Le Sūtra de l’estrade du don de la loi du sixième patriarche ou Sūtra de l’Estrade est un texte mahâyâna produit en Chine entre le et le par l’école Chan. Il contient une série de discours attribués à Huineng, sixième patriarche officiel de l’école, débutant par celui fait au temple de Dafan 大梵寺 près de Canton à l’invitation du préfet Wei 韋 de Shaozhou 韶州. L’"estrade" du titre est celle d’où le maitre prodigue son enseignement. C’est le seul ouvrage bouddhique non traduit du sanscrit admis au rang d’authentique soutra. Ses noms courants en chinois sont Liuzutanjing 六祖壇經 ou Tanjing 壇經, formes abrégées de Liuzudashi fabaotanjing 六祖大師法寶壇經 ; son nom japonais est Sokei daishi betsuden.
Les versions Ming et Tang diffèrent nettement par la longueur et les détails du contenu, témoignant d’une élaboration progressive du texte. On retrouve néanmoins une cohérence doctrinale à travers les époques, à quelques différences près. Ainsi, son caractère de soutra spécifique à l’école dite "du Sud" transmis exclusivement à ses héritiers, très clairement mis en évidence dans les versions anciennes, a disparu de la version Ming, destinée à un plus large public. La description de la cérémonie de transmission des "préceptes sans forme", importante au début, a été repoussée vers la fin, remplacée par les sermons désormais mis en avant.
De fortes ressemblances entre certaines parties du texte et les écrits de Shenhui, successeur officiel de Huineng, ont été remarquées. Les débats restent ouverts concernant la matière d’origine du soutra et la place exacte de sa première version dans l’histoire du Chan. On distingue à cet égard trois grands courants d’opinion :
Il contient également des conseils de prêche : répondre au négatif à une question affirmative et vice-versa ; prendre pour sujet de la réponse l’opposé du sujet de la question, afin de permettre au questionneur de saisir la "voie moyenne" grâce à la tension créée par la contradiction ou la mise en évidence de l’interdépendance des contraires ; ainsi, une question concernant un individu ordinaire doit donner lieu à une réponse sur un sage, une question sur la lumière doit amener une réponse concernant l’obscurité.
L’histoire et la tradition de l’école Chan y sont affirmées à travers l’insistance sur la différence entre l’éveil soudain de la branche du Sud et l’éveil graduel de celle du Nord, la légende de Huineng, la lignée des disciples et des écoles dont la fondation leur est attribuée.
Il contient de nombreuses références à d’autres soutras : Sūtra du Diamant, Sūtra du Lotus auquel est consacré le chapitre 42, Sūtra Lankavatara, Sūtra Dhammapada, Sūtra Vimalakirti.
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"Sūtra de l’Estrade".
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