Gene therapy.jpg|right|thumb|340px|Thérapie génique à base d'un vecteur adénovirus. Un nouveau gène est inséré dans un vecteur adénovirus, lequel est utilisé pour introduire l'ADN modifié dans une cellule humaine. Si le traitement est couronné de succès, le nouveau gène élaborera une protéine fonctionnelle.]]
La thérapie génique est l'insertion de gènes dans des cellules et des tissus d'un individu pour traiter une maladie, en particulier les maladies héréditaires. La thérapie génique vise particulièrement à complémenter un allèle mutant défectif par un allèle fonctionnel. Bien que cette technologie en soit encore à ses premiers balbutiements, elle a déjà été utilisée avec un certain succès.
Dans les années 1980, les progrès de la biologie moléculaire avaient déjà permis de séquencer et de cloner les gènes humains. Les scientifiques à la recherche d'une méthode pour produire facilement des protéines, telle que la protéine déficiente chez les diabétiques — l'insuline, essayèrent d'introduire des gènes humains dans l'ADN de bactéries. Les bactéries modifiées produisent alors la protéine correspondante, qui peut ensuite être récoltée et injectée aux personnes qui ne peuvent la produire naturellement.
Les chercheurs sont ensuite passés à l'étape suivante qui consiste à essayer d'introduire des gènes directement dans les cellules humaines, en commençant par les maladies causées par une unique gène déficient, telles que la mucoviscidose, l'hémophilie, la myopathie de Duchenne et la drépanocytose. Cependant, la tâche s'est avérée beaucoup plus ardue que de modifier de simples bactéries, essentiellement à cause des problèmes liés à la manipulation de grandes zones d'ADN et à l'introduction du gène à la bonne place dans le génome.
Toute approche thérapeutique reposant sur la modification, momentanée ou durable, du pool d'information génétique d'un individu est une approche de thérapie génique. La thérapie génique n'est aujourd'hui envisagée que somatique dans le sens ou les techniques de modification du patrimoine génétique visent à modifier uniquement les cellules qui ne participent pas à la reproduction sexuée : les spermatozoïdes et ovules, et les cellules souches qui les génèrent, ne doivent pas être modifiées génétiquement par le transfert du gène-médicament.
- La thérapie génique in vivo
Les vecteurs, virus modifiés génétiquement ou morceaux d'ADN chargés de transférer le gène thérapeutique, sont injectés directement dans l'organisme, et modifient le patrimoine génétique des cellules du patient à l'intérieur de l'organisme.
- La thérapie génique ex vivo
Des cellules extraites de l'organisme d'un patient sont modifiées en laboratoire. Pour corriger le gène pathologique, le matériel génétique est transféré sous forme d'ADN ou d'ARN, soit directement, soit via un vecteur qui peut être un virus amélioré, ou des molécules lipidiques.
Les processus employés pour transférer le matériel génétique sont multiples et peuvent faire intervenir des moyens physiques ou chimiques. La qualité de l'insertion est ensuite contrôlée, ainsi que sa stabilité.
Les cellules modifiés génétiquement sont ensuite réinjectées au patient.
Est qualifié de vecteur tout système permettant le transfert de gènes choisis dans une cellule d'un organisme.
Différents test ont été élaborés pour ne pas recourir aux virus. Les vecteurs synthétiques sont des particules inertes, donc inoffensives. Cependant, leur efficacité est bien moindre que celle des virus, il ne faut pas moins de 100000 molécules d’ADN par cellule cible pour qu’une seule séquence parvienne à pénétrer dans le noyau (l’ADN est chargé négativement, tout comme la paroi des cellules, or les charges électriques identiques se repoussent). A cette concentration commence à se poser des problèmes de toxicité.
Pour produire des vecteurs viraux, on utilise des cellules modifiées dites d’encapsidation. Il s’agit de cellules mutées, codant normalement pour des particules virales. Ces cellules étant dépourvues de leur génome viral, elles ne produisent que des particules virales vides.
Les rétrovirus possèdent de l'ARN comme matériel génétique, et non de l'ADN comme les Adenovirus.
L'ARN est une molécule d'expression de l'ADN, qui comporte la partie de séquence correspondant à une seule protéine. Cette molécule est synthètisée dans le noyau et transite dans le cytoplasme, où elle est lue lors de la synthèse de la protéine correspondante.
L'infection par un rétrovirus implique une étape de transcription de l'ARN en un fragment d'ADN qui sera intégré aux chromosomes après transit dans le noyau cellulaire. Les rétrovirus sont donc utilisé comme vecteur en thérapie génique car les protéines dont ils sont composés permettent cette étape de transfert des molécules d'ADN du cytoplasme cellulaire vers le noyau.
L’adénovirus est un vecteur viral, à ADN. Il présente la caractéristique d’intégrer directement son matériel génétique dans la cellule cible, sans attendre la mitose (division cellulaire). Cependant, les chercheurs n’arrivent toujours pas à ce jour à le débarrasser complètement de son caractère pathogène.
Appelé classiquement AAV, ces vecteurs sont des dérivé des adénovirus, et ils ont la particularité de s'intégrer toujours au même endroit dans un chromosome.
C'est un point extrêmement important en thérapie génique, car une insertion non contrôlée peut entrainer d'importants désordres dans la fonction cellulaire, pouvant conduire à des pathologies supplémentaires.
Elle est pourtant peu utilisée, car elle ne peut que guérir la personne traitée, mais cette dernière transmettrait toujours le gène défaillant responsable de la maladie !
Cet échec met en évidence la nécessité de développer :
- De nouveaux vecteurs limitant les insertions génotoxiques.
- La recherche de site d’intégration sans risques.
- Réduire la quantité de cellules exposées au vecteur puis réinjectées au patient, afin de limiter le risque de toucher un autre gène.
Cependant, reste encore pour valider cette encourageante expérience à confirmer ces résultats sur l’homme, sans oublier que le VIH, même à des niveaux indétectables, est toujours présent. En effet les VIH se « réfugient » dans d’autres organes (cerveau, ganglions) et le patient, par cette thérapie, ne serait jamais hors de danger d’une rechute et devrait poursuivre le traitement à vie.
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