Solon, en grec ancien , né vers 640 av. J-C., mort en 558 av. J.-C., homme d'État, législateur et poète athénien.
Il naît à Athènes dans une famille eupatride : selon la tradition, son père est Exécestidès, citoyen pauvre et peu connu, mais descendant de Codron, dernier roi d'Athènes. Selon Héraclide, cité par Plutarque (Solon, I, 3), sa mère est une cousine de la mère de Pisistrate. Toujours selon Plutarque, Pisistrate est également l'éromène de Solon, et restent amis par la suite. Aristote estime pour sa part que l'âge des deux protagonistes rend la chose impossible (Constitution d'Athènes, XVII, 2).
Il écrivit des poèmes élégiaques et iambiques pour faire connaître et justifier les mesures politiques qu'il avait prises. Pour les historiens grecs postérieurs, ses poèmes étaient la principale source d'informations sur la crise économique et sociale à laquelle il tenta de remédier. Ayant acquis à Athènes la réputation de bon conseiller lors de la guerre contre Mégare pour la possession de Salamine, il fut élu archonte pour 594–593.
Dans beaucoup de sociétés archaïques, vendre un homme comme esclave si la vente de ses biens n'avait pas suffi à couvrir ses dettes était une pratique admise. Les deux principales mesures prises par Solon pour soulager la misère des paysans sont la suppression de toutes les dettes garanties sur la terre (cf. horos) ou la liberté — c'est ce qu'on appelle la σεισάχθεια / seisakhtheia, la libération des dettes — et l'interdiction de toute créance garantie sur la personne du débiteur. Cependant, il ne procéda pas à une redistribution des terres, comme l'avaient espéré certains des citoyens les plus pauvres.
On lui attribue, peut-être à tort, d'autres réformes économiques :
Solon introduisit aussi un code de lois moins sévères : il abolit toutes les lois de Dracon, excepté les lois sur l'homicide. Il régit également la place des femmes dans la société athénienne : ses lois précisent quel doit être le trousseau de la jeune mariée, la durée de leur deuil ou de leurs promenades ou encore la ration de nourriture à leur attribuer. Selon des passages contestés (cités par Athénée, XIII, 23) de l'auteur comique Philémon (Adelphes, fgt. 4) et l'historien Nicandre (Histoire de Colophon = FGrH 271–272 fgt. 9), il établit également des bordels d'État afin que chaque citoyen puisse assouvir ses désirs sexuels, indépendamment de sa richesse. Selon l'historienne S. B. PomeroyCf. S. B. Pomeroy, Goddesses, Whores, Wives and Slaves, Schoken, 1995, p. 58 sq., cette législation n'est pas tant misogyne que soucieuse d'éviter toute discorde au sein de la cité naissante. Les régulations portant sur le trousseau ou encore l'alimentation seraient quant à elles de nature somptuaires, visant à diminuer l'influence des Eupatrides, l'aristocratie athénienne.
Sa grande réforme institutionnelle consista à établir une hiérarchie fondée non plus sur la naissance mais sur la richesse : il brisait ainsi le monopole héréditaire du pouvoir que détenaient les Eupatrides. Désormais les neuf archontes seraient élus parmi les citoyens les plus riches, qu'ils soient ou non de naissance noble. Les citoyens appartenant aux classes intermédiaires détiendraient des charges moins importantes. Les citoyens de la dernière classe, les plus pauvres, se borneraient à voter à l'ekklêsia. C'est ce qu'on appelle une τιμοκρατία (timocratia), une démocratie censitaire. Les 4 classes censitaires étaient les suivantes :
Après leur année de charge, les archontes entraient à l'Aréopage ; en sorte que la composition de ce conseil, jusque-là exclusivement eupatride, allait peu à peu se modifier.
Solon institua un second conseil, la boulè de 400 membres, 100 pour chacune des 4 tribus, tous élus annuellement.
D'après Hérodote, Solon effectua des voyages en Lydie et en Égypte. C'est en Egypte à Saïs que, d'après Platon (Timée), Solon aurait entendu le mythe de l'Atlantide de la bouche de prêtres locaux, gardiens d'une colonne gravée de hiéroglyphes contant l'histoire.
Il projeta à son retour à Athènes de rédiger un poème sur le sujet, mais abandonna à cause de l'ampleur de la tâche. L'histoire fut néanmoins transmise dans sa famille par l'intermédiaire de Dropides et de Critias, jusqu'à Platon.
Athènes antique | Personnage de la Grèce antique | Sept sages | Décès en -558
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