article

Le Sūtra de l’estrade du don de la loi du sixième patriarche ou Sūtra de l’Estrade est un texte mahâyâna produit en Chine entre le et le par l’école Chan. Il contient une série de discours attribués à Huineng, sixième patriarche officiel de l’école, débutant par celui fait au temple de Dafan 大梵寺 près de Canton à l’invitation du préfet Wei 韋 de Shaozhou 韶州. L’"estrade" du titre est celle d’où le maitre prodigue son enseignement. C’est le seul ouvrage bouddhique non traduit du sanscrit admis au rang d’authentique soutra. Ses noms courants en chinois sont Liuzutanjing 六祖壇經 ou Tanjing 壇經, formes abrégées de Liuzudashi fabaotanjing 六祖大師法寶壇經 ; son nom japonais est Sokei daishi betsuden.

Versions

Il en existe essentiellement deux :

  • La plus courante est en circulation depuis 1440 (date de compilation du Tripitaka des Ming dans laquelle elle est incluse). C'est la première fois que le texte est adopté dans un recueil officiel ; jusque là très confidentiel, il connaitra un certain succès. Le moine Zongbao 宗寶 de la dynastie Yuan aurait composé en 1291 la version publiée d’après trois autres existant à l’époque. Sa référence dans le Taisho Tripitaka est 2008.48.346a-362b.
  • La plus ancienne, qui est aussi la plus courte, attribuée à Fahai 法海, disciple de Huineng, porte le nom de Soutra de l’enseignement prodigué au temple Dafan de Shaozhou par le sixième patriarche Huineng sur le grand soutra Mahaprajnaparamita de l’école du Sud de l’éveil soudain (南宗頓教最上大乘摩訶般若波羅蜜經六祖惠能大師於紹州大梵寺施法壇經). Elle est basée sur trois versions de l’époque Tang découvertes au début du , l'une à Dunhuang, les deux autres au Japon.

Les versions Ming et Tang diffèrent nettement par la longueur et les détails du contenu, témoignant d’une élaboration progressive du texte. On retrouve néanmoins une cohérence doctrinale à travers les époques, à quelques différences près. Ainsi, son caractère de soutra spécifique à l’école dite "du Sud" transmis exclusivement à ses héritiers, très clairement mis en évidence dans les versions anciennes, a disparu de la version Ming, destinée à un plus large public. La description de la cérémonie de transmission des "préceptes sans forme", importante au début, a été repoussée vers la fin, remplacée par les sermons désormais mis en avant.

De fortes ressemblances entre certaines parties du texte et les écrits de Shenhui, successeur officiel de Huineng, ont été remarquées. Les débats restent ouverts concernant la matière d’origine du soutra et la place exacte de sa première version dans l’histoire du Chan. On distingue à cet égard trois grands courants d’opinion :

  • celui représenté par T. D. Suzuki, qui considère que d’authentiques discours du sixième patriarche ont été retranscrits par Fahai puis retravaillés ultérieurement par Shenhui ;
  • celui représenté par le philosophe chinois Hushi, qui en fait une création de Shenhui, à qui il attribue d’ailleurs la paternité des idées prêtées à Huineng ;
  • celui qui y voit l’influence d’un autre courant encore non identifié, peut-être l’école du mont de la Tête de bœuf (Niutoushan 牛頭山) comme l’a proposé Yanagida Seizan ;

Contenu

On retrouve dans le soutra les concepts essentiels de l’école Chan du Sud : éveil soudain, perception directe de la vraie nature de vacuité du soi et de la nature de bouddha, unité d'essence de la morale (śīla), de la méditation (dhyāna) et de la sagesse (prajñā).

Il contient également des conseils de prêche : répondre au négatif à une question affirmative et vice-versa ; prendre pour sujet de la réponse l’opposé du sujet de la question, afin de permettre au questionneur de saisir la "voie moyenne" grâce à la tension créée par la contradiction ou la mise en évidence de l’interdépendance des contraires ; ainsi, une question concernant un individu ordinaire doit donner lieu à une réponse sur un sage, une question sur la lumière doit amener une réponse concernant l’obscurité.

L’histoire et la tradition de l’école Chan y sont affirmées à travers l’insistance sur la différence entre l’éveil soudain de la branche du Sud et l’éveil graduel de celle du Nord, la légende de Huineng, la lignée des disciples et des écoles dont la fondation leur est attribuée.

Il contient de nombreuses références à d’autres soutras : Sūtra du Diamant, Sūtra du Lotus auquel est consacré le chapitre 42, Sūtra Lankavatara, Sūtra Dhammapada, Sūtra Vimalakirti.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie
Hui Neng Le soutra de l'estrade du don de la loi - Enseignement du grand Maître Hui Heng Traduit du chinois et commenté par Françoise Morel, Editions La Table Ronde, 12/2001

Site externe
Version anglaise
Version chinoise - index du CBETA

Zen | Texte bouddhique

Platform Sutra | 六祖壇経 | Pháp bảo đàn kinh

 

This article is licensed under the GNU Free Documentation License. It uses material from the "Sūtra de l’Estrade".

Home Pageartsbusinesscomputersgameshealthhospitalshomekids & teensnewsphysiciansrecreationreferenceregionalscienceshoppingsocietysportsworld