Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et castillan) est une ville d'Espagne dans la communauté autonome de Galice, dans la province de La Corogne. La ville comptait 93 273 habitants en 2002.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle sur le tombeau supposé de saint Jacques fut l'un des plus importants de la Chrétienté au Moyen Âge.
La Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle est une église de type roman, mais elle fut agrandie et modifiée, ce qui lui donna quelques caractères en plus.
En fait, ce serait plus probablement la déformation des mots : «compostum», «compositum» ou «compostellum», ces mots désignant «apprêts funéraires» ou «tombeau.»
La « Concordia de Antealtares » est l’accord passé entre le monastère San Pelayo et l’évêque Diego Pelàez alors qu’un nouvel édifice – celui que nous connaissons aujourd’hui – va être construit au même emplacement.
Le site même de la ville était un lieu de culte druidique. Les Romains établirent un mausolée. On suppose qu’une ville existait et qu’elle s’appelait Asséconia.
La ville paraît avoir été le centre intérieur des nombreux petits ports galiciens, comme Padrón, anciennement Iria-Flavia, où relâchaient les bateaux de pêche ou de commerce. Une tradition de sacralité était déjà implantée dans cette région, car on croyait que Padrón possédait des pierres sacrées.
Elle fut certainement christianisée du Ier au IIIe siècle puis oubliée, suite aux persécutions romaine contre les chrétiens.
Elle réapparaît en 813, après la «découverte» du corps de l’apôtre Jacques le Majeur. La petite agglomération de Compostelle devint une ville au début du XIe siècle.
À partir de cette date, la dynastie espagnole considère les reliques de saint Jacques comme son palladium, et le saint comme le protecteur de l'Espagne face aux envahisseurs musulmans. En 866, Alphonse III le Grand fait de Saint-Jacques-de-Compostelle un évêché. Une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.
Le rayonnement du culte de saint Jacques contribua puissamment à cristalliser l'œuvre de la Reconquista ; le cri de guerre contre les Maures est « ¡ Santiago y cierra España ! » (« Saint Jacques et attaque l'Espagne ! »)
Lorsque la famille royale s'unit par mariage à celle de Bourgogne, protectrice des moines de Cluny, le pèlerinage de Compostelle, sous l'influence de ces derniers, répandus dans toute l'Europe, devient universel.
S'ouvre alors le « chemin de Saint-Jacques », jalonné de basiliques de dévotion comme Chartres, Conques ou Le Puy. Autour de ces routes se développèrent plusieurs cycles de récits (légendes, chroniques, etc.), colportés par les pèlerins au cours de leur long voyage. Ce pèlerinage international permet aux souverains espagnols de recruter de nombreux chevaliers pour la Reconquista.
Saint Jacques ne fut pas conquise par les maures. Malgré tout elle fut prise et pillée en 997 par Muhammad ibn Abî Amir dit el-Mansour, al-Manzor en espagnol, le victorieux en arabe. Chef de guerre du calife de Cordoue Hisham II. Avant d'incendier la basilique, il fait arracher les portes et les cloches, que des captifs chrétiens transportent jusqu'à Cordoue, où elles sont entreposées dans la grande mosquée. Seul le tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur, compagnon du "prophète Jésus" ne fut pas touché.
La consternation fut grande dans la chrétienté. Le puissant ordre de Cluny organisa les secours dans tout l’occident chrétien. L'événement devait frapper durablement les imaginations: ce sont ces mêmes cloches que d'autres prisonniers, musulmans cette fois, transporteront jusqu'à Tolède, à la prise de Cordoue par Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, en 1236.
Une église romane y fut édifiée en 1075. La ville fut élevée au rang de siège épiscopal par le pape Urbain II en 1095. Son premier évêque fut un clunisien. En 1120 un castillan Diego Gelmírez fut nommé archevêque et légat, il rivalisait avec l’archevêque de Tolède.
Santiago, dans sa muraille médiévale, comme Aimery Picaud l'a vue et telle qu'elle est restée pendant des siècles, avait la forme d'un cœur légèrement incliné vers l'ouest. Si l'on conserve de très rares vestiges de son enceinte, son profil circulaire demeure parfaitement dessiné. On peut le suivre à partir de la Puerta del Camino ou Porte de France, où s'élève le calvaire dit de l’« Homo Santo ».
El Convento de San Paio de Antealtares.
Fondé au IXe siècle pour abriter les reliques de saint Jacques désormais à la cathédrale, c'est un des plus vieux monastères de la ville.
El Monasterio de San Martín Pinario.
Le Monastère de Saint-Martin Pinario est un ancien monastère bénédictin, le plus grand de Galice. L'édifice actuel, le plus important de la ville après la cathédrale, date du XVIIe siècle, comprend une église du XVIe siècle. Sa façade composée comme un retable plateresque et précédé d'un escalier à double volée donne sur la ravissante petite Plaza de San Martín.
L'intérieur frappe par l'ampleur de sa nef unique, voûtée d'un berceau à caissons et éclairée par une lanterne sans tambour, à la mode byzantine. Le retable du maître-autel, du style churrigueresque le plus exubérant, fut dessiné par le grand architecte Casas y Novoa (1730). Remarquer les deux chaires baroques aux abat-voix en forme de double bulbe. Un escalier d'honneur sous une élégante coupole mène à trois cloîtres (XVIe – XVIIIe siècle) dont celui des Processions.
On sort sur la place de la Inmaculada où la façade du couvent opte pour l'ordre colossal, de grandes colonnes doriques groupées par paires s'élancent du sol au couronnement.
El Monasterio de San Pelayo et le Musée d'Art sacré.
Le monastère de San Pelayo fut fondé à l'origine par Alphonse II le Chaste (759 - roi des Asturies en 791 - 842), mais l'édifice actuel, quelque peu austère, remonte aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'un des côtés du bâtiment longe la Plaza de Quintana. À l'intérieur, il faut s'attarder sur l'Autel de l'Apôtre, en marbre et d'une grande sobriété, qui passe pour avoir été consacré par les disciples de l'apôtre Jacques. Le petit musée d'Art Sacré (Museo de Arte Sacro) mérite également une visite.
Dans la Chapelle du monastère de San Pelayo, La Virgen de la 0, représentation galicienne de la Vierge de l'Annonciation.
La Iglesia Santa María del Sar.
L'église Sainte Marie du Sar, située dans les faubourgs de la ville, on y accède par la Calle Castron d'Ouro.
Cette église du XIIe siècle, frappe extérieurement par ses contreforts qui ont été ajoutés au XIIIe siècle. La puissance de ces derniers n'apparaîtra pas superflue quand on observera, à l'intérieur, le saisissant déversement des piliers sous l'action des poussées exercées par la voûte.
Du cloître qui l'accompagnait, il ne reste que l'aile adossée à l'église, dont les arcades géminées, décorées de fleurs et de feuillages, sont d'une grande élégance.
Image:Santiago Monastère San Martin Pinario.jpg|L’église du Monastère San Martin Pinario Image:Santiago Monastère San Paio de Antealtres.jpg|Le Monastère San Paio de Antealtres vue depuis les tours de la Cathédrale. Image:Santiago Eglise St Maria Sar cloitre.jpg|Le cloître de l’église Santa María del Sar Image:Basílica de Santiago 02.JPG|La cathédrale de Saint-Jacques
Le Collège Saint-Jérôme.
Sur le côté sud de la place, cet édifice du XVIIe siècle conserve un élégant portail du XVe siècle avec de fortes réminiscences romanes.
El Palacio de Gelmírez.
Situé à gauche de la cathédrale, il abrite l'archevêché. On peut voir quelques salles du palais du XIIe siècle et de l'époque gothique.
Commandé par l'évêque Gelmírez en 1120, le Palais de Gelmírez (el Palacio de Gelmírez) est considéré comme l'un des plus remarquables spécimens de l'architecture romane. La façade date du XVIIIe siècle ; l'intérieur est simple et austère, mais extrêmement élégant. La salle de banquet, appelée Salón Sinodal (Salle synodale), longue de plus de 30 m, est soutenue par des voûtes sculptées en ogive et ne comporte qu'un seul arc central, l'Arc du Palais. Sur les culs-de-lampe se déroule, en haut relief, le banquet nuptial d'Alphonse IX de León.
El Museo do Pobo Galego.
Le musée du Peuple galicien occupe l'ancien monastère Santo Domingo de Bonaval qui fut fondé au début du XIIIe siècle mais dont la structure actuelle date du XVIIe - XVIIIe siècle. Les salles sont organisées par thème (la mer, l'artisanat, la campagne et l'architecture populaire), permettant ainsi d'observer l'évolution qui eut lieu au cours des siècles. Signalons aussi des escaliers à triple révolution avec plusieurs rampes et sans support. L'église attenante abrite le panthéon de Galiciens illustres.
El Hospital Real de Santiago de Compostela.
L'Hôpital Royal de Saint-Jacques-de-Compostelle construit dans le style plateresque entre 1501 et 1512 par Enrique Egas (1455 - 1534), architecte espagnol d'ascendance flamande.
Du côté des Platerías, la Casa del Deán et la Casa del Cabildo (maisons du Doyen et du Chapitre), baroques.
La Praza do Obradoiro.
La Place de l'Obradoiro est l'une des places les plus charmantes et les plus typiques d'Espagne. Les tours de la cathédrale s'étirent en longueur face au Palais Rajoy (el Pazo de Raxoy), séminaire du XVIIIe siècle à l'origine, qui de nos jours, derrière une élégante façade néoclassique, abrite l'Hôtel de Ville. À gauche, face à la cathédrale, mariant les styles gothique et Renaissance, se dresse l'Auberge des Rois catholiques (el Hostal de los Reyes Católicos) construite au XVIe siècle pour loger les pèlerins. En face, se trouve le Colegio de San Jerónimo, qui date de la fin du XVe siècle et abrite aujourd'hui la demeure du recteur de l'université de la ville. Ces quatre superbes édifices, contrastant les uns sur les autres, forment un ensemble d'une beauté exceptionnelle.
C’est probablement la place où les ouvriers avaient leur chantier.
La Praza da Quintana.
La place de Quintana (la Praza da Quintana), située au chevet, derrière la cathédrale et de la Plaza de Obradoiro (la Praza do Obradoiro), diffère dans le style et dans le caractère. Elle est animée par la vie estudiantine.
Bordée dans sa partie inférieure par l'ancienne Maison du Chapitre (casa de la Canònica), aux arcades sobres et bien rythmées, et, sur l'aile, en retour d'équerre, s'étend la longue façade austère du Monastère Sant Pelayo, dont les murs austères s'ornent de fenêtres barrées de belles grilles anciennes.
En face, perçant le mur du chevet de la cathédrale, la porte du Pardon ou Porte Sainte.
En haut du grand escalier, la maison de la Treille (Casa de la Parra) est une belle construction baroque de la fin du XVIIe siècle. En face, une volée de marches en béton, couverte de lierre, et qui recouvre une extrémité de la place, plonge sur la casa de Conga, datant du XVIIIe siècle.
La plaza de la Inmaculada.
La Calle las Casas Reales conduit vers l’accomplissement, devant la porte nord de la cathédrale, sur la Plaza de la Inmaculada, qui a bien changé depuis l'époque du Guide du pèlerin. Au Moyen Âge s'y tenait un grand marché appelé el Paraiso (le Paradis), dont les dimensions, en longueur et en largeur, équivalaient "a un tiro de piedra" («un tir de pierre»).
A l'entrée de la place se trouvait l'admirable fontaine Sancti Jacobi, qui, selon Aimery Picaud, dans son Guide du Pèlerin, « elle n'avait pas d'égale au monde entier ».
Elle fut construite par Bernard, trésorier de Saint-Jacques en 1122, et détruite au XVe siècle.
La Rúa das Casas Reais (des maisons royales) est celle où l'Hospital San Miguel, disparu, soigna les pèlerins à partir du XVIe siècle. Aujourd'hui deux sanctuaires néo-classiques du XVIIIe siècle : dans une rue latérale à gauche Santa Maria do Camino, puis dans la rue à droite l'église de las Animas (des âmes).
Elle débouche sur une place, plaza de Cervantès l'ancien hôtel de ville (baroque, XVIIe siècle) s'y dresse. Un peu en retrait, l'église néo-classique San Binito del Campo.
La Rúa Azabachería qui suit passe entre deux maisons anciennes, la Casa da Troia, s'ouvrant sur une rue latérale, la Casa de Parra. La seconde est baroque et du XVIIIe siècle. La première, récemment restaurée, abrite un musée romantique. Pension populaire pour étudiants, elle a servi de cadre au roman Casa de Troia de Pérez Lugin.
Elle débouche sur la plaza de la Inmaculada, face à la porte nord de la cathédrale, cette célèbre Puerta del Paraiso, porte du paradis.
La Rúa do Franco. Dans cette pittoresque rue s'observent d’anciens collèges (Fonseca), des boutiques et des bistrots typiques.
La Rúa do Vilar. En remontant vers la Cathédrale, elle est bordée d’arcades et de demeures anciennes, comme la rue parallèle plus commerçante, la Rúa Nova.
C'est dans cette rue, au 43, que se trouve la Oficina de Turismo – 15705 Santiago de Compostela. Ainsi que l'accueil des Pélerins, au n° 1, le Delegado de Peregrinaciones – Acogida del Peregrino.
Image:Santiago Rua San Pedro.jpg|Rúa San Pedro Image:Santiago Rua del Villar.jpg|Rúa del Villar Image:Santiago Rua Nueva.jpg|Rúa Nueva Image:Santiago Rua.JPG|Rúa das Orfas, on voit le clocher du Cloître
Le Pazo do marqués de Santa Cruz, résidence du XVIe siècle.
Le Pazo de Fonseca, édifice Renaissance qui fut, au XVIe siècle, la première université, et qui abrite toujours la bibliothèque universitaire.
L'Université de 1769, devenue faculté d'histoire et de géographie.
La Porta de Mazarelos, seule porte de la ville à conserver un pan de la muraille médiévale.
La chapelle de San Lázaro, dans le quartier du même nom, à l'entrée de la ville, rappelle qu'il y eut là un hôpital pour lépreux.
La rue dos Concheiros, aujourd'hui large et bordée de maisons modernes, est celle des porteurs de conchas, les coquilles Saint-Jacques, et sans doute aussi des commerçants qui les leur vendaient.
Le calvaire de la place San Pedro s'ouvre sur la rue du même nom, qui, elle, étroite entre des maisons d'un à deux étages, a gardé un cachet ancien. On y trouvait jadis des changeurs, des marchands, des aubergistes. À gauche, la chapelle San Roque et l’église San Pedro.
La place Porta do Camiño (porte du Chemin), s'ouvre au carrefour de deux grands boulevards périphériques qui épousent le contour de l'ancienne enceinte, rùa de Virxe da Cerca et rùa das Rodas, cette porte donne accès à la vieille ville.
El Paseo de la Herradura.Cette colline boisée dans le prolongement de la ville est un lieu de promenade d’où l’on a une vue bien composée sur la Cathédrale et la ville.
O cruceiro («calvaire») dit du Homo Santo, ou cruceiro Bonito (Belle Croix).
À la Puerta del Camino, qu'on appelait aussi Puerta Francigena, le pèlerin peut voir un magnifique cruceiro (calvaire) du XIVe siècle, historié de treize scènes sculptées dans la pierre, O cruceiro do Homo Santo (le calvaire de l’Homme Saint).
Une légende est liée à ce calvaire. L'Homme Saint se serait nommé Jean Touron. Injustement condamné à la suite d'un crime, il aurait été le meneur d'une révolte populaire, et mené vers le lieu du supplice, il s'adressa à la Vierge en passant devant une de ses images et lui dit : « ven e vaime » (« Viens et sois ma sauvegarde »). Invocation d'où viendrait le nom de la rue et du couvent de Bonaval. La Vierge, compatissante, lui fit alors la grâce d'une mort instantanée, lui évitant ainsi une fin infamante, ce qui fut aussitôt considéré comme un miracle...
Ce cruceiro était jusqu’en 1965 à Lavacolla.
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