Le traité de Paris de 1229 met fin au conflit albigeois opposant le Royaume de France au comté de Toulouse. Il scelle aussi le sort de l'autonomie occitane vis à vis du Royaume de France.
Raymond VII, comte de Toulouse se voit contraint de prêter allégeance au roi de France Louis IX.
De plus, il doit céder près de la moitié de son territoire, principalement les anciennes vicomtés de Trencavel. Les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne seront données au Royaume de France et le marquisat de Provence (connu plus tard sous le nom de Comtat Venaissin) sera cédé au Saint-Siège. Le comté de Toulouse perd ainsi les territoires actuels du Gard, de l'Hérault, de la Drôme, du Vaucluse et de l'Aude. Il conserve l'Agenais, le Rouergue, le nord de l'Albigeois et le bas Quercy (ce qui représente actuellement la Haute-Garonne, l'Aveyron, le Tarn et le Tarn-et-Garonne).
Ce traité prévoit également le mariage de Jeanne de Toulouse (fille et seule héritière de Raymond VII) avec l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, ce qui permet à plus ou moins brève échéance de rattacher les territoires restants du comté de Toulouse au royaume de France.
Pour couper court à toute révolte, il est également imposé à Raymond VII de démanteler les fortifications de plusieurs villes et châteaux, dont celui de Toulouse.
Enfin, le comte s'engage à fonder une université pour lutter contre l'hérésie et à verser diverses sommes en réparation à l'Église. Parmi ces dernières, il devait effectuer le paiement des maîtres de l'Université de Toulouse pendant 10 ans.
Non seulement le comté de Toulouse cède la moitié de ses territoires, mais ceux qui restent seront hérité par Jeanne de Toulouse et son époux Alphonse de Poitiers. Le couple n'aura pas d'enfants. En 1271, à la mort d'Alphonse, ces territoires sont rattachés au royaume de France. De plus, la cession des territoires dépossède certains chevaliers de leurs terres au profit de vassaux du roi de France. Ils seront appelés les chevaliers faydits et se rangeront plus tard au côté des cathares pour lutter contre le roi de France et l'Inquisition (qui verra le jour deux ans plus tard).
Le marquisat de Provence sera en réalité conservé par Alphonse de Poitiers jusqu'à sa mort, le royaume de France rechignant à céder ce territoire pourtant dû à l'Église selon les termes du traité. Cette dernière n'en prendra possession qu'en 1274.
En avril 1229, Louis IX signe un texte parlementaire obligeant les vassaux occitans qui lui ont prété allégeance à s'impliquer dans la lutte contre les hérétiques cathares. Raymond VII n'a donc plus d'autre choix que de mettre ses forces au service du roi pour le seconder dans cette tâche. Désormais, les refuges pour les hérétiques se font rares. Ils sont contraints de se replier sur les premiers contreforts des Pyrénées.
Les termes du traité qui sont très durs et qui lient les mains du dernier des comtes de Toulouse issus de la maison de Saint-Gilles peuvent apparaître comme une défaite cuisante pour ce dernier. Pourtant, ce traité reconnaît aussi sa position officielle de Comte de Toulouse qu'il avait perdu au profit de Simon IV de Montfort en 1216. Par ailleurs, Raymond VII n'a jamais appliqué à la lettre toutes les clauses du traité, ce qui lui valut par la suite plusieurs excommunications de la part de l'Église. D'autre part, il a conservé une position ambigüe face à l'hérésie cathare et au Royaume de France.
Traité de l’histoire de France | 1229 | Formation territoriale de la France | Vertrag von Paris (1229)
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"Traité de Paris (1229)".
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