Rarotonga est l'île la plus large des îles Cook avec près de 31 kilomètres de circonférence. D'origine volcanique, l'île culmine à Te Manga (653 mètres)
Le lagon large à certains endroits de plusieurs centaines de mètres, s'ouvre sur l'océan par 6 passes récifales dont trois seulement sont navigables :
Administrativement Rarotonga est découpé en 5 districts qui correspondent à quelques exceptions près au découpage traditionnel de l'île en tribu (vaka) :
L'île regroupe plus de la moitié de la population des Îles Cook avec près de 8000 habitants. Ce chiffre semble se stabiliser depuis quelques années après des décénnies de baisse. Son économie repose en grande partie sur le tourisme et les transferts d'argent des parents vivant en Nouvelle-Zélande et Australie. L'agriculture continue d'y jouer néanmoins un rôle toujours prépondérant, taro, fruits exotiques, élevage porcin...
En dehors de l'anglais largement répandu pour s'adresser aux papa'a (les "blancs"), le rarotongien (te reo rarotonga) reste la principale langue vehiculaire de l'île.
Outre l'archéologie, la tradition orale est sans aucun doute la meilleure source concernant cette période. Néanmoins son interprétation peut s'avérer complexe d'autant qu'à Rarotonga les versions sont multiples et bien souvent contradictoires variant selon l'origine tribale des narrateurs originaux et les circonstances d'énonciations. Ces récits sont encore source de débats et de polémiques étant liés à des problèmes fonciers toujours d'actualité. Il s'agit donc là d'une présentation résumée et édulcorée.
L'île aurait été peuplée dès le IXè siècle par une population que la tradition orale désigne sous le nom de tongaiti ou tangata enua, et qui selon certaine généalogies, serait originaire des Tuamotu. Parmi les traces archéologiques les plus anciennes,la route circulaire connue sous le nom de Te Ara o Toi ("le chemin de Toi") du nom de son constructeur, remonterait à 1050 d'après la datation au carbone 14.
Au milieu du XIII siècle, Rarotonga va connaître une double vague de migration qui devait être à l'origine des trois grandes tribus actuelles de l'île:
Rarotonga a sans doute par la suite connue d'autres vagues de migration. Parmi celles-ci, les Uritaua qui vivent le long de la vallée de l'Avatiu et qui s'y seraient installés aux alentours de 1600.
(1) vaka signifie à la fois pirogue et tribu
(2) Ancêtre mythique que l'on retrouve dans la plupart des traditions de Polynésie orientale sous la forme Whiro (Nouvelle-Zélande), Hiro (îles dela Société), Hilo (Hawai'i)
(3) Il s'agit vraisemblablement d'une alliance matrimoniale entre la fille de Karika, Mokoroa ki Aitu, et Tangiia lui-même ou l'un des ses fils.
(4) Il doit exister une bonne vingtaine de versions du cycle Karika/Tangiia. Selon l'origine tribale du narrateur Karika aurait précédé Tangiia sur Rarotonga ou bien entendu l'inverse. Nombre de ces récits ont été recueillis au cours du XIXè siècle à une époque où chacun des ariki cherchait à se faire reconnaître comme l'unique souverain de l'île auprès des missionnaires puis des autorités néo-zélandaises.
Le premier passage avéré d'un navire européen est celui du santalier Cumberland du capitaine Goodenough (Kuranaki pour les Rarotongiens) qui en 1814 fit une escale de plusieurs jours à Ngatangiia, à l'est de l'île. La tradition évoque également le passage d'un autre navire que les auteurs ont identifié comme étant la Bounty. Le journal du Capitaine Bligh ne fait quant à lui référence qu'à l'île d'Aitutaki en date du 11 avril 1789, soit 17 jours avant la mutinerie ayant eu lieu au large de Tonga. Il se peut donc que Fletcher et les siens aient fait une escale de quelques jours sur Rarotonga alors qu'ils rentraient sur Tahiti. Cette hypothèse repose sur l'unique témoignage du récit de Maretu(5) publié à la fin des années 70 et qui évoque un certain Makare identifié comme étant Mc Coy.
En juillet 1823, le missionnaire de la London Missionary Society, John Williams déposait sur l'île un de ses étudiants originaire de Borabora, Papeiha. Celui-ci avait déjà passé deux années sur l'île d'Aitutaki. Il fut rejoint quelques mois plus tard par un raiatéan, Tiberio. Les deux hommes réussirent non sans mal à faire détruire la plupart des marae et brûler ce que les missionnaires désignaient comme des idoles, à savoir des statuts de bois réprésentant les ancêtres.
(5)Maretu, "Cannibals and Converts", traduit et annoté par Marjorie Tuainekore Crocombe, Institute of Pacific Studies, USP, 1983.
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