Une roselière ou phragmitaie est une zone en bordure de lacs, d'étangs, de marais ou de bras morts de rivière où pousse principalement des roseaux.
Description
Parmi les différentes ceintures végétales qui constitue la zone frontière entre la terre ferme et les eaux dormantes,
la première région supralittorale se nomme la
cariçaie, la roselière est la première ceinture littorale proprement dite, formée par des plantes aquatiques émergentes. Cette zone va de de l'eau peu profonde jusque 1,5 mètres. La zone suivante, celle des
nénuphars et des
potamots est constituée de plantes qui ne vivent que dans l'eau.
On trouve dans la roselière :
ainsi que
Rôles
Protection animale
Elle permet aux animaux et en particulier des oiseaux des marais qui la peuplent de se nourrir, de se protéger des prédateurs et également d'y élever leur petit. Les grèbes huppés y nichent si des lagunes intérieures sont présentent et si la roselière est suffisamment grande et calme. Certains cyprinidés peuvent y frayer si des plans d'eau intérieurs sont maintenus.
Épuration des eaux
Elle joue un rôle dans la propreté du lac ou de l'étang, à la façon d'une
station d'épuration : elle filtre les matières et permettent leur décantation. De plus, les plantes comme les
roseaux assimilent dans leur tissus des polluants comme le
phosphore, le
nitrate, mais également le
cyanure ou des
hydrocarbures. Les
scirpes métabolisent le
phénol.
Évolution naturelle de la roselière
Les végétaux de la roselière forment d'épais réseaux de rhizomes qui contribuent au comblement progressif du milieu. Notamment dans les milieux eutrophes ou pollués, qui accélèrent les développement végétatif. Petit à petit le niveau des eaux diminuent et le milieu est colonisé par les
carex (les
cypéracées). Les phragmithes vont, elles, se rapprocher du centre du plan d'eau.
L'évolution à long terme se poursuit ensuite vers la tourbière ou la forêt. Ce phénomène de comblement d'un plan d'eau se nomme « atterrissement ».
Menaces écologiques
L'homme accélère les phénomènes d'
eutrophisation par utilisation massive d'engrais et d'atterrissement par apport d'alluvions.
Pour pouvoir accéder à un plan d'eau, l'homme n'hésitait pas à détruire la roselière qui rend l'accès trop difficile. Sur les grands lacs, les roselières existantes sont très souvent protégées.
La régulation des niveaux des lacs ou des étangs semble également avoir affaibli les roselières. Autrefois, le marnage naturel permettait de dissiper l'energie des vagues sur une plus grande portion de littoral.
Mesures techniques
Pour enrayer l'érosion des fronts de roselières lacustres, il existe de nombreuses techniques issues du
génie biologique qui permettent, à moyen terme, de former une protection contre l'action négative des vagues. Par exemple: pieux en bois dans lesquels sont insérés des fagots de branches de saules.
Il est également possible de recréer artificiellement les conditions propices au développement du roseau là où il n'est pas ou plus présent. Pour ce faire, il faut jouer sur la pente, le substrat apporté, et tenir compte de l'exposition aux vagues, des vents dominants et de la
bathymétrie.
Voir aussi
Sources
- Gérard Lacroix, Lacs et rivières : milieux vivants, Bordas, 1991.
- Mauchamp A., Sinnassamy J. M., Roselières gestion fonctionnelle et patrimoniale, Ateliers Techniques des Espaces Naturels (ATEN), Réserves Naturelles de France et Station Ornithologique de la Tour du Valat, Cahiers Techniques N°63, 2001.
Formation végétale
Reed bed | ヨシ原 | Плавні