La toxicomanie est une manie qui se traduit par une prise répétée et excessive de toxiques (analgésiques et/ou psychotropes) sans justification thérapeutique.
Aujourd'hui, le terme a rejoint celui de dépendance et d'addiction parce que sa connotation psychiatrique (manie = folie) est pour certains trop marquée. Il est donc moins utilisé.
Comme pour les dépendances et les addictions, il comprend maintenant toute sorte de conduites : l'alcoolisme, le tabagisme, la cocaïnomanie, l'héroïnomanie et la morphinomanie entre autres.
Selon l'OMS, la définition stricte de la toxicomanie correspond à quatre éléments :
Des spécialistes comme par exemple Claude Olievenstein décrivaient alors deux modes de consommation.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-14.html
Dans les faits, les usagers qui sont considérés comme « à problèmes » sont ceux dont la consommation induit une rencontre avec les systèmes publiques sanitaire, social ou judiciaire.
Pour le tabac, la dépendance peut s'évaluer selon des critères comme les quantités consommées et le laps de temps observé entre le réveil et la première cigarette.
Pour l'alcool, la consommation problématique est estimée en fonction d'une norme de l'OMS fixant la consommation quotidienne sans danger pour la santé à trois verres d'alcool standard par jour pour les hommes et deux pour les femmes.
Quand aux drogues illicites, c'est l'héroïne qui pose le plus souvent une consommation problématique nécessitant une prise en charge sanitaire et sociale de l'usager.
En France, on estime que le nombre de nouveaux patients traités par an est de 55 000 pour le tabac, 43 000 pour l'alcool et 34 000 pour la toxicomanie.http://www.drogues.gouv.fr/fr/professionnels/etudes_recherches/drogues_dependances2005/synhese.pdf
La toxicomanie varie selon une triade qui comprend les produits consommés, la personne qui les consomme, ses particularités et ses éventuelles prédispositions et l'environnment social dans lequel cette consommation s'effectue.
Jusqu'aux années 1968 la toxicomanie au sens où on l'entendait était surtout le fait de milieux artistiques, médicaux, paramédicaux et parfois sociaux, par exemple l'opium chez des ouvrier anglais pour les aider à surmonter leur fatigue.
Les drogues qui sont aujourd'hui les plus meurtrières sont:
Mais le problème majeur lié à la toxicomanie est celui de l'injection intraveineuse qui même si elle est en régression depuis les années 1990 continue d'être un vecteur de propagation notamment du VIH et l'hépatite C.
D'une part, les effets provoqués par l'usage de drogues qui modifient la perception de la réalité interne et altèrent donc les échanges avec la réalité extérieure.
D'autre part, dès que s'installe un phénomène de dépendance, l'usager place en priorité la recherche de drogue, réduisant de fait ses relations sociales pour ne les limiter qu'au milieu de la drogue et se couper progressivement de son environnement extérieur. Ce phénomène est un des principal obstacle au sevrage puisque l'usager doit non seulement surmonter sa dépendance mais aussi retisser des liens sociaux.
Cette délinquance s'exprime par la revente de drogues, par des vols (avec ou sans effraction, avec ou sans violence) et par la prostitution.
Aux États-Unis, des études ont montré que 80% de la population carcérale a fait usage de drogues avant son incarcération, que près de 30% de cette population avait commis ses délits sous l'influence de ces produits tandis que 20% de cette population reconnaît avoir agi pour se procurer de la drogue. Drogues illicites et délinquance : regard sur les travaux nord-américains, Tendances, novembre 2001, OFDT
En Angleterre, en 1998, une étude a établi que 11% des 16-20 ans arrêtés pour un délit non lié à la drogue étaient testés positifs aux opiacés alors que dans les statistiques globales de la population seulement 1,5% des 16-20 ans sont des expérimentateurs d'opiacés.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html#toc245
En France, une première étude menée en 1991 dans le arrondissement de Paris indiquait que 13% des délinquants étaient héroïnomanes. La même étude menée en 1997 au nord de Paris indiquait que 4% des délinquants étaient héroïnomanes. La différence entre ces 2 chiffres peut peut-être s'expliquer par la mise en oeuvre des programmes de réduction des risques.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html
Différentes hypothèses viennent expliquer cette prévalence.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html Le modèle « économico-compulsif » avance que c'est l'addiction qui pousse vers des activités criminelles pour subvenir à la consommation. Cette hypothèse de la délinquance comme source de revenu et donc comme conséquence de l'usage, concerne principalement les drogue dites « dures ». Une autre hypothèse vise les effets des drogues dont l'action désinhibitrice conduirait à des comportements délictueux. Une hypothèse s'appuie sur l'explosion des vols à main armée en 1982, lorsque l'Espagne a dépénalisé l'usage, pour justifier des liens entre grand banditisme et drogues.
Cf. Traitements de l' addiction
En 2002, le rapport de l'OFDT conclut à l'absence de lien significatif entre le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle ou le revenu du ménage d'une part, et la consommation de drogue d'autre part.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-14.html
Toxicologie | Dépendance | Trouble induit par une substance
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