Les Tokelau sont un archipel de trois îles polynésiennes du Pacifique, sous souveraineté néo-zélandaise.
L'État de Tokelau fait partie intégrante de la Nouvelle-Zélande, tout en étant doté d'un statut particulier et d'un système juridique autonome. C'est un «territoire associé à la Nouvelle-Zélande», un statut similaire à celui de l'île Niué et des îles Cook.
D'abord partie de la colonie britannique des îles Gilbert et Ellice, sous le nom d'îles de l'Union depuis 1916, elles sont transférées administrativement de facto à la Nouvelle-Zélande en 1925 pour devenir officiellement un territoire néo-zélandais en 1949 sous l'ancien nom de Tokelau.
Bien que des preuves archéologiques indiquent que les atolls des Tokelau ont été occupés il y a environ 1 000 ans, les traditions orales et les généalogies reconstituées font remonter l'occupation à seulement quelques centaines d'années. Les trois atolls vivaient de façon assez indépendante les uns des autres tout en maintenant une grande cohésion sociale et linguistique. La société des Tokelau était dominée par des clans de chefs traditionnels (les aliki polynésiens) et il y a eu à la fois des escarmouches nombreuses et des mariages inter-îles. Fakaofo (608hab) a eu une légère prédominance sur Atafu (421hab) et Nukunoni (376hab). La vie sur les atolls était basée sur la subsistance, notamment le poisson et la noix de coco. Il n'y a pas de sol dans ces atolls et les fruits et les légumes ne sont pas disponibles.
Les premiers contacts avec les Européens apportèrent des changements importants dans la société des Tokelau. Les navires apportèrent de nouvelles nourritures, des vêtements, des outils ainsi que la connaissance de nouveaux modes de vie. Dans les années 1850, des missionnaires catholiques et protestants (de la London Missionary Society), introduisirent la chrétienté qui fut adoptée par tous. Actuellement, la majorité de la population d'Atafu est congrégationnaliste et la plupart des habitants de Nukunonu sont catholiques. À Fakaofo, 70 % sont protestants et le restant sont catholiques.
Vers 1860, les navires péruviens cherchant de la main d'œuvre forcée pour les mines du Pérou, visitèrent les trois atolls, et forcèrent 253 hommes valides à se rendre au Pérou, soit la quasi totalité de la population active masculine. La variole et la dysenterie décimèrent ces travailleurs forcés et très peu (une vingtaine) revinrent aux Tokelau. Avec la perte de ces hommes et de nombreux chefs, les Tokelau se reportèrent sur des conseils des anciens, les Taupulega afin de mieux gouverner les îles. Sur chaque île, les familles étaient représentées individuellement au sein du Taupulega.
Les Tokelau passèrent sous protectorat britannique en 1877 (notamment pour les protéger des navires étrangers), statut qui fut formalisé en 1889. Les îles de l'Union (Union Islands) furent annexées en 1916 et incluses dans la colonie des îles Gilbert et Ellice. Il n'y a jamais eu de présence administrative résidentielle aux Tokelau, et du coup, l'administration y a toujours été légère, sans provoquer de changements substantiels dans la vie des atolls. La souveraineté formelle a été transférée à la Nouvelle-Zélande par le Tokelau Act de 1948 qui rétablit l'ethnonyme. Bien que les Tokelau furent déclarées faire partie de la Nouvelle-Zélande à partir du 1949, elles gardèrent leur culture distincte et leur système à part.
Depuis les trois dernières décennies, les Tokelau ont progressé vers une plus large autonomie. Il existe désormais un corps législatif national et un conseil exécutif. Un pouvoir judiciaire local existe ainsi que des services publics. Des navires et des télécommunications locales permettent à l'archipel d'être relié.
En ce qui a trait à l'appartenance religieuse, les insulaires sont de confession chrétienne: 70 % appartiennent à l'Église chrétienne congrégationnaliste (surtout à Atafu), 28 % sont des catholiques romains (Nukunonu) et 2 % sont d'une autre confession. L'île de Fakaofo abrite les deux confessions religieuses importantes. En raison des ressources naturelles très limitées et de la surpopulation (145 pers./km²), les insulaires ont tendance à quitter l'archipel pour s'installer à la Nouvelle-Zélande.
Le 27 janvier 1994, les pouvoirs de l'administrateur des Tokelau qui détenait le pouvoir exécutif du gouvernement des Tokelau, ont été délégués au General Fono (assemblée générale). En juin 2004, ils ont été transférés aux trois conseils villageois qui sont désormais chargés de tous les services publics de leur atoll. Le Tokelau Amendment Act voté par le Parlement néo-zélandais en 1996 et qui est entré en vigueur le de cette année, a attribué au General Fono les pouvoirs pour légiférer pour la paix, l'ordre et le bon gouvernement des Tokelau, y compris en matière fiscale. Ses fonctions sont mises en œuvre par une délégation composée à partir des trois Taupulega.
Actuellement, il s'agit d'assurer les besoins modernes des Tokelau (c'est-à-dire l'éducation, la santé, les transports et le développement économique).
En juin 2003, les Tokelau assurent la pleine responsabilité de gérer leurs finances. En octobre 2003, par décision unanime du General Fono, il a été décidé d'étudier le choix d'autonomie interne en libre-association avec la Nouvelle-Zélande. Un accord conjoint sur les principes de partenariat a été signé en présence du gouverneur général en novembre 2003.
25 novembre 2005 – Le gouvernement de Nouvelle-Zélande étudie en ce moment l’un des documents-clés qui permettra, dans les mois à venir, à sa dépendance océanienne de Tokelau d’accéder à l’autodétermination. Selon Helen Clark, Premier ministre de Nouvelle-Zélande, il s’agit maintenant pour les experts juridiques et constitutionnels de son cabinet de mettre la dernière main à un projet de traité à vocation constitutionnelle et qui sera censé, à terme, régir les nouvelles relations entre Wellington et Atafu (capitale de Tokelau). Toutefois, ce document ne deviendra effectif que dans l’hypothèse où les Tokelauans se prononceront en faveur de cette direction institutionnelle, ce qui est prévu d’avoir lieu à la mi- février 2006, pendant trois jours. Toujours dans le cadre de la procédure à suivre, le Parlement de Nouvelle-Zélande devra de toute manière, lui aussi, entériner ce texte, puisqu’il devrait s’agir d’un traité de « libre-association » comparable à celui existant déjà entre la Nouvelle-Zélande et les îles Cook ou Niue. Le processus de consultation, à Tokelau, a commencé il y a cinq ans, sous l’œil des Nations unies.
Au cours des débats, notamment au sein du Parlement national (le Fono) en août dernier, les députés se sont montrés particulièrement soucieux de préserver un certain nombre d’acquis, dont les ressortissants de Tokelau jouissent du fait de leur dépendance vis-à-vis de Wellington : parmi ceux-là, montant à venir de l’aide néo-zélandaise. « Ce que le Fono recherche actuellement, ce sont des assurances claires que le système en place va continuer et qu’il y aura aussi des dispositions prévues pour réévaluer le système régulièrement », déclarait en août Falani Aukuso, chef de la fonction publique de Tokelau. De par leur statut actuel, les quelque quinze cents Tokelauans obtiennent automatiquement la nationalité néo-zélandaise, ainsi que les droits qui s'y rattachent, y compris la scolarité, la sécurité sociale, la retraite et les soins médicaux gratuits. Environ mille cinq cent personnes vivent dans ces atolls océaniens, contre une communauté de plus de six mille Tokelauans résidant de manière permanente en Nouvelle-Zélande (essentiellement à Auckland et dans ses environs). Lors de la dernière réunion bilatérale, en novembre 2004 à Wellington, Phil Goff, alors ministre néo-zélandais des affaires étrangères, évoquait la perspective d’un “accord concernant l’évolution politique et un processus à suivre” concernant l’avenir de ce territoire non-souverain. “Dans la pratique, autodétermination n’impliquera pas de changements significatifs (…) c’est essentiellement une formalisation du statu quo (…), car Tokelau se gouverne déjà dans bien des domaines : il possède son corps législatif, un conseil exécutif et un appareil judiciaire, il gère son propre budget et ses services publics (…) Mais cela permettra d’ouvrir la voie pour Tokelau, en matière d’aides accrues en provenance des partenaires régionaux et de la communauté internationale ”, nuançait alors M. Goff En prime : “les Tokelauans auront toujours droit à la citoyenneté néo-zélandaise et continueront à recevoir notre soutien économique et technique”, selon le ministre, qui parle de “partenariat sur des bases plus égalitaires” avec ce territoire (le dernier a être sous tutelle néo-zélandaise) depuis près de quatre vingt ans.
Côté Tokelau, un “Conseil de Gouvernement permanent” a notamment estimé que “le temps est venu pour Tokelau d’envisager un acte d’autodétermination basé sur l’auto-gouvernement, en libre association avec la Nouvelle-Zélande”, précisait alors M. Goff, qui ajoutait que son gouvernement était “ pleinement d’accord”. Ce processus d’émancipation a été engagé il y a cinq ans et déjà, lors des visites des missions du Comité de décolonisation des Nations unies, dont une en 2002, les habitants du petit archipel de Tokelau (à environ 500 kilomètres au Nord-Est de Wallis) ont voulu être clairs : ils ont martelé le message selon lequel l'indépendance est hors de question et que leur préférence allait au maintien du lien privilégié qui les unit à la Nouvelle-Zélande dans le cadre d'un pacte de "libre association".
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