Saint-Lô est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie.
Préfecture, chef-lieu de département et d'arrondissement, de deux cantons (Saint-Lô-Est - Saint-Lô-Ouest) et d'un doyenné.
Elle tire son nom de l'évêque de Coutances saint Laud ou Lô.
Ses habitants sont appelés les Saint-Lois.
Ville française décorée de la Légion d’honneur.
Géographie
La cité, anciennement appelé
Briovère, « le pont sur la Vire » en langue celtique, est née sur un éperon rocheux au confluent de la
Vire, la Dollée et le Torteron, dans le Cotentin. Ce cœur historique de la ville est devenu « L'Enclos », un site bien adapté à la défense passive.
En 1964, elle absorba deux villages voisins, Sainte-Croix-de-Saint-Lô et Saint-Thomas-de-Saint-Lô.
Histoire
Des origines au XXe siècle
Briovère fut prise par les
Vikings en
890. La ville actuelle a pour origine le bourg castral fondé auprès du chateau de l'évêque de Coutances (l'Enclos). Aux XIII et XIVe siècles Saint-Lô connut un brillant essor commercial lié au négoce des toiles et des draps. L'époque de la guerre de Cent ans éprouva en revanche la ville qui se redressa au XVIe siècle. Après les vicissitudes des guerres de Religion, puis la dure répression de la
révolte des va-nu-pieds, la ville connut aux XVIIe et XVIIIe siècles une croissance en demi-teinte. La Révolution lui octroya le titre de chef-lieu du département de la Manche en 1796. Au XIXe siècle, Saint-Lô, au cœur d'une riche région d'élevage, s'impose comme une grande place pour les foires aux animaux, et comme une ville administrative. Elle reste à l'écart de la révolution industrielle, et n'est pas retenue comme étape sur la ligne ferroviaire Paris-Cherbourg.
La capitale des ruines
Cette petite cité très tranquille, un peu à l'écart des soubresauts de l'histoire depuis plusieurs siècles, n'a rien pour devenir martyre. Mais sa position stratégique après le Débarquement des forces alliées en Normandie en 1944 va lui valoir d'être l'une des villes les plus bombardées de l'Histoire. Le 6 juin, elle est d'abord bombardée par l'aviation alliée. Puis jusqu'au 24 juillet, elle est le théâtre de violents combats entre les unités américaines et les troupes allemandes embusquées dans les ruines. Ces opérations militaires pour la Libération de la ville, stratégique pour avancer plus loin dans le bocage normand, firent près de 500 morts parmi la population civile. Détruite en quasi-totalité (97%), Saint-Lô reçut le surnom peu enviable de
Capitale des Ruines, une expression popularisée par
Samuel Beckett dans un reportage pour la BBC. En contre-partie, les Américains ont offert à la ville l'hôpital mémorial, où est exposée une fresque de
Fernand Léger. La Reconstruction fut longue et difficile, tant dans le bâti que dans les mémoires. Il fut d'abord question de ne rien rebâtir, pour préserver le site détruit comme lieu de mémoire. Mais le pragmatisme l'emporta et le plan d'urbanisme de l'architecte Marcel Mersier fut subordonné à la question de la construction de la cité administrative préfectorale dans le centre historique (l'Enclos), laissant peu de place à la reconstitution d'un cœur de ville. Le style dominant fut un néo-régionalisme fonctionnaliste, où le béton domine. Si ce choix, dicté par les circonstances et les problèmes immédiats du logement des Saint-Lois, laisse des regrets aujourd'hui, il fait de Saint-Lô, à une plus petite échelle que
Le Havre ou
Lorient, l'un des témoignages les plus frappants de la période de la Reconstruction.
Héraldique
Blason de la ville de Saint-Lô :
« De gueules à la licorne saillante d'argent, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. » La licorne symbolise la pureté de la Vierge Marie à laquelle la ville fut consacrée. Les fleurs de lis ont été accordées par le roi Louis XI pour remercier Saint-Lô de sa fidélité à la couronne.
Économie
La ville, carrefour entre Caen, Cherbourg et Rennes a une vocation naturelle de place de marché au centre du bocage manchois. Ville d'artisans et de commerce, qui doit une partie de sa prospérité à son statut de préfecture, elle n'a connu qu'une industrialisation tardive, et tente d'affirmer aujourd'hui sa place dans l'industrie agroalimentaire régionale.
Personnages célèbres
- L'astronome et mathématicien Urbain Le Verrier est né à Saint-Lô en 1811, où il passera les premières années de son enfance. Il est connu pour avoir découvert la planète Neptune en 1846 et est considéré comme le père de la météorologie moderne. Une plaque est installée place du champs de mars sur l'immeuble dans lequel il a vécu.
- L'écrivain Octave Feuillet (1821-1890) est né et mort à Saint-Lô. Sa maison natale existe toujours, 2 rue Saint-Georges. Romancier et dramartuge à succès sous le Second Empire, il était considéré comme "l'écrivain bourgeois" de cette époque, et fut élu à l'Académie française à seulement 40 ans.
- Jacques Datin (1920-1973), compositeur de chansons célèbres pour Claude Nougaro (Une petite fille,La jazz et la java, Je suis sous, Cécile, ma fille...), Mouloudji, Georgette Lemaire, François Deguelt, Gilles Dreu, Régine, Michel Delpech, Serge Reggiani, Jeanne Moreau... Lien : Biographie de Jacques Datin
Monuments et lieux touristiques
- L'église paroissiale et ancienne collégiale Notre Dame (XIIIe, XIVe, XVe, XVIe et XVIIe et XXe siècles) est considérée à juste titre comme le symbole de la ville. Cette église dédiée à Notre Dame a pour origine la paroisse du chateau de Saint-Lô sur le mont Briovère : la paroisse de « l'Enclos » dont le patron était le seigneur du château, à savoir l'évêque de Coutances. Avec l'activité des foires, de l'activité drapière et du pélerinage à Notre Dame du Pilier, les bourgeois de Saint-Lô contribuèrent à l'agrandissement et à l'embellissement progressif de leur église paroissiale. Aux XVe et XVIe siècles une façade harmonique à deux tours complétées de flèches au XVIIe siècle donna à l'édifice un faux air de cathédrale qui était la fierté des Saint-Lois, et qui rivalisait avec la cathédrale de Coutances. Mis à part le pillage de l'église en 1562 par les Protestants, l'édifice ne subit pas de dégradations majeures avant 1944. Au 18 juillet, après les féroces combats de la Libération, l'édifice était détruit à près de 50 % : nef découverte de sa couverture et de ses voûtes, façade effondrée suite au bombardement de la tour Nord par l'artillerie allemande. Seuls la tour Sud sans sa flèche, le choeur et les bas côtés restaient debout à peu près intacts. La restauration de l'église (1944-1974) fut longue et difficile en raison d'un changement dans le parti pris de restauration au cours du chantier. Après les premiers travaux d'urgence, l'architecte des Monuments Historiques Louis Barbier prépare un projet de reconstruction à l'identique de la façade ouest en récupérant la plus grande partie des pierres taillées d'origine. Mais en 1947, il est remplaçé par Yves-Marie Froidevaux, qui propose en 1953 le principe de garder la ruine de la façade ouest et d'en faire un mémorial contre la Guerre. Ce projet sera combattu localement. Cependant, pour des raisons financières et par lassitude, le conseil municipal finit par donner son accord. Un mur pignon aveugle « cicatrisant » en schiste vert du Nord-Cotentin est construit en retrait de la façade disparue. Confronté à des difficultés imprévues (la taille de la pierre) le chantier ne sera achevé qu'en 1972 avec l'installation de trois portes historiées en bronze atténuant ainsi la sévérité de l'ensemble qui fait regretter la disparition de la façade historique. L'église restaurée reçut sa nouvelle dédicace à l'occasion du 30e anniversaire de la Libération. En 1994, à l'occasion du 50e anniversaire, l'artiste peintre Bruno Dufour-Coppolani* dressa une toile peinte provisoire à l'emplacement de la façade disparue. L'intérieur fut en revanche restauré avec un très grand soin. Sous son apparence actuelle, l'église Notre-Dame se présente sous la forme d'un vaisseau sans transept en forme de grande halle. Malgré les terribles destructions subies en 1944, l'église possède encore de nombreux vitraux du XVe siècle et une belle vitrerie contemporaine. La vénérable statue de Notre Dame du Pilier, en mille morceaux lors du désastre, fut sauvée et placée au fond du sanctuaire. L'orgue date de 1968. Le buffet n'a aucun intérêt mais l'instrument réharmonisé par Alfred Kern est excellent. L'église Notre-Dame est donc devenue le mémorial de la destruction de la ville de Saint-Lô : la restitution à l'identique de son ancienne façade à deux tours et flèches serait le symbole de paix et de réconciliation dont l'ancienne « capitale des ruines » aurait besoin pour son identité future.
- L'église abbatiale Sainte-Croix, construite au XIIIe siècle, a été profondément remaniée par ses rénovations successives, notamment celles des XIXe et XXe siècle.
- Des remparts subsistent sur trois des quatre côtés de l'Enclos. Côté sud, le désastre de 1944 a eu l'effet paradoxal d'en dégager la base, où avaient poussé des maisons, rue du Torteron. La tour des Beaux-Regards, qui offre un panorama sur la Vire au sud-ouest, et la tour de la Poudrière, impressionnant vestige militaire, sont les deux éléments les plus remarquables des remparts.
- Deux musées : Musée des Beaux-Arts et Musée du bocage normand.
- Haras national.
Jumelages
La ville est jumelée à :
Fleuve
Elle forme un coude à l'ouest de la ville. Ses deux affluents à Saint-Lô, la Dollée au nord et le Torteron au sud, sont désormais souterrains.
Références
À lire : Guillaume MOURIER,
Les sinistrés saint-lois au 6 juin 1944, essai typologique sur les sinistrés de l'Enclos Saint-Lô, S.A.H de la Manche 2004. 150p. I.S.B.N.:2-914329-11-3
À lire : Maurice LANTIER, Saint-Lô au bûcher : le martyre d'une cité de Basse-Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale : juin-juillet 1944 édité par l'association Saint-Lô 44. broché 270p.
À voir : Saint-Lô retrouvé, DVD de l'association du même nom, qui reconstitue le paysage urbain avant le bombardement du 6 juin 1944.
Galerie de photographies
Bombardements de 1944
Image:Saint-Lo 1944 - Capitale des Ruines.jpg
Image:Saint-Lo 1944 - Capitale des Ruines - couleurs.jpg
Image:Saint-Lo 1944 - Campagne.jpg
Liens externes
Commune de la Manche | Préfecture
Saint-Lô | Saint-Lô | Saint-Lô | Saint-Lô | サン=ロー | Saint-Lô | Saint-Lô | Saint-Lô | Saint-Lô | Saint-Lô