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Les psychothérapies cognitivo-comportementales sont l'application de la psychologie scientifique à la psychothérapie. Selon cette approche, la thérapeutique doit s'appuyer sur une méthodologie expérimentale afin de comprendre et de traiter les troubles psychologiques (phobies, névroses, psychoses, dépressions...)

Ces thérapies ont pour point fort de s'attaquer au(x) problème(s) du patient par des exercices pratiques (au contraire de la psychanalyse et des thérapies d'inspiration analytique qui se centrent sur ce qui, d'après la théorie psychanalytique, constitue la cause des troubles). D'après Cottraux (1982), la thérapie comportementale apparait comme un "relais" efficace vers les thérapies analytiques. Dans le même article, cet auteur se félicite par ailleurs de "l'épanouissement des différences" entre psychanalyse et le comportementalisme.

Il est fréquent d'opposer le courant cognitif au courant comportemental (aussi appelé béhavioriste). Le premier s'inpire d'une approche méthodologique qui s'intéresse au fonctionnement mental (mémoire, perception, langage, attention ...) en termes de traitement de l'information. A l'inverse, le second limite la psychologie à l'étude du comportement observable en réponse à un stimulus (conditionnement classique ou opérant).

La thérapie cognitive agit sur les pensées du patient présentant une distorsion cognitive (par exemple, une peur excessive d'être contaminé par une maladie pourra être combattue par une information sur la maladie en question et l'appréciation des risques réels).

La thérapie comportementale agit au moyen de mises en situation et d'expositions graduées aux situations provoquant une anxiété: par exemple, dans le cas d'une phobie des araignées, le patient devra d'abord imaginer une araignée, puis observer des images d'araignées, toucher un bocal où se trouve une araignée, et finalement toucher l'araignée. En même temps, il apprendra à contrôler les manifestations physiologiques de la peur.

Critiques des thérapies cognitivo-comportementales


Elles sont souvent mises en causes du fait de l'absence de prise en compte de la dimension humaine du patient. Ce qui est visé par ces traitements, ce sont exclusivement les symptômes pris "au pied de la lettre" sans aucun travail d'interprétation. L'unique vecteur du "comportement" humain serait l'adaptation. Comme le disait Henri-Frédéric Amiel à propos de ceux qui contestait la phénoménologie, l'approche TCC pour qui le sujet et la vie intrapsychique sont lettres closes, se comporterait comme le font: "ces pachydermes, qui vivent à la surface de leur âme (...)" (1869, Journal intime).

Les Thérapies cognitivo-comportementales ont pour but de soigner le patient, d'éradiquer le symptôme et pour cela, d'utiliser des critères validés scientifiquement. Cependant, la volonté d'objectiver les résultats cliniques et d'obtenir une certaine efficacité s'éloigne de l'investigation de la subjectivité du patient. La sémiologie est signifiative, la psyché s'exprime par ce biais. Nier l'implication du désir et de la complexité du vécu et donc des facteurs psychogènes, c'est oublier que l'être humain connaît une histoire et une multitude d'affects incontrolables, eux-même étant déjà l'affirmation de l'inconscient. La psychanalyse est gardienne des singularités occultés du psychisme. Son investigation des processus psychiques s'appuyant sur des critères cliniques très empirique reste cependant limité à la casuistique et c'est pour cela que son efficacité est parfois remise en cause par les tenants des TCC. Rappelons combien il est inutile dans ce cas d'aller se targuer du mot "science". La personnalité, l'émotions, la représentation, l'affect...l'ensemble de ces éléments marquant la vie d'une individualité ne saurait être encadrer par des idées positivistes et cela heureusement, car l'homme n'est pas un objet, c'est un sujet et lorsque l'on tente son observation, on ne le voit pas comme une chose, on considère avant tout son unité et son unicité et c'est à cet instant que l'on peut parler de science humaine. Désirer faire de la psychologie une science aussi pure que les mathématiques voire la médecine, c'est nier la paradoxe déjà présent dans la notion de "fait psychique". La psyché est intimement liée au chemin de l'individu. Parler de symptôme sans considérer le vécu, c'est entrer dangereusement dans une forme de formalisation de ce qui justemment doit rester unique.

Il est inutile de nier ce que peuvent apporter les TCC à certains patients comme ce que peut apporter la psychanalyse. La clinique évolue et se construit au contact de différentes techniques qui sont toutes à prendre en compte lorsque le soin soutien puis permet d'exister et enfin jouir de l'existence. Concevons le patient comme possibilité de compréhension des complémentarités des techniques au lieu de voir les méthodes s'affonter entre elles et laisser la patient sur le bord de la route. Peut on sincèrement définir les résultats objectifs d'une thérapie ou d'une psychanalyse ? Peut-on discuter de critère scientifique lorsqu'un patient manifeste une psychose maniaco-dépressive ? La psychopathologie ne se traite pas comme la maladie organique, l'objet de l'étude n'est pas forcément présent et prend plusieurs voies contraires. Rien ne saurait être définit au sein du psychisme, seul une approche clinique progressive peut s'accorder le droit d'avoir compris certaines implications affectives, thymique, volitionelles etc... Les TCC comme la psychanalyse le peuvent, les visées sont différentes. L'affrontement des deux techniques est idiote. Des défauts peuvent être relevés dans les deux pratiques, la psychanalyse manque d'une certaine rapidité ou rentabilité, les TCC posent des problèmes éthiques et parfois iatrogènes (le symptôme se déplacent davantage).

Bibliographie


  • Paul Chadwick, Max Birchwood, Peter Trower, Thérapie cognitive des troubles psychotiques, Décarie éditeur
  • Jean Cottraux. "Le relais des psychothérapies analytiques par les thérapies comportementales et vice-versa. Problèmes théoriques et pratique", in Psychothérapies, Recherche, M+H Genève, 1982 vol II n0 2/3
  • Jean Cottraux, Les thérapies comportementales et cognitives, Masson
  • Olivier Chambon, Carlo Perris, Michel Marie-Cardine, Techniques de psychothérapie cognitive des psychoses chroniques, Masson
  • Joel David Swendsen, Catherine Blatier, Psychopathologie et modèles cognitivo-comportementaux, Presses universitaires de Grenoble

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