, 1er janvier 2007 : Euro
La capitale de la Slovénie est Ljubljana.
La Slovénie fait partie de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004 et fera partie de la zone Euro au 1 janvier 2007. (1 euro valant environ 239,64 tolars.)
Les élections au Parlement (Državni zbor) du 3 octobre 2004 ont permis au parti démocrate (SDS) mené par Janez Janša d'arriver en tête du scrutin en doublant son nombre de députés, passant de 14 à 29 sur les 90 députés que compte la chambre basse. Pour sa part, les libéraux-démocrates (LDS) du premier ministre Anton Rop sont arrivés en seconde position après avoir perdu beaucoup de leur influence passant de 34 à 23 sièges. La participation a été de 60 %.
Les groupes ethniques de la Slovénie sont les Slovènes (83,1 %), les Serbes (2 %), les Croates (1,8 %), les Bosniaques (1,1 %), et d'autres (12 %), ainsi que des minorités éthniques Hongroise et Italienne (0,5 %). L'espérance de vie en 2000 était de 71,1 ans pour les hommes et de 79,5 ans pour les femmes.
Suite à l'indépendance de la Slovénie en 1991, entre 18 000 et 300 000 citoyens « non-Slovènes » (entre 1 % et 10 % environ de la population entière) ont été effacés des registres administratifs. En 2004, la Cour Suprême a ordonné leur réintégration. *
Avec 95 habitants au kilomètre carré, la Slovénie se place parmi les pays peu denses d'Europe (comparez par exemple cette densité avec les 320 hab./km² des Pays-Bas ou les 195 hab./km² de l'Italie). Environ 50 % de la population habite dans des zones urbaines, le reste en milieu rural.
La langue officielle est le Slovène, qui appartient au groupe des langues slaves du Sud. Le hongrois et l'italien bénéficient d'un statut de langue officielle dans les régions pluriethniques le long des frontières hongroise et italienne.
En dehors de la publication de livres utilitaires, le XVIIIe siècle marque les premières publications de poésie, dirigées par le père Janez Damascen (pseudonyme de Felix Dev, 1732-1786).
Au tournant du siècle, un cercle savant se forme autour du baron Zois (1747-1819), né de père italien et de mère slovène, protecteur de nombreux artistes, il tint une sorte de salon dans son hôtel particulier. Cette époque, marquée par le baron Zois, vit aussi l’émergence du théâtre et le prolongement des œuvres historiques de Valvasor (1641-1693), notamment en la personne de Linhart (1756-1835), auteur d’adaptation de pièces allemandes, et d’un ouvrage historique. Parallèlement, un certain nombre de personnalités, dont Vodnik (1758-1819), s’efforcent de planifier la langue, en écrivant des manuels.
Au début du XIXe siècle paraissent de nombreuses grammaires, mais aussi des publications diverses (livres de cuisine, manuels d’obstétrique, etc.) La grammaire de Kopitar (1780-1844), un grand philologue, est la première grammaire moderne. Kopitar a fait créer une chaire de langues slaves à l’université de Vienne (1849). On crée aussi des chaires de slovène dans les lycées.
Le début du XIXe siècle est marqué par Matija Čop (1797-1835) (grand érudit), Vodnik (1758-1819) (jeune prêtre, auteur de nombreux poèmes, dont une Ode à Napoléon), et surtout France Prešeren (1800-1849). Prešeren est considéré comme le plus grand poète slovène. Issu d’une famille paysanne de Carniole, il fait son droit à Vienne, et devient clerc de notaire. Empruntant des formes poétiques dans toutes les époques et tous les pays, il adapte "la poésie slovène * formes les plus exigeantes et les plus pures de la poésie occidentale". Auteur d’élégies, de poèmes amoureux désespérés, de poèmes épiques, et d’adaptations de chants populaires, il a contribué à donner aux Slovènes une vraie langue littéraire.
La seconde moitié du XIXe donne à la langue slovène ses premières œuvres marquantes en prose. On peut citer notamment J. Cigler (1792-1869), auteur d’un récit picaresque : La Chance dans le malheur (Sreča v nesreči) ; Janez Trdina (1830-1905) ; M. Valjavec (1831-1897) ; L. Svetec (1826-1921). De nombreuses revues paraissent à cette époque et contribuent au développement de la langue et de la littérature slovène.
Le roman paysan allemand s’implante en Slovénie avec un auteur marquant et un peu part, Fran Levstik (1831-1887). Auteur de Martin Krpan, il fut aussi un grand défenseur de la langue slovène. Les revues Slavija (Klagenfurt) et Vaje (Ljubljana) seront un vivier d’écrivains et de poètes, dont : Simon Jenko (1835-1869), auteur de poèmes sur les thèmes de la nature, l’amour et la mélancolie, mais aussi plus politiques, il est surnommé le "Heine slovène" ; Fran Erjavec (1834-1887), auteur de romans populaires ; J. Menciger (1838-1912) ; Josip Jurčič (1844-1881), auteur de romans historiques et paysans, dont le grand succès Le Janissaire slovène (Jurij Kozjak) ; Ivan Tavčar (1851-1923), auteur de nombreux romans et nouvelles, et aussi député et maire de Ljubljana ; Janko Kersnik (1852-1897), auteur de romans bourgeois et paysans ; Josip Stritar (1836-1923), grand écrivain, il est surtout connu pour ses analyses littéraires ; Simon Gregorčič (1844-1906), excellent poète ; Anton Aškerc (1856-1912), poète paysan et folkloriste.
Les auteurs du groupe "moderna" : Ivan Cankar (1876-1918) est considéré comme le plus grand écrivain slovène. Né à Vrhnika (sud de Ljubljana), il publie des poésies dans le style décadent dès 1899. Influencé par son époque, il vécut à Vienne et Ljubljana, se consacrant uniquement à la littérature. A partir de 1907, il prend une part active à la vie politique. Auteur complet, il excelle dans la poésie, le roman, la nouvelle, le théâtre. Oton Župančič (1878-1949), contrairement à Cankar, est un poète de l’harmonie, de l’espérance et la lumière. Directeur du théâtre de Ljubljana et conservateur aux archives, il fut influencé entre autres par le symbolisme, et appela même, dans la fin de sa vie, à la lutte contre les nazis : "Connais-tu, poète, ton devoir ?" (Veš, poet, svoj dolg ?). Dragotin Kette (1876-1899) et J. M. Aleksandrov (1879-1901) sont deux "poètes maudits" remarquables.
Les auteurs du réalisme : Vida Jeraj (1875-1932) ; C. Golar (1879-1965) ; M. Pugelj (1883-1929) ; F. Milčinski (1867-1932) ; L. Kraigher (1877-1959). Tous ses auteurs cherchent à s’écarter de l’influence de la moderna.
Quelques auteurs chrétiens progressistes : Finžgar (1883-1952), prêtre originaire de Carniole, auteur de romans dans la veine de ceux du polonais Sienkiewicz, toujours très appréciés aujourd’hui. Meško (1874-1964), auteur notamment de récits jeunesse. Izidor Cankar (1896-1958), cousin de Ivan Cankar, il dirigea Dom in svet, une importante revue culturelle. Ivan Pregelj, (1883-1952), auteur de la région triestine.
S. Kosovel (1904-1926) est le principal représentant de l’expressionnisme. Originaire du Karst, il est mort très jeune, et les traductions en italien et français ont contribué à le faire connaître à l’étranger. D’autres auteurs, comme Podbevšek (1898-1981), Jarc (1900-1942) ou Seliškar (1900-1969), ont cherché des formes nouvelles dans l’expressionnisme ou le futurisme.
Dès les années 1930, et encore plus après la guerre et la victoire de Tito, se développe le mouvement du réalisme social et socialiste, avec entre autres Miško Kranjec (1908-1983) ; Prežihov Voranc (1893-1950), de son vrai nom Lovro Kuhar, enfant chéri du régime communiste ; Ciril Kosmač (1910-1980), natif de la région triestine, est attentif aux problèmes sociaux et nationaux ; Ivan Potrč (1913-1993), communiste et militant de la première heure ; A. Ingolič (1907-1992). Quelques auteurs s’éloignent des courants dominants, en se tournant vers le roman historique : Vladimir Bartol (1903-1967) ; ou psychologique : S. Grum (1901-1949).
Pendant la guerre, des éditions clandestines de poètes-partisans existèrent. On peut citer Matej Bor (pseudonyme de Vladimir Pavšič (1912-1993) ; Karel Destovnik (ou Kajuh, 1922-1944) ; France Balantič (1921-1943), résistant mais anticommuniste ; Edvard Kocbek (1904-1981).
Parmi les poètes modernes, les figures essentielles sont : Janez Menart (1929-2004) ; Ciril Zlobec (1925-) ; Ivan Minatti (1924-) ; Gregor Strniša (1930-1987) ; Veno Taufer (1933-) ; Tomaž Šalamun (1941-) ; S. Makarovič (1939-) ; M. Dekleva (1946-) ; M. Jesih (1950-) ; E. Fritz (1940-) ; Boris A. Novak (1953-). Certains vivent en Autriche et en Italie, comme Kokot, Smole, Kravos. La poésie slovène demeure d’une très grande vitalité, avec un nombre de revues et de publications importantes compte tenu du petit nombre d’habitants.
Dans les années 1960, les prosateurs se détachent progressivement du réalisme social imposé par le régime, par l’apport de thèmes nouveaux, d’une nouvelle vision de l’Homme, voire d’une poursuite de la tradition d’avant-guerre : Zdravko Slamnik (1932-1992) ; Lozje Kovačič (1928-) ; Andrej Hieng (1925-) ; Alojz Rebula (1924-) ; Boris Pahor (1913-), triestin, résistant interné par les nazis, traduit dans de nombreuses langues, il jouit d’une renommée internationale. Parmi les expatriés, on peut citer K. Mauser (1918-1977), vivant en Argentine. Chez les Slovènes d’Autriche, le principal auteur est Florjan Lipuš (1937-).
Dans les années 1970, une nouvelle génération émerge, avec en tête Drago Jančar (1948-) ; dont "la maîtrise de la langue et l’intensité dramatique placent l’œuvre de Jančar au premier rang de la littérature slovène d’aujourd’hui". Sont aussi notables : Rudi Šeligo (1935-2004) ; S. Vuga ; A. Capuder, Franček Rudolf (1944-), etc.
La littérature slovène se compose également de nombreuses œuvres critiques. Certains écrivains ont réalisé des traductions de grandes œuvres étrangères en slovènes (Gradnik pour Dante et Tagore ; Klopčič pour Heine et Lermontov, etc.). Aujourd’hui, cette tradition se poursuit (Lorca par Udovič, Camões par Capuder).
A signaler aujourd'hui la présence en France de Brina Svit, dont la première partie de l'oeuvre est en slovène, sa langue natale, et la seconde en français.
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