Terre Pure ou Amidisme désigne l'une des formes de bouddhisme mahayana les plus pratiquées en Chine (jingtu 淨土), au Japon (jodo 淨土) et au Viêtnam (Tịnh Độ), dont la déité centrale est le bouddha Amitabha ("lumière infinie" en sanskrit). Il est essentiellement basé sur la foi, la dévotion et la pratique des récitations, avec pour objectif d’accéder après la mort à la terre de bouddha (buddhakshetra) d’Amitabha, sorte de paradis nommé en sanscrit Sukhavati "Bienheureuse" (chin. Jile ; jap. Gokuraku 極樂), parfois appelé paradis occidental.
En dehors même des écoles Terre Pure, les Soutras de la vie infinie, le Soutra de méditation, Amitabha et son paradis ont influencé l’ensemble du bouddhisme extrême-oriental.
Le Pratyutpanna-samadhi-sûtra, Soutra de la méditation qui permet de contempler tous les bouddhas (般若三昧經) a également inspiré Zhiyi (智顗 538-597), fondateur de l’école Tiantai.
Le second patriarche fut Tanluan (曇鸞 476-542), du monastère Xuanzhong (玄中寺) au Shanxi. Ses adeptes étaient nombreux, et la suite de sa tradition se poursuivit avec les moines Daochuo (道綽 562-645) et Shandao (善導 613-681) de la dynastie Tang. Ils mirent en forme la doctrine de l’école, qui s'appuiera jusqu'au Japon sur quatre textes, trois soutras groupés en un Sūtra Triparti de la Terre Pure (淨土三經) et un traîté :
Terre Pure et Chan n’ont jamais hésité à emprunter l’un à l’autre. Ainsi, le moine Chan Hung-Jen (601-674) considérait la récitation comme un bon exercice de préparation pour les débutants. Cimin Huiri (慈愍慧日 680-748), qui vécut 12 ans au Gandhara, est à l'origine d'un courant Terre Pure intégrant beaucoup de Chan et de tradition monastique. Des bouddhistes de tous les courants se sont intéressés à Jingtu et ont commenté sa doctrine. L'école s'est d'ailleurs plus développée par le biais de "transfuges" syncrétistes que de lignées strictement structurées.
Tous deux centrés sur la pratique plus que sur la spéculation philosophique, pouvant se passer de grandes structures monastiques, Terre Pure et Chan ont tenu bon lors des persécutions de la dynastie Zhou et de 845, ainsi que sous le règne des empereurs mongols où le bouddhisme tantrique avait l'exclusivité de la faveur officielle. A partir de cette dynastie, le paysage bouddhiste chinois sera composé presque exclusivement des trois courants Terre Pure, Chan et tantrique, les deux premiers étant les plus répandus.
De manière générale, un certain degré de syncrétisme est toujours resté la norme dans le monde chinois. L’union des deux pratiques (jingchanyizhi 淨禪一致) y est quelquefois promue comme une version de la dualité compassion (Terre Pure) et concentration (Chan).
La première école Terre Pure individualisée, Jôdo-shû (淨土宗), fut fondée par le moine Honen Shonin (法然上人 1133-1212), ancien moine du mont Hiei (比叡山) déçu par les enseignements du Tendai. Inspiré par Shandao, il centra la pratique sur l’invocation de la formule 南無阿弥陀仏 (Namu Amida Butsu), dite 念仏 (nenbutsu), suffisante pour accéder à la terre pure "Bonheur Suprême" 極楽 (Gokuraku).
Shinran Shonin (親鸞聖人 1173-1263), son disciple, insista pour sa part sur l’importance de la foi en Amida, seule apte à sauver, la récitation n’étant plus qu’une expression de gratitude. Ses disciples fondèrent après sa mort l'école Jôdo-Shinshû (淨土眞宗). L’orientation prise par ces deux premières écoles écarta nettement le Jodo du Zen.
À l’ère Edo apparurent deux nouvelles écoles, Yuzu-nembutsu-shu (融通念仏宗) se réclamant du moine Tendai Ryonin (良忍 1072-1152) et Ji-shu (時宗) se réclamant d’Ippen (Ippen (一遍 1239-1289).
L’école Obaku (黃檗) fondée par Ingen-Ryuki (隱元隆琦 1592-1673), moine Chan ayant fui la Chine à l’arrivée des Mandchous, a conservé jusqu’à aujourdhui la tradition chinoise d’union des pratiques Zen et Jodo.
Selon le Soutra de Vie-Infinie, alors qu’il étudiait encore le dharma, Amitabha avait fait 48 vœux décrivant son futur monde, dont quatre (Nos 18, 19, 20 et 22) contiennent l’essentiel de la promesse faite aux fidèles : si ceux-ci font au moins dix fois dans leur vie le vœu de renaître dans sa terre pure située à l'ouest, et s’efforcent de garder le bouddha en esprit, particulièrement à l’instant de leur mort, il leur apparaitra et ils accèderont dans son royaume; ils pourront y poursuivre l’étude du dharma sous sa direction, devenant bodhisattvas, puis bouddhas.
Il existe des variantes théologiques entre les différentes branches de la Terre Pure, mais beaucoup recommandent ces cinq pratiques :
Foi en l'efficace des voeux d'Amitabha, désir d’entrer dans son paradis et pratique sont les trois piliers de la Terre Pure.
Mahâyâna | Religion en Chine | Sukhavati | Pure Land | 浄土宗 | Czysta kraina | Terra Pura | Tịnh Độ tông | 净土宗
This article is licensed under the GNU Free Documentation License.
It uses material from the
"Terre Pure".
Home Page • arts • business • computers • games • health • hospitals • home • kids & teens • news • physicians • recreation• reference • regional • science • shopping • society • sports • world