La Révolution des œillets (Revolução dos cravos en portugais) est le nom donné aux événements d'avril 1974 qui ont entraîné la chute de la dictature salazariste qui dominait le Portugal depuis 1933. La fin de ce qui était appelé l'Estado Novo a permis aux dernières colonies portugaises de prendre leur indépendance.
Or le régime était vieillissant, paraissant ankylosé dans un monde occidental en pleine mutation culturelle et intellectuelle. Les colonies africaines - le Mozambique, l'Angola, la Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe - entraînées par le mouvement de la décolonisation, étaient en révolte depuis le début des années 1960, et forçaient le régime à investir de plus en plus d'énergie dans une vaine guerre de pacification visant à garder la mainmise du Portugal sur les restes de son empire colonial. Une telle guerre contrastait par rapport aux autres puissances coloniales, qui cherchaient toutes alors à créer les conditions d'une décolonisation satisfaisante.
La jeunesse, entraînée par la conscription, et les officiers engagés dans cette guerre étaient confrontés par eux-mêmes à l'impasse dans laquelle s'engageait le régime. La guerre coloniale devenait le terreau de la révolution par les dissensions qu'elle créait dans la société civile et militaire.
Le 25 avril 1974 à 0h25, la radio nationale diffuse Grândola, vila morena ( Grândola, ville bronzée ), une chanson révolutionnaire de Zeca Afonso. C'est le signal que s'est donné le MFA pour s'emparer des points stratégiques du pouvoir dans le pays. Seize heures plus tard, le régime dictatorial s'effondre.
Malgré les appels réguliers des « capitaines d'avril » (du MFA) à la radio incitant la population à rester chez elle, des milliers de Portugais descendent dans la rue, se mêlant aux militaires insurgés. L'un des points centraux de ce rassemblement est le marché aux fleurs de Lisbonne, alors richement fourni en œillets, dont c'est la saison. Certains militaires insurgés mettront cette fleur dans le canon de leur fusil, et ceci sera à l'origine du nom de cette révolution sans effusion de sang.
Caetano s'est réfugié dans la caserne principale de la gendarmerie de Lisbonne. Celle-ci est encerclée par le MFA, ce qui le pousse à accepter de remettre le pouvoir au général Spínola, pour éviter que le pouvoir ne tombe dans la rue. Caetano est alors immédiatement exilé vers le Brésil.
Seule la police secrète oppose une résistance armée, qui occasionne la mort de six personnes, les uniques victimes de cette révolution. Cette résistance de la Pide est réduite durant la nuit.
Les dirigeants des partis politiques en exil peuvent dès lors rentrer triomphalement au Portugal : le socialiste Mário Soares le 29 avril et le communiste Alvaro Cunhal le 30.
Histoire du Portugal | Révolution | 1974
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