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La toxicomanie est une manie qui se traduit par une prise répétée et excessive de toxiques (analgésiques et/ou psychotropes) sans justification thérapeutique.

Aujourd'hui, le terme a rejoint celui de dépendance et d'addiction parce que sa connotation psychiatrique (manie = folie) est pour certains trop marquée. Il est donc moins utilisé.

Comme pour les dépendances et les addictions, il comprend maintenant toute sorte de conduites : l'alcoolisme, le tabagisme, la cocaïnomanie, l'héroïnomanie et la morphinomanie entre autres.

Selon l'OMS, la définition stricte de la toxicomanie correspond à quatre éléments :

  • Une envie irrépressible de consommer le produit (Voir l'article détaillé addiction);
  • une tendance à augmenter les doses (Voir l'article détaillé tolérance);
  • une dépendance psychologique et parfois physique ;
  • des conséquences néfastes sur la vie quotidienne (émotives, sociales, économiques).

Consommation problématique


Si le cliché présente généralement le toxicomane comme principalement motivé par l'autodestruction, dès 1978 le rapport Pelletier (groupe de travail chargé d'établir le premier rapport officiel sur la loi française de 1970 relative aux stupéfiants) différenciait les usagers occasionnels des usagers problématiques, mettant en exergue que bien plus que le produit, ce sont avant tout des facteurs d'ordre psychologique ou social qui déterminent la toxicomanie.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-129.html#toc1240

Des spécialistes comme par exemple Claude Olievenstein décrivaient alors deux modes de consommation.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-14.html

  • Une consommation dite « festive » ou « récréative » ou parfois « de performance » qui concernerait plutôt une population surtout jeune et issue de tous les milieux où la consommation serait induite par le plaisir, la curiosité ou par un effet de groupe.
  • Une consommation dite « problématique » désignée par le terme toxicomanie qui concernerait une population ayant des difficultés préalables à la consommation de drogue et pour laquelle cette consommation serait induite par le mal-être.

Dans les faits, les usagers qui sont considérés comme « à problèmes » sont ceux dont la consommation induit une rencontre avec les systèmes publiques sanitaire, social ou judiciaire.

Pour le tabac, la dépendance peut s'évaluer selon des critères comme les quantités consommées et le laps de temps observé entre le réveil et la première cigarette.

Pour l'alcool, la consommation problématique est estimée en fonction d'une norme de l'OMS fixant la consommation quotidienne sans danger pour la santé à trois verres d'alcool standard par jour pour les hommes et deux pour les femmes.

Quand aux drogues illicites, c'est l'héroïne qui pose le plus souvent une consommation problématique nécessitant une prise en charge sanitaire et sociale de l'usager.

En France, on estime que le nombre de nouveaux patients traités par an est de 55 000 pour le tabac, 43 000 pour l'alcool et 34 000 pour la toxicomanie.http://www.drogues.gouv.fr/fr/professionnels/etudes_recherches/drogues_dependances2005/synhese.pdf

Mécanisme


La toxicomanie est motivée soit par le besoin de conduites à risques, soit par un état de tension psychologique intense qu'elle est censée soigner, l'un succédant parfois à l'autre.

La toxicomanie varie selon une triade qui comprend les produits consommés, la personne qui les consomme, ses particularités et ses éventuelles prédispositions et l'environnment social dans lequel cette consommation s'effectue.

Contexte historique


C'est après la guerre du Viet-Nam que le phénomène s'est amplifié aux États-Unis pour devenir un problème majeur de santé, qui s'est encore trouvé amplifié par l'appartion des virus du SIDA et de l'Hépatite C et B pour ceux qui pratiquent les injections ou même les inhalations dans certains cas.

Jusqu'aux années 1968 la toxicomanie au sens où on l'entendait était surtout le fait de milieux artistiques, médicaux, paramédicaux et parfois sociaux, par exemple l'opium chez des ouvrier anglais pour les aider à surmonter leur fatigue.

Conséquence sanitaire


Outre les effets sur la santé mentale, la toxicomanie a des effets physiques pouvant aller jusqu'à la mort, ces effets différant toutefois selon le produit. Il convient par exemple de souligner que les toxicomanes ont 5 à 10 fois plus de risques de décéder par rapport à une population équivalente et non consommatrice.http://www.drogues.gouv.fr/fr/professionnels/etudes_recherches/drogues_dependances2005/synhese.pdf

Les drogues qui sont aujourd'hui les plus meurtrières sont:

  • le tabac, qui provoquerait plus de 4 millions de morts par an dans le monde (soit 62 morts pour 100 000 habitants, 1 mort toutes les 8 secondes), dont 60 000 en France (97 pour 100 000 habitants)
  • L'alcool, qui provoque au moins 750 000 morts par an (environ 12 pour 100 000 habitants), dont 45 000 en France (73 pour 100 000 habitants). Cependant, selon l'Observatoire mondial des drogues dans son dernier rapport en 1999, la consommation d'alcool baisse régulièrement en France depuis 60 ans alors que celle des drogues illicites augmente régulièrement depuis 30 ans. Il convient de souligner que cette baisse de la consommation d'alcool concerne surtout les adultes, puisqu'à l'inverse chez les adolescents et les jeunes, la consommation d'alcool augmente depuis 2000.http://www.drogues.gouv.fr/fr/professionnels/etudes_recherches/drogues_dependances2005/ch1_conso_produits.pdf

Mais le problème majeur lié à la toxicomanie est celui de l'injection intraveineuse qui même si elle est en régression depuis les années 1990 continue d'être un vecteur de propagation notamment du VIH et l'hépatite C.

Risque de désocialisation

Ce risque est lié à deux facteurs.

D'une part, les effets provoqués par l'usage de drogues qui modifient la perception de la réalité interne et altèrent donc les échanges avec la réalité extérieure.

D'autre part, dès que s'installe un phénomène de dépendance, l'usager place en priorité la recherche de drogue, réduisant de fait ses relations sociales pour ne les limiter qu'au milieu de la drogue et se couper progressivement de son environnement extérieur. Ce phénomène est un des principal obstacle au sevrage puisque l'usager doit non seulement surmonter sa dépendance mais aussi retisser des liens sociaux.

Délinquance

Il existe une prévalence supérieure dans la délinquance de la part des usagers de drogues, et surtout chez les usagers de drogue dites « dures » (héroïne et cocaïne) ; cette constatation ne permet cependant pas de déterminer si la consommation de drogue est une conséquence ou une cause.

Cette délinquance s'exprime par la revente de drogues, par des vols (avec ou sans effraction, avec ou sans violence) et par la prostitution.

Aux États-Unis, des études ont montré que 80% de la population carcérale a fait usage de drogues avant son incarcération, que près de 30% de cette population avait commis ses délits sous l'influence de ces produits tandis que 20% de cette population reconnaît avoir agi pour se procurer de la drogue. Drogues illicites et délinquance : regard sur les travaux nord-américains, Tendances, novembre 2001, OFDT

En Angleterre, en 1998, une étude a établi que 11% des 16-20 ans arrêtés pour un délit non lié à la drogue étaient testés positifs aux opiacés alors que dans les statistiques globales de la population seulement 1,5% des 16-20 ans sont des expérimentateurs d'opiacés.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html#toc245

En France, une première étude menée en 1991 dans le arrondissement de Paris indiquait que 13% des délinquants étaient héroïnomanes. La même étude menée en 1997 au nord de Paris indiquait que 4% des délinquants étaient héroïnomanes. La différence entre ces 2 chiffres peut peut-être s'expliquer par la mise en oeuvre des programmes de réduction des risques.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html

Différentes hypothèses viennent expliquer cette prévalence.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-17.html Le modèle « économico-compulsif » avance que c'est l'addiction qui pousse vers des activités criminelles pour subvenir à la consommation. Cette hypothèse de la délinquance comme source de revenu et donc comme conséquence de l'usage, concerne principalement les drogue dites « dures ». Une autre hypothèse vise les effets des drogues dont l'action désinhibitrice conduirait à des comportements délictueux. Une hypothèse s'appuie sur l'explosion des vols à main armée en 1982, lorsque l'Espagne a dépénalisé l'usage, pour justifier des liens entre grand banditisme et drogues.

Effet sur la santé mentale

Les drogues agissent selon des mécanismes subtils qui ne sont pas tous éclaircis, ils ont notamment des effets sur le cerveau, plus précisément sur le néocortex, dont on pense qu'il est le siège de la pensée consciente et de l'assimilation des expériences, et sur le système limbique, où sont localisés les sentiments, les émotions et les "états d'âme". L'usage régulier et excessif de drogues peut parfois induire différents troubles du conduites qui différent en fonction du produit, les toxicomanes pouvant devenir agressifs, violents (usage de drogues dites « dures ») ou au contraire apathiques (usage de cannabis).

Traitements des toxicomanies


Cf. Traitements de l' addiction

Statistique


La consommation de produits psychotropes concerne plutôt les hommes que les femmes sauf dans le cas du tabac où l'écart est moins net et dans le cas des médicaments psychotropes où les femmes sont plus concernées que les hommes. Cette consommation est aussi liée à l'âge et va généralement en diminuant à mesure que l'âge avance.

France

En 2003, on comptait 13,1 millions d'usagers réguliers d'alcool, 13 millions d'usagers réguliers du tabac, 3,8 millions d'usagers des médicaments psychotropes et 850 000 usagers de cannabis ; quant aux autres produits leur consommation reste marginale à l'échelle de la population française.http://www.drogues.gouv.fr/fr/professionnels/etudes_recherches/drogues_dependances2005/ch1_conso_produits.pdf

En 2002, le rapport de l'OFDT conclut à l'absence de lien significatif entre le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle ou le revenu du ménage d'une part, et la consommation de drogue d'autre part.http://www.senat.fr/rap/r02-321-1/r02-321-14.html

Bibliographie


ISBN 2130370098

Notes


Voir aussi


Articles connexes

Liens externes

Toxicologie | Dépendance | Trouble induit par une substance

Narkoman | Drug addiction | Toxicomanía | Tossicodipendenza | Narkomania | Наркомания | Наркоманія

 

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