La République de Tchétchénie (russe : Чеченская Республика; tchétchène : Noxçiyn Respublika, Noxçiyçö (Нохчийн Республика, Нохчийчоь)), également nommée Ichkeria par les indépendantistes, est une république constitutive de la Fédération de Russie. Située sur le versant nord des montagnes du Caucase et la vallée de Tchétchénie, dans le District fédéral du Sud, sur les marches de l'ancienne Union soviétique et de l'ancien Empire tsariste, elle est limitrophe du district de Stavropol au Nord-Ouest, de la république du Daguestan au Nord-Est et à l'Est, et des républiques d'Ingouchie et d'Ossétie du Nord à l'Ouest, toutes trois des républiques de la Fédération de Russie. Elle a également, le long de la ligne de crête du Caucase, une frontière internationale avec la Géorgie, au Sud.
La région autonome de Tchétchénie a été fondée le 30 novembre 1922. Elle se transforma le 15 janvier 1934 en Région autonome de Tchétchénie-Ingouchie, devenue République autonome le 5 décembre 1936 (selon la nomenclature des entités territoriales soviétiques faisant référence aux différents degrés d'autonomie). Staline démantela la République en 1944, mais elle fut restaurée par Khrouchtchev en 1957. En novembre 1991, juste un mois avant la dislocation de l'Union soviétique, se forma la République de Tchétchénie, séparée de l'Ingouchie.
Peu de temps après, des Tchétchènes déclarent l'indépendance de la République tchétchène d'Ichkérie. Cette indépendance n'était reconnue par aucun État sauf l'Afghanistan des talibans avec lequel l'Ichkérie échangea des ambassades. Deux conflits majeurs armés éclatent entre la Russie (qui utilise l'armée fédérale, les forces spéciales du ministère de l'intérieur et le service d'espionnage du FSB) et les groupes armés tchétchènes en 1994-1995 et en 1999-2000. Selon les données de l'ONG Islamic Relief, ces conflits auraient causé la mort de 100 000 personnes et le déplacement de 350 000 réfugiés (la majorité étant revenue après la fin du conflit). Ces données ne sont pas confirmées par l'organisation Human Right Watch et d'autres sources indépendantes.
Malgré la fin des hostilités, les forces armées fédérales russes et les forces locales tchétchènes subissent sporadiquement des actions de guérilla et de terrorisme de la part des groupuscules de combattants séparatistes ou liés à certains réseaux dits islamistes, retranchés dans la forêt et les montagnes.
Dans les années 2000, le Centre fédéral a entrepris un vaste programme de reconstruction de la République et une série d'élections a eu lieu avec pour but proclamé la restauration de l'ordre constitutionnel en Tchétchénie, en s'appuyant sur un "teip" (lignée ou alliance de type clanique) fidèle au Kremlin, le clan dirigé par Akhmad Kadyrov, puis par Ramzan Kadyrov. La majorité des forces fédérales ont été remplacées par les organes de maintien de l'ordre locaux, et un partage de compétences a eu lieu entre la République et Moscou. Le peuple tchétchène a par ailleurs adopté, en apparence à une large majorité, la Constitution fédérale russe, faisant de toute action de guérilla une atteinte "anti-constitutionnelle".
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Les rivières principales (en bleu sur la carte de la section précédente) :
Le nombre total des citoyens de la nationalité tchétchène en Fédération de Russie en 2002 fut 1 360 253 personnes (en 1989 - 899 000 personnes)Sources : http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_03.xls , http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_01.xls et http://www.perepis2002.ru/ct/html/TOM_14_24.htm (Recensements russes de 1989 et 2002).. Malgré les ravages de la guerre, la population tchétchène est actuellement plus nombreuse qu'avant le début des hostilités. Les Tchétchènes sont le peuple du Caucase du Nord le plus nombreux.
L'histoire ancienne du peuple tchétchène est étroitement liée à celle des Ingouches avec lesquels ils formaient depuis le une peuplade unique de « Vaïnakh » (ce qui veut dire « notre peuple »). Les ancêtres des Vaïnakhs sont des Khourites antiques, eux-mêmes descendants des Choumères. Le mot « nakh » (« peuple ») est probablement à l'origine du nom Nokhtchiin (Noxçiin) ou Nokhtcho, qui veut dire « Tchétchène » en tchétchène.
Aux et s, les montagnards du Caucase du Nord ont pris part aux guerres que menait la Perse contre l'Empire romain oriental. A cette époque, l'empereur Justinien tenta de les christianiser, sans succès. Les Arabes introduirent à leur tour l'islam dès le , mais l'islamisation de la région ne sera réellement achevée qu'au - un islam sunnite influencé par le soufisme.
Au début du Moyen Âge, sur le territoire de la Tchétchénie actuelle, se forma une union multilingue des peuples nomades et sédentaires (dont les Alains), l’Alanie. La peuplade des Nakhs prit rapidement de l’importance au sein de l’Alanie jusqu’à l’invasion des Tatars-Mongols au (tout particulièrement les troupes nomades des commandants Djebé et Subötai (Soubdé) de Gengis Khan en 1238) qui ravagèrent ce royaume. Quelques décennies plus tard, les troupes du khan Batyi achevèrent la destruction des restes des entités territoriales de cette partie du Caucase. Le développement économique, politique et social des Tchétchènes en fut sensiblement ralenti durant plusieurs siècles.
Sur les décombres de l’Alanie s’érigea progressivement l'État musulman de Simsim, à son tour anéanti en 1395 par le grand conquérant venu d’Asie centrale, Tamerlan (Timour).
Dès le début de l’occupation russe, le peuple tchétchène, réputé pour son caractère montagnard rejetant toute domination externe et notamment chrétienne, mena une résistance féroce contre les forces russes. Les chefs de la lutte de libération nationale, Ouchourma, plus connu sous le nom de Cheïkh Mansour (à la tête des insurrections en 1785-1791), Beïboulat Taïmiev (1819-1830) et surtout le grand chef de guerre Chamil (1834-1859), devinrent vite des figures emblématiques de cette lutte armée qui se solda par un échec sanglant. Paradoxalement, l'opinion progressiste russe de l'époque, cherchant une inspiration volontariste contre l'ostracisme tsariste qui avait suivi la répression des décembristes, fut plutôt impressionnée par la force de caractère des combattants caucasiens, qu'ils comparaient aux paysages majestueux de ces contrées nouvellement découvertes. Les œuvres du poète romantique Mikhaïl Lermontov témoignent de cette fascination.
La farouche résistance des tribus montagnardes ne prit fin qu'avec la reddition, en 1859, du chef musulman Chamil. La Tchétchénie, comme toute région conquise, subit une russification accélérée, les colons russes étant attirés par des terres fertiles des vallées du Caucase du Nord. Les politiques expansionnistes des empires ottoman, britannique et perse sur le Caucase du Nord se heurtèrent au contrôle que la Russie exerçait dorénavant sur toute l'étendue du Caucase, du Nord au Sud.
En 1922, les Tchétchènes constituèrent pour la première fois une structure administrative distincte, la Région autonome de Tchétchénie, avec un certain degré d’auto-gouvernance. En 1936, la région fut incorporée dans la République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie (RSSA de Tchétchénie-Ingouchie). Sous Staline, les Tchétchènes résistèrent à la collectivisation forcée des terres. En 1944, suite aux insurrections dirigées par Magomed Chéripov, collectivement accusés d'avoir collaboré avec les nazis, environ 387 229 Tchétchènes et 91 250 Ingouches (selon les rapports du chef de la police politique Lavrenti Beria) furent déportés en Asie centrale (plus précisément au Kazakhstan et en Kirghizie). 170 000 d'entre eux n'auraient pas survécu durant ce transfert. Les Tatars de Crimée et d'autres peuples caucasiens (Balkars, Ingouches, etc.) subirent le même sort. Les Russes colonisèrent alors les meilleures terres.
En 1957, à l'initiative de Khrouchtchev qui œuvrait à la déstalinisation de l'URSS, les Tchétchènes et les Ingouches furent autorisés à revenir sur leurs terres, et la « République socialiste soviétique autonome (RSSA) des Tchétchènes-Ingouches » fut rétablie. Toutefois, lorsque les Ingouches revinrent sur leurs terres, ils y découvrirent les Ossètes (d'Ossétie du Nord). En Tchétchénie, la population comptait au début des années 1990 environ 30% de Russes, répartis surtout dans la région pétrolifère de la plaine autour de Grozny.
Peu de temps avant la dislocation de l'Union soviétique en 1991, un mouvement d'indépendance se forma en Tchétchénie, alors que la Russie s'opposait à toute sécession.
Pendant trois années de laxisme de la part du gouvernement central de Eltsine, marquée par des détournements massifs de fonds fédéraux (estimés à 5 milliards de dollars), la Tchétchénie profita de son statut d'indépendance de facto pour former ses propres infrastructures civiles et militaires. Les milices tchétchènes établirent des liens plus ou moins étroits avec des mouvements islamistes extrémistes de Jordanie, d'Arabie saoudite, d'Afghanistan et d'autres pays. C'est alors que le ton monta entre Moscou et Grozny.
Moscou comprit que les groupements tchétchènes rebelles et extrémistes, échappant à tout contrôle, mettant en pratique la charia (proclamée loi officielle en janvier 1999), des enlèvements d'hommes et le détournement du pétrole, représentaient un danger important pour l'intégrité du territoire russe et pour ses régions limitrophes. Paradoxalement, malgré sa rhétorique de force, la Russie essaya d'acheter la loyauté tchétchène en continuant à verser d'importantes sommes d'argent à la république, entre autres pour payer les retraites, et à expédier du pétrole aux raffineries tchétchènes, et ce jusqu'en automne 1994. Beaucoup de fonds monétaires et pétroliers fédéraux furent ainsi détournés dans le but de financer la lutte armée (achat d'armes, formation de groupements paramilitaires, etc.) et pour l'enrichissement personnel des oligarques russes et des hommes d'affaire tchétchènes résidant à Moscou. Un grand nombre de sociétés intermédiaires en Russie engrangèrent ainsi plusieurs millions de pétrodollars dans les eaux troubles entourant ce conflitSources : http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_03.xls , http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_01.xls et http://www.perepis2002.ru/ct/html/TOM_14_24.htm (Recensements russes de 1989 et 2002)..
Eltsine avait besoin d'une guerre fulgurante et victorieuse pour prouver à son peuple que la Russie était encore une superpuissance et asseoir ainsi son autorité à la veille des élections présidentielles. Mais au lieu d’un blitz spectaculaire, la guerre s'avéra un échec militaire et humanitaire pour la Russie qui rencontra une résistance féroce de combattants de nationalités différentes, utilisant des armes lourdes très modernes. Malgré la prise de Grozny, la guerre se transforma en un véritable bourbier avec d’énormes pertes humaines et matérielles des deux côtés. N'étant plus capable de poursuivre des opérations militaires d'une telle envergure, la Russie accepta de signer en août 1996 à Khassaviourt (Daghestan) un accord de paix conduisant à un statu quo laissant à la Tchétchénie (rebaptisée « République islamique d’Itchkérie ») une auto-gouvernance de facto en échange d'une promesse du report des pourparlers sur l'indépendance (les négociations furent repoussées jusqu'en 2001) et l’arrêt des opérations d'enlèvements d'hommes. Par ailleurs, les cas de nombreuses victimes civiles et les exactions isolées commises par des militaires ont indisposé l'opinion publique étrangère contre la Russie, ce qui a aggravé la crise de l'autorité présidentielle et de la société russe en général.
En 1997 Aslan Maskhadov, un leader tchétchène considéré comme modéré, ayant établi des contacts constructifs avec Moscou, fut élu président (avec 53% des voix), opposé à Chamil Bassaïev.
Forts de leurs victoires, plusieurs chefs de guerre tchétchènes réclamèrent l’instauration d'un Caucase Islamique destiné à regrouper toutes les républiques voisines. Ils organisèrent des intrusions armées souvent sous forme d'attaques et d'attentats contre les forces russes dispersées autour de la Tchétchénie. Les éléments les plus radicaux (dirigés par les chefs de guerre Chamil Bassaïev et Salmon Radouyev) commirent alors des attentats terroristes non seulement sur les populations civiles des républiques autonomes et des régions russes limitrophes, mais aussi à Moscou.
Les attentats de Moscou, les exécutions sommaires par décapitation de plusieurs otages, y compris occidentaux, et les intrusions massives des forces tchétchènes au Daghestan voisin en vue d'y provoquer un coup d'État islamiste, déclenchèrent la deuxième guerre en septembre 1999, sous le commandement de Vladimir Poutine, alors Premier ministre russe. L'opération se solda par un rapide succès et la prise de Grozny par les forces fédérales russes en janvier 2000. Poutine instaura la gouvernance directe de Moscou dans la République. Dès la fin des hostilités, la plupart des combattants indépendantistes, profitant de l'amnistie accordée par Poutine, déposèrent leurs armes. Parmi eux, nombreux furent ceux qui rejoignirent les rangs de la milice du nouveau régime pro-fédéral. Les plus entraînés s'enrôlèrent dans le commando du Premier ministre actuel, Ramzan Kadyrov. Cependant, plusieurs dizaines de milliers de combattants rebelles se réfugièrent dans les montagnes et les forêts, d'où ils continuent à mener des opérations de guérilla contre les troupes russes et tchétchènes pro-fédérales. Les réseaux islamistes extrémistes étrangers financent toujours certaines opérations des rebelles, leur permettant de survivre 5 ans après la chute du régime.
Le 8 mars 2005, le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov fut abattu à Tolstoï-Iourt suite à une « opération spéciale » menée par les forces russes. La mort de Maskhadov a porté un coup dur à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné. Moins nombreux, les maquis sont aussi visiblement moins entraînés.
Dans le Caucase du Nord, où se trouve la république de Tchétchénie, ces peuples ont été récemment (du au ) convertis à l'islam (mis à part les Ossètes, partiellement convertis eux au christianisme). Mais ils s'étaient très violemment rebellés contre l'avancée militaire et coloniale russe dans la région, entamée au au détriment des Turcs ottomans, des Perses et des Mongols et achevée au cours du , alors que l'Angleterre avait des visées sur les ressources naturelles (pétrole, fer, etc.) de la région. En contrepartie, une grande partie de ces peuples ont été militairement occupés, massacrés ou ont fui massivement par centaines de milliers dans l'empire ottoman (Anatolie et Moyen-Orient).
La nouvelle Hadji Mourad, de Tolstoï, relate ainsi l'épopée du chef rebelle tchétchène Chamil en guerre contre l'envahisseur russe dans la région au milieu du . Dans la première partie du , le pays tchétchène fut en effet déjà le bastion de la guerre pour l'indépendance du Caucase, l'imam nakshbandi Chamil conduisant une « guerre sainte » contre les Russes entre 1834 et 1859.
Les richesses en hydrocarbures ne constituent pas le seul enjeu du nouveau « Grand jeu » entre puissances pour le contrôle des marges méridionales de l'ancienne URSS. Tout comme à l'époque des premières conquêtes, depuis 1994, la Russie mena les guerres en Tchétchénie pour, entre autres, conserver son influence dans l'ensemble du Caucase. Elle continue son ingérence par d'autres moyens dans les conflits séparatistes de certaines républiques autonomes de Géorgie (Abkhazie, Adjarie, Ossétie du Sud) et d'Azerbaïdjan (Haut-Karabagh).
Le conflit tchétchène comporta aussi un facteur géopolitique d'un autre genre. D'après plusieurs analystes, y compris occidentaux, l'effondrement de l'URSS ne fut pas un objectif ultime de la guerre « froide ». Ses idéologues n'ont jamais caché leur intérêt de continuer un affaiblissement politique de la Russie, y compris par son démantèlement. La crise tchétchène fut une excellente occasion pour ces stratèges, qu’ils soient islamistes ou occidentaux, de raviver les vieilles tensions latentes dans le Caucase du Nord en accordant un appui politique, financier et médiatique aux indépendantistes tchétchènesÀ lire aussi : http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/For0081-BeslanConnexionInternationale.html et http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=CMBA&langue=1&id=23045.
Des 100 000 militaires des forces armées fédérales, qui étaient déployés en Tchétchénie pendant les deux guerres pour lutter contre les rebelles réfugiés dans les montagnes (soit plus d'un soldat pour dix habitants), il n'en restait plus que 24 000 en 2005 (la 42 Division motorisée d'infanterie) pour appuyer les forces tchétchènes du ministère de l'Intérieur qui ont remplacé le gros des unités militaires et des forces spéciales. Les soldats reçoivent une prime s'ils capturent des résistants séparatistes. En 2005, plus de 200 combattants indépendantistes ont été désarmés, selon le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev. Selon la déclaration du président tchétchène Alou Alkhanov faite le 25 décembre 2005, la diminution sensible des activités des combattants atteinte en 2005, grâce, notamment, à la neutralisation de leurs chefs, permettrait maintenant de réduire encore les effectifs des forces fédérales dans la République, les organes de l'ordre locaux étant dorénavant aptes à garder la situation en Tchétchénie sous leur contrôle.
Les analystes considèrent que le Kremlin veut ainsi « tchétchéniser » le conflit avec les séparatistes, à savoir, donner aux Tchétchènes les rênes du pouvoir dans la république, y compris le contrôle total des forces de l'ordre, tout en gardant un œil vigilant sur eux. Ainsi, la totalité des opérations militaires se font dorénavant par les forces tchétchènes pro-fédérales ou les bataillons « Zapad » et « Vostok » du ministère de l'Intérieur, complétés en totalité par les Tchétchènes ethniques. La montée en puissance de Ramzan Kadyrov, un homme cruel et déterminé qui ne mâche pas les mots, en témoigne encore plus. Avec sa nomination au poste du Premier ministre en mars 2006 à la place d'un jeune apparatchik de Moscou, Serguei Abramov, ce ne sont pas seulement des leviers militaires et policiers qui se retrouvent dans ses mains, mais aussi ceux politico-économiques, y compris les flux financiers.
Aujourd’hui, Ramzan se constitue en véritable maître de la Tchétchénie, aux côtés du président Alou Alkhanov, qui ne dispose pas de facto d'autant de pouvoir, et du nouveau parlement, qui fait preuve de docilité. Publiquement pro-fédéral et ostensiblement anti-wahhabite, il prône, d'un autre côté, une islamisation des mœurs et des coutumes tchétchènes et agit souvent en nationaliste radical. Maintes fois accusé d'être violent et antidémocratique, il aurait été impliqué, selon les rumeurs, dans de nombreux cas de torture, voire de meurtre. Le haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour, a exprimé le 23 février 2006 à Grozny son inquiétude devant les témoignages d'enlèvements et de tortures exercées par les commandos de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie.
Ouvertement soutenu par le président russe Vladimir Poutine, qui veut à travers lui exercer un contrôle du véritable pouvoir en Tchétchénie, celui des clans (teips), Kadyrov-fils n'hésite pas à multiplier les initiatives volontaristes, en édictant des oukazs non-écrits que tout le monde doit suivre. Ainsi, en 2005, il interdit dans la république les jeux de hasard, ou en février 2006, l'entrée des citoyens danois sur le sol tchétchène, en réponse à la publication des caricatures sur le prophète. Les analystes s'attendent à ce que, passé l'âge de 30 ans (2006), limite légale pour toute candidature présidentielle, Kadyrov-fils brigue ce mandat suprême, et ce avant l'échéance de celui d'Alkhanov qui serait censé « abdiquer ». En effet, les titulaires de ce poste pourraient à l'avenir être désignés par la présidence russe et non plus par une élection locale, et ce pour tout sujet fédéral de Russie, y compris les républiques ; une telle idée commence à être avancée par le Kremlin dans le but de rétablir le contrôle du pouvoir central sur les régions.
En Tchétchénie se poursuit activement le programme fédéral de reconstruction industrielle, dont le but principal est d'augmenter le PIB et de diminuer le chômage. Par exemple, le combinat géant « Krasnyj Molot » — la plus grande entreprise de la république fondée en 1886, qui livrait de l'équipement pétrochimique dans 56 pays avant la guerre, a été entièrement détruit dans les années 90. Sa reconstruction est terminé et le combinat est à nouveau opérationnel depuis le début 2006. Les industries du BTP et de l'agroalimentaire sont les premières à entrer en service.
Cependant, la reconstruction civile et résidentielle tarde à se concrétiser, la plus grande partie de Grozny reste encore en ruines. L'argent destiné à la reconstruction de la Tchétchénie de plus de 100 millions de dollars en 2004 est versé du budget fédéral et augmente d'année en année. Mais aux yeux du nouveau parlement tchétchène, ce n'est pas suffisant. Le 21 mars 2006, les députés tchétchènes ont réclamé une hausse substantielle de versements fédéraux et le transfert du contrôle de l'industrie pétrolière vers la république, un gage de la reconstruction rapide en Tchétchénie. Ramzan Kadyrov a même demandé la création d'une « zone franche » exempte d'impôts fédéraux sur tout le territoire.
Moscou n'a pas officiellement réagi aux exigences du nouveau pouvoir tchétchène. Les analystes soupçonnent que derrière un éventuel contrôle total des sources de financement par les dirigeants tchétchènes, il peut y avoir un détournement de fonds, aussi bien au niveau de la République qu'à Moscou même dans les milieux proches du « robinet » financier. Il serait par exemple possible que le nombre des demandes de compensation suite à la perte de logement soit gonflé (une compensation d'ordre de 10 000$ par personne est censée avoir été versée par Moscou) : il y aurait beaucoup d'« âmes mortes » sur la liste des 187 000 bénéficiaires de cette aideSources : http://www.newsru.com/russia/21mar2006/tek.html , http://www.strana.ru/stories/02/01/22/2386/275770.html , http://www.flb.ru/info/36019.html et http://www.strana.ru/stories/02/01/22/2386/276566.html..
Sous la pression de la population, la véritable reconstruction du centre ville a enfin débuté fin 2005. L'avenue principale (avenue de la Victoire) rénovée fut inaugurée pour le Nouvel An 2006. Mais la lenteur de la reconstruction des habitations dans les villes ravagées par les bombardements se fait toujours sentir : plusieurs dizaines de milliers de gens vivent toujours dans les immeubles instables qui risquent souvent de s'effondrer. Le budget 2006 de la république prévoit une augmentation des dépenses de 5 milliards de roubles (130 millions d'euros) soit +30%, en grande partie assignées au financement de la reconstruction.
Parmi les problèmes importants qu'affronte l'économie tchétchène, il faut noter le niveau record de chômage (impossible à déterminer en raison de la prépondérance du travail non déclaré), le nombre de chômeurs officiels étant de 340 000 personnes en 2006. Le chômage de masse induit un important niveau de pauvreté. Selon l'ONU, environ 60% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Suite à l’adoption, à une grande majorité et au suffrage universel, d'une Constitution pro-fédérale en mars 2003 et après les deux élections présidentielles d'octobre 2003 et d'août 2004, la république a élu son parlement, le 27 novembre 2005. Ainsi, avec ces dernières élections, le processus de mise en place d'un nouveau pouvoir en Tchétchénie a été achevé. « Les élections ont officiellement clos le rétablissement du système constitutionnel de la république », a déclaré M. Poutine cité par l'agence de presse Interfax.
Le président de la Commission électorale tchétchène, M. Ismail Baikhanov, a estimé le taux de participation à 66% parmi les 600 000 électeurs inscrits. Quelque 34 000 soldats ou officiers des forces fédérales basées dans la république ont également pris part au scrutin (leur participation est jugé légitime selon la loi électorale). Il y avait notamment dans la république 23 000 observateurs du Secrétariat exécutif de la Communauté des États indépendants (CEI), de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), ainsi que des représentants de la « mission de présence » de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) et du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux d'Europe (CPLRE). Les observateurs ont déclaré que les élections se sont déroulées « sans aucun excès ni irrégularités notables »Source : http://fr.rian.ru/russia/20051130/42270095.html. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a toutefois refusé d'envoyer des observateurs en Tchétchénie pour des « raisons de sécurité ».
Certaines organisations non gouvernementales comme « Mémorial », les observateurs étrangers et les rares représentants du Parlement européen qui ont pu parvenir sur les lieux, ont signalé des irrégularités lors des scrutins considérant que la population n'avait pas été suffisamment informée, et déplorant que les indépendantistes n’aient pas eu l'occasion de s'exprimer publiquement. Ils ont par ailleurs fustigé que bon nombre de militaires Russes non-résidents amenés aux isoloirs ont mis leurs voix dans la balance pro-fédérale. Le Krémlin a repliqué que le vote des militaires est autorisé par la Constitution dans les lieux de leurs dislocation.
Le « Comité américain pour la paix en Tchétchénie » (ACPC), très proche de l'aile conservatrice du parti républicain américain, est l'un des plus virulents critiques des actions russes en Tchétchénie. Certains médias internationaux et plusieurs autres associations (dont Amnesty International et le Comité Tchétchénie) réclamaient au début des années 2000 de la communauté internationale, et en particulier des gouvernements américains et européens, une action diplomatique auprès du gouvernement russe pour mettre fin à de supposées violations des droits de l'hommes imputables aux militaires de l'armée fédérale et des milices tchétchènes pro-fédérales, et déplorent une absence de recours judiciaires réels. Ils exigent également la médiation internationale afin que s'établissent des négociations entre les autorités tchétchènes actuelles et les séparatistes. Son refus de négocier avec les rebelles Poutine justifia par un principe universel : « On ne négocie pas avec les terroristes et les criminels ». Il appella les occidentaux à ne pas faire preuve de « double morale ».
Avec la fin d'opérations militaires majeures en 2001-2002, qui furent propices aux abus et induisirent des pertes civiles, et l'instauration d'un État civil démocratique en Tchétchénie entre 2004 et 2005, les revendications de négociation avec les rebelles ont sensiblement diminué.
Cependant, certains représentants tchétchènes indépendantistes reçoivent toujours un soutien important à l'étranger, grâce, notamment, au travail de relations publiques qu'ils mènent. L'exemple le plus flagrant est celui d'Akhmed Zakaeïev, représentant du gouvernement déchu d'Aslan Maskhadov, réfugié à Londres. La Russie tente d'obtenir son extradition des pays européens où il fait sporadiquement des apparitions, en l'accusant de liens avec le terroriste Chamil Bassaïev, chef de guerre et organisateur avoué de plusieurs attentats meurtriers dont celui de Beslan en 2004Sur la prise d'otages de Beslan, voir aussi http://edition.cnn.com/2004/WORLD/europe/09/17/russia.beslan/.
D’autres personnages de premier plan reprochent à Poutine sa gestion du dossier tchétchène. L'oligarque russe Boris Berezovski, entre autres, s’est aussi vu octroyer l’asile politique à Londres, bien que les autorités russes le recherchent pour fraude fiscale. Moscou a souvent accusé Berezovski d’avoir financé les rebelles tchétchènes via le mécanisme de paiement de rançons suite aux enlèvements d'hommes.
Tout au long de leur histoire, et plus particulièrement durant l'ère russe, une proportion non négligeable de Tchétchènes s'est toujours battue contre ce qu'ils considèrent comme une occupation étrangère. Leur collaboration présumée avec les nazis n'en a été qu'un bref épisode. L'accent mis sur les valeurs guerrières a donc pour corollaire l'exaltation de la résistance contre le pouvoir central moscovite. La résistance, dans sa dimension historique et mythique, se présente en élément central de la consolidation d'une identité tchétchène. Le discours identitaire se focalise sur les facteurs sociaux qui favorisent cette résistance, qu'il s'agisse de la structure sociale (le système des teips) ou religieuse (l'islam sunnite d'obédience soufie).
| … | ''La nuit où les loups sont nés, |
Symbole tchétchène, le loup est investi de connotations liées à la force. Animal qui s'attaque à plus fort que lui, représenté sur le drapeau de la république tchétchène d'Itchkérie, ainsi que sur l'iconographie indépendantiste, il personnifie l'endurance et le courage.
Malgré une russification accrue, la société tchétchène a su préserver un élément traditionnel primordial dans son organisation sociale : le teïp (le clan). Celui-ci constitue un facteur de régulation sociale et il tenait jadis un rôle important dans l'administration judiciaire. D'une manière générale, le teïp est une organisation clanique fondée sur un groupe familial élargi dont les membres sont reliés non seulement par des liens économiques mais également par le sang suivant une lignée patrilinéaire.
Les teïps, dont le nombre est évalué à plus d'une centaine, sont de tailles différentes. Certains proviennent des régions montagneuses, alors que d'autres sont le fruit de mélanges interethniques avec des groupes voisins. Ils sont répartis selon neuf grands ensembles appelés toukhoum, qui représentent les neufs tribus de la Tchétchénie d'origine (représentées par les neufs étoiles du drapeau indépendantiste).
Le teïp est caractérisé par un ensemble de droits, de privilèges et d'obligations qui sont les mêmes pour l'ensemble des membres du teïp. Une loi locale, plus connue sous le nom d’adat régule tous les aspects de la vie quotidienne. C'est une sorte de code commercial, pénal et civil. Ce droit coutumier est construit sur l'honneur des clans et structure les relations inter claniques.
Cette organisation suscite parfois des divisions au sein de la société tchétchène. Les teïps et les individus sont socialement poussés à rivaliser pour le prestige, cette compétition reflète la plupart du temps des tensions générationnelles. Un bon exemple est le compromis que Maskhadov tenta d'atteindre entre les différents teïps. En effet, sous la présidence de Maskhadov, le ministre de la santé Oumar, le ministre de la défense Magomed Khanbiev ainsi que l'ancien mufti Akhmad Kadyrov provenaient du même teïp, Benoï, alors que Maskhadov appartenait au teïp Aleroï. Ce recrutement de membres d'autres teïps visait principalement à diversifier la représentation au sein du gouvernement afin d'éviter les erreurs politiques stratégiques commises par Djohar Doudaev, qui n'avait favorisé que les membres de son propre teïp. Aslan Maskhadov joua la carte du consensus entre les différents teïps tchétchènes mais ne réussit pas à concilier les intérêts particuliers de chaque teïp.
L'importance du facteur religieux a été rappelée lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka à Moscou, notamment à cause du port du voile par la plupart des femmes tchétchènes parmi les ravisseurs. Même si plus d'une personne y vit une collusion entre les Tchétchènes et le terrorisme islamiste wahhabite, une majorité de Tchétchènes condamnèrent ce passage à l'acte et soulignèrent le caractère marginal du fondamentalisme islamique dans un pays de tradition essentiellement soufie.
Le soufisme, un courant de l'islam sunnite qui s'est implanté dans le Caucase du Nord-Est au début du , prône un rapport mystique du fidèle au Très Haut, sans intermédiaire, et s'accommode des coutumes locales. Contrairement au wahhabisme, il préconise le rattachement de chaque fidèle à une vird (branche interne d'une confrérie), portant le nom d'un oustaze (maître spirituel). En Tchétchénie, l'allégeance religieuse se situe au niveau de deux confréries soufies : la Naqchbandiyya et la Qadiriyya. Ces deux confréries sont formées selon une structure hiérarchique, les adeptes étant subordonnés au maître spirituel. Alors que la Naqchbandiyya impose des prières silencieuses, la Qadiriyya préconise le zikr, célébration chantée et dansée au cours de laquelle les fidèles entrent en transe. En général, les adeptes de la Naqchbandiyya sont pour la plupart des intellectuels alors que ceux de la Qadiriyya appartiennent à la classe paysanne.
Du fait de sa contradiction avec le wahhabisme, le soufisme, tel qu'on le pratique en Tchétchénie, relativise donc la menace wahhabite et son effet domino sur le Caucase tant décrié et craint par Moscou. D'ailleurs, beaucoup de chefs terroristes wahhabites opérant en Tchétchénie et dans ses environs immédiats ne sont pas tchétchènes, mais arabes, principalement saoudiens ou jordaniens.
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe affirme que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, devenue une importante priorité internationale, on constate une concordance de vues entre les États-Unis d’une part, et la Russie et la Géorgie d’autre part, sur la lutte contre les combattants tchétchènes et leurs alliés mercenaires, dits « les arabes du Pankissi », cachés de l'autre côté de la frontière russe et soupçonnés d’être liés au réseau Al-QaïdaA ce sujet, voir http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc02/FDOC9621ADI.htm#_ftn3. En octobre 2002, le parquet de Paris ouvrit une instruction sur la préparation d'un attentat contre l'ambassade russe dans la capitale française. Cette enquête a été présentée par les médias sous le nom générique de l'« affaire des filières tchétchènes ». En effet, le dénominateur commun des présumés terroristes consistait dans le fait qu'ils étaient tous passés par la Tchétchénie, en 1999-2000 et étaient liés à l’imam Benchelali, lui-même proche des combattants d'Al QaïdaÀ ce sujet, voir http://www.politiqueinternationale.com/PI_PSO/fram_revpde_ar_01104.htm.
Selon le Centre canadien de la recherche sur la Mondialisation, . Selon Yossef Bodansky, directeur du US Congress's Task Force on Terrorism and Unconventional Warfare, .Lire l'étude au complet : http://www.globalresearch.ca/articles/CHO109E.html
Selon la déclaration le chef du FSB russe, M. Nikolaï Patrouchev, en novembre 2005 fut « liquidé » en Tchétchénie le représentant d'Al-Qaïda pour le Caucase du Nord, le Cheïkh Abou Omar as-Seif, le grand trésorier des combattants indépendantistes. Selon les documents saisis par les forces spéciales russes, il aurait été désigné pour développer les stratégies d'implantation de l'« Internationale Verte » fondamentaliste dans le Caucase par Ben Laden en personne, 10 ans auparavant.
Entraînés dans les camps existants en Tchétchénie et en Afghanistan dans les années 90, et financés par les capitaux terroristes internationaux, de nombreux groupes nationalistes djihadistes tchétchènes ont régulièrement recours aux actes terroristes dans le cadre de leur lutte armée contre la domination russe :
De plus, les enlèvements d'hommes demeurent l’un des problèmes les plus sensibles de la Tchétchénie. 2 780 personnes ont été enlevées depuis 2000 en Tchétchénie, selon les données présentées par le président tchétchène, Alou Alkhanov. Le « kidnapping business » a été lancé, selon Ramzan Kadyrov, par l’ancien oligarque russe Boris Berezovski, lui aussi en exil en Angleterre, qui occupait au milieu des années 1990 le poste de sous-secrétaire du Conseil de sécurité russe. « Berezovski disait aux chefs terroristes qu’il ne pouvait leur verser d’argent directement, et il leur proposait d’enlever des civils et des militaires en Tchétchénie pour leur payer des millions de dollars sous forme de rançon », a-t-il expliqué, ajoutant que les ravisseurs avaient ainsi décroché 30 millions de dollars.
Le « kidnapping business » est né au milieu des années 1990 quand les autres sources d’enrichissement illégales furent épuisées. « La guerre contre la Russie est alors devenue lucrative », raconte le conseiller du Kremlin, Aslambek Aslakhanov. « Déjà avant le début de la première campagne militaire, en 1994, la République tchétchène a dégénéré en un trou noir criminel permettant de blanchir des milliards de dollars », affirme-t-il. « En 1993, la République tchétchène est devenue une des plaques tournantes mondiales du trafic d’armes. Parfois, jusqu’à 30 avions, chargés d’armes, décollaient en un jour de l’aéroport de Grozny à destination des pays du Proche-Orient et d’Afrique, et ils ramenaient en Tchétchénie drogue et ses matières premières. Dans le district de Chali fonctionnait une importante filière de production d’héroïne hautement raffinée », ajoute-t-il.
Le nombre de disparitions est passé de 228 en 2004 à 117 en 2005, selon l'agence Itar-TassSource : http://www.armees.com/+Comment-mettre-fin-aux-enlevements-en-Tchetchenie,3984+.html.
La Tchétchénie est une république présidentielle qui a, pour des raisons personnelles, un pouvoir exécutif fort en personne du Premier ministre Ramzan Kadyrov.
Le gouvernement est constitué de 8 membres et 14 ministres sectoriels. Le Président dispose du Cabinet (Apparat) composé de plusieurs départements spécialisés ou sectoriels.
Le parlement de 58 sièges est bicaméral et composé du Conseil républicain (chambre haute) et de l'Assemblée populaire (chambre basse). Le Parti de la Russie unie pro-Kremlin a réuni 61% des voix lors du dernier scrutin de 2005.
Le Conseil d'État (Gossoviet), composé de 34 membres, est un organe représentatif des raions administratifs de la république. Il joue un rôle consultatif auprès du Parlement.
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