Tiantai 天台 est une école chinoise du bouddhisme mahâyâna apparue au , dont l'interprétation des sutras et les élaborations spéculatives exercèrent une grande influence sur le développement du bouddhisme en Chine, au Japon et en Corée. Le moine Zhiyi (538-597) des Sui est considéré comme le principal auteur de cette doctrine, que la tradition de l'école fait remonter à Nagarjuna dont certains concepts ont inspiré Zhiyi et ses deux prédécesseurs, Huiwen et Huisi. Zhiyi lui-même semble avoir beaucoup lu mais laissa peu d'écrits, et c'est surtout par ses disciples que nous connaissons sa pensée. L'école Tiantai considère le Sūtra du Lotus comme l'expression achevée de l'enseignement du Bouddha . Elle tire son nom d’une montagne dans le Zhejiang sur laquelle le célèbre moine a passé la plus grande partie de sa vie.
Selon la généalogie officielle, les neuf premiers maîtres furent : Nagarjuna 龍樹, Huiwen 慧文, Huisi 慧思 (515-577?), Zhiyi 智顗, Guanding 灌頂 (561-632), Zhiwei 智威 (?-680), Huiwei 慧威, Xuanlang 玄朗 (673-754), Zhanran 湛然(711-782).
Il fallait donc expliquer les contradictions entre les différents textes. Une idée répandue, qui trouvait sa justification canonique dans certains passages, était que le bouddha n'avait pas révélé dès le début son véritable dharma, mais avait adapté l'enseignement au public et à son niveau de sagesse, idée qui trouvait d'ailleurs une résonance dans une ancienne conception chinoise. Les différentes écoles s'accordaient sur l'idée que l'enseignement hinayana était moins avancé que celui du mahayana ; la plupart considéraient que la nature de bouddha (tathagatagarbha) existait en chacun ; néanmoins, elles ne s'acordaient pas sur les sutras de référence et n'avaient pas la même interprétation de la nature des phénomènes de l'existence. L'école Tiantai, pour laquelle le Sutra du Lotus contenait la révélation suprême du bouddhisme, offrait une doctrine en harmonie avec la pensée chinoise et particulièrement écléctique et syncrétiste, matrice idéale pour toutes les variantes locales du bouddhisme ; ce fut l'une des raisons de son succès.
L'école s'effaça à la suite des persécutions du pendant près de cent ans, puis reparut sous le royaume de Wuyue grâce au soutien de son souverain, qui fit venir du royaume de Koryŏ les textes détruits pendant les troubles des décennies précédententes. Elle fut donc en mesure sous les Song de reprendre la lutte de rivalité entamée au contre l’école Chan, avec qui elle entretenait d’ailleurs des relations de cousinage par l'intermédiaire de maîtres qui furent camarades d'étude, de transfuges et d'influences. C'est également sous les Song qu'un moine Tiantai fonda l'École du lotus blanc que ses dérives taoïstes rendront célèbre.
Tiantai s'effaça presque totalement à partir des Yuan, sans toutefois disparaitre totalement car il existe encore de nos jours des moines qui s'en réclament. Elle resta néanmoins une référence doctrinale majeure avec Huayan, une autre branche exégétique et spéculative.
Saicho, encore appelé Kogyo Daishi (傳教大師 767-822), l’importa au Japon au où sous le nom de Tendai elle supplanta les écoles de Nara qui l'avait précédée grâce au soutien de la famille impériale. Se développant parallèlement au Shingon, elle intégra des éléments tantriques absents de l’école chinoise. Au , le moine Nichiren, une personnalité originale à la vie mouvementée, réaffirma la prééminence du Sutra du Lotus en approfondissant à sa façon les spéculations de Zhiyi et fonda l'école qui porte son nom. D'autres moines célèbres sortirent de l'école Tendai pour créer leur propre mouvement : Honen et Shinran pour l'amidisme et Dogen pour le Soto Zen.
L'école Cheontae est la forme coréenne de Tiantai.
Zhiyi regroupe les enseignements des différents soutras nikaya (paroles du bouddha) et mahayana en 5 époques et 8 types d’instruction convenant à différents niveaux de sagesse. Il fait usage d'un concept largement développé dans le Sutra du lotus, celui des "moyens expédients" (upaya) , méthodes éventuellement peu orthodoxes (recours à la magie etc.) mais mieux adaptées au niveau de la personne et donc plus efficaces pour la guider dans la voie. Aucun écrit bouddhiste n'est donc rejeté, mais ils ne situent pas tous au même niveau : les sutras hinayâna sont de manière générale les plus primitifs, éloignés de la vérité, la meilleure expression de celle-ci se trouvant dans le Sutra du Lotus, version définitive de l'enseignement du Bouddha. Cette opinion s'appuie sur la façon dont le texte rapporte son vœu de sauver tous les êtres : "Dès l'origine je résolus...". Cette formule est interprétée par les penseurs Tiantai comme l'exposé explicite de son intention de développer sa révélation progressivement.
Tiantai rejette l'idéalisme pur de certaines écoles indiennes comme celle de Nalanda où avait étudié Xuanzang, qui voient dans les phénomènes du monde une pure production de l'esprit. Pour les maîtres Tiantai, qui refusent la dualité de la matière et de l'esprit, le monde des phénomènes transitoires est bel et bien une réalité, mais conditionnée et impermanente, dont on doit comprendre la vacuité essentielle, la voie moyenne étant le chemin qui permet d'appréhender simultanément ces deux aspects (conditionnalité et vacuité) et de parvenir à la vérité suprême.
Tiantai préconise donc la "triple contemplation" (Yixinsanguan 一心三觀):
C'est en revenant à la voie médiane que le bodhisattva peut faire preuve d'une compassion éclairée et adaptée à la situation.
Cette triple contemplation, combinée avec une représentation de 3000 univers différents, donne la "contemplation des 3000" (yiniansanqian 一念三千).
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