, l’entraînement physique et moral doit former des hommes nouveaux, courageux jusqu’à l’extrême et capables de tuer sans éprouver la moindre pitié. Habillés en uniformes, les jeunes allemands apprennent à être fidèles à Hitler. L’économie est militarisée et tournée vers la production d’armes. Hitler prend lui-même le commandement de l’armée en 1938. Le régime nazi viole une par une les clauses du traité de Versailles. En 1936, il remilitarise la Rhénanie. En 1938, il réunit l’Autriche et l’Allemagne par l’Anschluss. Après les accords de Munich, le Royaume-Uni et la France laissent Hitler s’emparer des Sudètes.

Les deux pays sont mis devant le fait accompli lorsque la Bohême-Moravie, Memel et Dantzig sont annexés en 1939.

Les réactions des démocraties
À la fin des années 1930, les démocraties européennes sont dans une situation difficile. La SDN n’a pas de réel pouvoir et les États-Unis sont isolationnistes. Une grande partie de l’Europe est aux mains de dictatures (Espagne, Portugal, Autriche, …) fascistes (Italie) ou communistes (URSS). L’Allemagne a conclu une série d’alliances qui la renforce (Axe Rome-Berlin puis pacte d'Acier avec l’Italie, enfin, en août 1939, pacte germano-soviétique avec l’URSS). La France et le Royaume-Uni sont isolées et vivent dans le spectre de la Grande Guerre.

Malgré l’alliance qui les unit à la Tchécoslovaquie, la France et l’URSS se gardent bien d’intervenir lorsque Hitler déclarent son intention de rattacher les Sudètes. Les accords de Munich de 1938 marquent l'ultime tentative de conciliation des démocraties devant les prétentions territoriales nazies : elles laissent Hitler s’emparer des Sudètes en octobre 1938.

Lorsque les armées allemandes pénètrent en Pologne, elles ne peuvent plus reculer et doivent déclarer la guerre. Toutefois, faisant preuve de lâcheté, les démocraties n'entreront pas en Allemagne alors qu'elles auraient pu mettre fin à la guerre en 1939, elles préfèreront attendre d'être attaquées sur leur terrain plutôt que de respecter leurs engagements.

Voir aussi


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Sources


  • Pierre Ayçoberry, La société allemande sous le III Reich, 1933-1945, Éditions du Seuil, coll. Points Histoire, 1998.
  • Alfred Wahl, L'Allemagne de 1918 à 1945, Armand Colin, coll. Cursus Histoire, 2001.

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