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La « République des Sept-Îles » ou « République des Îles ioniennes » est le nom donné à l'entité rassemblant sept îles de la mer Ionienne (anciennement vénitiennes), situées entre la Grèce et l' Italie, formée en 1800, sous la protection de la Russie et de l' Empire ottoman, que la France s’était attribuées au traité de Campo-Formio en 1797.

Ne pas confondre avec l'Heptanèse qui était une région de Grèce à l'époque de la domination ottomane, composée des mêmes îles.

Les sept îles composant la République des Sept-îles étaient :

Le 21 mars 1800, les Russes et l' Empire ottoman, dans le traité de Constantinople, s’accordent pour former la république fédérative des Sept-Îles. Le tsar Alexandre Ier, que l’on dit très impliqué dans le projet de Constitution qu’il aurait écrit, devient le protecteur officiel de la jeune république, tandis que le Sultan Selim III en obtient la suzeraineté nominale en échange d’un tribut de 75 000 piastres à verser tous les trois ans.

Dans les faits, les îles sont parfaitement autonomes. Leur exécutif est constitué par un Sénat de douze membres disséminés entre Corfou, Zante et Céphalonie, les trois principales îles, tandis qu’un prince-président, élu par le Sénat représente l’autorité suprême. La magistrature est aux mains de la noblesse, ainsi que tous les autres postes clés. Le clergé n’exerce qu’une autorité morale sur le pays. Une seule avancée de taille : le grec est désormais reconnu comme langue administrative, après des siècles de domination de l’ italien.

La République des Sept-Îles est reconnue par la République française, l'Espagne et l' Autriche dans le traité d’Amiens le 25 mars 1802. Mais, dès le 18 Vendémiaire An X (10 octobre 1801), l'une des dispositions d'une convention secrète - dont le but est de consolider la paix de Lunéville et de garantir la sécurité de l'Europe - signée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord pour la France et l'ambassadeur russe, le Comte de Markov, pour la Russie, reconnaît et garantit l’indépendance et la Constitution de la République des Sept-Iles-Unies, et convient qu’il n’y aurait plus de troupes étrangères dans ces îles.

Alors que les Turcs menacent d’intervenir pour rétablir l’ordre précédent, la situation devient assez grave pour que Talleyrand, ministre des Affaires étrangères, prenne lui-même la plume et expédie un rapport au Premier Consul, selon lequel la situation est plus que propice à une intervention française : les Russes ont perdu toute influence, les Turcs sont abhorrés, alors que les Britanniques ne possèdent de l’influence que dans les villes et non dans les campagnes. Talleyrand conclut son rapport par une phrase : la France est l’objet de tous les vœux.

Le 14 novembre 1803, une nouvelle Constitution est promulguée. D’apparence audacieuse, cette Constitution n’est finalement qu’une copie habile de la première, réservant tous les pouvoirs à la seule classe aristocrate. Pendant ce temps, la diplomatie a pris le pas, mais reste tendue : Talleyrand a incité Bonaparte à temporiser, car intervenir à Corfou signifie la reprise d’un conflit européen. Aussi, on y a envoyé un ambassadeur, le général Romieux, lequel n’a que peu d’expérience en la matière.

Ses rapports sont désenchantés et il souffre d’avoir en face de lui un puissant parti russe. Les Russes ont en effet mis en place un subtil jeu d’alliance avec les populations locales : leur représentant diplomatique est le comte Georges Mocenigo, figure du parti aristocratique, né à Zante et d’origine vénitienne. Il compte des doges dans sa famille. La disparition de la Sérénissime lui a permis d’obtenir sans difficultés la nationalité russe. Cette nomination au poste de consul du tsar lui donne en fait tous les pouvoirs sur les îles et il gouverne de fait.

Finalement l'archipel revient à la France après le traité de Tilsit en 1807.

En 1809, les Britanniques occupent les îles, à l’exception de Corfou, vigoureusement défendue par le général Donzelot jusqu’en 1814, date à laquelle le traité de Paris place les îles Ioniennes sous le protectorat britannique. Elles prennent alors le nom de « République des îles Ioniennes ».

« La république des îles Ioniennes avec 200 000 habitants, un revenu public de 2 millions de francs, et une milice nationale de 4 à 5 000 hommes, ne pourrait maintenir son indépendance ; mais l’Angleterre y entretient environ 2 400 hommes de troupes, et quelques frégates y viennent souvent montrer le pavillon britannique. On assure que le gouvernement anglais dépense jusqu’à 50 000 livres sterling à l’entretien des fortifications, et à la partie de la solde des troupes qui n’est pas à la charge des insulaires. A ce prix, il tient les clefs de la mer Adriatique, et surveille l’Archipel. " (Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, 1837, tome IV, livre 120, t, p. 350.)

Ce n’est qu’en 1864 que le Royaume-Uni se retira de l’archipel, et le 21 mai celui-ci fut dès lors rattaché à la Grèce.

Voir aussi


Liens externes


Ancien pays d'Europe | Histoire de la Grèce | île grecque

 

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