Славяни Slaveni Slawen Slavic peoples Slava lingvaro Slaveni Slavai Slavische volkeren Słowianie Slavi Slovani Слов’яни
Le nom de Slaves est mentionné pour la première fois en 500 après J.-C. : il désigne des peuples indo-européens, voisins sur le plan ethnolinguistique et survenus tardivement dans l'Histoire.
Au Moyen Âge, les Slaves constituèrent des principautés et des royaumes puissants en Europe centrale et en Europe orientale, dont certains survivent sous une autre forme aujourd'hui :
Concernant leurs ancêtres, le terme de protoslaves est employé pour désigner les populations à caractère slave qui auraient été prises dans le tourment des migrations barbares. La plupart des historiens s'accordent à penser que les premiers d'entre eux auraient été enrôlés dans des confédérations de peuples allogènes. Ainsi, il aurait pu y avoir des protoslaves parmi les Scythes et parmi les Sarmates du au , parmi les Huns et les Alains (-), enfin parmi les Goths ( siècle) puis parmi les Avars aux et au .
Le berceau originel des protoslaves, si l'on en croit les témoignages archéologiques qu'ont laissés des populations non germaniques, pourrait se situer dans les régions comprises entre les sources de la Vistule au nord-ouest, de la Dniestr au sud-ouest, et le cours de la Dniepr à l'est. Ces régions de plaine, situées en Ukraine et en Pologne orientale au nord de la mer Noire, sont celles qui portent les témoignages les plus anciens d'une présence slave.
Les autres populations en mouvement de la fin de l'Antiquité auraient finalement entraîné une partie des Slaves jusqu'à l'Elbe et jusqu'au Danube à l'ouest. Dans le même temps, d'autres Slaves faisaient irruption au sud des Carpates.
Atteignant l'Empire romain d'Orient, ceux-là accompagnent et suivent les Avars, arrivés en 567. Ils pénètrent dans les Balkans et atteignent l'Adriatique. Vers 548, ils sont en Illyrie (en Carinthie, en Istrie et en Albanie) et repoussent les autochtones dans les montagnes.
C'est dans les Balkans dépeuplés en partie par les invasions d'autres peuples migrateurs que les premiers Slaves font souche, en fondant des colonies (ou « sclavenies », du nom des Sclavènes), d'abord sans – puis avec – l'autorisation de Byzance. Les Vlahi latinisés, bergers, se rètirent eux aussi dans les montagnes.
D'autres Slaves, enfin, mènent des incursions en Grèce dès la fin du règne de Justinien, profitant de l'abandon du limes oriental. Entre 586 et 610 ils ravagent le pays et s'en rendent maîtres.
Au final, les raisons exactes du mouvement des Slaves vers l'ouest et vers le sud sont inconnues : celui-ci, longtemps attribué à la pression des Mongols aux confins de l'Asie, pourrait s'expliquer plus simplement par la démographie.
Deux hypothèses sont généralement retenues pour expliquer le mot slave. Reste à savoir laquelle est la bonne et s'il n'y en aurait pas éventuellement une troisième :
Toujours est-il que le mot slave est à l'origine de la Slavonie, de la Slovaquie et de la Slovénie. C'est également lui qui a donné le français esclave (latin médiéval slavus, sclavus), de nombreux Slaves des Balkans ayant été réduits en esclavage durant le haut Moyen Âge.
Á l'origine répartis en de nombreuses tribus, sans doute de taille modeste, les Slaves semblent avoir surtout été pacifiques. L'unité de base était probablement la famille, et au-delà de celle-ci, le regroupement en communautés villageoises agro-pastorales.
C'est probablement au contact des peuples étrangers que les Slaves découvrirent et adoptèrent leurs structures politiques du Moyen Âge.
La pression des peuples germaniques au nord et à l'ouest (à l'époque carolingienne, les Francs les arrêtent sur l'Elbe ; à l'époque ottonienne, les Saxons commencent à s'étendre vers l'est), et celle des peuples des steppes à l'est et au sud semble avoir mis un terme à l'expansion des Slaves et les avoir fixés dans l'espace.
L'action de Cyrille et Méthode – le premier ayant achevé d'apporter aux Slaves une écriture dérivée du grec avec l'alphabet cyrillique – surtout, fut celle qui eut le plus de conséquences.
Dès lors, les Slaves de l'ouest, qui avaient embrassé le christianisme catholique romain, et les Slaves de l'est et du sud (sauf parmi ces derniers les plus occidentaux : Croates, Slovènes et Dalmates), qui avaient embrassé la religion chrétienne venue de Byzance, eurent un rôle politique très distinct.
Comme pour la majorité des peuples qui participèrent aux invasions, le terme d'État est également très contestable dans la mesure où les structures politiques établies : khanats, royaumes et principautés, étaient bien éloignées de la res publica antique, confondant sous un même terme les territoires, la dépendance des hommes à l'égard d'un pouvoir personnel et les biens de ce pouvoir.
Leurs incursions dans l'empire furent probablement nombreuses mais espacées. Les Antes finirent par accepter le statut de fédérés et les Slovènes durent commencer à s'helléniser.
Entre la fin du et le début du , l'irruption des Avars vient bouleverser cette relative stabilité, mais il semble que les Slaves avaient recommencé leurs mouvements auparavant : les chroniques syriennes datent de 551 une seconde vague d'invasion qui atteint la mer Égée. Á la fin du , Jean d'Éphèse écrit que toute la Grèce est occupée par les Slaves.
En tous cas, c'est sans doute à cause de l'invasion des Avars que le limes danubien est franchi à nouveau par les Slaves au début du : en 609, 617 et 619. En 617, les faubourgs même de Constantinople sont menacés.
Mais, c'est surtout dans les Balkans que ces derniers vont laisser une empreinte particulière. Leur division en une myriade d'ethnies présentes dès cette époque, en effet, persiste jusqu'à nos jours.
Les plus occidentaux d'entre eux, des Slovènes, qui donnèrent leur nom à la Slovénie actuelle, furent confrontés aux Bavarois. Ces derniers durent arrêter l'expansion slave vers l'ouest. Les même Slovènes tombèrent ensuite sous la domination des Avars au .
De 610 à 641, ils se libérèrent des Avars avec l'aide de leurs voisins, Serbes et Croates :
D'autres peuples, pour la plupart disparus, se partageaient le reste des ancienne provinces romaines : les Bosniates, les Carantaniens, les Doukliènes et les Narentanes sur la côte dalmate.
Sous le « règne » de leur khan, Asparuch, les Bulgares constituèrent un premier royaume, slave par sa population (681). La fusion qui s'opèra entre Slaves et Bulgares se fit donc au profit de la culture des premiers, même si des témoignages épigraphiques montrent que de nombreux éléments culturels bulgares survécurent au moins jusqu'au . En tous cas, les cadres du pouvoir demeurèrent bulgares, les chefs des tribus slaves (knias) possédant une certaine autonomie mais devant reconnaître l'autorité du Khan.
Le nouvel Empire ainsi constitué fut en tous cas l'un des plus redoutables rivaux de Byzance. Au , deux de ses souverains, Boris Ier qui reçut le baptême et prit le nom de Michel, puis Siméon le Grand tentèrent même de prendre le titre de Basileus. Ils échouèrent, non sans avoir conquis la majeure partie de la péninsule balkanique. Finalement, l'Empereur Basile II écrasa les Bulgares et prit le titre de Bulgaroctone. En 1018, l'Empire bulgare disparut malgré les efforts de son dernier souverain, le czar Samuel.
Sous Justinien II, puis sous ses successeurs de la dynastie isaurienne (717-775), les Grecs regagnèrent le terrain perdu. Appliquant une politique draconienne, ils déportèrent des populations entières en Asie mineure afin de résorber les « enclaves » (« sclavinies ») qui s'étaient établies entre les villes fortifiées demeurées grecques. La christianisation, souvent forcée, accompagna cette reconquête.
Néanmoins, les tentatives de Byzance pour helléniser par la force les Slaves s'accompagnèrent de la mise en place de nouvelles structures administratives à caractère défensif. Ces structurent mirent fin à celles héritées de l'Antiquité : il s'agit des « thèmes », circonscriptions gouvernées par des « stratèges ».
Ainsi, en partie sous l'action indirecte des Slaves et paradoxalement, l'Empire romain d'Orient se transforma en Empire byzantin, c'est-à-dire essentiellement grec.
À leurs côtés se trouvaient alors :
Les Polanes (les futurs Polonais) les suivaient, eux-même talonnés par les Drezvlianes (futurs Biélorussiens) et les « grands Russes » (les Vyatiches, établis près de Moscou).
Des agglomérations modestes, nommées gorods, grods ou grads, furent fondées en grand nombre partout où ils se trouvaient et sont connues pour la période kiévienne.
C'est notamment à l'initiative de Ratislav que les missionnaires Cyrille et Méthode furent dépêchés en 863 par l'Empereur Michel III pour évangéliser les Slavons.
Au , la dynastie des Premyslides y affirma son pouvoir sous le règne de Venceslas I de Bohême (921-935). Venceslas, confronté à la puissante Saxe, devint le vassal d'Henri l'Oiseleur et se plaça sous la protection du pape afin de consolider son pouvoir. Se heurtant à l'opposition des nobles et de son frère en raison de cette politique qui renforçait l'autorité centrale, il fut tué par ce dernier en 935 et devint martyre à la fin du siècle.
Le fratricide Boleslav et ses successeurs, notamment Boleslav II (972-999), continuèrent avec moins de succès l'œuvre de Venceslas, limités par le Saint Empire romain, auquel la principauté appartenait, et par la puissance polonaise. Prague devint un évêché en 973, la Moravie actuelle fut conquise en 1019 et c'est finalement sous le règne de Vratislav II (1061-1092) que la dynastie obtint en 1089 la couronne des mains de l'Empereur Henri IV pour avoir pris son parti au moment de la querelle des investitures (1075-1122) avec le Pape.
Miezko s'était entendu avec le margrave saxon Gero (mort en 965) pour soumettre les Slaves de la Baltique. Ayant unifié les Slaves de la Vistule, il sut profiter successivement de l'écrasement des Magyars par Otton Ier au Lechfeld (955), puis de la défaite italienne d'Otton II au cap Colonne (982), tout comme ses successeurs profiteraient de l'affaiblissement des Hohenstaufen au , pour faire reconnaître sa royauté par l'Empereur et pour constituer un royaume polonais qui allait s'étendre de Gdańsk à Cracovie.