Selon l'acceptation populaire, un surdoué ((enfant)intellectuellement précoce, (E.)I.P.) est une personne dont le fonctionnement intellectuel dans son ensemble, ou en partie, est au-delà de certaines logiques ou aptitudes habituelles.
Outre le fait de désigner un individu doué en diverses matières, le terme « surdoué » véhicule le mythe de l'individu supra intelligent (jadis d'avantage désigné par le terme « génie »). Or il s'agit d'un phénomène beaucoup moins exceptionnel que ce que désigne le terme de « génie », puisqu'on désigne comme surdoué les 1 à 5 % de la population qui ont certaines de ces caractéristiques, ou plus techniquement qui se classent le mieux aux test de QI. Il y a donc entre 500 000 et 3 000 000 de surdoués en France, selon qu'on élargit plus ou moins cette notion.
Au sein des sociétés de type démocratique, les I.P. ne sont pas à la fête puisque l'idéal d'égalité entre les citoyens inscrit dans la constitution nuit souvent à leur développement personnel.
De nos jours, on identifie généralement les « surdoués » aux personnes ayant obtenu un résultat élevé aux tests de QI. Le résultat de ces tests est un chiffre statistique. Un QI élevé signifie que l'individu a obtenu un classement élevé parmi les résultats d'un échantillon de personnes qui a permis d'étalonner le test. Ce résultat n'est pas à considèrer comme une vérité absolue étant donné les aléas des tests et le caractère restreint de cette évaluation, il s'agit néanmoins d'une indication qui peut être éclairante.
Ces tests peuvent bien sûr détecter une facilité d'adaptation aux matières arbitrairement prédéfinies (et donc savoir si une personne est plutôt « douée » en ces matières précises) mais en aucun cas prétendre recouvrir le concept (éternellement flou) d'intelligence.
Le qualificatif de « surdoué » est attribué à partir de critères différents selon l'association Mensa, selon l'instituteur, selon le psychologue spécialisé ou les familles.
Selon la référence qui est adoptée par la presse, le caractère « surdoué » se manifeste différemment, d'où différentes définitions et amalgames.
Lorsque le résultat au test de QI dépasse 125, il s'agit d'un surdoué au sens le plus large. Des auteurs utilisent alors indifférement « surdoué » et « génie ». Le test de QI permet d'étudier le raisonnement, les capacités déductives et analogiques d'un individu, ses capacités d'orientation dans le temps et dans l'espace, etc. Nous reparlerons de ces surdoués dans une section ci-dessous.
Lorsque ces auteurs prennent en compte les émotions, ils souhaitent parler de grandes capacités déductives logiques non-cognitives, étudiées par le test de QE (quotient émotionnel). Pour les logiques autres, telles que la logique transcendentale et la logique floue, aucun test fiable et communément utilisé n'est disponible. En conséquence, ces facultés ne sont pas étudiées.
Enfin, certains auteurs considèrent qu'un surdoué peut tout simplement être quelqu'un qui dispose globalement d'une efficacité intellectuelle supérieure par rapport à une moyenne. Cette comparaison s'applique à n'importe quel sujet, tout comme à quelqu'un qui développe des facultés jamais vues auparavant, ou encore quelqu'un qui dispose d'une mémoire énorme.
Très sensibles autant d'un point de vue physique qu'émotionnel, les surdoués et les enfants en particulier sont très fragiles sur des domaines où la logique ne peut agir. De plus, étant hors norme, leur intégration dans la société est difficile.
Les scientifiques spécialistes ont une vision beaucoup plus précise que le grand public non informé. En effet les surdoués sont méconnus et les personnes véhiculent bon nombre de préjugés. Parmi ceux-ci :
En réalité, les surdoués n'ont pas la forme de nos fantasmes. Cet article tente de rétablir ici une réalité un peu plus objective sur les surdoués. Discutons dans l'ordre des cinq préjugés précédents.
Cependant, il n'aura pas les mêmes difficultés que la majorité de la population. En revanche, cette intelligence, différente, peut produire de meilleurs résultats que l'intelligence dite standard. Par exemple, dans les tests de QI, les meilleurs résultats sont obtenus par des surdoués. C'est pour cela que ces tests ne mesurent pas l'intelligence, mais bien ce que l'intelligence produit à un moment donné et dans une situation donnée.
Cela soulève une question : Qu'est-ce qu'une intelligence différente ? C'est une intelligence qui n'utilise pas le même type de raisonnements. Ainsi une personne standard peut raisonner en considérant les maillons d'une chaîne un par un (suivant un précepte de Descartes). Cette personne pourra parfaitement être consciente du cheminement de sa pensée. La personne surdouée considérera plusieurs chaînes, globalement. Elle pourra créer des liens inédits. En revanche, elle sera incapable de comprendre comment elle arrive à un résultat.
Ce n'est qu'un exemple, mais étayé par des données neurobiologiques. La personne surdouée n'active pas les mêmes zones du cerveau que la personne standard pour une même tâche. Bien sûr, elle n'a pas plus de neurones. La conclusion est donc que le terme de surdoué répond plus aux fantasmes populaires qu'à la réalité.
Il est plutôt difficile de savoir si quelqu'un est surdoué. Seul le test de QI permet de trancher, et encore. Il est très spécifique, mais a une sensibilité trop faible. Si le QI est supérieur à 125, la personne est surdouée. S'il est inférieur, la personne a « de grandes chances » de ne pas être surdouée. En effet, une personne en souffrance psychologique peut avoir un QI de 90 et être surdouée ! Bien sûr, c'est une minorité, mais il faut en tenir compte.
De façon plus pragmatique, certaines caractéristiques se retrouvent souvent chez les surdoués. L'humour, la vivacité, la curiosité intellectuelle, la logique et l'hypersensibilité sont typiques aux surdoués, même s'il ne sont pas spécifiques.
Il est à noter que les filles et les femmes surdouées sortent moins souvent du lot, car elles sont discrètes. Telles des caméléons, elles se fondent dans le paysage et s'appliquent à ressembler aux autres, même si elles en souffrent.
Lorsque l'on a un doute, on peut faire cette petite expérience (avec les enfants exclusivement). Posez une question d'un niveau scolaire supérieur à celui de l'enfant, sur un sujet de votre choix. Voyez sa réaction. Est-il (très) intéressé et curieux ? A-t-il la réponse ? Répétez ceci plusieurs fois. Si vous avez une réponse franchement positive à chaque fois, vos doutes sont fondés. Un test de QI devrait être la prochaine étape de validation.
Cependant, le sachant surdoué, vous risquez d'attendre beaucoup de lui. S'il obtient de mauvais résultats, comment l'accepter ? Il faut une grande ouverture d'esprit et beaucoup de patience. Ce n'est facile ni pour vous ni pour lui. Dans tous les cas, la relation adulte-enfant surdoué est souvent parsemée d'embûches. Du fait de son intelligence différente, l'enfant surdoué ne comprend pas toujours les consignes qu'il interprète différemment. Il ne sait pas toujours justifier ses résultats. Il aime remettre en questions le savoir qu'on lui donne. Il questionne ce savoir et n'hésite pas à se mettre en désaccord. Il défend ses opinions avec âpreté, envers et par-dessus tout, et même contre votre propre savoir. En bref, il vous remet en cause !
Ce n'est pas de l'opposition, mais bien des convictions sincères, ce qui peut amener de la frustration. L'enfant surdoué n'est pas tendre avec vos faiblesses et n'hésite pas à vous tester pour être sûr de pouvoir vous faire confiance. Si vous n'avez pas su vous imposer, ce sera difficile ensuite.
Cette situation n'existe pas toujours. Chaque surdoué est différent. Il y a de bons élèves, qui ont des bons résultats scolaires sans plus, mais qui sont très agréables. Ils veulent vous faire plaisir et ont appris à le faire, même si c'est au prix de travestir leur intelligence.
Si l’on cherche à comprendre plus précisément pourquoi les surdoués, qui sont censés avoir une intelligence supérieure aux autres élèves, se retrouvent en difficulté, on constate les faits suivants :
Le surdoué rechigne plus que les autres élèves à étudier une matière qui ne correspond pas à ses aspirations. Pourquoi étudier par exemple les climats, l’économie de telle ou telle région terrestre si les voyages ne l’intéresse pas et s’il n’a pas l’intention d’exercer une profession nécessitant ces connaissances. Par conséquent les surdoués peuvent avoir une réelle difficulté à mémoriser des informations qui leur semblent inutiles et ennuyeuses.
L’esprit aiguisé des surdoués accepte moins facilement un enseignement autoritaire n’autorisant pas la critique. Si l'enseignant, par exemple, impose une vision des auteurs littéraires avec laquelle le surdoué n'est absolument pas d'accord. Celui-ci, n'osant pas exprimer son désaccord, se contentera dans ses dissertations, d'écrire des banalités donnant au correcteur l'impression qu'il a une analyse très superficielle.
En fait, contrairement à ce que l’on pourrait penser a priori, un surdoué peut passer aux yeux de ses professeurs pour un très mauvais élève.
En France, le caractère surdoué est souvent dénié, voire critiqué. La formation des enseignants dans ce domaine est inexistante, donc la détection des surdoués est difficile. Et lorsque le constat est fait, bien souvent les conséquences ne sont pas tirées. Ainsi, il n'existe pas d'écoles publiques spécialisées qui exploiteraient le potentiel des enfants surdoués.
Ouvrage(s):
Hochbegabung | Gifted | Superdotado | Gabumai | Begaafdheid | Одарённые дети