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La psychologie est la science de l'âme ou psyché en tant qu'unité distincte de l'individu, et de ses interactions avec les nombreuses fonctions innées, sensitives, affectives ou intellectuelles et l'étude du comportement humain en général. Divisée en de nombreuses branches d’étude, ses disciplines abordent le domaine aussi bien au plan théorique que pratique, avec des applications thérapeutiques, sociales, et parfois politiques ou théologiques. La psychologie a pour objectif l'investigation du psychisme comme fondement d'une structure subjective et d'un fonctionnement spécifique (processus et mécanisme) articulé à la perception et représentation du monde extérieur.

Définition


Étymologiquement, la psychologie est la science (logos) de l'âme ou psyché (psukhê). En son sens grec, cette étude porte sur les fonctions végétatives (psychophysiologie), sensitives (perceptions, motivation, motricité) intellectives (psychologie cognitive), (cf. Aristote, Peri Psukhè). Mais la psychologie n'est pas seulement une étude des fonctions de l'esprit mais aussi une approche casuistique de la subjectivité, une investigation d'une vérité au sein de l'individualité et de la personnalité d'un sujet. L'esprit n'est pas seulement un lieu de combinaison ou de liaison, il nous définit en tant qu'être pensant capable de se penser lui-même face au monde, et cela dans un rapport matériel ou grâce à l'abstraction (on voit déjà là une distinction avec l'animal).

L'objet d'étude de la psychologie est un débat non clos depuis des siècles. En effet, selon les auteurs, la psychologie s'est trouvée centrée sur des objets très différents, sans qu'il soit encore possible aujourd'hui de décider quelle est la théorie unitaire qui serait largement acceptée.

Ainsi les approches sur cette question extrêmement complexe se partagent-elles traditionnellement entre celles qui considèrent que l'objet de la psychologie est le comportement et sa genèse, les processus de la pensée, les émotions et le caractère ou encore la personnalité et les relations humaines, etc.

Les différentes branches de la psychologie se distinguent soit par la méthode utilisée (clinique ou expérimentale), soit par l'activité humaine considérée (travail, mémoire, perception, apprentissage, soin, comportement en groupe, etc.), soit par grand domaine d'investigation (psychologie cognitive, psychopathologie, psychologie sociale, psychologie de l'enfant et du développement, psychophysiologie, psychologie animale).

Certaines disciplines de la psychologie se combinent avec d’autres, soit dans des champs connexes soit comme sous-domaines d’un champ d’études plus vaste. Elles sont souvent soumises à de redoutables problèmes épistémologiques, par exemple la psychopédagogie, la psychosociologie ou la psychopathologie, etc. En effet, il est difficile de dire par exemple ce qu’est ou n’est pas la pathologie en général (cf. Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique (1943) de Georges Canguilhem) et donc encore plus difficile de préciser la pathologie de l’esprit, de la personnalité… poser la question, c’est se rendre compte des écueils théoriques qui ne sont toujours pas dépassés.

Enfin, pendant longtemps, le rapport entre la psychologie et la philosophie a été très étroit, voire indiscernable puisque la psychologie était autrefois une partie de la philosophie, partie qui était souvent - dans l'Antiquité surtout - tenue elle-même pour une partie de la physique au sens ancien (la morale, la conscience, l'action, etc. sont des thèmes traditionnellement philosophiques que l'on rencontre en psychologie). Certains courants en psychologie sont ainsi orientés par des thèses philosophiques (personnalisme, humanisme, biologisme, etc.).

C'est cette extrême diversité qui en fait la complexité historique, les résultats localement acquis se croisent et il faut de longues études pour en démêler la rationalité et l'intérêt. Il est ainsi très facile d'obtenir des théories inconsistantes ou de réaliser des synthèses incohérentes, qui ne manquent pas tout au long de l'histoire multimillénaire de la psychologie.

A côté de la psychologie « savante », il existe pour chacun le sentiment « d'en savoir quelque chose » puisque nous savons tous ce qu'est un caractère, un sentiment, une pensée, une relation affective, etc. Alors, que peut dire de plus le psychologue sur ces questions ? D'autant que la plupart des affirmations psychologiques générales paraissent pouvoir être contredites ou trouver un contre-exemple qui les ruinent.

Il est aussi possible d'opposer, dans le champ des sciences humaines, la psychologie à la sociologie, à l'anthropologie et aux sciences politiques, en ce qu'elle étudie d'abord des personnes.

Ainsi que ce soit en théorie ou en pratique, la définition de l'objet de la psychologie est une question non résolue.

Histoire de la psychologie


Voir aussi : Chronologie de l'histoire de la psychologie

Avant de présenter les grandes étapes historiques du développement des sciences psychologiques, il est indispensable de situer les trois axes d’études qui structurent le domaine du psychisme humain. En effet, la personne humaine c’est, indissolublement, un corps avec un cerveau développé permettant des conduites très élaborées, une personnalité, appuyée sur cet organisme vivant, en rapport avec une société, une subjectivité (consciente et inconsciente) construite à partir de la personnalité et insérée dans un ensemble de représentations sociales.

Axe des conduites

Historiquement, c’est ce premier axe qui a bénéficié d’un traitement scientifique, avec des méthodes et des instruments importés d’autres champs de la science. Les conduites sont étudiées par les sciences neuropsychophysiologiques, en tant que conduites naturelles. Elles sont, de ce point de vue, analysables et mesurables aussi bien pour le comportement humain que pour celui des animaux. Et si l’on ne peut, à proprement parler, construire une psychologie animale, il existe une neuropsychophysiologie animale.

Selon cet axe, se sont développées traditionnellement les études des réflexes, de la perception, de l’émotion, du caractère, etc. Depuis les années 1990, le développement des neurosciences ou des sciences cognitives, a permis d’aborder le fonctionnement du cerveau pour chacune des conduites. Ainsi, nous pouvons découvrir les possibilités d’un humain en tant qu’animal muni d’un cerveau puissant.

Axe de la personnalité

Le sens des actes ne peut être induit des conduites : il fait appel à un autre ordre d’explications, bien que tout acte mette en œuvre des conduites neuropsychophysiologiques et passe par le cerveau. Les actes sont à la fois produits et producteurs de la personnalité au cours de son individualisation au sein d’un processus historique, biographique. Les théories de la personnalité font partie du champ des sciences psychologiques et nous informent sur :
  • la structure singulière des activités, leur répartition dans l’emploi du temps qui mobilise des apprentissages ou des actions de production,
  • le degré de satisfaction des besoins personnels ;
  • les contradictions entre les divers besoins, au sein de la société et de la vie personnelle, et leurs possibilités de satisfaction qui donnent une forme à la personnalité, favorisent ou bloquent son développement.
Cet axe suppose une définition de la personnalité, mais aucun accord n’a pu se faire encore sur cette définition qui apparaît toujours un peu en marge des travaux de psychologie. Bien que la personnalité soit largement évoquée et étudiée en littérature, en art, dans les biographies, les théories existantes ne donnent que des aperçus partiels sur ce qui rend tel ou tel événement biographique pertinent et décisif. Les définitions diverses proposées par les théories de la personnalité sont contradictoires, certains voyant la personnalité comme un noyau de conduites permanentes et répétitives, d’autres imaginant que la personnalité est un système vivant, évolutif tout au long de la vie, d’autres encore font de la personnalité une entité morale, idéale.

Axe du sujet

L’objet de cet axe est l’analyse de la formation et du développement du sujet, de la subjectivité comme structure, qui se construit dans le cadre proposé par :
  • la langue,
  • les structures de parenté,
  • la socialisation de la sexualité,
  • la place dans le fonctionnement de la société, etc.

Font partie de ces études :

  • Les conflits inconscients provoqués par le passage de l’hétéronomie à l’autonomie, par la socialisation des pulsions naturelles ;
  • La conscience de soi, du genre, de sa place dans la famille et dans la société ;
  • La prise de conscience progressive des déterminants inconscients et sociaux des conduites, etc.

L’intégration de ces sciences de la subjectivité complète les sciences psychologiques.

Ces trois axes sont plus ou moins présents au fil de l’histoire de la psychologie, depuis les précurseurs jusqu’aux recherches actuelles. Cette évolution, inégalement avancée selon les axes souvent considérés comme indépendants les uns des autres voire exclusifs, va nous servir de fil conducteur à travers l’extrême variété des travaux en psychologie.

Une première étape a été la séparation entre la philosophie et la psychologie. Cette séparation est encore incomplète sur certains aspects, en particulier pour le sujet où la confusion reste fréquente entre sujet, catégorie philosophique et sujet, concept scientifique en psychologie.

Les précurseurs

Philosophes

Bien avant les travaux précurseurs de Platon (-427, -348) et d’Aristote (-384, -322) en psychologie (le terme n’existera qu’à partir de 1575, Johannes Thomas Freigius, Ciceronianus), les hommes se sont intéressés à la perception, aux sensations, aux émotions, aux sentiments et à la pensée. Les traces s’en trouvent dans l’Iliade et l’Odyssée, dans les mythologies de tous les peuples ou dans les livres sacrés, la psychologie historique (Ignace Meyerson, 1888-1983) le montre bien. Les premiers textes connus qui évoquent une réflexion sur l’émergence de la pensée et de la conscience sont ceux que l’histoire a conservés, mais il est probable qu’ils s’appuyaient sur des travaux antérieurs que nous ne connaissons pas.

Ainsi Platon et Aristote apparaissent-ils en pleine lumière, alors que nous n’avons pas ou très peu de textes de leurs contemporains Démocrite (c-460, c-360) ou Épicure (-342, -270). Lucrèce (-98, -54), mieux connu, appartient à cet héritage de l’Antiquité qu’il faut compléter par les deux commentateurs d’Aristote, Ibn Rochd (Averroès, 1126-1198) et Thomas d’Aquin (1225-1274), qui reprendront des siècles plus tard ses travaux et constitueront le fonds de ce qui sera la scolastique.

Pour Pythagore (500 avant J.C.), le cerveau est le siège de l’intelligence et de la folie.

Platon décrit une hiérarchisation du psychisme : l’âme supérieure (courage, ambition) localisée dans le coeur, l’âme inférieure nutritive dans le foie. Dans le Phédon, il sépare l’âme immatérielle, donc la pensée, du corps matériel et considère que l’âme pilote le corps. Ce dualisme idéaliste laissera des traces profondes jusque dans les divers courants de la psychologie du siècle.

Aristote critique Platon ; pour lui, l’âme n’est pas le pilote du corps. Dans La Métaphysique il pose la question :

« Comment les Idées, qui sont la substance des choses, seraient-elles séparées des choses ? »

Aristote introduit dans son Traité de l’âme une tripartition de l’âme, avec une perspective gradualiste : végétative, sensitive et intellective, qui reproduit la partition des êtres vivants en végétaux, animaux et homme. (Les médecins parlent traditionnellement d’un « état végétatif ».) Il s’intéresse aux facultés de l’âme (la mémoire, le jugement, etc.) et s’interroge sur ce qui dans l’âme connaît et pense : il le nomme « poiètikon », l’entendement poétique, qui doit être compris plutôt dans le sens moderne de « représentation mentale » que de poésie)Ibn Rochd dans son Grand commentaire du Traité de l’âme (1188), traduit en arabe le terme poiètikon par « al ‘aql fa’al » et, en latin, les traducteurs utilisent subjectum (sujet) (cf. Jean-Pierre Faye, Averroès questionnant : l'entendement poétique et le sujet mouvant 2/12/1993);. La volonté vise l’obtention du plaisir et l’élimination de la douleur, dans une conception proche de l'épicurisme.

Ainsi en s’interrogeant sur les rapports entre corps et perception, corps et pensée, pensée et sujet, Aristote ouvre un débat, repris au fil des siècles, pour savoir si « l’intellect agent » et « l’intellect matériel » sont uniques et éternels (divins) ou si l’âme et l’intellect sont séparés. Sa réponse est que l'âme est au corps comme la forme est à la matière (distincte et inséparable).

Lucrèce tranche en affirmant que l’âme en tant que « souffle vital » (anima en latin) anime le corps et dans De natura rerum (De la nature des choses), il note que :

« Si nous ne posons d’abord cette base matière, nous ne saurons à quoi nous référer pour rien établir par le raisonnement, quand il s’agira des choses obscures. »

Les oppositions entre les conceptions monistes et dualistes sont anciennes et la grande difficulté pour définir les rapports entre le corps et la pensée vont occuper les psychologues des siècles suivants.

Médecins

L'autre versant de la science antique est celui des observations et des expériences des médecins. Dès la plus haute Antiquité les interrogations sur la santé mentale et les troubles mentaux sont attestées : le papyrus Ebers (c1550 avant J.C.) contient une courte description clinique de la dépression, avec des recettes magiques ou religieuses pour la chasser.

Les poèmes d’Homère présentent la folie comme une offense des dieux.

La pensée médicale naît avec Empédocle (484-424 avant J.C.) en Sicile avec sa théorie des qualités des quatre éléments (terre, eau, air, feu) dans ses rapports avec les quatre humeurs nécessaires au bien être : sang, flegme, bile jaune et bile noire.

Hippocrate (c460-c370 avant J.C.) effectue une classification des troubles mentaux comprenant la manie, la mélancolie, la paranoïa ou détérioration, l’épilepsie, en relation avec les tempéraments sanguin, colérique, flegmatique ou mélancolique : il réunit ainsi les maladies de l'âme et du corps, les maladies sont physiques.

Arétée de Cappadoce (80-138) fait des descriptions fines de troubles mentaux, en particulier elle propose l’amorce d’une conception unitaire de la mélancolie et de la manie.

C'est Galien (131-201) qui rassemblera les connaissances antérieures (les travaux d'Hippocrate et ceux d'Aristote en particulier) et les étendra considérablement dans ce qui va devenir, pour quinze siècles, la source principale des connaissances médicales dans les sphères d'influence juive, chrétienne et musulmane. Ainsi, il ouvre une démarche d'expériences physiologiques, d'anatomie, de diagnostic et de thérapeutique, de pharmacologie et d'hygiène. La médecine, dès Hippocrate, est préventive (hygiène) autant que curative. Les causes de la maladie et de la santé sont recherchées parmi des causes naturelles, rationnelles.

Galien distingue, comme Hippocrate, quatre tempéraments et les articule aux quatre éléments dans une combinatoire qui lui permet de classer les maladies selon les déséquilibres entre les diverses tendances, les bases de l’affectivité et du comportement apparaissant de nature biochimique. Ainsi l’excès de sang conduit au tempérament sanguin, de bile jaune au tempérament cholérique, de bile noire au tempérament mélancolique, etc. C'est cette approche qui se retrouve des siècles plus tard dans la caractérologie (cf. Le Senne (1882-1954) en particulier).

Alexandre de Tralles (525-605), médecin grec originaire de Lycie, développe la théorie de Galien et effectue une amorce des théories « localisationnistes » cérébrales. L’héritage hippocratique de la médecine antique aboutit aux prémices d’une psychiatrie fondée sur quatre grandes maladies : la frénésie et la léthargie associées à des états toxi-infectieux, la manie et la mélancolie, « folies sans fièvre ».

L’héritage arabe ne sera transmis qu’au siècle, avec sa traduction en latin.

(Il faudrait compléter ce tableau de la science méditerranéenne par d'autres sciences, chinoise, japonaise, indienne, etc.)

Fin du XIXe siècle et début du XXe : les premières réussites

Dans l'esprit actuel, nous constatons une façon de réécrire l'histoire en mettant en avant tout ce qui favorise l'éclairage scientifique. C'est ainsi que peut naître la confusion entre la neurologie et la psychologie.

Pour la neurologie, il va sans dire que les premières réussites sont par exemple :

En ce qui concerne la psychologie plus précisément, il est plus difficile de situer une période permettant de qualifier les « premières » réussites. Rappelons que c'est l'échec de Freud à propos de l'hypnose qui fut la grande réussite de la psychanalyse. Si nous devions trouver des repères marquants, ce serait plus du côté des méthodes employées, et à ce titre, la modernité caractérise ses avancées en psychologie essentiellement en s'appuyant sur le concept de méthode psychologique qui est véritablement la « réussite » marquante la plus manifeste d'un point de vue développemental.

Le début du XXe siècle : l'approche méthodologique en psychologie

    • Freud et l’inconscient
      La psychanalyse sonne le départ d'une longue démarche réflexive sur l'être humain à partir d'un lexique renouvelé et d'une méthodologie foisonnante (souvent difficile à cerner) encore fertile un siècle plus tard, bien que cette page du Wikipédia ne fasse pas jusqu'à présent la part des choses... Néanmoins, il est important de préciser que Psychanalyse et Psychologie sont deux disciplines bien distinctes. La première se propose d'étudier de manière quasiment exclusive le fonctionnement et les rapports qu'entretient l'inconscient avec la vie psychique du sujet, tandis que la seconde étudie principalement la conscience et les différents processus que celle-ci met en œuvre pour acquérir, traiter et transmettre des informations, ces dernières pouvant provenir soit de l'environnement avec lequel l'organisme interagit (informations externes), soit de l'organisme lui-même (informations internes recherchées en mémoire).

    • Le behaviorisme (la psychologie du comportement, ou comportementalisme)
    • La relation stimulus-réponse (S->R): conditionnements classique (I. Pavlov) et opérant / instrumentale (J. Watson; B. Skinner). Il s'agit des premiers modèles de l'apprentissage (dressage). Toutefois, bien que ces deux modèles se soient montrés au départ d'une grande fiabilité prédictive, ils finiront par tomber en désuetude en raison de leur incapacité à décrire et expliquer le fonctionnement de "la boîte noire" que le cognitivisme, lui, s'est efforcé d'ouvrir et d'étudier. Le modèle va dès lors s'affiner et prendre la forme suivante: S->O->R (S: Stimulus; O: Organisme; R: Réponses. Au même titre que "S" et "R", "O" devient donc ici une variable à part entière).

    • Jean Piaget (1896-1980) La psychologie cognitive établit l'esprit au centre de ces préocupation. Elle s'oppose ainsi au behaviorisme qui ne s'intéressait plus qu'aux comportements. La psychologie cognitive étudie l'ensemble des fonctions cognitives : la perception, l'attention, la mémoire, le langage et les activités intellectuelles.

    • Donald Hebb (19041985) : L'un des premiers à s’opposer à la perspective behavioriste et à amorcer l’étude du traitement de l’information.
      Il a élaboré une théorie qui, quoique largement spéculative, fait état de grandes caractéristiques cérébrales :
    1. L’efficacité des connexions entre les neurones augmente en fonction de leurs activités pré et post-synaptique.
    2. Des réseaux de neurones tendent à s’activer simultanément de manière à former des groupes dont l’activité persiste à leur action et peuvent même la représenter.
    3. La pensée s’élabore à travers l’activation séquentielle de groupes de neurones.

Les mathématiques, l’informatique et les débuts du courant cognitiviste

  • Norbert Wiener (18941964) et la cybernétique (Control Theory) : Mathématicien américain, il a appliqué les statistiques à la communication et a fondé la cybernétique (le contrôle et la communication chez l’animal et la machine).
    • Un des premiers à comparer le cerveau à un ordinateur.
    • Pionnier des sciences cognitives modernes, il a précisé les concepts de « but » et de « rétroaction ».
    • Le contrôle, lors de la réalisation d’une activité, passe par la détermination de divers buts hiérarchisés. L’activité fournit des informations qui sont constamment comparées aux buts, ce qui constitue la rétroaction et guide l’action.
    • Exemple de l’atteinte d’un but personnel.
  • Alan Mathison Turing (19121954) : Mathématicien et logicien anglais.
    • Machine de Turing : constitue la base de la théorie des automates. Elle formalise le concept d’algorithme et est représentées par une succession d’instructions agissant en séquence sur des informations d’entrée et susceptibles de fournir un résultat.
    • Une machine peut-elle penser ? Expérience de pensée : conversation entre un homme et une machine, comment un observateur extérieur pourra-t-il distinguer l’homme de la machine ? Voir aussi le test de Turing.
  • John von Neumann (1903-1957) : Mathématicien américain d’origine hongroise.
    • Physique quantique : unification mathématique de la théorie ondulatoire d'Erwin Schrödinger et de la mécanique des particules de Werner Heisenberg.
    • Théorie des jeux: co-fondateur (avec Morgenstern) et de son application à l'économie mathématique.
    • Précurseur de l’intelligence artificielle (IA) : a eu l’idée de coder les programmes (au lieu de branchements physiques), modèle qui a toujours cours aujourd’hui.
    • S'intéresser au traitement de l'information par les organismes biologiques pour définir des applications à des machines artificielles (précurseur du connexionnisme et des neurosciences).
  • Herbert Simon (1916-2001). Économiste américain, Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, 1978.
    • Initiera le débat sur les limites de la rationalité : contraintes sur la capacité des agents à traiter l’information disponible.
    • Comment des capacités limitées peuvent évoluer dans un environnement immensément complexe ?
  • Avec Allen Newell, l’un des pionniers de l’informatique, ils développeront:
    • La résolution humaine de problèmes à travers des procédures.
    • Élaboreront la notion de processus cognitif dans un contexte d’IA.

La perspective cognitive : le retour de la « boîte noire »

  • La recrudescence de l’intérêt pour l'aspect modulaire des processus de pensée.
  • Les nouveaux modèles théoriques du traitement de l’information.
  • La réfutation de l’impasse scientifique formulée par les behavioristes.

Le développement des moyens d’investigation :

Le traitement de l’information:

Questions clés:

  • Comment les informations sont-elles intégrées (sensations) ?
  • Quelle est leur signification première (perception et reconnaissance) ?
  • Comment elles sont stockées, organisées (mémoire) et modifiées (apprentissage) ?
  • Comment les utilisons-nous (langage, raisonnement, prise de décision, résolution de problèmes) ?
  • Comment sont-elles abstraites (conscience) ?

Dans ce modèle, le cerveau humain ressemble à un ordinateur : (1)Entrées → (2)Traitement → (3)Sorties

Certains considèrent que cette perspective est celle de « l'homme machine » qui véhicule une image de l'être humain propice à l'idéologie de la performance et du Management. Cette remarque souligne le fait qu'une telle approche ne se préoccupe pas de l'impact « ecologique » de ses théories, et en ce ce sens, nous nous éloignons d'une psychologie qui mesure ses avancées selon sa congruence avec l'humanité de son « objet » d'étude : nous. D'autres pensent que la démarche analytique rendue possible par la modélisation informationnelle et la méthode expérimentale n'est pas incompatible avec une perspective humaniste et intégrée de la psychologie.

Problématiques de la psychologie


La psychologie est traversée par plusieurs problématiques qui la fragmentent selon les options prises par ceux qui l’étudient. La combinaison rationnelle et synthétique des résultats n’est pas l’objet d’un consensus général, même si bien sûr beaucoup de résultats se sont accumulés et si localement, il est possible d’affirmer que certaines hypothèses sont justes ou fausses.

La psychologie est-elle une science?

Aujourd'hui encore, cette question reste posée. Ici deux conceptions s'affrontent, la première affirmant que la psychologie est bien devenue une science, et la seconde remettant en question ceci, en affirmant qu'il n'y a en psychologie qu'une pré-science. On peut s'appuyer sur un texte de Kurt LewinKurt Lewin, Le conflit dans le mode de pensée aristotélicien et galiléen dans la psychologie contemporaine, in psychologie dynamique, Les relations humaines, PUF, Paris, coll. Bibliothèque scientifique internationale, 1967;, qui oppose les modes de pensée galliléen (scientifique) et aristotélicien (pré-scientifique), afin de développer ce propos.

La psychologie est une science
La création des laboratoires de psychologie quantitative, fait dire à certains que la science psychologie est maintenant présente. En effet, ce point de vue s'appuie sur les méthodes de recherche utilisées dans ceux- ci:
  1. Formulation d'une hypothèse
  2. Expérimentation ou observation
  3. Correction, confirmation ou infirmation de l'hypothèse
  4. Questionnement sur les conclusions : on recommence le cycle à l'étape 1

Ainsi la psychologie peut se baser sur des résultats statistiques reproductibles et critiquables.

La psychologie n'est pas une science
D'autres en revanche affirment que les méthodes utiliséesThierry Foucart, Statistique et idéologies scientifiques, 2004 *; ne suffisent pas à faire de la psychologie une science, car beaucoup de ses concepts ne sont pas scientifiques, mais pré-scientifiques, dans le sens qu'ils sont trop souvent de forme anthropomorphiques (le vécu de l'individu sert de critère au savoir). Les défenseurs de cette thèse, affirment que la psychologie ne pourra devenir science que lorsqu'elle distinguera le vécu, de la description scientifique. Cela n'a rien à voir avec la méthode (quantitatif Vs qualitatif), mais sur la construction de concepts solides.

De plus, la psychologie fait, pour ces mêmes personnes, des classifications instinctives et non basées sur des critères objectifs, ou tout du moins explicitées sur des critères qui permettront de donner des groupes homogènes (exemple de la classification émotion/ cognition ou de l'intelligence). (p.35). En effet, certains concepts de psychologie peuvent être vus comme un jugement moral (exemple: normal Vs pathologique).

Idéalisme et matérialisme

La problématique la plus ancienne et la plus générale est celle que la philosophie projette depuis les origines sur les études de psychologie : les conceptions idéalistes et matérialistes s’opposent depuis Platon et Épicure et sont sensibles à toutes les époques avec des nuances, des compromis variables selon les auteurs (cf. Histoire de la psychologie). Cette problématique traverse les sciences dites cognitives : les recherches qui utilisent des outils modernes pour analyser matériellement le cerveau et comprendre son fonctionnement vont-elles trouver le sens de ce que vit la personne ?

Méthode scientifique générale et méthode psychologique spécifique

Le problème est que la psychologie n’a pas sa méthode spécifique d’étude : chaque grande étape dans l’histoire de la psychologie est marquée par l’utilisation de méthodes scientifiques qui ont obtenu des succès dans d’autres champs et qui sont appliquées à ce qui paraît être l’objet d’étude de la psychologie, adéquat à la méthode… raisonnement circulaire qui a des effets limités et inévitables. Par exemple, la méthode expérimentale sera appliquée au cours des et siècles, avec des résultats très critiquables : Wilhelm Wundt paraît limiter la psychologie à ce que mesure ses instruments (temps de réaction, excitabilité,…), Gustav Fechner] ou les études comportementalistes (behavioristes) vont refuser d’étudier la conscience ou la pensée en considérant que c’est une « boîte noire » dont on ne peut rien dire, rien mesurer. Ainsi, la méthode linguistique, la méthode herméneutique, etc. vont tour à tour apporter des informations mais surtout des critiques à l’égard des autres méthodes et de leurs résultats…

Cerveau et société humaine

Cette problématique est la conséquence de la position de la psychologie à la frontière de domaines immenses peu maîtrisés scientifiquement :
  • le « cerveau », est l'objet le plus complexe que nous connaissions dans l’univers, nos connaissances à son sujet s’élaborent tous les jours, mais nous sommes loin d’en avoir fait le tour… ;
  • la « société humaine », dont le passé a déterminé ce qu’est l’espèce humaine aujourd’hui et dont le fonctionnement est très complexe sous tous ses aspects,
forment l’un et l’autre ce que nous sommes individuellement. et l'apport des chercheurs libanais Charbel Maarbes et Marwan Lahoud était de modifier les circonvolutions cérébrales en de petites parties et ils consideraient ce systéme comme insgnifiant.

Individuel et collectif

Cette problématique oppose l’individuel au collectif. Beaucoup de théories se sont affrontées sur cette dimension des études psychologiques, sans qu’une conclusion consensuelle se dégage actuellement sur les rapports entre la personne et la société. Certains pensent que c’est la personne qui permet à la société d'exister et de se transformer (conception individualiste), pour d’autres c’est le contraire. C'est-à-dire qu'il faut pour comprendre un phénomène social partir de la société pour aller vers l'individu. Il s'agit du holisme. Bien entendu, beaucoup pensent que les deux sont nécessaires, mais de quelle manière peut-on le décrire ?

Inné et acquis

Cette problématique n’est pas la plus simple ni la dernière, les rapports entre ce qui est déterminé génétiquement et ce qui est acquis de l'environnement ou socialement ont occupé les universités depuis longtemps et peut-être les occuperont encore longtemps, tant le problème est difficile à poser scientifiquement. Posée de façon naïve, la question n'a pas plus de sens que se demander si l'aire d'un rectangle dépend davantage de sa largeur ou de sa hauteur. Comme il n'existe pas davantage d'homme sans inné que sans acquis, il serait impossible de donner une réponse univoque qui ne soit pas subjective ou tout simplement fausse.

Toutefois les scientifiques ont régulièrement tenté d'appliquer les méthodes disponibles à leur époque pour aborder cette question de manière plus rigoureuse. La principale voie d'approche est statististique : elle repose sur le concept d'héritabilité issu de la génétique. L'héritabilité mesure dans une population donnée, la part de variabilité d'un trait qui est expliquée par l'hérédité génétique : selon cette définition, l'"acquis" est donc ce qui n'est pas génétiquement héréditaire. Le concept d'héritabilité est souvent mal compris du grand public et conduit à des erreurs quant à l'interprétation des résultats. La méthode du calcul de l'héritabilité ne permet en effet pas de tirer des conclusions sur un plan individuel : une caractéristique héritable à 50% ne signifie surtout pas que chez chaque individu, "la part de génétique est de 50%" (cette dernière expression n'a pas de significtion scientifique).

Par ailleurs, aussi rigoureux soit-il, le calcul de l'héritabilité dépend de la mesure du trait en question et les études sur l'inné et l'acquis ont souvent été critiquées pour leur méthodologie à cet égard. En particulier, si le quotient intellectuel (QI) est une mesure bien définie (dont on peut calculer l'héritabilité dans une population donnée, à un instant donné -- pour le QI, on obtient un taux d'environ 75% dans les sociétés occidentales modernes), la question de savoir s'il constitue une mesure pertinente et fiable de l'intelligence est beaucoup plus problématique.

Développement et permanence

Qu’est-ce qui chez l’adulte reste de l’enfant, qu’est-ce qui chez l’enfant détermine l’adulte qu'il sera ? L’écho s’en fait entendre dans les affirmations du type « Tout se joue avant six ans ! » ou « Il faut rester enfant pour être créatif ! » dont la scientificité est éminemment douteuse.

Ainsi plusieurs expériences d'éducation précoce de très jeunes enfants ont eu des résultats dont le nom est passé dans l'histoire : Blaise Pascal, Mozart, Goethe, John Stuart Mill... et des apprentissages tardifs qui ont aussi laissé une trace historique : Helen Keller, Gustave Flaubert (dyslexique, apprend à lire vers dix ans), François Cheng (chinois, académicien français, apprend le français à plus de vingt ans)...

Humain et animal

Comment penser l'évidente différence entre une société humaine et un groupe de primates, tout en intégrant la continuité de l'évolution de l'animal vers l'homme ? La psychologie de l'animal est-elle suffisante pour comprendre l'humain ? Comprendre la pensée humaine sans la lier à la pensée non verbale de l'animal, est-ce correct ? Y a-t-il rupture évolutive ou non ?

Conscient et inconscient

La découverte que les humains ne maîtrisent pas tous leurs actes (Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas, écrit Paul de Tarse), que des paroles, des moments de leur vie intellectuelle ou affective ne sont pas conscients n'est pas facilement compatible avec l'image d'un homme de raison, maître de lui-même et du monde. La conscience claire reste un objectif mais n'est pas donnée naturellement.

Chaque champ d’étude de la psychologie pose de telles oppositions que les auteurs tranchent ou accommodent pour tenter de construire une démarche scientifique, comme le rapport entre raison et folie ou celui entre normal et pathologique, déjà évoqué.

L’histoire de la psychologie, pas plus qu'aucune autre, n’est une construction linéaire où les progrès s'accumulent dans une même direction, à partir d’un même objet. S'il est assez simple d'établir une chronologie de l'histoire de la psychologie, le cours de son histoire est rempli de fractures, de contradictions dès que l’on cherche à étendre les résultats en dehors de la zone étroite où ils ont été élaborés. Il est difficile d’étudier la psychologie sans connaître son histoire : le risque, en l'ignorant, serait de répéter des erreurs déjà identifiées comme telles dans le passé.

Classement des disciplines et approches psychologiques


Le classement proposé des diverses disciplines psychologiques est empirique, il utilise les catégories classiques de la méthode scientifique ; objet d'étude, méthode d'analyse, champ d'étude. Comme tout classement empirique, il n'est pas totalement satisfaisant et les disciplines appartiennent à plusieurs catégories, mais l'accent est mis sur un aspect du fait du nom choisi par les fondateurs.

C'est une des tâches essentielles de la psychologie et de son épistémologie que de parvenir à définir scientifiquement son objet d'étude, sa méthode et son champ d'étude. Travail en cours mais qu'on ne peut considérer comme achevé ou même stabilisé.

Selon le paradigme

Selon le domaine d'investigation

Selon la méthode d'étude

Selon le champ d'application

Selon les articulations avec des champs connexes

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