La retraite, dans le sens social et financier, se caractérise par :
La retraite, historiquement rare et courte créée apparemment par Bismarck au XIX siècle, se généralise au XX siècle avec l'allongement de la durée de vie. Devenue perspective probable, elle pose des problèmes particuliers du fait de son horizon inhabituellement lointain (plusieurs dizaines d'années) et donc du caractère hautement spéculatif des conditions dans lesquelles elle pourra s'exercer.
Plusieurs grands principes de fonctionnement, qui peuvent être combinés, existent :
Pour le privé, en revanche, aucun régime n'existait et bien peu en France pensaient qu'il revenait à l'État de se préoccuper de cette question. Néanmoins, le fort développement de l'industrie, l'exode rural, lui faisaient prendre plus d'acuité. Les sociétés de secours mutuel permettaient bien un palliatif, mais encore fallait-il avoir le moyen d'y souscrire. La pression populaire augmentait donc, comme en témoignait la légalisation du syndicalisme et certaines professions finirent par obtenir des droits à la retraite; les mineurs obtinrent en 1894, dans un cadre obligatoire, l’assurance maladie et un régime de retraite, suivis, en 1897, par les travailleurs des arsenaux et de l’armement.
La question sociale rendait plus urgente une solution globale; certains préconisèrent d'imiter le modèle des assurances sociales allemandes instaurées sous Bismarck par trois lois votées en 1883, 1884 et 1889. Toutefois, en s'opposant au libéralisme alors dominant, on voit dans ce projet réformiste un grand pas révolutionnaire vers le socialisme ! C'est pourquoi du projet défendu par Martin Nadaud en 1879-1880 aux réalisations concrètes, il faudra attendre 30 ans.
Et...la loi sur les « retraites ouvrières et paysannes » (ROP) défendues par des membres du Parti Radical comme Léon Bourgeois et Paul Guyiesse. Le projet est vivement et doublement combattu :
Les ROP finissent néanmoins par toucher 3 millions de personnes, à comparer à 8 millions de salariés et une population de 40 millions de personnes. La Première Guerre mondiale vient bousculer cette mécanique, notamment en raison de l'afflux d'anciens combattants (3 millions en 1930). La guerre a vu l'extension des responsabilités de l'État, plus communément acceptée par une large frange de la population. De plus, avec le retour des trois départements d'Alsace-Lorraine Alsace-Moselle, la question se pose de supprimer le modèle bismarckien qui y est en vigueur ou de l'étendre au reste du pays ; dans le cas des retraites, c'est cette solution qui est retenue, la France étant le dernier pays européen à ne pas avoir d'assurance sociale générale.
Les querelles sur la mise en ouvre de ce principe devront attendre... 1930 tant le débat est âpre pour savoir qui de l’État, des syndicats, du patronat, de la Mutualité doit gérer ce système. Un compromis est trouvé avec la mise en place d'un système de protection maladie par répartition et un système par capitalisation pour la retraite, qui couvre théoriquement 10 millions de personnes en 1930 et 15 en 1945. C'est en 1941 que le système par capitalisation est remplacé sous Vichy par un régime par répartition, qui fait mauvais ménage avec l'inflation.
Avec les comités d'entreprise et les nationalisations (couplées au nouveau statut de la fonction publique), la Sécurité sociale est l'une des réalisations majeures du pouvoir qui s'appuye sur le programme du Conseil National de la Résistance. Elle adopte le système par répartition, qui permet au système de franchir sans obstacle les années, mais la démographie et la hausse du chômage imposent dès les années 60 de réévaluer les cotisations. Des professions qui avaient choisi de garder des régimes spécifiques rejoignent peu à peu le régime général.
En 1953, une première tentative de regrouper dans le régime général les régimes spéciaux (mineurs...) fait face à une forte contestation qui fait avorter le projet.
La Sécurité sociale est éclatée en quatre branches vers 1966: création de la CNAM, de la CNAV, de la CNAF et de la branche AT-MP (accidents du travail et maladies professionnelles). La vocation de la branche AT/MP est d'aider les acteurs de la vie économique à éviter les risques liés au travail, à tout le moins à atténuer leur gravité ou leur fréquence, et en cas de survenue à indemniser les victimes.
En 1981, François Mitterrand accorde la retraite à partir de 60 ans (si le nombre d'années de cotisation requis est atteint à cette âge). De nombreux départs en pré-retraite, notamment dans le secteur des mines et de la métallurgie, sont censés permettre de résorber le chômage, ce qui sera hélas l'échec majeur de la gauche dans les années 1980.
Dans l'été 1993, le gouvernement d'Édouard Balladur prend une ordonnance qui fait passer la durée de cotisation de 37,5 années à 40 ans pour les salariés du privé, instaure une décote de 10% par année manquante, indexe les pensions sur les prix et non plus sur les salaires (ce qui à terme fait baisser le niveau des pensions relativement à l'augmentation du niveau de vie des salariés : les prix augmentent en effet moins vite que les salaires).
En 1995, Alain Juppé échoue de nouveau à rapprocher les régimes spéciaux du régime général. La majorité vote la mise en place de fonds de pension (loi Thomas). La gauche, au pouvoir à partir de 1997, abrogera cette dernière mesure, mais n'entreprendra pas de vraie réforme grâce au répit accordé par une forte croissance économique.
De retour au pouvoir à partir de 2002, la droite élabore par son ministre François Fillon une "réforme" allongeant progressivement la durée de cotisations de tous les régimes vers 42 ans. Elle concède quelques avancées sociales sur les départs anticipés des salariés entrés tôt sur le marché du travail (qui obtiennent le nombre de trimestres de cotisation requis pour une retraite à taux plein avant 60 ans) pour obtenir le soutien de la CFDT et casser le front syndical au printemps 2003. La décote est instaurée pour les fonctionnaires et celle ci doit tendre pour tous les salariés à 5%. Une surcote est instaurée (de 3%) par année supplémentaire au dela de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. Le cumul emploi retraite est rendu plus flexible. Le mode d'indexation choisi est l'indexation sur les prix. Les salariés peuvent racheter des trimestres au titre des études, dans la limite de 3 ans (avec un coût relativement important : la DRESS évalue le montant moyen des rachats à 22 000 €). Le mode de calcul de la retraite est également modifié : ce sont les vingt-cinq meilleures années de salaires qui sont prises en compte et non plus dix. Un nouveau produit d'épargne populaire est proposé : le PERP.
Points de vue libéraux :
Articles d'opinion du mouvement ATTAC :
Assurance | Droit du travail | Troisième âge
Ruhestand | Retirement | بازنشستگی | Pensione | 定年
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"Retraite (sociale)".
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