La Serbie (Serbe: Србија/Srbija) est un État des Balkans dans le sud-est de l'Europe. La Serbie est frontalière de la Croatie, de la Bosnie-Herzegovine, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la République de Macédoine, de l'Albanie et du Monténégro. Sa capitale est la ville de Belgrade.
Arrivés dans les Balkans dès la fin du , en provenance de diverses régions des actuelles Pologne, Russie et Ukraine, les Slaves se partagèrent les restes des Empires romains d'Orient et d'Occident : les provinces de Dalmatie, Pannonie, Mésie et Thrace.
Les Slaves envahirent et occupèrent les Balkans jusqu'en Grèce, où ils furent présents jusqu'au . Les toponymes balkaniques traduisent cette invasion générale des Balkans par les Slaves, puisqu'on en trouve aussi en Roumanie, en Albanie et en Grèce.
Les Serbes furent, avec les Croates, parmi les dernières tribus slaves à s'installer dans la péninsule balkanique, à l'invitation de l'empereur byzantin Héraclius, en lutte avec les Avars. Un Royaume serbe est fondé au mais se disloque dès la fin du .
Un Empire lui succède à la fin du , sous la direction de la dynastie des Nemanjić, constituant l'apogée de la Serbie médiévale, puis disparait au , suite à l'invasion ottomane. La Serbie subit une première défaite en 1389 à la bataille de Kosovo Polje, avant d'être définitivement annexée par les Ottomans après la chute de Smederevo, en 1459. Entre 1459 et 1804, la Serbie fait partie de l'empire ottoman. Elle subit trois invasions autrichiennes durant cette période.
Une première révolte, entre 1804 et 1813, menée par Đorđe Petrović, dit Karađorđe (Georges le Noir, du mot turc kara signifiant noir), puis une seconde en 1815, résultent en la création d'une Principauté de Serbie autonome.
En 1878, le Congrès de Berlin accorde l'indépendance à la Serbie.
Les revendictions territoriales sur la Macédoine provoquent les guerres balkaniques, en 1912 et 1913, entre le Royaume de Serbie allié à la Grèce contre la Bulgarie. L'année suivante, le double assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à Sarajevo, le 28 juin 1914 par Gabriel Princip, entraîne la Première Guerre mondiale.
La Serbie est incluse dans la première Yougoslavie, créée en 1918 sous le nom de Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, puis Royaume de Yougoslavie sous la dictature d'Alexandre Ier de Yougoslavie.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume de Yougoslavie reste neutre jusqu'en 1941. Cette année-là, désirant venir en aide à l'armée italienne en difficulté en Grèce, l'Allemagne demande un droit de passage pour ses troupes. Après que le régent Paul ait adhéré au pacte tripartite, un soulèvement populaire à Belgrade, orchestré par des militaires serbes, renverse la régence et place l'héritier du trône, Pierre II, au pouvoir, révoquant l'accord avec l'Axe, ce qui provoque la fureur d'Hitler et l'invasion du Royaume de Yougoslavie par l'Allemagne.
Le roi s'exile rapidement, le pays capitule et est aussitot démantelé. Un État serbe collaborateur est instauré avec, à sa tête, le général Milan Nedić.
La résistance des partisans communistes se développe sous la direction du Croate Josip Broz, dit Tito, tandis qu'une autre résistance, celle des tchetniks, moins bien organisée, s'organise autour de Draža Mihailović, un royaliste et nationaliste serbe, surnommé le "général des Balkans". Les partisans libèrent le pays, renversent la Monarchie et font exécuter des milliers de tchetniks, accusés de collaboration avec les nazis et les fascistes.
Une nouvelle Yougoslavie, communiste, est formée en 1945, la Serbie constituant l'une de ses Républiques fédérées.
Voir également l'article : Histoire de la Yougoslavie
Après la mort de Tito en 1980, les tensions se font jour, avec la montée du nationalisme dans les différentes républiques fédérées, longtemps contenu et canalisé par le pouvoir central.
Slobodan Milošević, alors numéro deux du régime yougoslave, profite de la montée des tensions au Kosovo pour se faire élire président de la Serbie en mai 1989.
Il concentre les pouvoirs en Serbie, en supprimant l'autonomie des provinces autonomes, la Voïvodine et le Kosovo.
En 1990, les premières élections libres et plurialistes se déroulent en Bosnie-Herzégovine, en Macédoine, en Serbie, en Slovénie et en Croatie, suivant en cela le mouvement de démocratisation engagé en Europe de l'Est un an auparavant. Hormis la Serbie, où le Parti radical serbe de Vojislav Selsej est minoritaire, toutes les autres Républiques élisent des présidents ouvertement nationalistes ou indépendantistes.
Tandis que Slobodan Milošević cherche à préserver l'unité yougoslave et surfe sur le nationalisme serbe, la Slovénie gouvernée par Milan Kučan et la Croatie gouvernée par Franjo Tuđman cherchent à obtenir leur indépendance.
Les Serbes de Krajina réagissent violemment et leur dirigeant Milan Babić proclame unilatéralement la République serbe de Krajina, le 28 février 1991. Les forces de Belgrade, notamment l'aviation, les soutiennent et les aident à faire sécession, privant la Croatie du quart de son territoire, ce qui entraîne un conflit entre la Croatie et la Serbie.
En réaction, la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance le 25 juin 1991. L'armée fédérale (JNA), majoritairement composée de Serbes et de Monténégrins, intervient contre les deux républiques sécessionistes. S'ensuivent la courte guerres en Slovénie et celle plus longue et meurtriere en Croatie.
Fin 1991, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine proclament à leur tour leur indépendance, ce qui déclenche une guerre civile de trois ans en Bosnie-Herzégovine, entre les trois ethnies principales du pays, les Serbes, les Croates et les Bosniaques. Les Serbes ont le soutient de la Serbie de Milošević, tandis que les Croates sont soutenus par la Croatie de Tuđman.
Devant l'incapacité des Casques bleus à "maintenir la paix" et à distinguer les agresseurs des agressés, les forces de l'Alliance Atlantique (OTAN) interviennement alors en 1995 directement contre les milices serbes de Bosnie. En août de cette même année, la Croatie reconquiert la Krajina lors de l'opération tempête de 3 jours pendant laquelle entre 150 000 et 200 000 Serbes sont chassés de la région et contraints de se réfugier en Bosnie et en Serbie. Dans le même temps, les forces bosniaques et croates acculent les Serbes à la défensive et reprennent le contrôle d'importants territoires. Les Accords de Dayton mettent fin à la guerre en décembre 1995 : la Bosnie-Herzégovine devient une confédération de 2 entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine (croato-musulmane) et la Republika Srpska.
Un nouveau conflit éclate au Kosovo à la fin des années 1990 entre les indépendantistes albanais de l'UCK et l'armée et la police serbes. Suite à la campagne de bombardements de l'OTAN sur la Serbie de mars à juin 1999, le Kosovo est placé sous protectorat international de l'ONU.
En 2002, la Serbie et le Monténégro parviennent à un nouvel accord portant sur leur coopération future, comportant, entre autres changements, la fin de la République Fédérale de Yougoslavie. Le 4 février 2003, le parlement fédéral accepte la création d'une fédération aux liens très lâches limitée aux deux États restants, sous le nom de Serbie-et-Monténégro. Celle-ci disparaît à la suite du référendum du 21 mai 2006, où le Monténégro décide de proclamer son indépendance, rapidement reconnue par la Serbie.
Se posera maintenant la question de l'autonomie de la Voïvodine et surtout l'avenir du Kosovo.
Suite à la déclaration officielle de l'indépendance du Monténégro, survenue le 3 juin 2006, le Parlement serbe a adopté le 5 juin 2006 une déclaration faisant officiellement de l'État serbe le « successeur » de l'ancien État commun de Serbie-et-Monténégro, ce qui équivaut de facto à proclamer l'indépendance de la Serbie et à reconnaître celle du Monténégro.
Comme le précise la constitution de l'ex-État commun, la République qui quitte l'Union cède à l'autre son siège à l'ONU et dans les principales instances internationales. La Serbie est donc de facto membre de ces organisations.
De plus, les anciens ministères fédéraux de la Défense et des Affaires étrangères passent sous la tutuelle exclusive de l'État serbe.
Ainsi, le 15 juin 2006, l'ex-Ministre fédéral des Affaires Étrangères Vuk Drašković, devenu Ministre des Affaires Étrangères de Serbie, reconnait officiellement l'indépendance du Monténégro et signe le 22, avec sont homologue monténégrin, un protocole d'accord pour l'établissement de relations diplomatiques entre les deux états.
La Serbie présente des paysages variés. Au nord, en Voïvodine (Војводина en serbe), se trouve la grande plaine pannonienne, véritable poumon agricole du pays, séparé du reste du pays par la rivière Save et le Danube. Plus au sud, on trouve les régions de basses-montagnes, Šumadija et Podrinje, régions traversées respectivement par la rivière Drina et par la Morava. À l'est se dressent les régions de Stig, Negotinska Krajina (la « Marche de Negotin ») et, au sud-est, la Južna Srbija (« Serbie du sud »), régions plus montagneuses. À l'ouest de la Serbie, on trouve les montagnes dinariques, essentiellement dans les régions du Sandjak (auquel certains donnent de plus en plus son ancien nom de Rascie (Рашка— en serbe) et du Kosovo.
Les principales villes sont Belgrade (en serbe Beograd, capitale de la Serbie), Novi Sad (chef-lieu de la Voïvodine), Niš, Priština (Prishtina en albanais, chef-lieu du Kosovo), Kragujevac, Subotica (Szabadka en hongrois)
Voir aussi l'article : Villes de Serbie
La Serbie, de même que les autres États issus de l'ex-Yougoslavie, a hérité des frontières délimitées par le régime titiste, incluant les deux « Provinces autonomes » du Kosovo et de la Voïvodine. La Constitution yougoslave de février 1974 donnait à ces deux provinces une autonomie totale vis-à-vis de la Serbie dite intérieure et une représentation directe, à « égalité de droits », dans les instances fédérales.
Slobodan Milošević a mis fin à cette autonomie, en Voïvodine en 1988 par un coup d'État dit « Révolution des yaourts », et en mars 1989 au Kosovo par un coup de force militaro-policier dit « Suspension de l'autonomie du Kosovo ». La Constitution de la République de Serbie, mise en vigueur en 1990 alors qu'il était son président, entérine cette double annexion, rétablissant l'ancienne appelation du Kosovo, supprimée en 1968 par le régime communiste : « Kosovo et Métochie » (Косово и Метохија) – en français : Kosovo signifie « Pays des merles » et Métochie, mot d'origine grecque, désigne les possessions territoriales de l'Église. Il y a donc officiellement une « Province autonome du Kosovo et de la Métochie » (Аутономна Покрајина Косово и Метохија) et une « Province autonome de Voïvodine » (Аутономна Покрајина Војводина).
Certains élus de Voïvodine réclament un retour à une plus grande autonomie, refusée par Belgrade qui évoque le projet de nouvelle Constitution pour la Serbie. Pour leur part, une majorité d'Albanais du Kosovo réclame, en application supposée du texte de 1974, une indépendance, proclamée en octobre 1991 à l'issue d'un référendum parallèle tenu en septembre mais non reconnu par la « Communauté internationale ». Depuis la résolution 1244 du 10 juin 1999, le Kosovo est géré par la MINUK (UNMIK en anglais), administration de l'ONU et, en vertu des Accords de Kumanovo, occupée par la KFOR, 18 000 hommes issus de l'OTAN. La résolution 1244 reconnaît l'appartenance du Kosovo à la République fédérale de Yougoslavie dont la Serbie est l'État successeur. Par ailleurs, elle présente ce statut comme provisoire.
D'un point de vue administratif, la Serbie est divisée en 29 districts (округ, pluriel окружи) eux-mêmes divisés en 186 communes (општина, pluriel општине) et 5 villes (град, pluriel градови).
En Serbie, la langue officielle est le serbe, dans sa variante ékavo-štokavienne.
D'autres langues sont parlées en Serbie, notamment l'albanais, dans sa variante du nord appellée guègue (1 900 000 locuteurs). Par ordre d'importance, on rencontre aussi le hongrois, le rom, le croate, le slovaque, le valaque, le roumain, le macédonien, le gorani, le ruthène, quelques milliers de personnes parlant d'autres langues (comme le bulgare, le tchèque, l'allemand, l'ukrainien, etc.).
Les plats serbes sont en grande partie composés de viandes de toutes sortes.
les snacks locaux sont excellents et très bon marché
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